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01/04/2014

Les écologistes d'EELV se libèrent de l'errance socialiste

Sur la forme, le départ des écologistes du gouvernement est complètement raté. La secrétaire nationale expliquait encore dimanche soir sur les plateaux de télévision, en écho à d'autres parlementaires écologistes, que ce n'est qu'au gouvernement que l'on peut faire avancer les dossiers. Et de stigmatiser l'attitude de Mélenchon jugée stérile ...

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Or, de Conseil fédéral en Conseil fédéral, la grogne des militants écologistes a fini par alarmer Cécile Duflot ; elle veille au grain. En effet, pourquoi renoncer à être n°2 du gouvernement à la tête d'un grand ministère sur l'environnement, l'énergie, les transports et le logement ? Faut relire le corbeau et le renard. Car en quoi dire oui à Manuel Valls est si différent aujourd'hui que dire oui à Nicolas Sarkozy entre 2007 et 2012 ? En dehors du Grenelle de l'Environnement, Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet ont-ils vraiment marqué cette période par des décisions historiques ? Et quand ils veulent s'y aventurer, les ministres de l'Environnement se heurtent à des lobbies très efficaces. N'est-ce pas mesdames Bricq et Batho ?

Si l'accord signé fin 2011 entre le PS et EELV semblait engageant, force est de constater que le soutien du PS aux attentes écologistes est plutôt mou. Mais il n'y a pas que les centrales nucléaires, l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, les OGM, les gaz de schiste, la fiscalité environnementale, les énergies renouvelables, les transports, l'isolation du parc de logements anciens, l'agriculture, ... qui sont quelques-unes des thématiques qui sont chères aux écologistes, il y a aussi le virage social-libéral du PS. Très sincèrement, qui peut voir aujourd'hui une différence entre la France de Hollande et celle de Sarkozy ? Et que ce soit sur l'Europe comme sur le dépeçage de notre modèle social sur l'autel de la rigueur budgétaire.

Le choix de Manuel Valls comme Premier ministre n'a qu'un seul objectif : remporter la présidentielle de 2017. Avec Manuel Valls, l'espace laissé à l'UMP et à l'UDI va s'amenuiser, coincés entre le PS au centre (proximité socio-économique) et le FN sur leur droite (proximité sociétale). Les socialistes misent sur le fait que le reste de la gauche, dispersée, votera PS au second tour de la présidentielle de 2017 ...

Mais le choix de François Hollande pour l'aggravation de son inflexion à droite libère les écologistes de leur solidarité gouvernementale. C'est un peu comme quand une cordée décroche, il faut couper le lien pour ne pas dégringoler avec le groupe. A Grenoble, le scrutin des municipales a montré la voie à suivre.

Désormais, les écologistes vont enfin pouvoir se concentrer sur leurs projets. Les européennes du 25 mai constituent d'ailleurs le premier jalon de cette phase d'émancipation. En 2009, les écologistes faisaient 16,28% des voix, contre 16,48% pour le PS et 27,88% pour l'UMP. Le FN était à 6,34%.  Les derniers sondages pour le scrutin de 2014 donnent 10% aux écologistes, contre 19% au PS et 24% à l'UMP ; mais le FN est donné à 22% ! Europe Ecologie Les Verts a moins de 8 semaines pour parler d'Europe, pour aborder le catastrophique traité de libre-échange transatlantique (Transatlantic free trade area - TAFTA) auquel le gouvernement de Manuel Valls ne fera jamais obstacle.

Car l'essentiel ce n'est pas d'être, mais de faire. Et être ministre sans faire d'écologie politique, c'était quand même le comble. Là, nous pourrons être écologistes et faire un vrai travail de terrain, surtout localement.

23:19 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

29/03/2014

La marche de Jean Lasalle

Jean Lasalle est un député très atypique, mais aussi une personnalité qui se distingue dans une société où chacun est associé à un profil type, ou sinon d'être marginalisé. Le député des Pyrénées-Atlantiques a parcouru plus de 5000 km pendant plus de huit mois à travers toute la France. Ses rencontres, sa démarche, ses analyses et une multitude de témoignages figurent dans ce rapport de près de 200 pages : Rapport-LaMarche-JeanLasalle.pdf.

Il serait trop réducteur de citer ici des extraits de ce rapport, mais il constitue un très intéressant support de travail. Il émane de la narration de cette longue marche un ressenti très pessimiste, les problèmes des français étant bien plus nombreux que leurs sources de satisfaction ; et chaque témoignage nous emmène aux limites d'une insurrection populaire. Perte de confiance, désespoir, incompréhension ou encore isolement sont autant de situations vécues qui révèlent une France cassée.

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Par cette démarche d'aller à la rencontre des citoyens de nos territoires, Jean Lasalle commet là un acte profondément républicain. Mais un acte si radicalement républicain qu'il n'est compris par personne ! Pensez que sa marche n'est pas passée en boucle sur BFM TV et que ni Closer et ni Gala n'ont fait d'article sur lui. Une sorte de feuilleton hors du temps ...

Plus que quiconque, c'est aux hommes politiques que s'adresse ce rapport. Jean Lassalle dresse un tableau très catastrophique de la France vécue par les français, mais il dévoile aussi des ressources et des appétences ignorées. Nous sommes encore dans un moment où en touchant le fond nous pouvons donner l'impulsion qui nous fera remonter à la surface, mais sans cette impulsion collective nous sombrerons définitivement.

Personnellement, cette lecture m'incite a encore plus de pédagogie, encore plus de proximité et d'écoute, encore plus de soutien aux initiatives que beaucoup croient dérisoires mais qui sont un immense espoir pour celles ou ceux qui les portent.

Avant que ne se dessine le scénario extrême où Jean Lassalle imagine Marine Le Pen premier ministre, après que la défaite des municipales ne précède un tsunami bleu marine aux européennes, c'est justement ce scrutin du 25 mai qu'il faut désormais préparer. L'élection du Parlement Européen doit être un moment de lucidité collective, comme ça l'a été en 2005 pour le référendum du traité constitutionnel européen (TCE).

Je me permets pour conclure de citer cet extrait du rapport de Jean Lassalle :

Député du peuple, m’en allant à pied à l’écoute de mes compatriotes j’ai voulu poser aussi l’acte d’un député combattant, d’un député résistant.
Résistance à un modèle qui s’est imposé à nous et qui brise nos vies un peu plus chaque jour. Résistance au marasme économique. Résistance à l’individualisme grandissant. Résistance à la montée des communautarismes qui mine l’idée de Civilisation.

L’espoir naît de la résistance.

03:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

28/03/2014

Terminal fruitier de Sète, chercher l'erreur ...

C'est en 2011 que le Président de Région Christian Bourquin est venu inaugurer le projet de Georges Frêche, doter la région Languedoc-Roussillon d'un outil économique qui boosterait le développement local autour du bassin de Thau. C'est un entrepôt de 26.232 m2 destiné à l'importation de fruits, ce terminal d'une capacité de 500.000 tonnes par an est l'un des plus beaux d'Europe selon son Président Marc Chevallier. C'est un bijou de la logistique du froid qui a été construit par GF Group, filiale de l'italien Orsero, avec des espaces de stockage ultra-modernes. Le coût pour la Région est de 20 millions d'euros.

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Il s'y ajoute la construction d'un deuxième quai de 467 mètres et de deux portiques à conteneurs qui sont livrés en ce début d'année 2014 (à 6 millions l'unité). A l'époque de Georges Frêche, la Région Languedoc-Roussillon avait budgétisé 300 millions d'euros pour moderniser et développer el port de Sète.

Mais la société israélienne Agrexco a fait faux bond dès le départ du projet, et ce terminal qui devait occuper 200 personnes n'a jamais dépassé la vingtaine d'employés pour des projets commerciaux incertains. Et le terminal vient de fermer définitivement !

Agrexco_Orsero_Lettre_M_2014.JPG

Ce terminal fait partie de tous ces grands projets inutiles, comme l'aéroport Notre-Dames-des-Landes ; l'outil est censé susciter le besoin et plus l'outil est pharaonique et plus les perspectives sont alléchantes. Mais au final, c'est le contribuable qui paye des sommes astronomiques pour enrichir des bureaux d'études, des cabinets d'experts, des grands groupes du bâtiment, et avec un retour sur investissement catastrophique. Cf article du journal Les Echos sur les investissements "dingues" qui plombent les finances des villes.

Le scrutin des municipales témoigne du désaveu des citoyens vis à vis de leurs représentants élus : plus confiance, ils sont tous pareils, ils ne changent rien, etc.