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20/05/2014

Européennes : J-5 à Paulhan comme auprès de 380 millions de citoyens de l'Europe

A quelques jours du scrutin pour l'élection des députés au Parlement européen, les sondages témoignent de l'érosion des listes socialistes, en même temps qu'une lente mais constante progression des listes écologistes.

Ifop_19_mai_2014.JPG

Point de sondage pour la région Sud-Ouest, mais il est intéressant de ressortir un sondage IFOP publié par Midi Libre le 17 mai 2009, et qu'il est encore plus intéressant de confronter au suffrage du 7 juin 2009 :

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Le sondage IFOP du 17/05/2009

 

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Le résultat de l'élection du 07/06/2009

A Paulhan, l'abstention était de 58% ce 7 juin 2009, et l'ordre des listes à l'issue du scrutin a été : l'UMP de Dominique Baudis (235 voix - 24,25%), le PS de Kader Arif (173 voix - 17,85%), Europe Ecologie de José Bové (142 voix - 14,65%), le FN de Louis Aliot (99 voix - 10,22%), le NPA de Myriam Martin (89 voix - 9,18%) et le Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon (82 voix - 8,46%).

Pour ce dimanche, j'espère que les paulhanais seront plus mobilisés et qu'ils voteront pour la liste Europe Ecologie. C'est dans cet objectif qu'un tract est distribué cette semaine afin d'apporter un soutien local à José Bové et à Catherine Grèze qui ont réalisé un mandat très utile au Parlement européen depuis 2009.

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Il ne faut pas se fier aux sondages, ni même à la seule explication que le bond du score Écolo en 2009 était lié à la diffusion le vendredi précédent le scrutin du film "Home" de Yann Arthus-Bertrand. Je reste persuadé que les citoyens ne sont pas des idiots et qu'ils savent lire les circulaires des listes, entendre les messages des candidats et voter de façon responsable.

13:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

19/05/2014

Paulhan, village bientôt sous surveillance !

La nouvelle équipe municipale de Paulhan en avait peu parlé pendant la campagne électorale, mais elle engage désormais une politique sécuritaire dont l'opportunité reste à démontrer.

La première pierre de ce futur édifice sécuritaire a été révélée le 1er mai lors de la remise de la médaille du travail d'un policier municipal, c'est l'annonce faite par le maire de Paulhan d'avoir prochainement trois agents de surveillance de la voie publique (ASVP), ainsi qu'une secrétaire dédiée au poste de police municipale. La mission des ASVP est très limitée, essentiellement le stationnement et la circulation sur les voies publiques, mais la profusion d'uniformes bleu marine dans les rues de Paulhan satisfera quelques anxieux.

La seconde pierre sera dévoilée lors du prochain Conseil municipal du 22 mai avec une demande de subvention pour l'installation de 8 caméras de vidéoprotection (cf. ordre du jour et documents de séance sur le site Web des élus de Paulhan Avenir). Les équipements prévus sont divers : caméra fixe ou mobile, avec ou sans visualisation de plaque d'immatriculation (VPI), avec ou sans vision nocturne en infra-rouge. Les lieux couvrent l'ensemble de la commune : la zone d'activité de la Barthe, le groupe scolaire, le stade, la halle des produits régionaux, le carrefour de l'entrée-nord ainsi que la gare (cf. carte).

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Un ASVP devant ses écrans à Courcouronnes (Essone)

Avec la vidéoprotection (ou videosurveillance), c'est la question de l'atteinte aux libertés individuelles qui se pose. Peut-on encore se déplacer ou évoluer librement sans avoir un Big Brother susceptible de nous surveiller ? Evidemment, c'est le dilemme entre "liberté" et "ordre" qui en découle ; et nous savons que les populations sont prêtes à sacrifier [un peu de] leurs libertés pour vivre en sécurité. Aux Etats-Unis, le Patriot Act illustre bien les concessions que des citoyens sont prêts à accepter, mais après qu'ils aient subis d'extraordinaires atteintes à leur sécurité (cf. attentats du World trade Center pour les USA). Mais en sommes-nous là à Paulhan ?

Enregistrer les plaques d'immatriculation de tous les véhicules qui entrent et qui sortent du village ou encore disposer de caméras mobiles qui induisent une surveillance humaine en temps réel, cela paraît très exagéré au regard du besoin.

Car les particuliers et les sociétés qui estiment que leurs biens sont susceptibles d'être menacés ont déjà recours à la vidéoprotection. Il suffit de se promener dans Paulhan pour voir des caméras un peu partout : au-dessus des distributeurs de billets, chez Irrifrance, à la station de Carrefour Contact et dans de nombreuses entreprises de la Barthe. Et les domiciles des particuliers sont dans certains cas protégés par des alarmes et des liaisons directes avec un service de surveillance.

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Donc, les intérêts privés étant sous la surveillance de dispositifs privés, pourquoi investir dans un dispositif de vidéosurveillance public ? Une seule réponse possible : pour la sécurité publique ... Or, les gendarmes du groupement de Lodève ont présenté les chiffres de la délinquance lors du Conseil communautaire du 27 novembre 2013 à Octon, et la commune de Paulhan fait plutôt bonne figure vis à vis d'autres communes voisines. Les gendarmes ont longuement expliqué que c'est désormais l'atteinte aux biens dans les entreprises qui focalise l'essentiel de leurs missions sur le terrain. Et à Paulhan, la société Irrifrance a fait l'objet cette année de vols importants de métaux. Il en est de même pour la déchetterie, et le Syndicat Centre Hérault a expérimenté en début d'année la vidéoprotection ; ça ne s'est pas révélé très dissuasif, mais cela a permis à posteriori de sanctionner, et voire d'arrêter quelques abonnés.

vidéoprotection,vidéosurveillance,asvp,caméras

Finalement, les policiers (PM et ASVP) et les caméras ne sont-ils pas qu'un simple prétexte pour afficher une posture ? Mais en surfant sur la thématique sécuritaire, on franchit néanmoins une ligne jaune, celle de nos libertés individuelles. Et d'être mis ainsi sous surveillance est une forme de violence à laquelle nous ne devons pas nous habituer.

Mais ne doutons pas que la municipalité engagera prochainement une concertation sur ces points, et qu'à moins de voter un budget supplémentaire (BS) sur 2014 elle profitera du débat d'orientation budgétaire (DOB) de 2015 pour prioriser tous ces investissements dans un budget qui se contractera sous l'effet des économies imposées par l'Etat.

09/05/2014

La liberté totale de commercer, jusqu'où ? Et dans quelle Europe ?

Les députés européens écologistes José Bové et Yannick Jadot ont diffusé le 6 mai dernier un communiqué de presse sur l'accord de libre-échange en cours de finalisation entre la commission européenne et le gouvernement canadien :

 

« Depuis six mois que le Premier Ministre Harper et le Président de la Commission Barroso annoncent la fin des négociations, on va peut-être bientôt savoir quel en est le contenu!

Mais nous savons malheureusement que l'opacité entretenue jusqu'ici n'annonce rien de très positif et que cet accord se veut un "brouillon" du traité transatlantique. Il semble que sur les marchés publics, la santé, les services publics, l’interdiction de l’importation de sables bitumineux ou encore l’agriculture, l’accord privilégie les intérêts des grands groupes à celui des citoyens.

De même, le droit des investisseurs est scandaleusement renforcé: ainsi, tout investisseur mécontent d’une nouvelle législation, locale, régionale, nationale ou européenne pourra-t-il attaquer devant un tribunal arbitral pour demander des compensations financières pour les bénéfices non réalisés.

Les députés Europe Écologie se sont battus contre cet accord de libre-échange avec le Canada, comme ils le font contre celui avec les États-Unis. Nous défendons des règles commerciales qui protègent la santé, l'environnement, les droits sociaux et les libertés, favorisent les PME au lieu de les conditionner aux intérêts privés. 

Dans quelques mois, le texte final de l’accord sera disponible et nous n’hésiterons pas à en informer les citoyens pour préparer avec eux la riposte.  Comme pour ACTA, le Parlement européen pourra le rejeter. Si ses nouveaux élus le décident! »

 

C'est en octobre 2013 que la commission européenne donnait les premiers contenus de cet accord de libre-échange entre l'Union Européenne et le Canada (cf. communiqué de presse). Car en dehors de quelques élites, comme ici sur la photographie le président de la commission José Manuel Barroso et le Premier ministre canadien Stephen Harper, ces accods se discutent dans le plus grand des secrets, dans une opacité qui annihile tout contrôle démocratique des engagements à venir.

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Le commerce est un sujet qui suscite les réflexions politiques et philosophiques depuis des siècles, et Jean-Jacques Rousseau y a consacré de nombreux chapitres de son traité "De l'esprit des lois" au milieu du 18ème siècle ; encore aujourd'hui ils font référence !

L'une des premières vertus du commerce est d'apporter la paix, Jean-Jacques Rousseau l'explique fort bien et la construction européenne en est un formidable exemple. Mais le commerce qui bénéficie aux Etats ne profite pas toujours à leurs citoyens :

 

« Mais, si l’esprit de commerce unit les nations, il n’unit pas de même les particuliers. Nous voyons que, dans les pays où l’on n’est affecté que de l’esprit de commerce, on trafique de toutes les actions humaines, et de toutes les vertus morales : les plus petites choses, celles que l’humanité demande, s’y font, ou s’y donnent pour de l’argent.

L’esprit de commerce produit, dans les hommes, un certain sentiment de justice exacte, opposé d’un côté au brigandage, et de l’autre à ces vertus morales qui font qu’on ne discute pas toujours ses intérêts avec rigidité et qu’on peut les négliger pour ceux des autres. »

L'esprit des lois - Livre XX - Chapitre II - De l'esprit du commerce

 

Jean-Jacques Rousseau étend son propos aux monopoles d'Etat, aux droits de douane, aux conflits d'intérêts, au crédit bancaire, à la balance commerciale import/export et sur autant de sujets qui les rendent d'une actualité remarquable. Analyser les accords de libre-échange en cours de négociation avec le Canada comme avec les Etats-Unis à l'aune de l'Esprit des lois est un exercice enrichissant ; les pratiques n'ont pas changé depuis l'antiquité, mais le monde a changé ; il y a quelques siècles, un monarque pouvait imposer ses lois aux commerçants du monde entier, aujourd'hui ce sont des multinationales apatrides qui dictent leurs exigences à des Etats soumis.

OMC_Libre_Echange.jpg

Mais plus fondamentale est la question de nos libertés, et en l'occurrence ici de notre liberté démocratique de fixer des normes et des règles garantes de l'intérêt général. Car si le commerce au sein d'un même Etat profite souvent aux citoyens de cet Etat, et c'est l'objectif visé par le commerce en circuits courts ou par l'économie circulaire, le commerce international bénéficie à quelques firmes dont la croissance est consubstantielle à leur vie. 

 

« La liberté du commerce n’est pas une faculté accordée aux négociants de faire ce qu’ils veulent ; ce serait bien plutôt sa servitude. Ce qui gêne le commerçant ne gêne pas pour cela le commerce. C’est dans les pays de la liberté que le négociant trouve des contradictions sans nombre ; et il n’est jamais moins croisé par les lois, que dans les pays de la servitude.

L’Angleterre défend de faire sortir ses laines ; elle veut que le charbon soit transporté par mer dans la capitale ; elle ne permet point la sortie de ses chevaux, s’ils ne sont coupés ; les vaisseaux de ses colonies qui commercent en Europe doivent mouiller en Angleterre. Elle gêne le négociant ; mais c’est en faveur du commerce. »

L'esprit des lois - Livre XX - Chapitre XII - De la liberté du commerce

 

Dans ces accords de libre-échange, les firmes internationales voudront s'affranchir de toutes les contraintes locales pour étendre leur marché. Et le dogme de la croissance économique qui omnubile nos dirigeants les fait signer aveuglément des accords qui nous asserviront. Pour quelques points de PIB et pour quelques milliers d'emplois précaires, et donc pour des indicateurs que les gouvernants pourront épingler à leur boutonnière, notre qualité de vie et notre liberté sont abandonnés pour des discours officiels stériles.

Le 25 mai, à l'occasion de l'élection de nos députés au Parlement européen, il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Je veux dire par-là que ce n'est pas l'Europe qu'il faut vilipender, mais l'usage que nous en faisons. Je suis partisan d'une Europe institutionnellement plus forte, pour qu'elle pèse dans les débats internationaux avec les USA, avec la Chine ou encore avec la Russie, et nous voyons dans la crise ukrainienne comme l'Europe est ridiculisée. Mais les peuples européens doivent pouvoir imposer leurs valeurs au travers de projets politiques respectueux de leur culture et de notre histoire commune. Le 25 mai, il faut dire Oui à l'Europe, mais Oui à une autre Europe, et en tous cas pas à celle des nationalistes, des populistes, des conservateurs ou des sociaux-libéraux qui n'ont en réalité aucune ambition pour l'Europe.