Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

28/03/2014

Les contrats chinois vont-ils créer de l'emploi en France ?

Non !

L'Etat français avait sorti le grand jeu à l'occasion de la visite à Lyon puis Paris du Président de la République populaire de Chine, Xi Jinping. La Garde républicaine, le faste de Versailles, un concert à l'Opéra Royal, un diner privé au Grand Trianon, ... ont émaillé ces trois journées dont l'objectif, sous couvert de fêter le cinquantenaire de la reconnaissance de la République populaire de Chine par Charles de Gaulle, était la signature de gros contrats.

Cinquante contrats commerciaux ont été signé pour 18 milliards d'euros, et ils concernent Airbus, PSA, GDF Suez, Aréva ou encore le groupe Orpéa. La médiatisation de ces contrats a été associée à une amélioration de notre balance commerciale avec la Chine, mais les médias se sont très rarement étalés sur leur contenu. Or, la principale question est de savoir si ces contrats sont bons pour notre économie nationale. Vont-ils créer de l'emploi en France ? Vont-ils faire rentrer de l'argent dans les caisses du Trésor Public ?

Or, en faisant construire des avions A320 à Tianjin, des voitures Peugeot ou Citroën en Chine, en développant en Chine les secteurs de l'énergie, en autorisant les banques et compagnies d'assurance françaises à investir 80 milliards de renminbis (monnaie chinoise locale) ou encore en construisant une maison de retraite médicalisées de 180 lits à Nanjing, combien d'emplois est-ce que cela génère en France ?

Parce qu'en même temps que ces mirobolants contrats étaient théâtralement signés, les chiffres du chômage pour le mois de février témoignaient d'une aggravation de la situation de l'emploi. Alors ou vont ces 18 milliards d'euros dont toutes les chaînes de télé et de radio nous ont rabattu les oreilles ?

Et puis on ne peut pas occulter les droits de l'homme en Chine.

pour-liuxiaobo1-bf813.jpg

Liu Xiabo est le seul prix Nobel de la Paix à être en prison ; il a été condamné fin 2009 à 11 ans de prison pour ... "subversion du pouvoir de l’Etat". C'est en 2008 que cet intellectuel a élaboré la Charte 08, pour revendiquer une véritable démocratie en Chine ; cette charte a été signée par plusieurs centaines d'intellectuels et de militants des droits de l'homme de son pays. Sa femme Liu Xia est assignée à résidence, dans un isolement total.

Les patrons, les dirigeants et les actionnaires de grandes entreprises françaises vont gagner beaucoup d'argent avec ces contrats. Parallèlement, et face à l'accroissement des inégalités, les plus démunis comme ceux qui pensent que leur situation est précaire ne trouvent pas de réponse dans notre modèle de société, et ils le rejettent donc tout naturellement. Nos grands dirigeants politiques demeurent incapables de penser à un autre modèle, de reconnaître avec lucidité que la croissance économique  du 20ème siècle ne reviendra plus jamais. Jusqu'au point de rupture ?

26/03/2014

Stabilité électorale dans les communes du Clermontais, mais l'incertitude pèse sur la Communauté ...

Au lendemain du premier tour des municipales sur le Clermontais, un premier constat est que la majorité des communes du territoire voient leur équipe sortante reconduite. C'est le cas de Francis Bardeau à Nébian (qui succède à François Lieb), de Joseph Rodriguez à Saint-Felix-de-Lodez, de Jean-Claude Lacroix à Ceyras, d'Olivier Brun à Fontès, de Christian Bilhac à Péret, de Jacques Guelton à Cabrières (qui succède à Francis Gayraud), d'Henri Jurquet à Brignac, de Philippe Ventre à Lacoste, d'Alain Blanquer à Lieuran-Cabrières, de Jean Coste à Salasc (qui succède à Chantal Font), de Gabriel Navas à Mourèze, de Bernard Coste à Octon, d'Alain Soulayrol à Liausson, d'Eric Vidal à Villeneuvette, de Daniel Viala à Mérifons et de Gérald Valentini à Valmascle.

carte_23_mars.jpg

Trois communes ont sanctionné l'équipe sortante : Aspiran où Olivier Bernardi remplace Jean-Noel Satger, Paulhan où Claude Valéro remplace Bernard Soto et Usclas d'Hérault où Christian Rigaud remplace Bernard Foulquier-Gazagnes. Et il reste deux communes dont l'issue ne sera connue que ce dimanche 30 mars, à Canet et à Clermont l'Hérault, et avec un ballotage défavorable pour Alain Cazorla car deux de ses concurrents du premier tour ont fusionné.

Sur les 19 résultats définitifs du premier tour, il semble que ce soit surtout la personnalité des maires sortants qui explique en grande partie l'issue du scrutin. Les bilans sont globalement bons sur ces communes et la dynamique de développement encadrée par les structures intercommunales (Communauté de communes du Clermontais, Pays Coeur d'Hérault, Syndicat Centre Hérault, Syndicat Mixte de Gestion du Salagou) est plutôt favorable. Mais la vie de village tourne autour de priorités qui échappent aux grandes thématiques politiques, et elles sont quelquefois assez irrationnelles.

Quand l'élection conduit à un changement d'équipe, c'est uniquement par rejet des sortants ; on retrouve là l'issue du dernier scrutin présidentiel où François Hollande a été élu par rejet de Nicolas Sarkozy. Les électeurs zappent ! Ainsi sur Paulhan, les voix qui se sont portées sur les concurrents de Bernard Soto sont très loin d'être motivées par une adhésion forte à un projet politique. Il en va de même à Aspiran et à Usclas d'Hérault ; et nous verrons dimanche prochain si cette explication vaut aussi pour Clermont l'Hérault et Canet.

Pour la Communauté de communes du Clermontais, c'est vers la mi-avril que l'assemblée communautaire désignera son nouvel exécutif, et l'issue du scrutin de Clermont l'Hérault est prépondérante car Clermont l'Hérault désigne 14 des 51 conseillers communautaires. Et avec Canet qui désigne 5 conseillers communautaires, c'est près de la moitié de l'assemblée communautaire qui sera désignée dimanche prochain.  Mais il reste que le projet de mandat pour la communauté a été occulté pendant cette campagne des municipales, et qu'il serait dommage que le futur exécutif ne se constitue que sur des rapports de force.

01:42 Publié dans CCC, Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

25/03/2014

Election municipale au village, la démocratie y exprime un attachement profond à la ruralité

Le premier tour des municipales à Paulhan a durement sanctionné le maire sortant, éliminé avec 32,52% des voix. Malgré un très bon bilan du mandat écoulé, malgré une nouvelle équipe aux multiples capacités, malgré un projet ambitieux pour la période 2014-2020 et malgré une campagne tonique, le processus s'est démocratiquement enrayé sur le facteur "village". Paulhan n'est pas une grande ville comme Sète ou Montpellier, avec l'exigence des électeurs que leurs élus aient la technicité suffisante pour gérer le développement de leur commune. A Paulhan, l'information locale se relève dans les associations, dans les commerces, sur les places du village, à la sortie des écoles, ... Qu'importe d'ailleurs que l'information soit bonne ou mauvaise, le canal utilisé prime sur le contenu du message.

Il s'y ajoute, comme à l'échelle nationale, un rejet des partis politiques ; et cela s'exprime dans l'abstention et dans le vote Front National. Aussi, les soutiens très visibles de personnalités politiques de l'Hérault ont certainement ajouté au sentiment d'excès de politique, d'éloignement des candidats vis à vis des vraies préoccupations des citoyens.

En 2008, la liste de Bernard Soto était élue au premier tour, avec 930 voix de moyenne sur 1731 suffrages exprimés, et sur un total de 2410 électeurs inscrits (25% d'abstention). Ce 23 mars 2014, la nouvelle liste de Bernard Soto n'obtient que 599 voix sur 1842 suffrages exprimés et sur un total de 2759 électeurs inscrits (32% d'abstention). Alors que s'est-il passé en 6 ans ?

Personnellement, je pense que l'équipe municipale sortante était trop dans ses dossiers, mais pas assez souvent au contact de ses administrés sur la voie publique. Or, si c'est très important de bien connaître ses dossiers pour faire aboutir la construction d'un nouveau groupe scolaire, pour améliorer le fonctionnement d'une station d'épuration, pour dérouler la programmation culturelle, pour traiter dans l'intérêt de tous les projets d'aménagement urbain, ... ça ne se voit pas ! Par contre, un trottoir défoncé ou des mauvaises herbes qui poussent au cimetière, ça fait le tour du village.

Paulhan est un village, c'est mon principal enseignement de cette élection. Et les électeurs tiennent à cette dimension "village" ainsi qu'aux habitudes d'une vie quotidienne rurale. C'est aussi, et il s'agit là d'un leitmotiv sur mon blog, le caractère très conservateur de la démocratie française. Les électeurs expriment dans les urnes leur attachement à tout ce qui constitue leur quotidien ; et c'est peut-être le spectre de changer de modèle qui fait de notre pays le plus gros consommateur mondial d'anxiolytiques !

Et c'est certainement la progression de l'intercommunalité qui accompagne le mieux ce souci de garder au village ce qui fait sa culture au quotidien (cérémonies, compétitions sportives, spectacles, écoles, cadre et qualité de vie) ; les compétences les plus techniques sont transférées à la communauté de communes, quand les tâches plus courantes restent à l'échelle de proximité de la commune. C'est peut-être cette dichotomie qui facilitera le travail des parlementaires dans le chantier de l'Acte III de la décentralisation.

A noter hier une tâche dans cette campagne qui s'était déroulée très sereinement, ce tag dessiné sur les panneaux électoraux de la mairie :

Tag_panneaux.jpg

Pour ma part, je reste conseiller municipal ainsi que conseiller communautaire ; je tiens à remercier mes colistiers qui ont démissionné aujourd'hui pour me laisser occuper ces mandats (Bernard Soto, Mohamed Nougoum et José Gasquez). Notre petit groupe d'opposition au conseil municipal agira pour l'intérêt général de Paulhan ; je siègerai aux côtés d'Aleksandra Djurovic, d'Agnès Audemar et de Fabienne Herredia.