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01/10/2014

Candidat sur le 6ème canton de l'Hérault, je souhaite continuer à nourrir le débat politique local, pas à l'abandonner à l'abstention ou aux enchanteurs

Il faut sauver la gauche ! Tous les responsables socialistes en appellent à la responsabilité des formations de gauche pour que 2015 ne soit pas la suite de 2014. Six Conseils généraux sur dix sont gérés par une coalition de gauche et, dans un contexte socio-économique défavorable au gouvernement socialiste, les revers des municipales, des européennes et des sénatoriales devraient se poursuivre avec les élections départementales de mars 2015. Dans 6 mois !

Mais en 2015, une élection en cache une autre : les régionales de 2015. Aussi, une stratégie électorale pour des départementales de mars impactera la stratégie des régionales en décembre. Deux formations politiques ne pourront se rassembler pour les départementales que si elles font le même choix aux régionales, et là les stratégies restent à valider au sein des formations politiques.

L'autre facteur à prendre en compte, c'est la fusion des régions. Prenons le cas de notre région et de ses cinq départements, et où chaque formation pourra avoir une stratégie locale différente, l'élargissement à 13 départements du Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées pour les régionales ne devra pas être parasité par des choix antagonistes au printemps.

Languedoc_2015.JPG

A priori, l'élection départementale devrait aussi être le premier tour des régionales, chaque formation portant son propre projet en mars et l'issue du scrutin permettant d'affiner la stratégie aux régionales. Pour les écologistes qui sont sortis il y a quelques mois du gouvernement de Manuel Valls et qui se sont présentés en listes autonomes aux sénatoriales, la stratégie aux départementales devraient encore être l'autonomie.

Se présenter en candidatures autonomes aux départementales permet d'avoir une photographie précise de l'électorat à six mois des régionales, et ça permettra de faire quelques économies en sondages. Par ailleurs, les électeurs ne comprendraient pas que deux formations qui sont rassemblées aux départementales s'opposent aux régionales ...

Mais au delà de ces réflexions stratégiques, il y a le fond des projets politiques. Le gouvernement vient de présenter un projet de loi de finance pour 2015 (PLF2015), et les projections pluriannuelles restent fondées sur des prévisions de croissance illusoires. Et le rabot est devenu l'unique réponse aux exigences budgétaire de la France au 21ème siècle ... Il n'y a aucune vision à long terme, aucun projet politique qui puisse susciter l'adhésion, juste des mesures conjoncturelles pour rassurer Bruxelles :=(

Et puis l'élection départementale de mars 2015 sera quand même exceptionnelle car l'avenir de cette collectivité territoriale se lit aujourd'hui dans une boule de cristal. Dans l'Hérault, il semblerait que la future métropole de Montpellier se substitue totalement au Département sur son territoire, à l'image du Département du Rhône et de Lyon (cf. déclaration de politique générale du Premier ministre devant la représentation nationale le 16/09/2014). En même temps, les routes départementales et les collèges seront transférés à la Région en 2017 ... Faire campagne pour un mandat de conseiller départemental dans un tel contexte constitue un joli exercice d'anticipation.

Pour que l'abstention ou pour que le vote fourre-tout du Front National ne sortent pas gagnants du scrutin de mars 2015, il faut l'aborder dans une démarche constructive, pédagogique et déterminée. Nos concitoyens en ont marre d'entendre les "on a pas le choix" ou "il n'y a pas d'alternative", et il faut bien au contraire avoir le courage de présenter une alternative crédible.

Je serai personnellement candidat sur le nouveau canton de Clermont l'Hérault. Je connais bien l'institution départementale et les services qu'elle apporte sur le territoire, je connais bien le territoire du canton, je mesure les incertitudes liées à la réforme territoriale qu'il faut surmonter et je souhaite aborder cette élection sans dogmatisme.

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Le paysage politique héraultais bascule-t-il ?

Le verbe "basculer" a longtemps signifié en politique une alternance gauche-droite, et c'est ce que nous constatons aujourd'hui au Sénat où l'UMP Gérard Larcher succède au socialiste Jean-Pierre Bel. Mais ici, la bascule pourrait nous conduire dans une configuration plus chaotique.

Le paysage politique, c'est depuis longtemps la gauche et la droite ; et pour savoir à quel camp appartient un parti politique, je me contente de remonter au printemps 2012 pour savoir s'il était derrière Hollande ou derrière Sarkozy. Dans cette note, je conserve cette classification pour illustrer les changements constatés depuis quelques années. Quant à la classification "extrême-droite", elle porte beaucoup plus sur les candidats que sur leurs électeurs, les premiers animés par un idéal nationaliste exploitent le désarroi des seconds.

Senateurs_FN.jpg

Mais reprenons déjà le résultat des sénatoriales héraultaises. En 2008, la gauche faisait 1357 voix (66,2%) et la droite 646 (31,5%). Ce dimanche, la gauche a fait 1090 voix (47,3%) et la droite 1055 voix (45,8%). Pour l'extrême-droite, le résultat passe de 45 voix (2,2%) en 2008 à 160 voix (7%). Mais dans l'Hérault, les divisions à gauche comme à droite rendent très incertaines les prévisions électorales, et rien n'est joué pour l'élection départementale de mars 2015.

Ces divisions se caractérisent aux sénatoriales par la candidature (et l'élection) de dissidents. En 2008, les candidats encartés, à gauche, à droite et au Front National réunissaient 1239 suffrages (60,5%) contre 809 suffrages aux "divers". En 2014, l'écart se réduit ; les "encartés" réunissent 1196 suffrages (52%) contre 1109 (48%) aux autres. Déjà aux municipales de mars 2014, la dissidence (ou l'indépendance) a été payante, c'est un positionnement qui pourrait encore se développer à l'avenir.

Il est par ailleurs intéressant de mesurer en parallèle le poids des grandes collectivités territoriales qui sont souvent taxées de "clientélisme". En 2008, le candidat de la Région faisait 21,5% des suffrages quand celui du Département faisait 29,1%. Et même si les présidents de ces deux collectivités avaient quelques velléités, ils étaient tous les deux socialistes et étaient déjà majoritaires avec deux candidats sur huit. En 2014, le candidat de la Région fait 11% et celui du Département fait 16,4% ; le Parti Socialiste des institutions territoriales recule auprès des grands électeurs ! Et c'est à mettre en balance avec des agglomérations comme Montpellier et Béziers qui échappent aux appareils politiques ...

Un autre facteur intervient dans l'analyse du scrutin, c'est l'expression par le bulletin de vote d'une adhésion au modèle économique promu par les deux grands partis de gouvernement, ce que Marine Le Pen caricature en UMPS. En 2008, ils étaient 184 grands électeurs (9%) à voter pour un parti ou pour un(e) candidat(e) que l'on pourrait qualifier d'alternatif ; en 2014, ils sont 378 (16,4%).

Tous ces indicateurs quantitatifs sont à apprécier dans un contexte où le vote urbain (plus stratégique) l'emporte sur le vote rural (plus affectif). Le poids des aires urbaines de Montpellier, de Béziers et de Sète aura été prépondérant, et cela pourrait préfigurer l'élection départementale de mars 2015 où le découpage cantonal imposé par le gouvernement renforce le poids des villes sur celui des campagnes.

Mais si les partis politiques calculent déjà les rapports de force pour les élections de 2015, les citoyens sont très loin des ces préoccupations-là. Et les inondations du mois de septembre ne sont ni de gauche ni de droite, ni partidaires ni dissidentes, elles nous interpellent au contraire sur l'entretien des infrastructures publiques et les moyens que pourront y consacrer dans les prochains mois nos collectivités locales. Dans les communes, l'entretien des réseaux constitue la tâche ingrate des élus locaux ; la voirie, l'adduction d'eau potable, les eaux usées, le pluvial ou l'électrification rurale ne sont pas des sujets très glamour, mais ce sont des priorités vitales. Je fais cette digression pour pointer le côté souvent superficiel de certains enjeux politiques, et le scrutin du 28 septembre n'y échappe pas.

Il est urgent que les politiques renouent le lien avec la réalité du quotidien, mais celle de leurs concitoyens, pas la leur ou celle de leur formation politique. Je le répète souvent ici, mais les questions sont simples, ce sont celles de l'emploi, du logement, de la santé, de la mobilité, de l'éducation et de la formation professionnelle, de l'alimentation, de l'énergie, bref de tout ce qui fait notre qualité de vie. Et les réponses ne peuvent se faire ni en langue de bois ni avec des promesses intenables, mais avec des valeurs et des orientations qui suscitent une adhésion sur le long terme.

21:33 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)

28/09/2014

Sénatoriales

Dans l'Hérault ce dimanche, le scrutin proportionnel pour le Sénat apporte des enseignements remarquables, des constats assez différents des autres départements.

Déjà, les résultats :

  Nombres d'inscrits = 2364  Nombre de votants = 2343
  Nombre de bulletins exprimés = 2305

  Liste Divers-droite de J-P. Grand = 492 [21,34 %] > Elu
  Liste Debout la République de M. Colas = 18 [0,78 %]
  Liste Bleu Marine de Marie-Christinne Aubert = 135 [5,86 %]
  Liste UMP de François Commeinhes = 447 [19,39 %] > Elu
  Liste Divers-gauche de R. Navarro = 257 [11,15 %] > Elu
  Liste Divers-gauche de Ch. Bilhac = 237 [10,28 %]
  Liste EELV de M. Comps = 50 [2,17 %]
  Liste Ext-droite de J-C. Martinez = 7 [0,30 %]
  Liste PS d'H. Cabanel = 378 [16,40 %] > Elu
  Liste Divers-droite de R. Couderc = 116 [5,03 %]
  Liste PCF de J-P. Perez = 97 [4,21 %]
  Liste PdG de R. Revol = 71 [3,08 %]

La victoire de Jean-Pierre Grand (ex-UMP), efficacement soutenu par Philippe Saurel (ex-PS), témoigne du déficit de crédibilité dont souffrent les partis politiques dans le département ; c'est par exemple beaucoup moins vrai chez nos voisins de l'Aude (où le PS officiel conserve ses deux sièges), et ceux du Gard (où l'UMP officiel gagne un siège de plus au détriment du PS).

Or, un candidat comme Jean-Pierre Grand, maire de Castelnau-le-Lez et ancien député de la 3ème circonscription de l'Hérault, n'est pas notoirement connu au delà de l'agglomération de Montpellier. Et pourtant, il arrive en tête du scrutin, et avec 23 voix de plus sa liste aurait gagné un second siège ... Cela signifie que les élus locaux s'identifient à ces profils qui sortent des sentiers battus. La très grande majorité des grands électeurs n'est pas encartée dans un parti politique, et là ils révèlent leur défiance vis à vis de formations qui privilégient plus souvent l'accès aux mandats électifs que l'accompagnement sur le terrain.

Mais alors, comment expliquer le résultat de Christian Bilhac ... qui perd de 20 voix derrière Robert Navarro ? Le réseau des maires ruraux que Christian Bilhac a longtemps animé serait moins efficace que le réseau des élus socialistes que Robert Navarro a longtemps animé en tant que 1er fédéral du PS héraultais ? Mais la différence de 20 voix n'aurait pas suscité ce paradoxe si Raymond Couderc ne s'était pas présenté ou si Jean-Pierre Grand avait glané quelques voix en plus, car seul Henri Cabanel aurait été élu à gauche.

sénatoriales,2014,hérault

A l'échelle du département de l'Hérault, c'est la droite qui devient majoritaire, et le maire de Montpellier jouera un rôle de plus en plus central dans l'issue des élections à venir (départementales et régionales de 2015). Mais c'est aussi le reflet d'un courant politique assez neutre, un mixte de Manuel Valls et de Dominique de Villepin ... et on voit bien qu'avec ces deux là le développement envisagé pour l'Hérault restera soumis aux dogmes actuels, vu depuis Montpellier, un territoire économiquement dynamique, et sans aucune vision pour le reste du département. Et cela laisse à Henri Cabanel la charge de représenter les territoires ruraux ...

A l'échelle nationale, la droite reprend la majorité au Sénat et le Front National y gagne deux sièges. Rien de très révolutionnaire dans ce basculement de la chambre haute du Parlement, et puis c'est surtout un scrutin dont nos concitoyens se fichent pas mal :=(

Il reste une question, c'est quand le changement ?