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14/10/2014

Le revenu de base, c'est pas sorcier !

Le revenu de base est un concept qui n'est pas du tout dans l'air du temps ... il s'agit  de distribuer un revenu inconditionnel, universel, individualisé et suffisant pour assurer une existence digne. Alors que la tendance du moment est plutôt de baisser les revenus des salariés pour assurer la survie du système, le revenu de base est la réponse que peut apporter une communauté humaine à l'ensemble de ses membres pour le contrat social se fonde sur des valeurs humanistes.

revenu de base

Il existe une littérature abondante sur le sujet, et si quelques économistes en conceptualisent le principe, il est expérimenté dans certains pays. Mais les quatre vidéos ci-après en donnent une explication très simple, et j'invite à prendre le temps de les regarder :

  Le revenu de base face aux défauts du RSA
  Financer le revenu de base par l'impôt
  Pourquoi individualiser l'impôt et les prestations sociales ?
  Le revenu de base est plus équitable pour les familles

Trop souvent la critique apportée contre le revenu de base est que ce n'est pas finançable, et surtout dans l'état actuel des finances publiques. Mais en partant du remplacement du RSA par un revenu de base de 450 € par adulte et de 200 € par enfant, ces vidéos démontrent la faisabilité d'un tel système.

Et on pourrait y ajouter l'aide personnalisée au logement (APL), la prime de rentrée scolaire, la prime pour l'emploi, la prestation de compensation du handicap, le minimum vieillesse, etc. Tous ces dispositifs sont onéreux pour la collectivité (personnel pour instruire, contrôler et payer les prestations) et ils nécessitent que leurs bénéficiaires passent beaucoup de temps dans les paperasses. Passons le revenu de base à 800 € par adulte et à 400 € par enfant, et il se substituerait alors à tous les dispositifs sociaux actuels.

L'autre critique est qu'un tel dispositif inciterait à ne pas travailler. Mais une pension retraite en est le meilleur contre-exemple : une pension peut se comparer à un revenu de base, et les retraités continuent d'avoir une activité sociale. Cela peut se limiter à garder ses petits-enfants, à faire des petits travaux chez des amis ou des parents, et beaucoup de retraités ont une activité associative bénévole.

Le revenu de base n'est pas un ersatz de régime communiste et il ne s'oppose pas aux activités économiques plus conformes au capitalisme ; il apporte de la sécurité, mais il reste complémentaire de tous les autres systèmes.

Voilà en tous cas le type de réforme sociale dont notre pays aurait bien besoin pour retrouver le moral. La France a souvent été avant-gardiste dans bien des domaines, et le revenu de base serait une révolution sociale appelée à s'étendre au delà de nos frontières.

13/10/2014

Départementales des 22 et 29 mars 2015 : les électeurs ne sauront ce pour quoi ils votent que début 2015 ...

La perspective est quand même assez extraordinaire ; nous allons voter, et pour certains candidater en mars 2015 sans savoir quelles sont les compétences de la collectivité dont il faut renouveler l'assemblée délibérante !

Le Premier ministre l'a annoncé en fin de semaine dernière en marge du congrès de l'Association des régions de France (ARF) à Toulouse, le projet de loi portant « Nouvelle organisation territoriale de la République » - loi NOTRe- sera examiné au Sénat à la mi-décembre, et avec l'objectif d'une adoption parlementaire en première lecture début février.

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Or, cette loi NOTRe répartit les responsabilités entre l’État et les collectivités d’une part, et entre les collectivités d’autre part, Nous ne saurons donc réellement à quoi le budget du Département sera consacré que un mois avant le scrutin ...

Pour les candidats à cette élection, ça va être difficile de s'engager sur des orientations précises. Et pour les électeurs, ça va être difficile de choisir un binôme de candidats sur un peu plus que leur bonne mine. Il est par exemple prévu que les collèges, que les routes et que les ports soient transférés à la Région d'ici 2017, mais laissons au moins le temps au Parlement d'en voter les modalités précises. Il est prévu aussi que les compétences du Département seront transférées aux métropoles sur le territoire de ces dernières, mais là encore il y a des modalités de mise en œuvre et de coordination à valider. Et puis il y a l'avenir des Conseils généraux eux-mêmes qui nécessite une urgente clarification avant d'aller voter. Je rappelle le dernier scénario gouvernemental où les Conseils généraux pourraient soit rester en l'état (dans une quinzaine de départements ruraux), soit fusionner avec les métropoles sur le territoire de ces dernières (sur le modèle du Grand Lyon et du Département du Rhône), soit devenir des fédérations d'intercommunalités.

Bref, nous voterons en mars 2015 pour des assemblées départementales dont l'essentiel de leur mandat sera consacré à leur propres démantèlement (plus réaliste que "dévitalisation") ; on va élire des liquidateurs.

Le propos que je viens de dérouler sera malheureusement ce que nous allons entendre jusqu'au scrutin. Et tous les sortants socialistes paieront comptant cette improvisation du Premier ministre [socialiste], comme quoi ce gouvernement a déjà décider du sort funeste des Départements. Et cela offrira aussi un argument de poids aux candidats du Front National qui mettront ceux de l'UMP au pied du mur ...

Personnellement, j'estime que l'enjeu est trop sérieux pour être ainsi ridiculisé. Le Conseil général est un partenaire privilégié pour les communes, il y intervient dans une cohérence territoriale qu'aucune autre structure ne possède, et avec des moyens que par exemple les intercommunalités auront du mal à acquérir à moyen terme. Le risque est de voir les intercommunalités se livrer à une compétition pour élargir leur périmètre, accroître leurs compétences et déléguer à des bureaux d'étude ou à des cabinets conseils les missions pour lesquelles elles n'auront pas le savoir-faire.

Aussi, entre l'horizon restreint que dessine la loi NOTRe et une réalité territoriale qui ne peut rester orpheline, il y aura besoin d'élus soucieux de l'intérêt général de tous les territoires du département. Je ne crois pas qu'il soit demandé à ces élus de se comporter comme des directeurs des ressources humaines à qui ont demande de multiplier des plans sociaux pour accroitre les profits de l'entreprise, je crois surtout qu'ils devront être des facilitateurs de la restructuration territoriale, à effectifs constants, à coûts constants et à missions constantes.

12/10/2014

Départementales des 22 et 29 mars 2015 : les partis politiques contre les nouveaux édiles ?

Ce qui ressort des élections de l'année 2014, c'est évidemment l'arrivée de maires qui ne sont pas encartés dans un parti politique et qui ont une influence remarquable. Deux grandes villes de l'Hérault ont ainsi échappées aux partis politiques, ce sont Montpellier (avec Philippe Saurel) et Béziers (avec Robert Ménard), mais de nombreux gros bourgs sont eux aussi passés hors influence des partis. A Juvignac, le patron départemental de l'UMP a été battu au second tour par un candidat "divers". A Murviel-les-Montpellier, une liste "divers" gagne dès le premier tour contre une gauche divisée. Mais en Coeur d'Hérault aussi, des communes comme Gignac, Clermont l'Hérault, Saint-André-de-Sangonis, Paulhan, Aspiran, ... échappent aux appareils politiques traditionnels.

L'élection sénatoriale du 28 septembre a donné le coup de grâce aux formations politiques, un sénateur "divers droite" et un sénateur "divers gauche" ont été élus pour le Palais du Luxembourg au travers d'un vote fortement influencé par les grands électeurs "divers" ... Et à 6 mois des départementales, cette vague alternative rend les stratégies électorales très incertaines.

Et c'est sans oublier le vote Front National qui a atteint 30% des suffrages exprimés dans l'Hérault lors de l'élection européenne du 25 mai, un scrutin où seulement 45% des électeurs se sont déplacés pour voter. Or, une élection départementale pour laquelle les électeurs auront bien du mal à percevoir les enjeux d'ici mars 2015 risque de renouveler le scénario des européennes. Le Front National va investir des candidats dans tous les cantons, et comme il faut faire 12,5% des inscrits pour aller au second tour, ces candidats pourraient se retrouver dans des duels de second tour dans une très grande majorité de cantons.

L'UMP sera-t-elle tentée de faire des alliances avec le FN pour prendre le Département de l'Hérault ? Pas certain que le FN y soit favorable s'il souhaite continuer de croître sur la vague UMPS pour les élections à venir.

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La tentation pour des électeurs "un peu perdus" serait donc de voter pour leur maire. A Montpellier comme à Béziers, à Gignac comme à Clermont l'Hérault, voilà des premiers magistrats qui pourraient fêter leur première année de mandat municipal avec une entrée dans l'assemblée départementale. Ce serait alors la préfiguration d'une assemblée départementale que certains voient en chambre haute des intercommunalités.

Mais le Département verra prochainement ses compétences clarifiées et son avenir confirmé, ce qui légitime une campagne départementale par les formations politiques qui souhaitent y siéger. Et puis ce scrutin départemental sera aussi une sorte de premier tour pour les élections régionales de novembre ou décembre 2015.

14:52 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)