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13/12/2014

Elections départementales de mars 2015 : porter des valeurs communes plutôt que de négocier des places pour quelques uns

Alors que la fédération socialiste de Loire-Atlantique ne proposait dans ses négociations avec EELV qu’un simple « processus politique et démocratique soit réinstauré sur l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes afin de favoriser l’échange et le dialogue », les adhérents EELV réunis en assemblée générale ce 13 décembre ont préféré l’autonomie. Ils présenteront leurs candidats aux départementales de mars 2015, et ils s’ouvriront à des candidats citoyens et/ou d’ouverture auprès de partenaires de gauche dont les intentions de défendre les valeurs et les positionnements communs avec EELV sont clairement identifiés (cf. Ouest France et Presse Océan). Et parmi ces positionnements, il y a l’opposition à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes !

EELV, Elections départementales, autonomie, urgence écologique, urgence sociale

La Loire-Atlantique est un département emblématique pour ce combat mené contre l'un de ces grands projets inutiles qui ne profiteraient toujours qu’aux mêmes, comme le Tarn où les écologistes défendront leur projet politique face à une gauche institutionnelle classique (PS, PRG, PC et DVG rassemblés), mais ce mouvement d’autonomie se constate abondamment au fil des assemblées départementales d’EELV qui investissent leurs candidats.

Pour l’Hérault, c’est cette même stratégie que je défends. Il n’y a pas un jour qui passe sans que les leaders du Parti Socialiste n’alimentent la corne d’abondance des déceptions de gauche. Cette semaine, c’est le ministre des Finances Michel Sapin qui a sabordé les négociations européennes pour la mise en place d’une taxe sur les transactions financières. Alors que ce projet ne réunissait déjà plus que 11 des 28 pays de l’Union, et qu’il ciblait autant les actions et les obligations que les produits dérivés, taxés respectivement à 0,1% et à 0,01% pour générer de 30 à 35 milliards d’euros par an, Michel Sapin n’a eu de cesse depuis un mois que d’écarter les produits dérivés de cette taxe pourtant voulue en 2011 par la France et l’Allemagne. Afin de protéger les banques françaises qui ont exercé un lobbying efficace, le ministre socialiste a rompu les discussions. Adieu la taxe Tobin, la Finance a résolument vaincu !

Yves Logghe/AP/SIPA
Droits : Yves Logghe/AP/SIPA

Et si encore nous trouvions localement des militants socialistes indignés, de ces frondeurs qui résistent comme au Parlement à la victoire du social-libéralisme, alors nous pourrions envisager des campagnes électorales partenariales. Mais il n’en est rien, les adhérents socialistes sont comme des fantômes qui errent dans une société mondialisée qui leur échappe. Ils rêvent encore de croissance et ils espèrent que les grands projets bâtis sur le consumérisme vont créer des milliers d’emplois, tout en vendant l’aéroport de Toulouse-Blagnac à un groupe sino-canadien très contestable … Et ça va continuer, car le ministre Macron prévoit de vendre pour 5 à 10 milliards de bijoux de famille.

Non, l’urgence sociale et l’urgence environnementale que chacun peut constater, localement sur le terrain comme à l’occasion des grandes conférences nationales et internationales, nous oblige à rompre avec ce modèle de développement. Il faut une révolution ! Alors on ne parle plus aujourd’hui de révolutions en armes pour prendre des bastilles, mais bien de révolutions coperniciennes ; il faut révolutionner la représentation que nous nous faisons du monde et de son développement, quitter notre nombril pour appréhender cette évolution de l’anthropocène à l’échelle de la planète.

Je plaide donc dans l’Hérault pour que nous cessions de négocier pour remplir des cases dans un échiquier électoral, mais que nous rassemblions autour de nous les militants de gauche et les citoyens qui se reconnaissent dans ces enjeux. Et surtout dans le contexte de réforme territoriale, dans l’incertitude qui anesthésie les assemblées d’élus comme les fonctionnaires, il est essentiel de faire prévaloir nos valeurs. Nous ne savons pas encore quel chemin nous allons emprunter, mais nous devons conforter la façon dont nous allons cheminer. Et il n’est pas question de cap ou d’objectif, accordons nous déjà sur les valeurs communes, sur les principes fondamentaux de notre pacte républicain. C'est comme un navire où les membres de l'équipage ne parleraient pas la même langue, il n'irait pas bien loin ...

J'espère convaincre les adhérents héraultais d'Europe Ecologie Les Verts ce lundi soir, car ce serait un message politique salutaire que de pouvoir profiter de ces élections départementales pour construire une alternative politique qui mette l'Homme et son Environnement au coeur des politiques publiques, et que nous cessions d'être guidés par les aléas d'une conjoncture économique et financière qui creuse les inégalités sociales. Car sinon, elle ne sera pas que copernicienne la révolution.

10/12/2014

Départementales de mars 2015 : Europe Ecologie Les Verts décidera lundi prochain de sa stratégie dans l'Hérault

C'est plus la défaite annoncée de la gauche au printemps prochain que le redécoupage et le nouveau mode de scrutin qui tourmente les états-majors politiques. En effet, le passage de 49 à 25 cantons et l'élection de couples mixtes sur chacun d'eux complique l'élaboration de stratégies politiques structurantes, mais ce sont d'autres inconnues qui troublent cette séquence électorale. Et en premier lieu l'abstention, comme à Troyes le week-end dernier où seulement un électeur sur quatre est allé voter ! Le risque est réel qu'une abstention record soit constatée lors des scrutins des 22 et 29 mars 2015 ...

EELV, Elections départementales, mars 2015

Il s'y ajoute la fébrilité des formations de gauche qui ne veulent pas croire à une inévitable défaite, et la fébrilité de celles de droite qui n'osent pas croire qu'elles pourraient renverser des majorités en place depuis une éternité. Et sans oublier la loi NOTRe (Nouvelle organisation territoriale de la République) qui arrive en débat au Sénat le 16 décembre, loi qui précise les nouvelles compétences des départements, et donc les grandes lignes des campagnes électorales de cet hiver.

Dans l'Hérault, les écologistes ont des candidats dans presque tous les cantons, et c'est ce lundi 15 décembre que les adhérents du département vont décider des investitures officielles. La commission électorale départementale a reçu trois motions de stratégie électorale qui seront préalablement soumises au vote des adhérents : 1. Autonomie totale des écologistes et ouverture citoyenne ; 2. Ouverture citoyenne et accords avec les formations de gauche, hors PS et PRG ; 3. Ouverture citoyenne ainsi qu'à toutes les formations de gauche pour des accords techniques locaux.

Les négociations engagées par la commission électorale avec le Parti Socialiste et avec le Front de gauche n'ont pas permis d'aboutir à des accords concrets ; on reste dans le jeu des chaises musicales avec le PS, et le calendrier du Front de gauche reporte tout accord à janvier 2015.

Personnellement, je plaide pour un arrêt des négociations avec le PS ; les discussions s'établissent entre états-majors, sans réelle synergie sur les cantons, et sur fond de rejet de la part des écologistes de la politique sociale-libérale du gouvernement Valls. Or, les candidats EELV peuvent emporter des sièges à l'Assemblée départementale, tout simplement en portant leur propre projet. Cessons de verdir le programme des autres et agissons de façon responsable au regard de l'urgence écologique et sociale. Il y a par ailleurs des tickets possibles sur certains cantons entre EELV et le FdG, parce que localement les candidats ont déjà mené des actions ensemble, et l'élection départementale n'est alors que le prolongement politique d'une dynamique réellement de gauche.

Et puis ces départementales préparent aux régionales de fin 2015 ... Et dans l'architecture territoriale qui va prochainement encadrer les politiques économiques, sociales et environnementales, ce sont ces fameuses "Régions stratèges" qui feront des choix primordiaux pour un développement soutenable (ou non) de nos territoires. Pour nous en Languedoc (je reprends ici l'appellation historique de la nouvelle région), nous disposons de remarquables ressources naturelles qui peuvent assurer notre indépendance énergétique, mais aussi alimentaire. Ne laissons pas, comme pour l'aéroport de Toulouse-Blagnac, des capitaux internationaux venir ici creuser les inégalités sociales, marchandiser notre patrimoine culturel et détruire nos paysages.

eelv,elections départementales,mars 2015

08/12/2014

Pôle Métropolitain de Montpellier, une démarche associative (au début)

C'est devant une vingtaine d'élus du Clermontais que Philippe Saurel est venu présenter vendredi dernier son projet de Pôle Métropolitain (PM).

      

Après avoir informé les élus de la méthode et des étapes qui ont permis la création de la Métropole de Montpellier, de façon démocratique et après délibération des conseils municipaux des 31 communes de l'Agglomération, le Président de Montpellier Agglomération a expliqué son projet de Pôle Métropolitain.

Ses explications figurent déjà dans ma précédente note sur le sujet, mais Philippe Saurel a apporté des précisions intéressantes. Tout d'abord sur la forme, car ce Pôle Métropolitain pourrait [par la loi MAPAM] être un syndicat mixte réunissant tous les EPCI qui le souhaitent, avec une gouvernance minimale si nécessaire, mais avec au moins une existence formelle. Là, Philippe Saurel a indiqué que cela pourrait prendre la forme d'une simple association, voire même d'une association de fait, sans aucune administration et sans aucun budget, et avec une réunion semestrielle de la trentaine de présidents d'EPCI concernés. Le but de Philippe Saurel est de réunir une trentaine de présidents d'agglomérations, qui représentent chacun quelques dizaines de maires, afin d'agir de façon coordonnée dans l'intérêt de notre actuelle région. Car le Pôle Métropolitain de Philippe Saurel va d'Alès à Narbonne et de Millau au Vigan.

Cette forme d'association minimaliste évite les querelles de leadership et elle permet de fonctionner efficacement sans contrainte financière, mais elle délègue de facto toutes les questions d'intendance à Montpellier. Quel numéro de téléphone pour le Pôle Métropolitain ? Celui de Philippe Saurel. En fait, le Président de l'Agglomération de Montpellier est le fondateur et l'ambassadeur du Pôle Métropolitain pour l'extérieur, et son animateur en interne. Tiens, ça me fait penser au roi Arthur, aux croisades, aux chevaliers de la table ronde, à la quête du Graal, etc.

Mais revenons à la rencontre. Nous avons été deux élus, avec Bernard Fabreguette (de Clermont l'Hérault), à évoquer le rôle clé que joue aujourd'hui le Pays Cœur d'Hérault pour les trois intercommunalités du Lodévois-Larzac, du Clermontais et de la Vallée de l'Hérault, et nous souhaitions que ce soit le Pays qui fasse le lien avec le Pôle Métropolitain. Mais Philippe Saurel a rejeté cette place du Pays que nous voulions réaffirmer, car pour lui le Pays ne devrait pas exister ; ou en tous cas, il ne devrait pas être cet interlocuteur que nous souhaitions. Le Pays ne lève pas l'impôt et ses membres ne sont pas élus par les citoyens, c'est donc une structure intercommunale de circonstance, mais en aucun cas un interlocuteur politique.

Les trois intercommunalités du Cœur d'Hérault devraient donc continuer de coopérer au sein du Pays, structure que la loi MAPAM permet de transformer en Pôle d’Équilibre Territorial et Rural (PETR) pour contrebalancer en zone rurale le poids des métropoles ; et ce PETR du Coeur d'Hérault pourrait se réunir tous les six mois autour de Philippe Saurel pour s'entendre sur des orientations régionales de premier ordre. Car l'union des élus que sous-tend le projet de Philippe Saurel est justifiée, surtout dans la fusion avec Midi-Pyrénées où il faudra souvent faire preuve de solidarité régionale. En tout cas pour la partie orientale du Languedoc. J'ai ainsi évoqué en réunion le risque de voir partir vers Toulouse les directions régionales des services déconcentrés de l’État (DREAL, DRAC, DRAAF, DIRECCTE, DRFIP, ARS, Rectorat, ...), éloignant ainsi un peu plus les centre de décision de nos communes, et voilà bien un exemple de combat qui ne peut se mener qu'en union. Mais il en est de même pour la ligne à grande vitesse, pour les subventions européennes, etc.

En conclusion, la démarche de Philippe Saurel est naturelle du point de vue d'un Président de Métropole, et donc depuis une aire urbaine qui rayonne sur toute notre actuelle région, mais les territoires ruraux requièrent d'autres modes de gouvernance pour d'autres dynamiques territoriales. Et là, c'est bien la future région qui, avec son schéma régional d'aménagement durable du territoire (SRADT), assurera le développement équilibré et coordonné des espaces urbains et des espaces ruraux.

Et pour le Cœur d'Hérault, il est urgent de transformer le Pays en PETR, de la même façon que Philippe Saurel propulse son PM ; la première réunion des Présidents d'agglomération du Pôle Métropolitain devrait se tenir au printemps 2015.