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04/02/2015

Les élus du Coeur d'Hérault doivent passer d'une politique de guichets à une politique de projets !

Des voix s'élèvent depuis quelques jours sur le Lodévois, depuis la décision de Marie-Christine Bousquet d'arrêter le festival des Voix de la Méditerranée. Il est évident que Madame le maire de Lodève n'a pas pris cette décision de gaité de cœur, mais la perte d'une subvention de 150.000 € qui est un paramètre non négligeable peut-il sonner le glas d'un festival qui contribue à la renommée culturelle de Lodève et du Cœur d'Hérault ?

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Et pour enterrer un peu mieux cette décision inattendue, Marie-Christine Bousquet avance les baisses colossales de dotations de fonctionnement que l’État verse aux collectivités locales (cf. communiqué de la CCLL). Il est annoncé pour le Lodévois-Larzac une baisse cumulée de cette dotation globale de fonctionnement (DGF) de 1,9 millions d'euros sur la période 2015-2017. Mais c'est la même baisse qui a été annoncée pour la Communauté de communes du Clermontais (CCC) lors de son débat d'orientation budgétaire (DOB) du 21 janvier dernier (cf. note). Je suis par contre un peu plus sceptique sur les autres chiffres avancés par Madame Bousquet pour la Communauté de communes du Lodévois-Larzac (CCLL). Passer de 1 million d'euros de DGF en 2015 à 150.000 € en 2017 est une évolution étonnante. Nous allons passer sur le Clermontais, pour cette même période de 2015 à 2017, de 1 560 351 € à 919 819 €, soit à l'arrivée un peu moins de 50% de la DGF de 2014. Pour la CCLL, l'annonce qui alimente toute la presse locale fait état d'une DGF 2017 équivalente à 11% de la DGF de 2014 ! Je doute ...

On ne peut pas occulter non plus le fond de péréquation intercommunale (FPIC) par lequel les intercommunalités les plus riches reversent aux plus pauvres. Je ne connais pas les chiffres de la CCLL, mais ce FPIC atténue un peu la baisse de la DGF. Ci-après le tableau récapitulatif où j'ai utilisé les ratios de la CCC pour calculer les projections de la CCLL :

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Mais quel que soit la réalité de ces chiffres, il n'en reste pas moins que la baisse des dotations de l’État touche toutes les collectivités, les intercommunalités comme les communes. Et ce sont de multiples associations et de très nombreuses entreprises qui pâtissent dans la foulée de cette austérité budgétaire. Madame Bousquet serait donc désormais plus en phase avec le nouveau parti de gauche majoritaire à Athènes, Syriza, que du Parti Socialiste ? Il n'est jamais trop tard pour ouvrir les yeux ;-)

Néanmoins, la démarche de rationalisation des budgets des communes et des intercommunalités va dans le bon sens. Et il ne faut pas le vivre comme un boulet, mais au contraire comme une bonne opportunité de s'améliorer. Et c'est là où les structures intercommunales révèlent mieux encore leur efficience. Il faut pour cela sortir de la logique de guichet ! Trop souvent, les élus sollicitent des partenaires financiers comme autant de guichets pour des aides financières : le Conseil général, le Pays Cœur d'Hérault qui coordonne les aides européennes, le Syndicat Centre Hérault qui gère nos déchets (cf. fermeture de la déchetterie de Cabrières), l'Agence de l'Eau, l’État, etc. Il est par exemple dommage que la CCLL présidée par Madame Bousquet n'ait pas souhaité participer à la réalisation du Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) du Cœur d'Hérault. Il faut passer du guichet au projet, et nous avons sur le Coeur d'Hérault un projet de territoire qui est sur les rails ; il a été voté à l'unanimité au Caylar en décembre 2013 au travers de la Charte "Horizon 2025".

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Nous avons donc un outil, c'est le Pays Coeur d'Hérault. Rendons le plus efficace ! Première opération, il faut se mettre en conformité avec la loi MAPTAM et le transformer en Pôle d’Équilibre Territorial et Rural (PETR). Ce PETR a été voulu par le législateur afin de contrebalancer en milieu rural le pouvoir des  métropoles et des pôles métropolitains. Faisons collectivement front face à Philippe Saurel, et cessons de succomber individuellement aux sirènes de la capitale régionale ...

Et puis approprions-nous la charte de Pays, mettons-là en œuvre et agissons de façon concertée à l'échelle du Cœur d'Hérault. Cette charte comporte un objectif 1.4 qui est "Penser le Coeur d'Hérault comme un territoire culturel" ; la réponse qu'apporte la charte pour "Une terre d'accueil et de rencontres" c'est entre autres une "coordination des moyens financiers et logistiques du territoire dans les domaines culturel, artistique et touristique". Oui, ce sont beaucoup de mots, mais rien ne nous interdit de les faire vivre ensemble.

01/02/2015

4ème circonscription du Doubs, la démocratie représentative est en panne

C'est ce dimanche que le siège de Pierre Moscovici à l'Assemblée nationale faisait l'objet d'une élection législative partielle, sur la quatrième circonscription du Doubs.

Election législative partielle 4e circonscription du Doubs

La première leçon de ce scrutin est la très faible participation, 39,5% ce 1er février contre 73,4% en juin 2012. Le gouvernement espérait que l'élan citoyen qui a vu des millions de Français défiler dans les rues le week-end des 10-11 janvier se transformerait dans cette circonscription du Doubs par un même élan électoral, mais non. Il semble que les Français distinguent bien d'une part ce qui relève de la République, ses valeurs, ses principes, ses symboles, sa constitution et ses institutions, et d'autre part la politique menée par le gouvernement de Manuel Valls. L'électorat de gauche ne mobilise pas, très certainement avec le moral dans les chaussettes, mais l'électorat de droite non plus. Et pour l'UMP, c'est un échec ; la formation de Nicolas Sarkozy ne porte pas encore un projet politique suffisamment mobilisateur.

La seconde leçon est que le Front National confirme sa place de premier parti politique. Et c'est d'ailleurs le FN qui porte la participation, même s'il perd un gros millier de suffrages entre les deux scrutins. Il se retrouve au second tour face au PS, un scénario qui lui est bien plus favorable que face à l'UMP. Il va être intéressant de voir qu'elle consigne de vote donnera la formation de Nicolas Sarkozy.

La troisième leçon porte sur la place du Parti Socialiste, et on peut même évoquer une honorable seconde place dans le contexte actuel. L'UMP n'accède pas au second tour, signe que l'électorat de droite doute de l'efficacité d'envoyer un nouveau député UMP à l'Assemblée nationale. Et il faut noter que la droite partait pourtant en ordre moins dispersé que la gauche. Mais une semaine après la victoire de Syriza en Grèce, la vague d'une autre gauche plus sociale n'est pas encore arrivée dans le Doubs. Néanmoins, le candidat socialiste ne dispose pas d'une réserve de voix très importante à gauche. L'issue du second tour est donc très incertaine.

La quatrième leçon concerne la dispersion des candidatures de gauche, configuration tant contestée ces derniers jours par les leaders socialistes. Déjà, je note qu'il y a cinq candidats écologistes et de gauche ce 1er février 2015, contre sept en juin 2012. Et il ne faut pas, comme pour le 21 avril 2002, que le PS reproche toujours au reste de la gauche d'occulter sa propre faiblesse.

doubs,législative partielle,février 2015

Cette séquence électorale est bien utile dans la préparation des prochaines départementales des 22 et 29 mars. Le niveau de participation devrait être autour de 40%, réduisant en même temps le risque de triangulaires. Le FN devrait arriver très souvent en tête, conduisant ainsi à des duels FN/UMP ou FN/PS. Enfin, la dispersion des candidatures ne devrait donc pas être trop préjudiciable aux socialistes.

Mais à part ça, cette élection législative partielle changera-t-elle quoique ce soit à la politique que mène le gouvernement socialiste ? Non. Seul le Front National tire quelques profits de ce scrutin, renforçant ainsi sa position dans notre paysage politique, et confortant de plus en plus l'impasse dans laquelle se trouve la démocratie représentative en France.


Les résultats de ce premier tour sont les suivants :

Inscrits 66825
Abstention 40389 (60,44 %)
Votants 26436 (39,56 %)
Blancs 446 (1,69 %)
Nuls 281 (1,06 %)
Exprimés 25709 (97,25 %)

Mme Sophie MONTEL [FN] 8382 (32,60 %)
M. Frédéric BARBIER [PS] 7416 (28,85 %)
M. Charles DEMOUGE [UMP] 6824 (26,54 %)
M. Vincent ADAMI [FdG] 941 (3,66 %)
M. Bernard LACHAMBRE [EELV] 799 (3,11%)
M. Michel TREPPO [LO] 404 (1,57%)
M. Alde VINCI [Parti de la France] 315 (1,23 %)
M. Jean-Claude BONNOT [Indépendant] 152 (0,59%)
M. Yannick HERVÉ [UPR] 147 (0,57 %)
M. Ismaël BOUDJEKADA [Indépendant] 137 (0,53 %)
M. Antonio SANCHEZ [Communistes] 127 (0,49 %)
M. Marc O  [Indépendant] 40 (0,16 %)
M. Nicolas ROUSSEAUX [Indépendant] 26 (0,10 %)


Rappel des résultats de juin 2012 :

  Au 1er tour, avec une abstention de 26,6%, 

  M. Pierre MOSCOVICI [SOC] 16.421 (40,81%)
  Mme Sophie MONTEL [FN] 9.605 (23,87%)
  Mme Chantal ADAMI [FG] 1.252 (3,11%)
  M. Antonio SANCHEZ [EXG] 154 (0,38%)
  M. Charles DEMOUGE [UMP] 9.341 (23,21%)
  M. Ilker CIFTCI [DVG] 961 (2,39%)
  M. Bernard LACHAMBRE [VEC] 801 (1,99%)
  M. Didier KLEIN [PRV] 673 (1,67%)
  M. Jean-Claude DURUPT [CEN] 409 (1,02%)
  M. Daniel JEANNIN [EXG] 230 (0,57%)
  M. Michel TREPPO [EXG] 208 (0,52%)
  M. Guillaume REFFAY [ECO] 182 (0,45%)

  Au 2nd tour, avec une abstention de 27,5%,
 
  Mme Sophie MONTEL (FN) 9.581 voix soit 24,47%
  M. Charles DEMOUGE (UMP) 10.260 voix soit  26,21%
  M. Pierre MOSCOVICI (SOC) 19.311 voix soit  49,32%

30/01/2015

Rama Yade à Paulhan pour galvaniser la droite locale

L'information était étonnante : Madame Rama Yade allait venir à Paulhan pour participer à une conférence sur la ruralité. Mais on peut vivre à Paris et militer sur les réseaux sociaux et dans les médias tout en ayant de l'intérêt pour l'aménagement des territoires ruraux ;-) En tous cas, c'est poussé par une certaine curiosité que j'ai décidé d'assister à cette conférence, et nous étions très nombreux dans cette attitude.

Rama Yade a expliqué en début de réunion que, sous l'égide de son club de réflexion Allons Enfants, sa démarche était de contribuer aux débats en cours sur l'avenir des territoires ruraux, et elle fixait deux axes de réflexion : d'abord l'opportunité d'un moratoire sur la disparition des services publics, et ensuite une nouvelle vague de pôles d'excellence rurale. Le cadre était posé, mais les débats en sont très vite sortis.

Pour sa part, le maire de Paulhan insistait en introduction sur le caractère apolitique de cette réunion, le déroulement de celle-ci lui donna tort. En effet, le délégué héraultais d'Allons Enfants, Alain Mora, a fait tourner la parole auprès de notables (plutôt de droite) : Robert Lecou, l'ancien député-maire UMP de Lodève, Jacques Godfrain, l'ancien ministre et ancien député-maire UMP de Millau, une responsable du Groupe Casino, l'ancien Président de la FDSEA de l'Hérault, etc. Mais Alain Mora est comme Rama Yade adhérent de l'UDI, et cette dernière était surtout venue appuyer la campagne d'Alain Mora pour l'élection départementale des 22 et 29 mars sur le 6ème canton de l'Hérault. Et tout le monde aura par ailleurs remarqué l'absence du Président des maires de l'Hérault, le socialiste Christian Bilhac, pourtant à l'affiche de cette conférence, mais qui n'aura certainement pas voulu servir de caution à ce qui était en réalité un meeting politique.

Valero_Rama_Yade_UDI.jpg

Le seul intervenant officiel qui trouve grâce à mes yeux dans ce tableau, c'est Denis Carretier, l'actuel Président de la FDSEA de l'Hérault, agriculteur à Olonzac. Un ton direct et un propos juste sur la ruralité lui ont permis d'apporter une réelle contribution au débat.

Les propos des autres intervenants ont essentiellement porté sur la culture et sur l'éducation, et avec des contenus sans lien spécifique avec la ruralité. Mais c'est sur l'éducation que le débat m'a étonné (et même choqué). J'ai découvert une Rama Yade très conservatrice, insistant sur l'instruction, plutôt que sur l'éducation, et précisant qu'il fallait remplir les têtes des enfants à l'école plutôt que d'y laisser rentrer n'importe quoi quand ils sont à l'extérieur. Elle est revenue sur l'autorité à l'école, dans une école sanctuarisée, et elle remettait même en cause la suppression des estrades dans les classes, estrades d'où l'enseignant(e) dominait ses élèves. Et à propos de la liberté d'expression qui fait l'actualité depuis l'attentat contre Charlie Hebdo, Rama Yade de dire que « Maintenant qu'il y a cette histoire de liberté d'expression, le cours de morale va finir en pugilat ». Rejet donc d'une relation plus proche entre les professeurs et leurs élèves, et rejet aussi pour l'éveil de l'esprit critique. Nous étions loin de Montaigne qui voyait dans l'école autre chose que du bourrage de crâne, il préférait une tête bien faite plutôt qu'une tête bien pleine.

Mais c'est le maire de Paulhan, pourtant ancien instituteur qui a remarquablement adapté son discours à son assistance. Ainsi, il mettait sur un même plan l'église, l'armée et l'école ; la première étant en perte de fréquentation (pour les chrétiens) et la seconde n'étant plus obligatoire, il ne reste donc selon lui que l'école comme dernière institution républicaine pour transmettre des valeurs. Et pour répondre à une question de la salle sur la pauvreté du langage chez les jeunes, le maire de Paulhan a pris l'image des plantes en indiquant qu'il fallait « mettre des tuteurs aux enfants pour qu'ils ne poussent pas de travers » :=(

#PartiRadical #UDI

La conférence s'est achevée sur la Marseillaise chantée par toute la salle, surprenante conclusion pour une conférence sur la ruralité portée par un club de réflexion apolitique ;-) Je n'avais jamais assisté à un meeting d'une formation de droite, mais je ne regrette pas : c'est effrayant !