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11/06/2015

Europe Ecologie Les Verts (EELV), les régionales du Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées se préparent

Les élections sont souvent l'occasion de conflits internes au sein des formations politiques, et EELV a très souvent alimenté les colonnes de la presse sous la rubrique des fais divers de campagne, mais ces régionales-là se préparent avec sérénité et avec une grosse envie partagée de déplacer des montagnes. Et dans notre nouvelle région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, les Duflot, Placé, De Rugy et autres Pompili ne rentrent pas du tout en ligne de compte. Nous sommes bien sur une campagne locale avec des militants écolos mobilisés et des objectifs raisonnablement ambitieux.

Première étape, EELV a décidé de sa stratégie le 25 avril : une campagne indépendante des partis de gouvernement, mais ancrée à gauche et résolument écologiste. Seconde étape, EELV a désigné sa tête de liste, il s'agit de Gérard Onesta, actuel vice-président du Conseil Régional de Midi-Pyrénées et pendant deux mandats député européen de la grande région Sud-Ouest.

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La troisième étape franchie le 1er juin dernier a été la désignation du premier tiers de candidats de la liste EELV, soit 59 militants d'EELV (cf. liste régionale). Pour l'Hérault, ce sont les 10 premiers militants écologistes qui figureront dans la section départementale (pour un total de 30 candidats titulaires et de 2 suppléants) :

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  1. Zina BOURGUET - Conseillère municipale de Mauguio pendant plusieurs mandats, elle anime aujourd'hui la Fabrice citoyenne du Pays de l'Or. Elle a représenté les écologistes lors de nombreuses élections et elle est membre du Conseil fédéral d'EELV.

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  2. Christian DUPRAZ - Conseiller général du canton des Matelles de 2011 à 2014 et ancien conseiller municipal de Montpellier, il est ingénieur de recherche à l'INRA, spécialisé dans les domaines liés à l'agro-écologie.

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  3. Annie CABURET - Conseillère municipale de St-Mathieu de Tréviers, secrétaire du groupe local EELV du Grand Pic St-Loup. Ingénieur agronome, elle est consultante indépendante dans les domaines de l'agriculture et du climat.

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  4. Jean-Louis ROUMEGAS - Député de l'Hérault depuis 2012, il est membre de la commission des affaires sociales. Il a aussi été élu au Conseil municipal de Montpellier et à l'Agglomération, sous les mandats de Georges Frêche puis d'Hélène Mandroux.

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  5. Agnès GIZARD-CARLIN - Enseignante en SVT, elle anime le groupe local d'EELV sur le secteur Agde et elle siège aussi dans les instances régionale et nationale d'EELV. Elle a représenté les écologistes à de nombreuses élections, comme aux dernières départementales.

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  6. Laurent DUPONT - Élu et militant du Clermontais et du Cœur Hérault, il a été le secrétaire départemental des Verts de 2003 à 2007, membre des instances nationales des Verts puis d'EELV ; il représente le groupe local du Cœur d'Hérault au Conseil Politique Régional d'EELV.

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  7. Françoise ALAMARTINE - Longtemps déléguée à l'international au sein du bureau exécutif national d'EELV, elle est responsable de la commission transnationale d'EELV. Enseignante, elle anime le groupe local de Sète qu'elle représente au Conseil Politique Régional.

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  8. Mathieu BOUCHARD - Porte-parole régional d'EELV LR, il représentait les écologistes aux dernières municipales à Pézenas ainsi qu'à l'élection départementale. Il est chargé de projets au sein d'une agence de développement économique auprès des acteurs du vin.

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  9. Nadja FLANCK - Attachée parlementaire, militante à Montpellier, elle a été candidate EELV aux élections législatives sur la 4ème circonscription de l'Hérault. Son parcours professionnel est consacré au développement de l'économie sociale et solidaire.

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  10. Michel LENTHERIC - Conseiller régional du Languedoc-Roussillon de 2004 à 2010, il a longtemps été conseiller municipal à St-Jean de Védas et conseiller de l'agglomération de Montpellier jusqu'en 2014. Il a été directeur de l'ADEME en Languedoc-Roussillon.

Mais le 1er juin à Carcassonne, l'Assemblée générale des adhérents a surtout adopté sa stratégie pour les trois prochains mois (cf. communiqué), à savoir d'ouvrir notre liste aux formations politiques et aux mouvements de citoyens qui souhaitent construire ensemble un projet humaniste, écologiste, social et solidaire au travers des missions de développement économique de la Région. La co-élaboration de ce projet sera la plus contributive possible ; le projet n'est pas un objet politique, il est avant tout une source de mobilisation citoyenne.

Le Parti de gauche ainsi que les mouvements régionalistes sous l'égide de Régions & Peuples solidaires ont déjà fait le choix de s'associer à cette démarche ; et c'est là une dynamique dont la liste des acteurs politiques a vocation à rapidement s'élargir.

C'est en septembre que les adhérents d'EELV se retrouveront de nouveau en Assemblée générale pour valider les orientations programmatiques et pour arrêter la liste définitive des candidats de rassemblement (158 candidats titulaires et 26 suppléants). Le mot d'ordre est de ne pas se laisser détournés par les annonces qui vont se multiplier dans les prochains mois, mais bien de se focaliser sur l'élaboration du projet de mandat régional.

10/06/2015

COP21, si même le Premier ministre s'en fiche ...

Concernant l'escapade du Premier ministre à Berlin pour assister à la finale de la ligue des champions, les critiques se portent essentiellement sur le coût du déplacement, que certains considèrent comme privé, et qui est payé par les contribuables. Mais c'est oublier le bilan carbone pour un simple caprice !

Manuel Valls a quitté ses amis socialistes réunis à Poitiers samedi dans la soirée pour aller assister au match Barcelone-Juventus. S'ennuyait-il donc tant avec ses copains ? Pourquoi ne les a-t-il pas suivis dans un bar de Poitiers pour assister au match à la télé ? Non, le gouvernement dispose d'une flotte d'avions qu'il serait dommage de laisser inutilisés ...

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Or, au même moment François Hollande était lui aussi en Allemagne chez la chancelière Angela Merkel pour une réunion du G7 où il devait mobiliser ses collègues en vue de la conférence internationale sur le climat qui se tiendra à Paris au mois de décembre. Tous les pays invités à la COP21 doivent faire des propositions pour que l'augmentation de température de la planète ne dépasse pas le seuil de +2°C par rapport à l'ère préindustrielle, et notre Premier ministre ne trouve rien de plus exemplaire qu'une virée en Falcon gouvernemental pour assister quelques heures à un match de foot.

COP21, Valls, Hollande, Ségolène Royal

Et qu'en pense Ségolène Royal ? La ministre de l'Environnement n'était pas à Poitiers le week-end dernier, elle était en tournée aux USA pour, entre autres promouvoir la conférence de Paris au mois de décembre. Elle ne s'est pas exprimée sur la soirée footballistique de Manuel Valls, mais il lui reste 6 mois pour le sensibiliser au réchauffement climatique ... Car si notre Premier ministre est si peu sensible aux gaz à effet de serre et au réchauffement climatique, alors qu'en est-il des presque 200 chefs d’État et de gouvernement qui viendront à Paris en décembre ?

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Ce qui est dramatique dans cet épisode-là, c'est que le Premier ministre banalise les escapades en avion. Il est une publicité vivante pour tous les tours-opérateurs qui proposent des week-end à deux heures d'avion de Paris. Un week-end à Lisbonne pour un break romantique à deux coûte environ 200 € sur une compagnie low-cost ; pourquoi s'en priver ?

25/05/2015

L'Europe du Sud montre le chemin, mais encore faut-il une volonté

Comme le constat que j'établissais dans les deux dernières notes est éloigné de ce que nos voisins Espagnols ont donné comme signal hier aux élections locales (municipales et régionales) ! Après l'Italie et la Grèce, c'est l'Espagne qui voit se propager une expression démocratique alternative. En Europe du Sud, les citoyens rejettent les partis dominants en choisissant une autre façon de faire de la politique, car c'est bien sur la forme que cette expression se distingue de celle d'Europe du Nord et d'Europe de l'Est, là où ce sont des partis nationalistes qui captent la contestation citoyenne. La victoire récente de Nicola Sturgeon à l'élection générale britannique pour le parti national écossais (SNP), et au détriment du parti travailliste jusqu'alors hégémonique en Écosse, témoigne de cette divergence Nord-Sud.

En France, c'est la famille Le Pen qui représente dans les urnes l'alternative au système. Mais le cas français ne doit pas éclipser la satisfaction de voir l'Europe du Sud s'émanciper ...

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Crédits photo : Emilio Morenatti/AP

La figure d'Ada Colau rayonne dans notre paysage politique européen, mais cette femme de 41 ans incarne un autre personnel politique que celui qui nous dirige (ou qui tente de nous diriger) depuis des décennies. Il y a deux ans, cette militante du droit au logement n'avait aucune ambition politique, et elle démontre à tous que la passion militante, que la proximité citoyenne et que la responsabilité en politique sont des gages de confiance pour l'électorat.

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Crédits photo : Aleix Moldes

Ces dernières années, Ada Colau a été médiatisée au travers de son engagement militant contre les conséquences de la crise financière sur le logement des Espagnols. Et on la retrouve confrontée aux forces de l'ordre, dans un combat similaire à celui de José Bové dans d'autres registres ; ces deux figures militantes qui s'imposent en politique sont taxées de radicalisation violente et ils sont honnis par les conservateurs. Leur liberté de manifester alimente le spectre du désordre, la remise en cause d'un système conformiste.

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Mais une formation politique traditionnelle française ou européenne ne devient pas Syriza ou Podemos juste en partageant une tribune dans un meeting. Et une femme ou un homme politique ne devient pas Aléxis Tsipras ou Ada Colau en postant un selfie sur un compte twitter. Ces nouvelles personnalités du sud de l'Europe sont les fruits d'une mobilisation militante de terrain, quoique parfois aussi récente que fulgurante, mais qui fait écho à la crise économique et politique dont le personnel politique en place n'a été que le témoin impuissant.

« Là où il y a une volonté, il y a un chemin » disait Winston Churchill, et c'est ce chemin qu'empruntent nos voisins du Sud de l'Europe avec la volonté de rompre avec ce dogme d'une austérité imposée au plus grand nombre pour sauver les patrimoines d'une minorité dominante. Peut-être la France n'a-t-elle pas encore été confrontée aux mesures antisociales prises en Grèce, en Italie et en Espagne par des gouvernements conservateurs aux ordres de Bruxelles et de Berlin, mais Sarkozy puis Hollande nous conduisent au même résultat.