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18/03/2017

Un service d'urgence à Lodève doit être inscrit dans le prochain SRS 2018-2022

L'organisation et la gestion de notre système hospitalier sont véritablement confiées à des personnes qui doivent habiter à côté d'un hôpital en plein cœur de Paris ; parce que vu d'ici, les attentes sont très loin d'être satisfaites. Le maître mot des services de l’État et du ministère de la santé en matière de couverture hospitalière est « mutualisation ». C'est ainsi que l'été dernier, conformément à la loi du 26/01/16 de modernisation de notre système de santé, notre hexagone a été maillé de 135 groupements hospitaliers de territoire (GHT). Il y a deux GHT dans l'Hérault ; l'un, le GHT de l'Est Hérault et du Sud Aveyron réunit neuf structures : CHU de Montpellier, centres hospitaliers des hôpitaux du Bassin de Thau (HBT), de Clermont-l'Hérault, de Lodève, du pôle de santé de Lunel, de Lamalou-les-Bains, de Millau, de Saint-Affrique, et de Sévérac-le-Château. L'autre, le GHT Ouest Hérault, réunit trois membres : les centres hospitaliers de Béziers, de Bédarieux, et de Pézenas.

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Sur le papier, ces GHT ont pour ambition de faire collaborer des établissements et des personnels dans l'intérêt des patients. Aucune fermeture d'établissement ou de structure n'en découle ; bien au contraire, l'ambition est que les plus gros soutiennent les plus petits. Le GHT de l'Est Hérault et du Sud Aveyron couvre ainsi une population de près de 900 000 habitants, en offrant près de 4 200 lits et places et en s’appuyant sur plus de 12 000 professionnels de santé ainsi que sur les compétences et les spécificités de chaque établissement. Mais si un patient peut prendre rendez-vous en pédiatrie ou en obstétrique dans l'un de ces 9 établissements et s'y faire soigner dans des conditions optimales pour sa santé, ce sont les services d'urgence qui sont les plus sensibles aux yeux de la population, car là on ne peut pas attendre.

En Cœur d'Hérault, nous n'avons pas de structure capable d'assurer un service d'urgence avec un plateau technique, une salle de réveil, des médecins et du personnel urgentiste. Face à cette situation, le Pays Cœur d'Hérault a fait écho aux sollicitations des acteurs médicaux du territoire, et en l'occurrence des docteurs Guy Lassalvy (Gignac) et Laurent Garcin (Clermont-l'Hérault) ; cf. une note d'il y a 4 ans sur le contrat local de santé du Cœur d'Hérault (cf. bulletins du CLS). Pour les urgences médicales, cela se concrétise aujourd'hui par deux structures ; d'une part la maison médicale de garde de Clermont l'Hérault et d'autre part une unité mobile d'urgence et de permanence des soins (UMUPS), toutes deux basées à l'hôpital local de Clermont l'Hérault. Les patients qui sont orientés vers la maison médicale de garde par le 15 n'ont pas d'urgence vitale, mais des soins rapides doivent néanmoins être prodigués. En complément, pour les urgences vitales, les patients sont pris en charge par l'UMUPS, c'est à dire par un ambulancier du SDIS accompagné d'un médecin de garde basés à l'hôpital local de Clermont-l'Hérault. Et il semblerait que l'UMUPS sera prochainement remplacée par un véritable SMUR (Service Mobile d'Urgence et de Réanimation), toujours basé à Clermont-l'Hérault.

MMG_Clermont.jpg

Mais si quelqu'un a un grave accident de chasse à Saint-Privat ou fait un infarctus à Roqueredonde, ses chances d'arriver dans un véritable service d'urgence en moins de 30 minutes sont bien minces. Un SMUR basé à Clermont-l'Hérault est déjà un plus, mais encore une fois il vaut mieux avoir un accident de santé à Montpellier que dans nos territoires ruraux.

ght,caps,mmg,umups,smur,srs,ars,chru

Sur Lodève, c'est la clinique Saint-Pierre qui assurait un service d'urgence médicale jusqu'à ce que le groupe Oc Santé décide de fermer cet établissement en 2008. Pour y pallier partiellement, l'hôpital local de Lodève a ouvert un Centre d'accueil et de permanence des soins (CAPS). Et puis en 2012, l'Agence Régionale de Santé (ARS) autorisait l'hôpital de Lodève à transformer ce CAPS en un véritable service d'urgences. Mais d'un schéma régional d'organisation sanitaire (SROS) à l'autre, c'est à dire de 2012 à 2015, l'ARS décidait de supprimer cette autorisation pour divers motifs. L'un de ces motifs est qu'il faut une fréquentation annuelle d'au moins 12 000 patients pour justifier d'un service d'urgence, alors que le CAPS de Lodève n'est consulté que par 8 000 patients par an. Mais c'est certain que la MMG et que l'UMUPS de Clermont-l'Hérault atténuent ces chiffres sur le Lodévois.

L'argument de la démographie médicale est aussi faussé. Dans le privé, les cliniques comme celle de Pézenas font appel à des médecins urgentistes de leurs établissements de Montpellier. Alors avec un CHRU, le GHT ne devrait pas manquer d'internes capables de se projeter par exemple sur Lodève. Reste qu'il manque sur Lodève un plateau technique et des moyens adaptés aux urgences, mais alors il ne faut pas les envisager comme un investissement spécifique ; de tels moyens peuvent aussi servir à d'autres unités de soin.

ULCGT.jpgNous étions une vingtaine de participants hier soir à Lodève pour répondre à une sollicitation de l'union locale de la CGT Lodève/Clermont-l'Hérault, des associations locales, des syndicalistes et des formations politiques. La santé ne doit pas être chiffrée, elle doit avant tout être assurée de la même façon sur tout le territoire national, et la France a les moyens pour satisfaire ces exigences de santé publique. Cette semaine à Corte, des centaines de personnes et beaucoup d'élus locaux ont manifesté pour la création d'un service d'urgence (cf. article de France Bleu). Ce sont donc des situations qui émergent un peu partout à l'occasion de l'élaboration des futures schémas régionaux de santé (SRS) 2018-2022 ; c'est effectivement maintenant qu'il faut se mobiliser !

28/02/2017

Comme un manchot sur son iceberg regardant sombrer le Titanic ...

Je ne vais pas revenir sur ce qui vient de se passer depuis un mois, car c'est l'avenir qui doit nous préoccuper. Juste un rappel du passé que mes amis écologistes d'EELV oublient trop rapidement, c'est la motion qui a été adoptée très majoritairement à notre Congrès de Pantin en juin 2016 (télécharger la motion en version PDF). Nous avions là une orientation claire, ambitieuse et mobilisatrice ; certains d'entre nous sont enthousiastes des discours de Benoît Hamon et vont s'investir dans sa campagne aux côtés de Yannick Jadot, d'autres sont franchement hostiles à cet effacement politique.

Personnellement, et depuis les premiers jours de février, j'ai cessé de croire que Benoît Hamon allait poursuivre sur sa lancée de la primaire de la BAP avec les thématiques qui l'ont fait gagner ; le mois écoulé en témoigne. La concurrence entre Jean-Luc Mélenchon et Benoit Hamon ne permettra à aucun des deux de figurer au second tour de la présidentielle ; je ne sais pas si le premier l'espérait encore, mais je suis certain que le second joue le leadership au PS et à gauche au-delà du 23 avril. Car même si Hamon emportait l'élection présidentielle, nous savons déjà qu'il hériterait d'un groupe socialiste à l'Assemblée dominé par les amis de Manuel Valls. Alors qu'est-ce que les écolos d'EELV vont faire dans cette galère ?

Actuellement, et contrairement à la période des différentes primaires, la campagne se focalise sur des postures, qu'elles soient individuelles ou collectives ; et les projets des candidats sont passés à la trappe. Pire encore pour nous, on parlera de moins en moins d'écologie avec l'avancement de la campagne. C'est le mot « recomposition » qui est dans toutes les bouches et suscite une inflation d'analyses et de projections. Fallait-il la faire si tôt ou attendre l'issue des scrutins ? Les positionnements des uns et des autres sont-ils sincères ou simplement motivés par la volonté d'être à la bonne place pour le coup d'après ? Pendant ce temps, il y en a une qui n'a pas besoin de se recomposer ou de se repositionner, c'est Marine Le Pen ; elle se renforce au fur et à mesure que ses concurrents s'affrontent pour une place au second tour.

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Le PS, celui que nous connaissons depuis son congrès d'Épinay en 1971, ne survivra pas dans cette forme-là à cette séquence. Ce pronostic qui date de plusieurs mois, théorisé par « les deux gauches irréconciliables » de l'ex Premier ministre, semble se confirmer de jour en jour. L'appareil du PS ne fait pas campagne derrière Benoît Hamon (comme ce fut le cas pour Ségolène Royal en 2007), et la fronde des parlementaires a changé de camp. D'autres partis sociaux-démocrates en Europe ont été fatalement écartelés par des aspirations contradictoires, d'un côté soutenir les acteurs économiques dans une mondialisation dérégulée, et de l'autre de défendre un modèle social sans s'en donner les moyens. Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron incarnent ces deux orientations, et au sein du PS Benoît Hamon et Manuel Valls en sont les ambassadeurs.

Comment l'écologie politique en sortira-t-elle ? Elle aura été très audible jusqu'à présent, mais ni Benoît Hamon ni Jean-Luc Mélenchon ne seront aux affaires le 7 mai 2017 pour dérouler le contenu de leur programme. Or, c'est bien cela qui me préoccupe ! Qui demain pour arrêter le nucléaire ? Qui pour arrêter Notre-Dame-des-Landes, Bure et le Lyon-Turin ? Qui pour faire de l'impact des pollutions sur notre santé un enjeu prioritaire ? Etc.

La leçon de ce scrutin est que nous devons changer nos pratiques politiques ; l'affaire Fillon aura douché tout le monde tant le bonhomme passait pour un chevalier blanc de la probité, et puis les instructions judiciaires vont se poursuivre. En tous cas, cela aura jeté l'opprobre sur la classe politique dans son ensemble, aussi injuste que cela puisse être. Les formations politiques, et la mienne en premier lieu, doivent innover. Et paradoxalement, notre motion de Congrès de juin 2016 pourrait être d'une actualité prégnante en juin 2017. Le « hacking démocratique » que nous avons pratiqué pour décider du rassemblement avec Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon est à développer, mais de préférence avec des personnes physiques sur un territoire à taille humaine plutôt que via les réseaux sociaux. Et ce sont des « territoires politiques en transition » qu'il nous faut désormais explorer !

22:57 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

26/02/2017

Plus d'écologiste en lice pour la présidentielle ; l'écologie est-elle sacrifiée ? Pas sur le long terme.

L'écologie s'est invitée dans le cercle très fermé des candidats à l'élection présidentielle en 1974 avec René Dumont ; malgré que cette élection-là ne soit pas du tout dans l'ADN des écologistes car elle induit une hyper-personnalisation du scrutin dans la perspective d'élire un monarque. Mais cette élection demeure, avec l'élection du maire de sa commune, le scrutin préféré des Français. Aussi, avec une population à l'écoute des programmes et des personnalités, l'écologie politique ne pouvait passer à côté de ce scrutin majeur de la Vème République. En effet, les urgences environnementales ne cessent de s'intensifier et nos propositions ne peuvent pas se restreindre à des publics avertis. Sur les sept précédents scrutins présidentiels, les candidats écologistes ont rassemblé un électorat exigeant qui ne trouvait pas dans l'offre politique du moment les réponses à ses attentes en matière environnementale.

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Désormais, l'addiction massive aux médias d'information politique (radios, magazines, télés, réseaux sociaux, ...) démultiplie l'impact d'une apparition ; et n'y paraître jamais est synonyme d'inexistence politique. Ainsi, depuis l'automne dernier que Yannick Jadot a été désigné par la primaire écologiste, sa présence dans les médias a accéléré sa visibilité ; et les qualités oratoires de Yannick en font un bon client.

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Il en va de même avec les enquêtes d'opinion, autant pour les intentions de vote que sur la popularité des femmes et des hommes politiques, il faut y figurer pour exister politiquement.

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A partir de ce lundi 27 février, l'écologie politique va sortir des écrans radar. Les autres candidats continueront certainement d'en parler, mais plutôt en « amateurs » (ce mot n'est pas péjoratif, il vient du verbe latin « amere » qui signifie « aimer ») ; aussi, pour beaucoup d'écologistes, c'est une grande frustration. Le seuil des 500 promesses de parrainage était pourtant atteint et EELV s'était préparé à une campagne économe, avec les 800.000 € de financement de l’État et au moins 200.000 € de dons. Alors pourquoi s'effacer ?

" Les pirouettes du Parti Socialiste "

Le discours dithyrambique et officiel de Yannick Jadot et des cadres d'EELV sur Benoît Hamon et sur sa récente conversion à l'écologie est un écran de fumée ; on se raconte une belle histoire en grossissant les enjeux afin de mieux faire passer des accords à l'ancienne. Je l'ai dit, écrit et répété, la dynamique de Benoît Hamon ne devait pas s'arrêter au soir du 29 janvier, et il avait une opportunité historique de rencontrer Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot sans délai pour poser les bases programmatiques et opérationnelles d'une nécessaire rupture politique. Car il y a bien en France deux gauches [pour l'instant] irréconciliables, et Benoît Hamon se rêve dans la position centrale du trait d'union. A part qu'il est marqué par 25 années au cœur de l'appareil socialiste, professionnel de la politique, et que là il joue le coup d'après.

Ni Jean-Luc Mélenchon ni Benoît Hamon ne se retirera de la campagne présidentielle au profit de l'autre. La défaite de la gauche à l'élection présidentielle est écrite depuis plus d'un an ; elle avait déjà conduit François Hollande à renoncer à sa candidature, et Manuel Valls trépignait de candidater pour lui aussi prendre le leadership au PS pour préparer 2022. La victoire de Benoît Hamon à la primaire de la BAP a suscité une vague d'euphorie, mais les primaires chez les écologistes, à droite puis à gauche ont témoigné du désaveu des citoyens pour les formations politiques classiques ; leurs leaders ont tous été sanctionnés. Jadot, Fillon puis Hamon sont des vainqueurs par défaut dans une consultation citoyenne qui dépasse le cadre de leur parti politique, et la soudaineté de leur victoire ne leur a pas donné le temps de fortifier leurs bases partidaires.

C'est un constat amère quand on milite dans un parti politique depuis une vingtaine d'années, mais les dynamiques politiques se trouvent aujourd'hui en dehors des partis, exception faite du Front National. Et il n'est pas possible de passer à côté de la réussite électorale du clan Le Pen, alimentée par des décennies de relégation d'une crise sociale croissante à un nationalisme exacerbé. Les enquêtes d'opinion écartent toute possibilité de voir Marine Le Pen remporter la présidentielle le 7 mai prochain, mais il faut cesser de « cacher la poussière sous le tapis ».

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Ce refuge frontiste illustre l'incapacité des politiques à faire partager et à co-décider avec les citoyens sur tous les enjeux de notre société. Les socialistes ont ainsi une énorme responsabilité avec ce fétide projet de révision constitutionnelle sur la perte de nationalité pour motif de crime terroriste. Les français d'origine étrangère récente ont été injustement stigmatisés, et cela nourrit les revendications du Front National. Le maintien de l'état d'urgence et l'inflation de lois sécuritaires alimentent une idéologie de « la force avant le droit ». Benoît Hamon arrive après tout ça pour recoller les morceaux, en quelques semaines, mais les dégâts sont trop grands ...

" Les motifs politiciens d'un effacement historique "

La décision de retrait annoncée au 20h de France 2 a été un choc pour de très nombreux écologistes. Dans un parti exigeant sur sa démocratie interne, cette annonce sonnait comme une trahison ; une annonce qui ne prenait même pas la précaution de la conditionner au résultat de la consultation à suivre. Par ailleurs, si une primaire a été organisée pour choisir le candidat de l'écologie politique à l'élection présidentielle, ce corps électoral-là n'avait pas vocation à décider de la stratégie électorale d'Europe Écologie Les Verts. Yannick Jadot a floué les militants d'EELV en affirmant : « j'ai reçu un mandat de 17 000 personnes inscrites à la primaire. Mon mandat c'est de porter un projet écologique. Il est normal que je m'en retourne vers mes mandants. Ça s'appelle donner confiance. ». Son seul mandat était d'être le candidat de l'écologie politique à l'élection présidentielle, et c'était uniquement au Conseil fédéral d'EELV d'en décider autrement. Sa décision unilatérale soutenue par les parlementaires d'EELV et par le Bureau Exécutif a déclenché un profond traumatisme en interne du parti ; les militants sont dépossédés de leurs droits statutaires, mais ils perdent aussi ce qui est l'essence d'un parti politique, de se présenter devant les électeurs pour faire avancer des idées et pour avoir des élus. Notre Conseil fédéral se réunit à Paris les 11 et 12 mars prochains, et il devrait être acté que EELV ne donne aucune consigne électorale pour la présidentielle, chaque militant et chaque instance disposant de la plus totale liberté d'expression politique (dans le respect de la motion de synthèse du Congrès de juin 2016).

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Pour les écologistes, l'effacement de Yannick Jadot signifie de façon très immédiate que jusqu'à mi-mai ils vont être moins visibles. C'est une situation que connaissent les communistes qui se sont effacés pour Jean-Luc Mélenchon et qui sont depuis dans la traversée du désert [médiatique]. Et comme pour les communistes, nous serons en concurrence aux législatives avec des candidats adoubés par leur candidat à la présidentielle. C'est une situation inédite sous la Vème République, avec cette élection présidentielle qui envenime la démocratie française.

Mais Benoît Hamon se présente sous un jour plus généreux vis à vis de son nouveau partenaire écologiste que Jean-Luc Mélenchon l'a été avec les communistes. En effet, 43 circonscriptions législatives sont réservées aux écologistes. Onze sont les circonscriptions où EELV a un(e) député sortant(e), douze autres étaient tenues par un(e) député socialiste qui ne se représente pas, et une vingtaine d'autres sont tenues par un député de droite (et sont donc ingagnables). Alors Yannick Jadot s'est-il retiré pour sauver quelques députés EELV sortants ? Et que pour ça ?

" L'écologie s'est-elle dissoute dans l'offre politique actuelle ? "

« En politique comme en amour, les déclarations ne suffisent pas, il faut en apporter des preuves », et jusqu'à présent les socialistes sont très loin du compte. Le mandat qui s'achève de François Hollande n'a pas répondu aux attentes, et l'organisation de la COP21 à Paris est un lot de consolation bien maigre (et qui est encore de l'ordre de la déclaration). La mort de Rémi Fraisse restera le tragique marqueur de l'autisme politique du gouvernement socialiste de Manuel Valls ; c'est la justice qui a mis fin au projet du barrage de Sivens en annulant les arrêtés à l'origine du projet, et en l'occurrence sa déclaration d'utilité publique (DUP), alors que les responsables politiques à tous les niveaux auraient du prendre en compte les questions environnementales sur cette zone humide. Le chantage à l'emploi reste un argument commun pour justifier que l'on s'assied sur la préservation de l'environnement, sur la qualité de nos eaux, de notre air et de notre alimentation, et ça nous le constatons au quotidien sur nos territoires.

A l'échelle nationale, je me réjouis des conversions de Jean-Luc Mélenchon et de Benoît Hamon à l'écologie, et je ne mets pas en doute leur volonté de poursuivre sur cette voie-là au delà du mois de mai 2017. Et nous allons prendre le temps de faire converger nos mobilisations, par exemple pour présenter des projets de rupture sur les questions environnementales dans la perspective des élections locales de 2020.

Dans l'immédiat, ce sont les élections législatives qui vont nous permettre de poursuivre nos engagements militants ; les écologistes seront présents dans toutes les circonscriptions pour faire des campagnes de terrain, écartées de la sur-exposition médiatique. J'ai débuté ma note sur le poids des médias dans une campagne présidentielle, mais là nous avons 3 mois pour investir d'autres formes d'échange de proximité. Le retrait de Yannick Jadot est préjudiciable à l'échelle nationale, mais il nous redonne en même temps de la liberté. De la liberté d'expression politique et de la liberté de militer comme il convient le mieux localement.

Et la bonne nouvelle, c'est qu'il n'y a plus d'élection avant 2019 (européennes) puis 2020 (municipales). Deux à trois ans loin du théâtre de la politique nationale va nous permettre, localement, de promouvoir l'écologie politique dans d'autres formes de rassemblements, dans d'autres espaces de participation citoyenne. C'est dire si cela nécessite de l'enthousiasme, de la mobilisation et ... de l'humilité !