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17/06/2015

CC du Clermontais - Une solidarité intercommunale bricolée

Longtemps la Communauté de communes a mené une politique d'aide à la valorisation du patrimoine bâti. Des aides financières étaient attribuées aux particuliers et aux communes pour embellir les communes, pour mettre en valeur le patrimoine architectural et donc pour maintenir l'attractivité et la qualité de vie du territoire. Économiquement, cette politique était favorable au tourisme, mais elle impactait plus directement les artisans locaux chargés d'effectuer des travaux.

Pour des raisons budgétaires, la Communauté a décidé qu'à partir de 2015 l'aide aux particuliers était supprimée. Quant à l'aide versée au communes, elle passait de 50 k€ à 40 k€ pour toute la durée du mandat. Sous l'impulsion d'Yvan Poncé, élu de Clermont l'Hérault, l'assemblée communautaire a donné une suite favorable à l'idée de bonifier cette aide si les travaux permettaient d'améliorer l'accessibilité des bâtiments publics aux personnes à mobilité réduite.

Mais si les grosses communes comme Clermont l'Hérault, Paulhan ou Canet n'ont aucune difficulté pour affecter cette aide à des travaux de rénovation de bâtiments publics, de plus petites communes n'ont pas suffisamment de patrimoine bâti pour consommer cette aide. C'est par exemple ce qui est arrivé au mandat précédent pour la commune de Mérifons.

Et c'est ainsi que l'exécutif intercommunal a réfléchi à l'extension de cette politique-là pour que toutes les communes puissent en tirer profit. Or, plutôt que d'explorer des outils de solidarité adaptés, la Communauté a privilégié le ... bricolage.

Premier exercice de bricolage exécuté par le Président Lacroix en commission des finances le 9 juin, essayer de compenser la baisse de -10k€ de cette aide sur la répartition 2015 du fonds national de péréquation des ressources intercommunales et communales (FPIC).

 

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Second exercice proposé aux élus dans la suite du premier : étendre l'aide de 40 k€ pour la durée du mandat aux travaux de rénovation des réseaux d'eau potable et d'assainissement collectif des communes de moins de 500 habitants (cf. règlement voté en séance). Bien évidemment, des élus ont proposé d'autres dérogations ... qui seront étudiées.

Si la solidarité envers les plus petites communes du territoire ne doit pas pâtir de règlements trop rigides, il n'en reste pas moins que l'ambition première de cette politique de valorisation du patrimoine bâti est détournée. Ainsi, pourquoi écarter les particuliers de cette aide si des communes n'ont plus de patrimoine à valoriser ? N'oublions pas les retombées pour le tourisme et pour l'artisanat local.

Mais pour mettre en œuvre des mécanismes souples de solidarité intercommunales, il existe des outils plus adaptés. C'est le cas de la dotation de solidarité intercommunale, calculée à partir de la population, du potentiel financier et des charges des communes membres. Avec la baisse des dotations de l’État, les intercommunalités explorent toutes les formes de pacte fiscal et financier (cf. dossier de l'AdCF, un peu ancien mais très pédagogique).

Le FPIC (cf. répartitions sur la CCC) est aussi un outil de solidarité. A l'échelle nationale, il implique que les intercommunalités les plus riches aident celles qui le sont beaucoup moins. Mais au sein du bloc communal, un mécanisme de péréquation pourrait aussi être introduit, à condition qu'il recueille une majorité qualifiée des conseils municipaux et que ces votes aient lieu avant le 30 juin ...

J'ai proposé ce 17 juin en assemblée communautaire d'appeler un chat un chat, de laisser à une politique de valorisation du patrimoine bâti toutes ses prérogatives propres et de formaliser autrement la solidarité envers les plus petites communes du territoire. Jean-Claude Lacroix a répondu que « notre communauté n'était pas assez aguerrie pour mettre en place ce genre d'usine à gaz, qu'il fallait que nous grandissions encore un peu pour mettre en œuvre de tels dispositifs ».

Enfin, j'ai aussi reproché à mes collègues d'un peu trop "ripoliner" nos règlements à coups d'Agenda 21. Pour le coup, mettre ce règlement-là en conformité avec notre Agenda 21 local aurait dû conduire à conditionner les travaux subventionnés à l'isolation thermique des bâtiments, au recours aux énergies renouvelables ou encore à l'introduction de clauses sociales et environnementales dans les marchés publics de travaux.

13/06/2015

La Méditerranée reste le poumon de l'Europe

Nos livres d'histoire placent la Méditerranée au cœur du développement politique, territorial, économique et humain ; cela fait trois millénaires que nous vivons au rythme du développement des peuples qui bordent les rivages méditerranéens. Je dis cela en tant que citoyen d'un pays étroitement lié à cette histoire-là, mais il est bien évident que les peuples d'Amérique latine ou d'Orient ont d'autres histoires qui forgent aujourd'hui leurs identités.

Je ne vais pas revenir sur l'histoire des religions du pourtour méditerranéen, ni sur le poids des empires perses, ottomans, égyptiens et romains dans notre patrimoine commun, mais simplement un focus sur ces dernières années.

Au sud de la Méditerranée, ce sont les « Printemps arabes » qui ont renversé des pouvoirs autoritaires ; l'issue de ces révolutions citoyennes est variable, mais depuis 2010 les peuples arabes des rives de la Méditerranée s'affirment politiquement face aux inadmissibles dérives de la corruption et du népotisme. Plus récemment, c'est le peuple turc qui vient de lancer un signal d'alerte à son Président Recep Tayyip Erdogan.

Et c'est ce bouillonnement méditerranéen que les chefs d’État et de gouvernement de l'Union Européenne négligent un peu trop. Pour la majorité d'entre eux, la Méditerranée est une source de problèmes ; il y a d'abord des États membres comme Chypre ou la Grèce qui mettent à mal la solidarité économique et financière de l'UE, et puis il y a aussi cette immigration qui touche quotidiennement les cotes grecques ou italiennes et qui, depuis Bruxelles ou Berlin n'est qu'une question administrative ...

Or, un vaste mouvement d'émancipation politique est né avec les soulèvements d'indignés, à Madrid (avec les Indignados qui scandent « El pueblo unido jamas sera vencido »), et jusqu'aux États-Unis (cf. mouvement Occupy Wall Street) ; et à peu près au même moment que les Printemps arabes, début 2011. Cette vague populaire du Sud de l'Europe a déjà permis à la Grèce d'opposer un front du refus à la politique d'austérité promue par l'UE. Depuis janvier 2015, le Premier ministre Aléxis Tsipras fait figure d'éclaireur pour des mouvements politiques qui luttent pour une autre Europe.

Ce samedi 13 juin, l'Espagne voit deux femmes issues de ces mouvements d'indignés devenir Maire des deux plus grandes villes du pays ; d'autres villes connaissent la même fortune. Ada Colau à Barcelone et Manuela Carmena à Madrid vont ajouter une marche supplémentaire à ce cheminement qui verra des élus se mettre résolument au service de leurs concitoyens, à l'opposé des systèmes où les citoyens sont au service de quelques élites politiques et financières. Il est vrai que la corruption qui frappe l'Espagne, mais aussi l'Italie, a été un facteur décisif dans cette alternance politique.

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Pour Ada Colau, les principaux défis de la maire de Barcelone portent sur une gouvernance plus éthique de la ville (devoir d'exemplarité qui devrait d'ailleurs inspirer un autre natif de Barcelone que sa passion pour le club de football de sa ville natale égare ;-), mais surtout sur les inégalités sociales (revenus, logement, emploi, ...). Elle a été élue maire de Barcelone avec une majorité de 21 voix sur les 41 membres du conseil municipal ; en plus des 11 élus de sa formation, elle a pu compter sur le soutien des 5 élus de ERC (gauche républicaine indépendantiste), des 4 élus du Parti socialiste Catalan (PSC) et de l'un des 3 élus du parti d'unité populaire antilibéral (CUP).

Pour Manuela Carmena, ses premières mesures porteront sur les enfants ; ils sont les principales victimes d'une austérité économique qui met 16% de la population active au chômage dans une ville de 3 millions d'habitants, et cela se traduit dans leur alimentation, dans leurs accès aux soins et dans leur scolarité. Bien évidemment, l'ancienne « juge rouge » va s'attaquer à la corruption qui gangrène les sphères du pouvoir. Elle a été élue maire de Madrid avec une majorité de 29 voix sur les 57 membres du conseil municipal ; en plus des 20 élus de sa formation, elle a pu compter sur le soutien des 9 élus socialistes. Ce soutien du PSOE à Podemos pour Madrid est lié au soutien réciproque de Podemos au PSOE pour emporter des régions (les élections municipales et régionales avaient lieu en même temps le 24 mai dernier).

Après la Grèce, c'est en fin d'année 2015 que l'Espagne pourrait elle aussi porter au pouvoir un Premier ministre issu des rangs de Podemos. Un message qui pourrait traverser les Pyrénées pour s'inviter dans la campagne pour les régionales en France, et puis dans tout le reste de l'Europe. La Méditerranée est un poumon pour notre vieille Europe, elle fait souffler un vent nouveau qui pourrait faire plier quelques institutions souvent très conformistes.

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Alors la question que mes lecteurs pourraient (devraient me) poser à la suite de cette note, c'est quand parle-t-on d'écologie dans tout ça ? Mais peut-on s'inquiéter de l'avenir de la planète depuis Athènes ou Madrid quand le futur immédiat est socialement aussi incertain ? Qu'un vaste mouvement d'émancipation politique naisse et prospère sur des revendications démocratiques et sociales, c'est déjà un premier pas vers une prise de conscience, vers une responsabilisation collective qui entraînera sur son passage des revendications environnementales.

Regardons vers l'Amérique latine qui nous montre l'exemple. Là-bas, à côté d'un pays comme le Brésil qui porte des atteintes irréversibles à la forêt amazonienne et à tous ses écosystèmes connexes, d'autres pays comme le Costa Rica relèvent avec succès les défis environnementaux. Mais le début des années 2000 a surtout été l'époque où ces États latino-américains voyaient leurs populations rejeter les excès du libéralisme, générateurs de fortes inégalités sociales et territoriales. L’Équateur, la Bolivie, le Pérou, ... sont parmi ces nations qui privilégient la lutte contre la corruption, contre les inégalités sociales, mais aussi la réappropriation des ressources naturelles (eau, terres, forêts, biodiversité, gaz et minéraux) pour les exploiter de façon indépendante des multinationales et dans le souci de préserver les richesses naturelles de leurs territoires.

11/06/2015

Europe Ecologie Les Verts (EELV), les régionales du Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées se préparent

Les élections sont souvent l'occasion de conflits internes au sein des formations politiques, et EELV a très souvent alimenté les colonnes de la presse sous la rubrique des fais divers de campagne, mais ces régionales-là se préparent avec sérénité et avec une grosse envie partagée de déplacer des montagnes. Et dans notre nouvelle région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, les Duflot, Placé, De Rugy et autres Pompili ne rentrent pas du tout en ligne de compte. Nous sommes bien sur une campagne locale avec des militants écolos mobilisés et des objectifs raisonnablement ambitieux.

Première étape, EELV a décidé de sa stratégie le 25 avril : une campagne indépendante des partis de gouvernement, mais ancrée à gauche et résolument écologiste. Seconde étape, EELV a désigné sa tête de liste, il s'agit de Gérard Onesta, actuel vice-président du Conseil Régional de Midi-Pyrénées et pendant deux mandats député européen de la grande région Sud-Ouest.

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La troisième étape franchie le 1er juin dernier a été la désignation du premier tiers de candidats de la liste EELV, soit 59 militants d'EELV (cf. liste régionale). Pour l'Hérault, ce sont les 10 premiers militants écologistes qui figureront dans la section départementale (pour un total de 30 candidats titulaires et de 2 suppléants) :

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  1. Zina BOURGUET - Conseillère municipale de Mauguio pendant plusieurs mandats, elle anime aujourd'hui la Fabrice citoyenne du Pays de l'Or. Elle a représenté les écologistes lors de nombreuses élections et elle est membre du Conseil fédéral d'EELV.

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  2. Christian DUPRAZ - Conseiller général du canton des Matelles de 2011 à 2014 et ancien conseiller municipal de Montpellier, il est ingénieur de recherche à l'INRA, spécialisé dans les domaines liés à l'agro-écologie.

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  3. Annie CABURET - Conseillère municipale de St-Mathieu de Tréviers, secrétaire du groupe local EELV du Grand Pic St-Loup. Ingénieur agronome, elle est consultante indépendante dans les domaines de l'agriculture et du climat.

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  4. Jean-Louis ROUMEGAS - Député de l'Hérault depuis 2012, il est membre de la commission des affaires sociales. Il a aussi été élu au Conseil municipal de Montpellier et à l'Agglomération, sous les mandats de Georges Frêche puis d'Hélène Mandroux.

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  5. Agnès GIZARD-CARLIN - Enseignante en SVT, elle anime le groupe local d'EELV sur le secteur Agde et elle siège aussi dans les instances régionale et nationale d'EELV. Elle a représenté les écologistes à de nombreuses élections, comme aux dernières départementales.

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  6. Laurent DUPONT - Élu et militant du Clermontais et du Cœur Hérault, il a été le secrétaire départemental des Verts de 2003 à 2007, membre des instances nationales des Verts puis d'EELV ; il représente le groupe local du Cœur d'Hérault au Conseil Politique Régional d'EELV.

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  7. Françoise ALAMARTINE - Longtemps déléguée à l'international au sein du bureau exécutif national d'EELV, elle est responsable de la commission transnationale d'EELV. Enseignante, elle anime le groupe local de Sète qu'elle représente au Conseil Politique Régional.

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  8. Mathieu BOUCHARD - Porte-parole régional d'EELV LR, il représentait les écologistes aux dernières municipales à Pézenas ainsi qu'à l'élection départementale. Il est chargé de projets au sein d'une agence de développement économique auprès des acteurs du vin.

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  9. Nadja FLANCK - Attachée parlementaire, militante à Montpellier, elle a été candidate EELV aux élections législatives sur la 4ème circonscription de l'Hérault. Son parcours professionnel est consacré au développement de l'économie sociale et solidaire.

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  10. Michel LENTHERIC - Conseiller régional du Languedoc-Roussillon de 2004 à 2010, il a longtemps été conseiller municipal à St-Jean de Védas et conseiller de l'agglomération de Montpellier jusqu'en 2014. Il a été directeur de l'ADEME en Languedoc-Roussillon.

Mais le 1er juin à Carcassonne, l'Assemblée générale des adhérents a surtout adopté sa stratégie pour les trois prochains mois (cf. communiqué), à savoir d'ouvrir notre liste aux formations politiques et aux mouvements de citoyens qui souhaitent construire ensemble un projet humaniste, écologiste, social et solidaire au travers des missions de développement économique de la Région. La co-élaboration de ce projet sera la plus contributive possible ; le projet n'est pas un objet politique, il est avant tout une source de mobilisation citoyenne.

Le Parti de gauche ainsi que les mouvements régionalistes sous l'égide de Régions & Peuples solidaires ont déjà fait le choix de s'associer à cette démarche ; et c'est là une dynamique dont la liste des acteurs politiques a vocation à rapidement s'élargir.

C'est en septembre que les adhérents d'EELV se retrouveront de nouveau en Assemblée générale pour valider les orientations programmatiques et pour arrêter la liste définitive des candidats de rassemblement (158 candidats titulaires et 26 suppléants). Le mot d'ordre est de ne pas se laisser détournés par les annonces qui vont se multiplier dans les prochains mois, mais bien de se focaliser sur l'élaboration du projet de mandat régional.