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23/10/2015

L'échec social du mandat de François Hollande : illustration par la perte d'exonération de taxe d'habitation pour les veufs et les veuves précaires

François Hollande est « sympathique » pour 39% de Français (sondage du 21 octobre de l'institut Elabe pour BFMTV), mais ils ne sont que 16% à le juger « capable de réformer le pays », et 10% à estimer qu'il pourra « obtenir des résultats ». Bref, nous n'aurions pas de Président de la République que ça ne changerait pas grand chose ... sauf que nous en avons élu un en 2012 et que son bilan est un échec dans bien des domaines.

Mais cet automne est le moment où les contribuables reçoivent leurs avis d'imposition, et une catégorie de contribuables illustre bien l'échec des politiques fiscales menées depuis trois ans. En 2008, le gouvernement de Nicolas Sarkozy a décidé de supprimer la demi-part accordée aux veuves et aux veufs, ainsi qu'aux célibataires élevant seuls leurs enfants. Mais cette mesure a vu son application étalée dans le temps, pour n'être pleinement applicable qu'en 2014.

Le gouvernement de François Hollande a bien perçu les conséquences de cette mesure sur les ménages les plus modestes, et des réductions d'impôts viennent ainsi d'être appliquées à 3 millions de ménages modestes, mais on reste dans le bricolage. Nous sommes très loin de la réforme fiscale ébauchée fin 2011 par le candidat Hollande, avec la fusion de la CSG et de l'impôt sur le revenu, sur une plus grande progressivité de l'impôt et sur son prélèvement à la source ...

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C'est la taxe d'habitation 2015 qui est la goutte d'eau qui fait déborder le vase, car la complexité de l'édifice fiscal français est tel qu'il devient un instrument d'injustice sociale. Ainsi, certains contribuables fragilisés (les titulaires des allocations de solidarité aux personnes âgées, les personnes âgées de plus de 60 ans, les personnes veuves, les titulaires de l'allocation adulte handicapé, les personnes invalides qui ne peuvent pas subvenir à leurs besoins par leur travail) peuvent bénéficier d'une exonération de leur taxe d'habitation s'ils disposent de ressources n'excédant pas le plafond du revenu fiscal de référence. Et c'est pour les veufs et les veuves que la perte de la demi-part décidée par Sarkozy a un impact néfaste.

Une personne veuve sans enfant à charge n'a qu'une part fiscale et doit donc toucher moins de 10 686 € par an (soit 890 € par mois) pour être exonérée de taxe d'habitation. Sans la perte de la demi-part, ce plafond serait de 13 539 € (soit 1 128 € par mois). Ainsi, avec un revenu de 1 000 € par mois, ce contribuable que l'on peut qualifier de « précaire » se retrouve à payer une taxe d'habitation qu'il ne payait pas jusqu'à présent.

Cette personne veuve sans enfant à charge et ayant un revenu fiscal de référence inférieur à 13 539 € bénéficiera par contre d'un plafonnement de sa taxe d'habitation. Ce plafonnement est de 3,44% des revenus du foyer, dont il faut déduire par exemple dans le cas étudié la somme de 5 451 € (cf.article 1414 du Code général des impôts). On passe alors de 0 € en 2014 à 278 € maximum en 2015, mais des calculs au cas par cas seraient à refaire en fonction du nombre de personnes à charges.

Une dépense nouvelle de 278 € est un coup dur pour des personnes isolées qui n'arrivent déjà pas à finir les fins de mois, et dans un contexte où tout augmente à l'exception des salaires, des pensions et des indemnités sociales. Et c'est encore plus difficile quand il y a des enfants, dans la cinquième puissance économique mondiale !

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L'abandon par les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, de nos compatriotes les plus démunis, ça fait indéniablement le lit du Front National. Et plutôt que d'apporter des solutions, le FN préfère stigmatiser les migrants ou les travailleurs détachés pour servir de boucs émissaires. Il n'y a plus de contrat social, seuls subsistent des publics fragilisés que les politiques opposent pour s'éviter de proposer une véritable réforme sociale.

Je ne me résous pas à ce face à face entre d'un côté les chantres des politiques d'économie libérale (PS/PRG & LR/UDI) et de l'autre les conservateurs souverainistes (FN, DLF, UPR). Et je suis persuadé que la France à un autre destin, que notre pays tient une place historique particulière dans la construction du monde et que notre singularité culturelle doit être cultivée. Nos 35H hebdomadaires seraient une aberration économique, et à écouter le Medef, certains économistes et des politiques, nous serions la risée des grands de ce monde ... On s'en fiche des autres, c'est avant tout un progrès social. Idem pour notre système social qui plomberait l'activité économique tout en creusant la dette publique, mais il est l'héritage du Programme du Conseil national de la Résistance, et il faut l'améliorer plutôt que de le dilapider au profit des intérêts privés. Changeons déjà d'état d'esprit ! Nous avons plus d'atouts que de handicaps, et il faut s'en convaincre pour faire notre mue, en toute originalité.

18/10/2015

Le Parti de Solférino au bord du naufrage ...

Le PS français aura-t-il le même destin que son homologue grec du PASOK ? Il en prend la voie, avec une direction et des personnalités qui n'ont plus que l'alternance démocratique comme seule orientation. Et l'alternance de 2017 pourrait bien leur être totalement fatale.

Le référendum organisé ce week-end par Jean-Christophe Cambadelis pour l'unité de la gauche et des écologistes aux élections régionales est un cache-misère qui ne trompe personne. Des urnes baladeuses aux votes par messagerie électronique, ça transpire la vaste fumisterie pour simplement occuper le terrain médiatique. Un référendum sans débat et sans campagne, juste un mot d'ordre transmis à toute la famille de Solférino (par vagues de sms et par messages téléphoniques automatiques), et dont les conditions de son organisation vont finir d'achever le malade.

Et ce référendum lui laissant néanmoins quelques loisirs, le premier secrétaire du PS a glissé dans son agenda cette participation au congrès fondateur de l'Union des démocrates et des écologistes (UDE) à La Villette ce samedi après-midi.

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Entouré de J-L. Bennahmias, de J-V. Placé et de F. de Rugy, J-C. Cambadelis était là pour adouber la démarche de quelques parlementaires écologistes cherchant désespérément à survivre politiquement, et cela passe par une déclaration formelle de vassalisation politique. Est-ce cela qui empêchera que les écologistes aient un(e) candidat(e) à la présidentielle de 2017 ? Non !

Ici en région Languedoc-Roussillon, il y a longtemps que le PS n'est plus qu'une simple écurie politique, dénuée de toute idéologie, sans éthique et engluée dans les calculs politiciens. C'est certainement Georges Frêche qui aura déconstruit la formation dont il était issu, et qui aura irréversiblement établi les conditions de sa chute. Les négociations entre le PS et le PRG pour les prochaines régionales témoignent d'un fonctionnement qui n'a plus rien de démocratique. Quel(le) militant(e) du PS dans l'Hérault a été consulté pour choisir les candidats et les axes programmatiques de ces régionales ? Ah ! si, leur premier fédéral :=(

Le dernier coup du PS/PRG en région est le sondage que le groupe de presse de Jean-Michel Baylet (Président du PRG) a confié à l'IFOP. Dans ce sondage réalisé du 8 au 12 octobre, le patron du PRG et de toute la presse quotidienne régionale a intégré des listes de candidats qui ont très peu de chances de figurer au premier tour du scrutin. Ainsi, et alors qu'ils ne figuraient pas dans les précédents sondages, voilà qu'apparaissent les listes de Gilles Fabre (pour Nouvelle Donne) et de Christophe Cavard (pour l'UDE évoquée plus haut). Ces deux listes sont respectivement créditées de 2% et de 2,5% d'intentions de vote. Le seul but de sonder ces deux listes-là est de faire chuter le score du candidat Onesta ; il passe ainsi de 16% à 11%, et il permet aux amis de J-C. Cambadelis de justifier leur référendum. Le politologue Laurent Dubois décrypte bien sur son blog ce qu'il appelle "la face sombre des sondages". J'intitule cette note "Le parti de Solférino au bord du naufrage ...", mais J-C. Cambadelis se comporte comme ce chef d'orchestre qui continuait de faire jouer ses musiciens pendant que le Titanic sombrait.

Aux régionales de 2010, et pour empêcher Europe Ecologie Les Verts de passer la barre des 10% qui aurait alors permis à la gauche et aux écologistes de se présenter au second tour, Georges Frêche lança la candidature dissidente de l'ancien Monsieur Météo Patrice Drevet. Celui-ci obtenait 3,87% des suffrages, EELV ne franchissant pas la barre des 10% (9,12% des suffrages pour la liste conduite par Jean-Louis Roumégas), offrant ainsi un boulevard à G. Frêche.

Mais notre région n'est pas la seule à supporter ces tactiques, un article de Breizh-info.com décrit ce qui se passe en Bretagne, et rappelle comment Mitterrand lançait Génération Écologie contre Les Verts aux régionales de 1992, ou comment Chirac aida Bruno Mégret à torpiller Le Pen à la Présidentielle de 2002. Et tout ça contribue à dégoûter les citoyens d'aller voter !

Dans les échanges que j'ai localement, avec des citoyens non encartés comme avec des adhérents de formations politiques, ces manigances n'amusent personne. Il n'y a plus aucun temps consacré aux débats, aux rencontres et aux interpellations sur le terrain, les leaders politiques traditionnels se bardant de sondages et d'une abondante communication. J'estime honnêtement que le projet en commun conduit par Gérard Onesta a essayé de faire autrement, et qu'il tente de pérenniser cette nouvelle forme de démocratie contributive. Je mets du conditionnel, par sincérité, car « ce n'est qu'à la fin des vendanges que l'on compte les comportes » comme se plaît à le répéter le maire de Montpellier.

J'invite à parcourir le contenu du site du projet en commun où tant de contributions citoyennes ont été collectées et synthétisées (site Web du projet en commun), et désormais à participer à notre campagne sur le site officiel :

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17/10/2015

Point d'avenir hors Delga ou Reynié pour les "décideurs toulousains" ... conformistes ?

La Lettre M évoque "en coulisse" la rencontre entre Carole Delga et Dominique Reynié, invités de l'assemblée générale de la fédération régionale Midi-Pyrénées des travaux publics (FRTP-MP) :

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Étrange position des "décideurs toulousains" que de réduire le champ du politique aux seuls candidats des partis dominants ... car on reste là sur une logique économique vieille de 30 ans ; mêmes objectifs, mêmes moyens et mêmes indicateurs. Le bilan social et environnemental de ce modèle ne semble pas émouvoir ces "décideurs" qui cherchent surtout chez les politiques à être confortés dans leurs pratiques.

La fédération régionale des travaux publics du Languedoc-Roussillon (FRTP-LR) tient son assemblée régionale ce mardi 20 octobre au Corum de Montpellier (cf. invitation), et là les "décideurs" ont invité Philippe Saurel à débattre avec Carole Delga et Dominique Reynié ; à Montpellier, difficile d'écarter Saurel ... Et Gérard Onesta ?