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11/12/2017

Un SMUR sur le Coeur d'Hérault en 2018, et une solution transitoire d'ici l'été 2018 pour proroger l'UMUPS > Restons mobilisés !

L'Association pour de véritables urgences au Centre Hospitalier de Lodève se bat depuis maintenant deux ans pour qu'aux déserts médicaux qui gagnent nos territoires ruraux ne s'ajoute pas la fracture vitale des soins d'urgence. Nous savons qu'être à plus d'une demi-heure d'un service d'urgence réduit fortement les chances de survie suite à un AVC, à un malaise cardiaque, à un empoisonnement, une embolie pulmonaire, etc.

Jusqu'en 2008, il y avait à Lodève un service d'urgence à la clinique Saint-Pierre. Mais un opérateur privé ne fait jamais dans la philanthropie et le Groupe OC Santé avait bien plus à gagner sur Montpellier. Depuis, les élus locaux faisaient le siège des instances publiques pour obtenir le retour d'un service d'urgence à Lodève. Et si l'autorisation avaient été donnée en 2012 pour que le CAPS de Lodève prenne enfin ce statut-là, l'ARS revenait sur cet accord en 2015.

Image associée

Depuis, le Syndicat de développement [SYDEL] du Pays Cœur d'Hérault, au travers de sa commission Santé présidée par le Dr. Guy Lassalvy a conventionné en 2013 avec l'ARS pour mettre en place une Unité Mobile d'Urgence et de Permanence des Soins (UMUPS). Cette structure sans aucune existence juridique est constituée d'un médecin urgentiste et d'un pompier, dotés d'un véhicule d'intervention, et qui interviennent sur appel du Centre 15 depuis l'hôpital local de Clermont-l'Hérault. En 2016, le temps moyen d'intervention de l'UMUPS était de 17', avec une position centrale à Clermont-l'Hérault qui permet d'être à Pézenas, à Gignac ou à Lodève en 15'. L'UMUPS a procédé à 1680 interventions en 2016, alors que l'ARS d'Occitanie finance des SMUR à 500 interventions par an.

L'UMUPS était une expérimentation pour la période initiale 2013-2015, et reconduite pour une ultime période 2016-2017 ; elle ne devait plus exister au delà du 31 décembre, et nous faire revenir 4 ans en arrière avec le Centre 15 qui fait intervenir le SAMU de Montpellier ou de Béziers pour des urgences vitales en Cœur d'Hérault. Soit une durée moyenne par route de 45', sauf à faire intervenir l'hélicoptère de la sécurité civile (Dragon34).

Depuis deux ans, l'Association pour de véritables urgences au Centre Hospitalier de Lodève a informé la population, a fait signer des pétitions (plus de 5 000 signatures), a fait délibérer la Communauté de communes ainsi que 15 mairies du Lodévois-Larzac. Les représentants de l'association ont rencontré la sous-préfète de Lodève, le président du Groupement Hospitalier de Territoire (GHT) de l'est Hérault et du sud Aveyron, les représentants de l'ARS d'Occitanie, le président de la Commission Santé du Pays Cœur d'Hérault, le député de la 4ème circonscription de l'Hérault.

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Et le 22 novembre à Toulouse, à l'occasion de la CSOS (Commission Spécialisée de l’Offre de Soins), sa directrice Madame Levrier a confirmé qu'une antenne SMUR succèdera à l'UMUPS en 2018. Mais il faut pour cela attendre l'approbation du Programme Régional de Santé (PRS2) autour du mois de mai 2018, et madame Levrier a précisé qu'une solution transitoire serait mise en place en attendant.

Ne doutons pas que des besoins semblables existent sur bien d'autres territoires en Occitanie, mais on n'a rien sans rien et il faut mobiliser et sonner aux portes pour sortir du lot. C'est ce que nous faisons depuis deux ans, et c'est ce qu'il faut continuer à faire. C'est cette même CSOS qui avait donné son accord pour un service d'urgence à Lodève en 2012, et d'avoir laissé gérer cette affaire par des institutionnels ne suffit pas. Il faut rester vigilants, mobiliser et participer aux espaces de décision.

Alors la question nous a été posée par la presse (cf. conférence de presse du 6 décembre avec la Marseillaise, Midi Libre, Radio Lodève et France Bleu Hérault), à savoir si ce SMUR devait être rattaché à l'hôpital de Lodève ou à celui  de Clermont-l'Hérault. En réalité, notre souci en matière d'urgence mobile n'est pas tant le port d'attache, mais plutôt la capacité à se projeter sur tout le territoire du Cœur d'Hérault en un minimum de temps.

Et puis ce SMUR n'est qu'un épisode dans la construction d'une offre de soins plus efficiente sur le territoire du Cœur d'Hérault. A ce titre, il me faut souligner le remarquable travail de diagnostic réalisé par la Commission Santé du Pays Cœur d'Hérault, à la suite duquel des ateliers ont été mis en place pour formaliser des politiques de santé qui feront l'objet de conventions avec l'ARS d'Occitanie dans le cadre de son futur PRS2. C'est un travail peu médiatisé, mais il est essentiel ; comme le fut il y a cinq ans l'expérimentation de l'UMUPS.

H_Lodeve_1.jpgLodève a une place privilégiée dans ce dispositif. L'hôpital de Lodève et la clinique du Souffle offrent 136 lits pour de la médecine générale, des soins de longue durée (SLD) et des soins de suite et de réadaptation (SSR). Et il ne faut pas hésiter à parler ici de Pôle Hospitalier, avec des spécialistes qui viennent de l'hôpital de Millau (dans le cadre du GHT), un CAPS qui propose des consultations en secteur 1 pour 9 spécialistes sur 13 (c'est à dire sans dépassement d'honoraire), et avec le tiers-payant qui se généralise (il est déjà en place pour l'imagerie médicale).

H_Lodeve_2.jpgL'hôpital de Lodève a une histoire certainement aussi vieille que sa cathédrale, mais il a surtout un avenir. Il y a par exemple 900 naissances par an sur le Cœur d'Hérault, et l'INSEE mise sur plus d'un millier par an d'ici 2040. Et nous sommes-là déjà bien au-deçà du seuil de 300 accouchements par an pour disposer d'un service de maternité. Il faut donc continuer à équiper le Pôle Hospitalier de Lodève, pour demain avoir un véritable service d'urgence avec un plateau technique et une salle de réveil avec des urgentistes 24H/24.

La télé-médecine est aussi une piste de progrès ; elle permettra de consulter en ligne pour des pathologies bénignes, via des plateformes de télémédecine distantes, et sur le terrain les médecins pourront alors libérer du temps et se spécialiser pour répondre à des besoins auxquels la télé-médecine ne sait pas répondre ; par exemple des interventions d'urgences, des permanences en EPHAD ou des accouchements.

La Marseillaise du 07 12 2017 >

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       Midi Libre du 11 12 2017 >

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10/12/2017

Environnement : L’État sous Macron ne donne pas les gages espérés par Hulot ... mais faut-il être fataliste ?

J'ai récemment été interrogé par la presse (Midi Libre et la Marseillaise) à propos de la reprise d'activité sur la carrière de marbre rouge sur le mont Vissou. Il s'agit d'une exploitation qui existe depuis près d'un siècle, mais qui s'est interrompue en 2004 à cause de difficultés financières de l'exploitant.

Nous connaissons tous ce territoire, et ces paysages magnifiques qui surplombent les communes de Mourèze et de Cabrières, et c'est d'ailleurs le Pic de Vissou dont il s'agit et que l'on voit à l'horizon depuis des dizaines de kilomètres. Mais pour prendre position sur l'exploitation d'une carrière sur ce site patrimonial, je me suis appuyé sur le rapport de la DREAL, c'est à dire de l'Autorité Environnementale. Les impacts du projet sur les habitats naturels (faune et flore), sur les paysages ainsi que sur les nuisances vis à vis des riverains sont formellement identifiés ; ils sont souvent faibles, mais ils nécessitent de la part de l'exploitant des mesures compensatoires.

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Et c'est là où s'apprécie le rôle précieux que remplissent les services de l’État en région. Il s'agit ici de la DREAL, mais toutes les agences et toutes les directions décentralisées ont un rôle d'analyse et de contrôle qui doit être renforcé ! Car qui ira contrôler que l'exploitant à qui l'Autorité Environnementale a donné un avis favorable se conforme scrupuleusement à ses recommandations ?

J'ai suivi aussi l'enquête publique sur la création d'un parc photovoltaïque de près de 8 ha sur la commune de Gignac, sur des terrains en bord d'Hérault constitués de parcelles en friche dans l'emprise globale d'une ancienne carrière. Là encore, l'Autorité Environnementale a délivré un avis plutôt favorable, mais elle souligne que l'étude d'impact réalisée par l'exploitant nécessite d'être complétée pour se conformer aux contenus réglementaires attendus, essentiellement pour moi à propos de l'analyse du milieu naturel, de la faune et de la flore.

Les fonctionnaires des directions décentralisées de l’État (DREAL, DDTM, ...), mais aussi des agences comme l'ONEMA ou les Agences de l'Eau sont des professionnels très attachés à leurs missions. Sauf qu'année après année les budgets du ministère de l'écologie fondent comme la banquise ...

Bon, je laisse à Nicolas Hulot le temps long qui est nécessaire pour inverser la tendance, et après des décennies de prédation de la Terre, mais il faut qu'il marque des points ... Les rapports, c'est nécessaire, mais sans les contrôles et les sanctions pouvant s'imposer aux exploitants ce n'est que du papier :=(

03/11/2017

Prisonniers politiques en Espagne : l'Europe a-t-elle tant peur des peuples ?

Deux leaders indépendantistes ont été incarcérés depuis le 16 octobre, la juge espagnole Carmen Lamena sanctionnant là un délit de sédition pour les manifestations qu'ils ont organisé le 20 septembre en Catalogne.

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Jordi Sanchez et Jordi Cuixart dirigent les deux principales associations indépendantistes de Catalogne, Omnium Cultural et l'Assemblée nationale catalane (ANC). La juge Carmela Lamela a ordonné l’emprisonnement de ces deux personnalités indépendantistes, car elle les accuse d’avoir organisé des manifestations dans Barcelone entre le 20 et le 21 septembre et d’avoir empêché que la police espagnole puisse mener son travail. Le gouvernement espagnol avait salué la décision de la juge, soulignant que c’est une façon de montrer que personne n’est au-dessus de la loi.

La même juge madrilène a inculpé ce 2 novembre les ex-ministres de la Généralité de Catalogne pour rébellion, leurs crimes étant d'avoir organisé un référendum le 1er octobre et d'avoir engagé un processus d'indépendance qui a conduit le Parlement Catalan a déclarer l'indépendance le 27 octobre. Huit membres de ce gouvernement sont aujourd'hui en prison, un neuvième qui avait démissionné du gouvernement avant la déclaration d'indépendance a été laissé en liberté contre une caution de 50 000 €, et cinq autres sont actuellement à Bruxelles d'où ils focalisent l'attention des médias européens. Le procureur de l’État espagnol a requis un mandat d’arrêt européen contre eux cinq, la juge Carmela Lamela devrait le valider ce vendredi 3 novembre.

Ci-après les huit ministres incarcérés le 2 novembre (les textes descriptifs sont extraits du site Web Equinox Magazine, les photos sont extraites du site Web du journal catalan La Vanguardia) :

Junqueras.jpgL’ancien vice-président Oriol Junqueras est le leader de la gauche républicaine (ERC). Il est donné gagnant dans les sondages lors des élections qui doivent se tenir le 21 décembre. Junqueras était absolument contre la stratégie de Puigdemont de se réfugier à Bruxelles. Les deux hommes qui ne se saluent plus depuis des jours, ont failli en venir aux mains lors des réunions marathons précédant la déclaration d’indépendance. Titulaire de l’économie, Oriol Junqueras avait chapeauté une grande partie de l’organisation du référendum et avait affronté le ministre des Finances espagnol qui avait bloqué les comptes bancaires de la Generalitat.

Turull.jpgJordi Turull est une ancienne gloire de PdeCat, le parti d’Artur Mas. Démonétisé politiquement, le processus indépendantiste l’a remis sur le devant de la scène. D’abord président du groupe majoritaire indépendantiste au Parlement et ensuite porte-parole du gouvernement, il a géré toute la communication du référendum et la diffusion des publicités autour du référendum qui avait été interdites par la justice espagnole.

Romeva.jpgRaul Romeva est un ancien député européen des écologistes catalans. Il est devenu tête de liste des indépendantistes de Junts Pel Si en septembre 2015. Au ministère catalan des Affaires étrangères, il a été très présent dans toute l’Europe pour tenter de convaincre les États de soutenir l’indépendance de la Catalogne.

Forn.jpgJoaquim Forn est membre du Pdecat d’Artur Mas. Il était adjoint à la sécurité à la mairie de Barcelone durant le mandat de Xavier Trias. Il jouit à ce titre d’une bonne réputation au sein de la Guardia Urbana de Barcelone. Ministre de l’Intérieur, il avait plusieurs fois demandé à ce que les Mossos d’Esquadra désobéissent à l’État espagnol. Forn était présent lors de la conférence de presse de Carles Puigdemont mardi à Bruxelles et a tenu des propos très durs contre le gouvernement espagnol

Rull.jpgJosep Rull est un membre du PdeCat d’Artur Mas depuis sa jeunesse. Il a sans succès essayé de prendre la tête du parti en 2016. Certains lui prêtent l’intention de vouloir se porter candidat pour son mouvement lors du scrutin de décembre 2017.

Mundo.jpgCarles Mundó, homme discret, titulaire de la justice, a fait ses premières armes en politique au sein du parti ERC ou il était conseiller municipal à Gurb (Osona). Carles Mundó était un des ministres les plus septiques quant à la déclaration d’indépendance.

Bassa.jpgDolors Bassa vient du monde syndical de la ville de Gérone au sein de l’UGT (la CGT catalane). Elle s’est rapprochée d’ERC pour finalement devenir ministre du Travail en janvier 2016.

Borras.jpgMeritxell Borràs est une figure historique du Pdecat depuis 1995. Elle a réalisé une grande partie de sa carrière dans la ville de L’Hospitalet de Llobregat. Ministre depuis juin 2015, elle avait montré en privé une grande réticence face à la déclaration d’indépendance. Elle était au côté de Puigdemont à Bruxelles, mais est rentrée mardi soir à Barcelone avec Joaquim Forn.

Le seul ministre libre - Santi Vila, proche d’Artur Mas, est considéré comme l’unique membre modéré de l’ancien gouvernement de Puigdemont. Proche des entreprises et de la présidente du Congrès des députés de Madrid Ana Pastor, Vila a présenté sa candidature contestée pour conduire PDeCAT aux élections de décembre 2017. Il opte pour une collaboration directe avec Madrid. En cas de refus du PDeCAT de l’investir, il créera son propre parti et se présentera à ce titre. Il a été libéré sous caution de 50.000 euros

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Il reste quatre ministres qui sont avec Carles Puigdemont à Bruxelles sous le coup d'un mandat d'arrêt européen, Clara Ponsati, Meritxell Serret, Antoni Comin et Lluis Puig.

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Le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, incarne une bien étrange démocratie en Europe, un État où l'on emprisonne des militants pacifistes d'une cause politique. Et qui plus est dans un État où la corruption reste impunie. Le parti du premier ministre, le Parti Populaire, enchaîne scandale sur scandale. Dans l'affaire Nóos, c'est l'infante Cristina d'Espagne qui est mise en examen en 2011, et c'est son époux, Inaki Urdangarin qui est condamné en février 2017 à 6 ans et 3 mois de prison, mais qui est laissé en liberté en attendant un second jugement en appel.

L'argument d'inconstitutionnalité du processus d'indépendance entrepris par la Catalogne depuis des années est absurde. Le Canada a été confronté au même problème à l'époque où le Québec revendiquait son indépendance. La Cour Suprême du Canada avait alors distingué la constitution elle-même des principes qui avaient dictés sa rédaction. Entre autres au Canada, l'un de ces principes est le fédéralisme, mais il y a aussi la démocratie, le constitutionnalisme, la primauté du droit et le respect des minorités. Et c'est sur la base de ces principes-là qu'un processus d'auto-détermination pouvait légalement se dérouler. L'exemple québécois est souvent cité dans des processus de sécession, et la Cour Internationale de Justice avait ainsi donné une suite favorable pour la sécession du Kosovo, ajoutant que c'était un cas d'espèce et qu'il ne saurait avoir une portée générale relative au « droit à l’autodétermination ou à l’existence d’un droit de sécession-remède ».

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Le fédéralisme est une option à étudier dans la cas de l'Espagne. Certains États européens ont déjà cette forme d'organisation comme l'Autriche, l'Allemagne ou encore la Belgique. Dans d'autres États, comme l'Espagne, les régions disposent d'une autonomie à géométrie variable. Le Royaume-Uni reconnait par exemple les « nations constitutives » que sont l'Angleterre, l’Écosse, le Pays de Galle et l'Irlande du Nord.