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08/11/2015

Dominique Reynié, déjà vieux politicien conservateur alors qu'il n'est rentré en politique que récemment ...

La tête de liste LR/UDI pour notre région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées #LRMP était à la convention nationale de son nouveau parti ce samedi 7 novembre. Il y était en terrain miné suite à sa décision de changer la composition de la liste héraultaise, ce que Sarkozy n'était pas prêt de lui pardonner, et c'est peut-être ce qui l'a conduit à s'enflammer ainsi sur la ruralité.

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Dominique Reynié s'affiche en grand défenseur de la ruralité, se faisant son protecteur contre la métropolisation voulue par la loi, mais cela le conduit à dire n'importe quoi :

« Nous devons rééquilibrer la politique des transports en faveur de la route. Nos régions ont tout misé sur le rail. La route est de la compétence des Départements, nous le savons, à nous d'aider les Départements à entretenir et à développer les routes. Il n'y a pas de ruralité s'il n'y a pas de plan routier. »

« Il n'y a pas de ruralité s'il n'y a pas d'agriculteur. Et je ne prendrai qu'un cas, qui est un grand sujet, et j'aimerai qu'ensemble nous ayons la capacité sur ce grand dossier d'avancer dans nos territoires. Nous devons mes chers amis engager de grands programmes de construction de retenues d'eau dans nos territoires. C'est essentiel. C'est essentiel. Cela paraît technique mais c'est essentiel. Et nous avons tous, et c'est dans ma région, et nous avons tous en mémoire cet évènement terrible, cet échec total de la puissance publique, les procédures les plus accomplies qui toutes ont été tenues en échec par une poignée d'opposants, sans compétence, sans connaissance, qui ont empêché la construction du barrage de Sivens. C'est d'une très grande gravité. Nous devons être capables de construire un grand programme de retenues d'eau. Sachez que nos paysans l'attendent impatiemment. Pour que vous ayez une information qui est importante, d'ici 2030, le niveau de nos rivières, en tous cas dans ma région aura baissé de 50% ; c'est un sujet vital il n'y a pas d'autre mot. »

En quelques phrases, le domicilié d'Onet-le-château dans l'Aveyron a déclamé le discours le plus conservateur qui soit, et avec cette dialectique très sarkoziste de créer des clivages pour masquer la vacuité du projet. Opposer le rail et la route permet de ne pas décliner les grandes orientations d'un schéma des mobilités territoriales qui sont nécessairement intermodales.

Opposer les écologistes et les paysans permet de ne pas dévoiler des orientations d'aménagement rural qui protègent les ressources tout en favorisant le développement économique de ces territoires. Car les écologistes ne s'opposent pas aux retenues colinaires, sauf qu'elles peuvent se réaliser sans nuire aux écosystèmes existants.

En réalité, cet homme est très dangereux. Il ne connait rien à la ruralité, comme Rama Yade qui était venue à Paulhan pour une conférence sur ce sujet (cf. note du 30/01/2015), et il veut jouer au chef pour plaire à Sarkozy sans en avoir la capacité. Il a entendu Manuel Valls faire sa crise d'autorité sur Notre-Dame-des-Landes, et il enfourche le même cheval pour faire écho à l'attente des Français de plus d'autorité publique. Dominique Reynié en président de Région, cela signerait l'échec assuré pour cette grande nouvelle région qui est à 80% rurale.

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02:24 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

06/11/2015

C'est une quadrangulaire qui se profile en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées au second tour

Les citoyens sont suffisamment lassés des promesses non tenues, des velléités personnelles et des élus qui s'accrochent à leurs mandats pour faire enfin de la politique autrement. L'abstention et le vote Front National sont là pour nous rappeler, élection après élection, que nos compatriotes veulent des élus proches des citoyens, éthiquement responsables et se comportant en conformité avec les valeurs de notre République.

Je l'ai déjà évoqué dans une précédente note, mais cela s'avère devenir une réalité, deux listes vont se présenter aux élections régionales dans notre région dans un but purement électoraliste. Il s'agit de la liste "Nouvelle Donne" conduite par Gilles Fabre et de la liste "Le bien commun" conduite par Christophe Cavard. Ces deux listes sont apparues pour la première fois dans un sondage commandé début octobre par la presse régionale de Jean-Michel Baylet (Président du Parti Radical de Gauche), et elles ont déjà touché leur but en prenant chacune 3 points à la liste "Le nouveau monde en commun" conduite par Gérard Onesta.

En soi, la pluralité des opinions politiques est un facteur de vitalité démocratique, mais à condition que l'offre en question porte un projet, fédère des courants d'idées, envisage l'exercice du pouvoir et s'inscrive dans une démarche pérenne. Souvenons-nous de Patrice Drevet, l'ancien monsieur Météo de France2 qui conduisait une liste "Alliance écologique indépendante" aux régionales de 2010 ; un petit tour et puis s'en va ...

Alors quel est le projet de la liste "Nouvelle Donne" par exemple ? Ils ont un site Web de campagne, mais à exactement un mois du premier tour de scrutin, voilà ce qu'il propose :

Site_ND_OC.jpg

Leur compte twitter ne fournit pas plus d'éléments de fond ; il est une sorte de journal de bord d'individus embarqués autour d'un certain Gilles Fabre. Nouvelle Donne est une formation politique créée par Pierre Larrouturou, à partir d'un courant du Parti Socialiste qu'il animait depuis un an avec Stéphane Hessel, et leurs thématiques de campagne pour ces régionales sont essentiellement la déclinaison locale de grandes orientations nationales. Théoriquement, cette formation n'est pas très éloignée du projet que porte la liste "Nouveau monde en commun" de Gérard Onesta, et se présenter seul à ce scrutin du 6 décembre n'est pas très compréhensible.

Et quand est-il de la liste portée par le député du Gard Christophe Cavard ? Là encore, le site Web laisse le visiteur sur sa faim. Alors qu'apprend-on sur les réseaux sociaux ? Le compte twitter de la tête de liste dans l'Hérault, Sabria Bouallaga, nous apprend que le niveau du Verdanson était d'une hauteur raisonnable il y a quelques jours quand l'Hérault était en alerte orange. Mais à part ça, aucun tweet et aucun lien qui n'évoque une élection régionale ... à un mois du premier tour !

Il est vrai que le casting de la liste de Christophe Cavard a été indécis jusqu'au dernier jour. Celui qui avait lancé ce projet de liste avec lui il y a six mois, le maire du Séquestre Gérard Poujade, a jeté l'éponge il y a quelques jours. Idem pour l'ex-international de handball, Joël Abati, conseiller régional sortant, qui devait tirer la liste héraultaise ...

LEBienCommun_Carcassonne_4_Nov_2015.jpg

Alors qui est Christophe Cavard et pourquoi se lance-t-il dans cette aventure solitaire ? Le parcours politique du citoyen Cavard témoigne déjà d'une adaptabilité remarquable ; il est du camp qui peut lui permettre d'être élu. Il est au PCF dans le département du Gard pour être élu au Conseil général en 1998. Il poursuit à EELV à partir de 2009 pour rester conseiller général, mais aussi pour se préparer à d'autres mandats. Pari gagné en 2012, il devient député. Mais son parti prenant quelques distances avec le PS, le député du Gard rompt les amarres ... Et désormais, son seul objectif est que le PS lui réserve en 2017 la circonscription législative dont il est le député depuis 3 ans. Notons au passage que Cavard a été vice-président du Conseil général du Gard pendant 8 ans, dans une assemblée présidée par un certain Damien Alary, aujourd'hui président socialiste sortant de la Région Languedoc-Roussillon et candidat tête de liste du PS dans le Gard.

Le citoyen-député Cavard ne compte plus ses détracteurs, et il fait régulièrement l'objet de portraits au vitriol (Christophe Cavard : The Green concomber de la gamelle (recyclée), de biens étranges listes, ...). Mais c'est ce genre de parcours politique qui conduit des électeurs à voter pour le FN.

Mais comment ces listes financent-elles leur campagne ? Il leur faut au minimum faire imprimer 9 millions de bulletins de vote (au format A4 recto/verso monochrome), 4,3 millions de professions de foi (circulaire au format A4 recto/verso quadri-chrome) et 15.096 affiches électorales. Ça fait beaucoup d'argent, mais Christophe Cavard ne s'en cache pas : « Pour ce faire, je m’engage sur ma personne en empruntant à plusieurs personnes de mon entourage. Les parlementaires de mon espace politique et les partis me soutenant m’aideront ». Quels partis ???

Comme avec Génération Écologie créée par François Mitterrand pour concurrencer les Verts aux régionales de 1992, et comme avec la liste de Patrice Drevet aux régionales de 2010, la liste de Cavard transpire le téléguidage. Et là, pour le 6 décembre, le but est clairement que la liste PS/PRG de Carole Delga arrive en tête des listes de gauche.

Personnellement, j'estime que les socialistes dévoient la politique ; ils sont d'ailleurs les promoteurs du Front National qui leur permet de gagner en triangulaires. Alors au soir du 6 décembre, je souhaite que la liste de Gérard Onesta se maintienne au second tour. Et Carole Delga pourra compter sur le report des voix de son collègue de l'Assemblée Nationale Christophe Cavard ... Pour obtenir la majorité absolue des sièges dans la future assemblée régionale, une liste doit obtenir au moins 34% des suffrages au second tour, et c'est un seuil que le FN pourrait ne pas atteindre. Dans ce cas-là, la majorité régionale se construira à l'occasion d'un troisième tour, le 4 janvier 2016.

Et pour la liste "Nouveau monde en commun", il reste un moins pour convaincre sur le fond !

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02:10 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

25/10/2015

Elections régionales : certaines listes ne sont là que pour perturber le scrutin

Ne se présentent en principe aux élections que des candidats ou des listes qui veulent porter un message politique, et dans le meilleur des cas pour le mettre en œuvre pour la durée d'un mandat. C'est bien le cas pour ces élections régionales en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées (LRMP), avec d'un côté les listes qui dépasseront le seuil des 10% (et auront des élus à la Région), et de l'autre des listes que l'on retrouve à chaque élection malgré leur faible score ; c'est le cas de Lutte Ouvrière (LO) ou de Debout la France (DLF).

Et puis il y a des listes dont le message n'est pas très clair, et dont la finalité perturbe plus le scrutin qu'elle ne l'éclaire. Surtout qu'une campagne ça a un coût, et que de s'affranchir de propagande électorale est très étrange ... Dans notre région LRMP, les listes pourront dépenser jusqu'à 1,6 M€ pour leurs frais de campagne, et celles qui feront plus de 5% se verront rembourser jusqu'à 782 k€. Ca c'est pour les dépenses électorales comme les meetings, les réunions publiques, les tracts, la communication en général, des locaux de campagne, etc. Mais elles ne sont pas indispensables, et une liste peut faire une campagne « cheap » comme le dit Philippe Saurel.

Reste quand même la propagande officielle, c'est à dire les bulletins de vote (près de 9 millions), les professions de foi (un peu plus de 4,3 millions) et les affiches électorales (autour de 15000). Le coût estimé de cette propagande officielle est d'environ 700 k€, et il n'est remboursé qu'aux listes qui dépassent le seuil de 5% des suffrages exprimés. Ces budgets "à fonds perdus" n'empêchent pas certaines "petites listes" de faire campagne ; on retrouve ainsi très régulièrement Lutte Ouvrière afficher et tracter malgré cette lourde contrainte financière. Mais pour d'autres, c'est une campagne exclusivement sur Internet qui permet de s'affranchir de telles contraintes ; la campagne se fait sur les réseaux sociaux et ceux qui veulent voter pour une telle liste impriment le bulletin de vote.

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Autre contrainte pour déposer une liste, il faut trouver 184 candidats sur 13 départements. Pour les formations politiques, c'est un écueil qui est vite franchi. Pour les autres, le recrutement est plus délicat, surtout quand les états-majors politiques font peser des menaces sur des élus locaux qui voudraient transgresser l'ordre établi. C'est l'obstacle auquel Philippe Saurel a été confronté et qu'il a réussi à surmonter, essentiellement grâce aux divisions au sein du Parti Socialiste.

A gauche, ce sont deux listes qui sont apparues dans les deux derniers sondages. IFOP et BVA ont respectivement attribué 2% et 3% à Nouvelle Donne, mais aussi 2,5% et 3% à la liste du député du Gard Christophe Cavard. Quels messages portent ces listes ? En gros, elles ne sont pas très éloignées des autres listes de gauche, que ce soit celle de Philippe Saurel ou celle de Gérard Onesta, mais elles sont surtout la caisse de résonance pour un leader qui souhaite continuer à exister politiquement.  Le cas de Christophe Cavard est exemplaire ; le député du Gard veut être réélu en 2017, et il doit donner des gages aux socialistes pour que sa circonscription lui soit encore réservée. Alors il mouille la chemise pour que le score de la liste concurrente Nouveau Monde ne dépasse pas celui du PS. Triste spectacle que donne une classe politique accrochée à ses mandats, qui se sert avant de servir les autres ...

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Ces listes "périphériques" profitent du ras-le-bol des citoyens, de la forte abstention et d'un vote souvent contestataire pour récupérer quelques points, mais quelques points qui manqueront à des listes qui peuvent réellement changer la donne. Ça a été le cas en 2010 avec la liste de Patrice Drevet qui a empêché trois autres listes de gauche de figurer au second tour ; il avait fait le job. Mais le dernier sondage de l'institut BVA indique que 62% des personnes sondées se disent intéressées par ce scrutin régional en LRMP, et 53% se prononceront en fonction d'enjeux régionaux. C'est plutôt rassurant et ça incite à nourrir la campagne, à expliquer les orientations et à pointer les principales propositions ;