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07/06/2017

Loi de moralisation de la vie publique, un focus sur la forme afin de ne plus parler de fond

Un sénateur et deux députés socialistes de l'Hérault avaient donné rendez-vous à la presse début juin pour signifier leur mécontentement face au recul du nouveau ministre de la justice, François Bayrou, qui renonce à mettre dans son projet de loi l'inéligibilité à vie pour tout(e) citoyen(ne) ne disposant pas d'un casier judiciaire vierge. Alors que le candidat Macron s'y était engagé, la loi sur la moralisation de la vie publique ne propose plus cette disposition ; elle se contente d'une période d'inéligibilité de 10 ans.

Qu'un crime ou qu'un délit très grave ait pour conséquence de priver un(e) justiciable de ses droits civiques pour une durée limitée, cela répond au fait qu'à la peine civile ou pénale s'ajoute le constat d'une rupture du pacte républicain entre un(e) citoyen(ne) et sa nation. Et s'il faut un temps pour appliquer une peine issue d'une décision de justice, il faut aussi passer au temps de la réhabilitation. N'avoir aucune perspective d'être rétabli(e) dans ses libertés individuelles, ce serait totalement contraire à nos valeurs humanistes. Même un(e) criminel(le) condamné(e) à une peine de prison à vie a la perspective de retrouver un jour la liberté quand les années de peine incompressibles seront écoulées et que la justice aura constaté sa capacité à vivre de nouveau en société.

En même temps, nous constatons la judiciarisation des conflits syndicaux et politiques. Les militants qui affirment leurs positions sont facilement arrêtés et jugés, noircissant alors leur casier judiciaire. Et avec une loi obligeant les candidats à avoir un casier judiciaire vierge, quelqu'un comme José Bové ne serait pas aujourd'hui député européen. Et combien de syndicalistes et de militants humanistes se voient épingler à leur casier judiciaire des condamnations pour avoir manifesté, pour avoir nourri des réfugiés, pour avoir refusé un prélèvement ADN, pour avoir occupé leur lieu de travail, etc ?

Bove_prison.jpg

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Je me méfie donc de ses lois moralisatrices où tout le monde devrait être tout propre, tout vierge, tout neuf. Car il ne manque pas de lois pour punir celles et ceux qui commettent infraction, délit ou crime, avec la possibilité dans la loi de renforcer les peines qui en découlent. Prenons alors le temps de prendre chacun de ces actes délictueux ou criminel à la loupe et ajoutons dans le code pénal des sanctions civiques adaptées, mais pas de loi en trompe-l’œil.

Prenons le cas des emplois par un(e) élu(e) d'un membre de sa famille ... mais si cette personne est compétente et qu'elle exerce bien un travail, alors pourquoi l'interdire ? Parce qu'il y a des élus qui n'hésitent pas à contacter quelques obligés pour trouver un emploi à leur conjoint(e) ou à leur enfant, dans le privé comme dans le public. L'éthique en politique passe-t-elle par une loi, ou bien plutôt par la presse ?

Qui a le plus permis de rendre la vie politique plus éthique ces dernières années ? Des lois, oui, mais bien après que des abus aient été constatés. Non, ce sont les journaux qui font cet indispensable travail dans une démocratie, et je ne vois pas dans les projets de loi du Président Macron de textes visant à donner plus de moyens à la presse d'investigation, plus de droits aux journalistes et plus de protection pour les lanceurs d'alerte. Car au final, une loi sur la moralisation de la vie politique alors que la presse est contrainte dans l'exercice de ses enquêtes, ne serait-ce pas le meilleur moyen de faire silence sur tous les scandales comme ceux révélés dans le passé par le Canard Enchaîne, par Médiapart, par Cash Investigation, etc ?

Radio_Libertaire.jpgJe m'étonne que le très libéral Macron préfère corseter la vie publique plutôt que de libérer la presse. Je me souviens de François Mitterrand en 1981 qui permettait aux radios pirates (ou radios libres) de rentrer officiellement dans la bande FM ; ça ne s'est pas fait dans le mois qui a suivi son élection, mais il a permis à un tas de stations de pérenniser leur audience.

06/06/2017

Une campagne qui se fait de plus en plus sur le Web, et cela permet de toucher plus de monde sur des thématiques mieux ciblées

Les formes de campagne électorale évoluent, Mélenchon et Macron l'ont très bien illustré lors de la présidentielle, et le candidat à l'élection législative que je suis s'y adapte. Si je vais sur les marchés rencontrer des citoyens, ce n'est pas pour leur tendre un tract qui ne sera pas lu, mais pour échanger ; la diffusion des idées se fait de plus en plus sur le Web et sur les réseaux sociaux. J'ai aussi renoncé aux réunions publiques, où seuls ne viennent que les militants et les électeurs qui avaient de toutes façons déjà décidé de voter pour vous ... Par contre, les associations et les collectifs profitent de cette élection pour interroger les candidats à la députation, et c''est une opportunité que nous n'avions pas par le passé de toucher un très large éventail de publics.

Des_terres_pas_d_hypers.jpg

L'une de ces associations (et l'ordre d'apparition n'a pas d'importance) est « Des Terres, pas d'Hypers ! ». Leur courrier était direct et la question de la préservation (moi je préfère parler de reconquête) des terres agricoles est au cœur de mes combats locaux et nationaux. Sur 8 candidats sollicités sur la 34-04, nous n'avons été que deux à répondre ; sur la 34-05 où je suis élu local à Paulhan, un seul des 7 candidats sollicités à répondu. Je vous invite à lire les réponses des candidats, mais il est tout aussi important de pointer celles et ceux qui n'ont pas répondu ... Je le disais plus haut, la leçon de l'élection présidentielle est justement que les électeurs veulent d'autres rapports avec leurs élus que de serrer des mains sur les marchés et boire un verre à la fin d'une réunion. Il est temps d'aborder les questions de fond, sans tabou !

La lettre de l'association aux candidats  >    picto_pdf.jpg
Les deux réponses sur la 34-04             >    picto_pdf.jpg
L'unique réponse sur la 34-05               >    picto_pdf.jpg

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Une autre sollicitation est venue du comité des usagers du Bassin de Thau du cycle de l'eau. Dans son courrier, le comité demande aux candidats s'ils sont d'accords ou non pour porter leur projet de révision constitutionnelle sur le droit à l'eau. Autant je suis en phase sur les motivations de cette démarche, autant je trouve que leur issue est radicale ; car nous ne manquons pas d'alternatives pour arriver au même résultat. Sur les 44 candidats des trois circonscriptions qui bordent le bassin de Thau (34-04, 34-07 et 34-08), le comité n'a réussi à n'en contacter que 23, et seulement 11 réponses ont été retournées.

Comme pour les terres agricoles, les élus locaux ont entre leurs mains tous les outils pour maîtriser l'impact environnemental du développement de leurs communes, et en passer par une révision de la Constitution pour que les collectivités locales agissent de façon responsable dans l'intérêt général, c'est un peu trop radical à mon goût. J'ai apprécié que le comité juge mon courrier de réponse comme ... encourageant ;-)

La lettre du comité aux candidats     >    picto_pdf.jpg
Les réponses des candidats             >    picto_pdf.jpg

Collectif Oxygene 

Dans le même objectif de protéger les terres agricoles, c'est le Collectif Oxygène qui a contacté tous les candidats des circonscriptions du Nord de Montpellier (en réalité 42 sur 53 car le Collectif ne dispose pas de l'adresse mail ou d'un moyen de contacter tout le monde) ; les circonscriptions concernées sont la 34-02, la 34-03 et la 34-04.

Le Collectif met sur son site Web les réponses des candidats au fur et à mesure de leur arrivée ; je ne suis donc pas en mesure d'en publier la synthèse et je ne peux donc que mettre en ligne que ma propre réponse.

La lettre du Collectif aux candidats  >    picto_pdf.jpg
Ma réponse                                      >    picto_pdf.jpg

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Autre registre de revendications citoyennes, les rayonnements électromagnétiques ; et c'est le Collectif Antennes Relais Montbazin qui m'a adressé ses questions. Je n'ai pas trouvé sur ce site ou ailleurs la démarche suivie par le Collectif ; quels candidats ont été contactés et où leurs réponses peuvent être lues, mais je ne doute pas que nous saurons tout cela d'ici dimanche.

La lettre du Collectif aux candidats  >    picto_pdf.jpg
Ma réponse                                      >    picto_pdf.jpg

J'ai encore d'autres questionnaires sous le coude, comme celui pour la campagne « 15 propositions pour une France solidaire dans le monde » à l'initiative de ActionAid France-Peuples Solidaires, de CCFD-Terres Solidaire, d'Oxfam France et du Secours catholique-Caritas France.

Mais ces structures que j'appellerai des « corps intermédiaires citoyens » invitent aussi les candidats à venir les rencontrer ; c'est ce que je vais par exemple cette semaine auprès de la Confédération Paysanne.

Cette façon de questionner des candidats et de publier leurs réponses est un exercice démocratique nouveau dans notre paysage politique, tant les candidats étaient habitués à asséner leurs certitudes, même quand ça ne répond pas du tout aux attentes de leurs concitoyens. Et pour des candidats qui veulent exercer un mandat électif, n'y a-t-il pas meilleure entrée en matière que de se prêter à ces sollicitations ? Car cela préfigure aussi la façon dont les candidats vont rendre compte de leur mandat au fil de l'eau ...

25/05/2017

4ème circonscription de l'Hérault, un candidat écologiste pour l'Assemblée nationale

La campagne des législatives me laisse peu de temps pour alimenter mon blog, quoiqu'il y ait tant de choses à écrire sur l'actualité locale et intercommunale ; mais ça reviendra assez vite ;-)

En tous cas, pour celles et ceux qui suivent ma campagne, ci-après la profession de foi qui sera diffusée par les services de l’État dans toutes les boîtes aux lettres des électeurs de la 4ème circonscription de l'Hérault.

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Une particularité pour cette élection, c'est que les professions de foi et les bulletins de vote qui sont envoyés aux électeurs puis aux mairies doivent être déposés par les candidats à ... Décines-Charpieu, dans le Rhône. Et les commissions de propagande qui valident la conformité du matériel électoral au Code électoral et aux dispositions légales se réunissent le 30 mai, toujours à Décines-Charpieu ! Pour les formations politiques comme EELV dont la production de ce matériel électoral est centralisé sur deux ou trois imprimeries en France, cet envoi ne pose pas de problème. Par contre, pour des candidats indépendants ou ne disposant pas d'un soutien logistique suffisant, ils se voient désavantagés par cette procédure.

En parallèle, le ministère de l'intérieur met en place un site Web sur lequel les candidats peuvent déposer une version électronique de leur profession de foi ; elles seront en ligne à partir du 5 juin. Tout cela laisse à penser que dans un futur proche la propagande électorale se fera exclusivement sur le Web, ce qui serait pour moi un déni de démocratie.

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Depuis que le premier gouvernement d'Emmanuel Macron a été nommé, la présence de Nicolas Hulot interpelle tous les écologistes. Nous connaissons tous Nicolas Hulot, et il est clair qu'il ne s'agit pas d'une démarche opportuniste. Pourra-t-il avoir l'influence attendue sur les politiques publiques du gouvernement ? Il pèsera d'autant plus que l'élection législative aura envoyé un signal de soutien significatif. Alors les 11 et 18 juin, il faut mettre un bulletin écologiste dans l'urne !