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18/04/2010

L'emploi en Coeur d'Hérault, de mauvaises réponses pour un vrai problème

Le Coeur d'Hérault compte 5.000 demandeurs d'emplois, et la 8ème édition des rendez-vous de l'emploi qui se tenait le 9 avril à clermont l'Hérault est présentée comme une réussite ... On se satisfait de peu ! D'ailleurs, "150 offres pourvues à 80%", c'est aussi vague qu'ambigüe ; est-ce que ce sont des CDI ou alors des offres comme celles de l'Intermarché du Bosc qui ont laissé sur le carreau une vingtaine d'employées qui ne l'étaient pas vraiment ?

Mais si le diagnostic est indiscutable, la réponse que l'on veut lui apporter aujourd'hui est totalement insensée. En effet, et à écouter les élus, il faut créer en Coeur d'Hérault les emplois qu'il manque ... D'où des projets comme celui de la ZAC de la Salamane qui font miroiter un nouvel eldorado économique. Mais en Coeur d'Hérault, la population augmente d'environ 2% par an sous l'effet d'un flux incessant de personnes venues du reste de la France ; et ces nouveaux arrivants sont le plus souvent à la recherche d'un emploi plutôt que pourvoyeurs d'emplois nouveaux. Ainsi, sur le secteur Clermont-Gignac, la prévision d'accroissement de la population d'ici 2025 va nécessiter une centaine d'hectares de réserve foncière pour l'habitat, et environ 4.000 logements nouveaux. Alors, à ce rythme, allons-nous faire du Coeur d'Hérault une nouvelle zone industrielle et commerciale alors que ce territoire a toujours eu une vocation agricole ? Allons-nous faire venir à la campagne les activités économiques de la ville ?

Car en réalité, et ce n'est pas propre à notre région, les français sont les champions du monde de l'enracinnement socio-professionnel ; ce qui se traduit par la recherche d'emplois classiques près de chez soi ... Et il y a donc deux pistes connues qui mériteraient d'être mieux exploitées pour en sortir, tout d'abord de répondre en priorité aux secteurs sous tension (essentiellement les métiers de service), mais aussi d'être mobile !

Concernant la mobilité, il y a là un frein culturel contre lequel il faut lutter. C'est en vérité bien plus une chance qu'une peine que de partir à 20 ans pour travailler loin du territoire où l'on a grandit. Et j'en parle d'autant plus à l'aise que j'ai quitté le Perigord à l'issue de mes études à Bordeaux pour démarrer à Paris. Puis je suis parti à Lyon au bout de 5 ans pour une opportunité professionnelle avant de venir dans l'Hérault 5 ans après pour des raisons familiales. Et ce nomadisme professionnel m'a enrichit en plus de m'avoir satisfait sur le plan personnel.

Mais pour tous ceux qui ne peuvent pas partir loin de chez eux, il y a de nombreux corps de métiers qui ne trouvent pas de salariés. En Languedoc-Roussillon, ces secteurs sont le service à la personne (en collectif ou à domicile), la restauration et l'hotellerie, les commerciaux, les métiers du bâtiments comme ceux relatifs aux économies d'énergie ou aux énergies renouvelables, la mécanique, l'agriculture de proximité, etc.

Là, l'absence d'anticipation des acteurs publics (Education nationale, chambres consulaires, collectivités territoriales, Pôle Emploi, ...) est catastrophique. En Allemagne, la formation professionnelle s'ouvre aux apprentis très tôt dans leur parcours scolaire, dotant ainsi le secteur artisanal et industriel allemand d'employés qualifiés et motivés ; en France, les CAP et les BEP sont synonymes d'échec scolaire.

Ces questions de l'emploi, de la formation, du développement local, de l'urbanisation et des paysages doivent être abordées franchement ; il faut que cessent les hypocrisies (et les salons pour faire semblant), les élus doivent aller à la rencontre de leurs concitoyens, déployer des outils de concertation et ainsi avancer des politiques publiques efficaces pour notre avenir commun.

19:02 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3)

16/03/2010

Régionales en Languedoc-Roussillon, faut-il jeter le bébé avec l'eau du bain ?

Il sera toujours temps, dans les prochaines semaines, de faire le bilan de ce premier tour des régionales en Languedoc-Roussillon. A noter que notre région est la seule de France métropolitaine où Europe Ecologie est absent du second tour ! Et, pour ce second tour, il n'est pas possible de se retrancher derrière quelques consignes évasives ... Car le choix qui s'offrira aux électeurs n'est pas évident, tant ce scrutin aura tourné autour de la personne du président sortant, et dans une confrontation "Pro-Frêche" contre "Anti-Frêche".

En réalité, Georges Frêche s'est installé dans une double posture de provocateur et de victime, et il éclipse totalement les femmes et les hommes de sa liste. Car ses colistiers ont pour la plupart démontré leurs engagements, à gauche et au sein du courant écologiste. Alors, faut-il jeter le bébé avec l'eau du bain ? Et faut-il laisser plus de sièges dans la future assemblée régionale à des candidats de l'UMP ou du Front National plutôt qu'à des candidats de gauche ? J'en connais quelques uns, et je sais qu'ils exerceront leur mandat dans une plus grande proximité politique que tout autre !

Pour ma part, je voterai donc dimanche pour la liste "Tous pour le Languedoc-Roussillon". Et ce second tour des régionales devra aussi marquer un tournant, car il n'est plus possible de voir la gauche se déchirer de la sorte.  J'espère que ce vote responsable de dimanche trouvera un écho tout aussi responsable auprès des états-majors politiques ...

19:12 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3)

16/02/2010

Onze listes en lice, des programmes, des femmes et des hommes, mais quelle ambition pour le Languedoc-Roussillon ?

Ca y est, onze listes ont été déposées en préfecture et chacune va pouvoir officiellement faire campagne. Mais combien feront de cette campagne une échéance électorale dont la Région est la cible essentielle ? Combien échapperont à la Fréchotropie ? Combien ne se limiteront pas à promouvoir des propositions globales déclinées à l'identique dans les 22 régions de la métropole ?

Mais à l'inverse, il n'est pas possible de partir des seules missions de la Région pour dérouler un programme. Oui, le développement économique, la formation professionnelle, l'éducation ou encore les transports sont parmi les principaux enjeux programmatiques d'un mandat régional, mais il est un axe essentiel pour réussir, c'est la relation avec le tissu associatif, avec les syndicats professionnels ou encore avec les collectivités locales de la région.

Une démarche de rassemblement ne peut pas se limiter à fusionner des sensibilités ou des listes politiques, il faut qu'elle s'établisse dans le temps et au delà des clivages potentiels. Prenons l'exemple de l'agriculture dont toutes les listes en font un enjeu ; sur les programmes, on rejette l'artificialisation des sols, on loue les mérites des circuits courts, on menace d'une éventuelle dépendance alimentaire, on associe une agriculture respectueuse de l'environnement et un écotourisme à forte valeur ajoutée, etc. Mais après ? Quel est le bilan des 6 ans de mandat de l'équipe sortante en la matière ? Non, la première chose à faire dès ce printemps, c'est dans le cas présent un Grenelle de l'Agriculture Régionale. En 2004, l'équipe de Georges Frêche avait diligentée une vaste concertation territoriale intitulée la "Région en chantier" ; 6 ans après, il est temps d'avoir une concertation plus constructive et mieux partagée.

Désormais, il faut rompre avec les grands programmes régionaux qui permettent de saupoudrer des aides ici et là, comme les 300 k€ donnés à la Communauté de Communes du Clermontais pour aider Système U à dégrader notre territoire. Non, les programmes régionaux doivent préalablement être consolidés sur le terrain avec tous les acteurs concernés ; et les financements doivent être conditionnés à une véritable cohérence territoriale et à une ambition économique contrainte par des facteurs sociaux et environnementaux.