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27/08/2010

Europe Ecologie - Les Verts : un processus de rassemblement très enthousiasmant !

Ca y est ! Au sortir des journées d'été de Nantes, avec ses 2300 participants et ses 110 ateliers/débats, l'agenda du rassemblement est connu et il génère une intense agitation. Mais ces journées d'été n'ont pas été qu'un moment privilégié d'enthousiasme collectif, plusieurs questions majeures ont divisé les écologistes. Si le positionnement de l'écologie politique à gauche est largement partagé, les thèmes de la décroissance ou de l'anticapitalisme ont donné lieu à quelques positionnements bien marqués. Et c'est très bien que de tels clivages idéologiques existent au sein de la mouvance écologiste !

Les écologistes ne sont plus à l'image des bobos d'il y a encore quelques années ; acheter bio, se déplacer en vélo ou encore préférer Apple à Microsoft étaient quelques uns des clichés collés à l'image des écolos. Aujourd'hui, l'écologiste remet radicalement en cause le modèle économique dominant ; il ne se contente plus de s'appliquer à lui-même de bonnes pratiques écologistes, il revendique d'écologiser toute la société. Et certains observateurs politiques dénoncent même un "fascisme vert" ... Bah oui, puisque cela remet en cause leur confort individuel.

Mais un tel débat initié il y a de nombreuses années par des philosophes comme André Gorz et illustré par quelqu'un comme Pierre Rabhi, et bien il aura toute sa place au coeur de la nouvelle organisation que vont se donner les écologistes cet automne. Le parti des Verts va rejoindre une nouvelle structure coopérative avec des espaces de réflexion (fondation, fédération des élus, formation, commissions, ...), d'action (forums, réseaux, mouvement social écologiste, campagnes thématiques, états généraux de l'emploi et de l'écologie, ...), tout cela autour d'une agora permanente de l'écologie politique.

Alors, ça commence quand ? D'ici la mi-septembre, la synthèse de Nantes sera soumise aux différentes instances écologistes (bureau exécutif, comité d'animation et de pilotage), ainsi qu'au conseil national des Verts les 18 et 19 septembre. Ensuite, les textes seront proposés au débat local avant d'être amendés et votés à l'occasion d'assises régionales le 9 octobre. L'assemblée constituante de la nouvelle organisation se tiendra le 14 novembre à Lyon.

Pour tous ceux qui n'acceptent pas qu'un parti politique ne soit que le fan club d'un leader, voilà une très rare occasion de prendre part à la construction d'un OVNI politique. Les sympathisants et les partenaires auront autant de légitimité que les élus et que les vieux militants Verts, fini l'ère des courants et des cumulards, le rassemblement des écologistes répond avant tout à une urgence écologique et sociale qui nécessite une réelle rupture avec les pratiques du passé.

J'invite tous ceux qui en ont envie à s'engager dès à présent dans cette dynamique, cela ne s'arrêtera pas le 9 octobre ou le 14 novembre, et il faut du monde pour réaliser ce projet.

22:48 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

19/08/2010

Ecologie, ce qui se joue à Nantes en cette fin de semaine estivale ...

Cet évènement militant annuel s'intitulait jusqu'à présent les "journées d'été des Verts". Depuis son édition 2009 à Nîmes, ce sont les "journées d'été du rassemblement des écologistes". Et cette année à Nantes, se joue l'avenir de l'écologie politique sur la scène nationale et dans la perspective des prochains scrutins.

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Deux sphères se confrontent depuis les élections européennes de 2009, le parti des Verts et la galaxie des sympathisants écologistes. Les premiers existent depuis 1984 et ils ont une histoire ainsi qu'un appareil politique structuré, les seconds entretiennent avec les Verts un parcours à la "je t'aime moi non plus". Mais depuis 2009, les sympathisants peuvent s'appuyer sur des élus non Verts, députés européens et conseillers régionaux. Et des élus dont la notoriété pèse fortement dans le rapport entre Verts et non Verts ... D'où certaines analyses dans la presse qui voient une confrontation structurelle entre le parti des Verts et Europe Ecologie ; ce n'est pas totalement faux sur la forme.

Mais sur le fond, les objectifs des uns comme des autres sont communs. Nous partageons tous les mêmes diagnostics sur l'empreinte écologique de l'homme ainsi que sur la finitude des ressources de la planète. Nous sommes tous d'accord sur le fait que ce sont les plus démunis qui sont les premiers à payer un lourd tribu à cette économie libérale et mondiale ; on le constate en France comme dans les pays du tiers-monde. Alors, Yves Cochet serait plus radical et Dany Cohn-Bendit serait plus libertaire ... Cécile serait plus jeune qu'Eva ... Mais tout cela fait la richesse de ce mouvement !

Il sortira de ces quelques jours Nantais une nouvelle organisation de l'écologie politique, et des moyens derrière un calendrier très serré. Les sympathisants seront associés aux prises de décision et les Verts resteront la colonne vertébrale de la future structure. L'accent sera mis sur l'action locale en valorisant l'apport ponctuel des sympathisants autant que celle des militants encartés. Le Conseil National des Verts validera les nouveaux termes de l'organisation des écologistes en septembre et les assises de novembre à Lyon seront l'assemblée constituante de cette nouvelle organisation.

L'écologie politique n'est pas derrière une femme ou un homme, comme d'autres partis n'existent que derrière un leader (Bayrou, Lepage, Besancenot, Mélanchon, ...). Aujourd'hui, ce sont tous les sympathisants de l'écologie politique qui vont décider de la forme que prendra ce mouvement, de la façon la plus démocratique et la plus conviviale qui soit.

17/08/2010

Dialectique sécuritaire, Cazorla et Estrosi sur la même longueur d'onde ...

Lors de son discours révolutionnaire le 14 juillet dernier, le très socialiste Alain Cazorla (Maire de Clermont l’Hérault, Président de la Communauté de Communes et Conseiller général) évoquait la vidéosurveillance comme une illustration de la devise de la République : « C'est pour garantir la liberté de nos concitoyens que nous lancerons en septembre une étude sur la vidéo protection ...».

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Alors que des analyses montrent l’inefficacité de cette technologie pour assurer la sécurité publique, Alain Cazorla rejoint le ministre Estrosi qui stigmatisait récemment les « mauvais maires », ceux qui refusent l’aide financière de l’Etat pour équiper les rues de leur commune de caméras. Et le ministre pousse même le bouchon jusqu’à proposer de mettre à l’amende « les municipalités qui ne se conformeraient pas à leurs obligations » ! Tout cela fait suite au pschiit du projet de loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure ... Toujours la politique du chiffre avec camemberts, histogrammes, courbes et autres statistiques aux interprétations multiples.

L’actualité récente nous a montré qu’à Cannes les caméras de vidéosurveillance n’ont pas empêché deux jeunes femmes d’être prises en stop par trois jeunes hommes qui ont violé et frappé l’une d’entre elles. Les attentats de Madrid et de Londres ont démontré là aussi que les caméras de surveillance sont vaines dans la lutte contre le terrorisme. Une satisfaction, c’est que ces caméras permettent de résoudre les affaires ; les violeurs de l’auto-stoppeuse Cannoise ont ainsi été arrêtés dans les 24 heures qui ont suivi les faits. Mais le mal est fait !

Or, la liberté et la sécurité ne gagnent rien à équiper tous les coins de rue de caméras. La ville de Lille par exemple, que le Ministre Estrosi a pointé du doigt, se refuse à déployer des caméras sur les voies publiques. Début août, Martine Aubry fustigeait d’ailleurs « l’outrance verbale et une dérive antirépublicaine qui abîme la France et ses valeurs », en écho aux déclarations de Sarkozy et de ses ministres.

La réalité, c’est que des milliers de départs à la retraite de policiers et de gendarmes n’ont pas été remplacés ces dernières années et que c’est autant de fonctionnaires qui n’assurent plus une mission de proximité auprès de la population. Mais attention, si la police municipale peut jouer ce rôle sur le terrain, elle n’a absolument pas les moyens ni même les missions de la police nationale et de la gendarmerie.

A noter par ailleurs que les 19 communes de la Communauté de communes du Clermontais ont délibéré pour déléguer à l’EPCI la compétence « Commission de Sécurité et de Prévention de la Délinquance ». Cela signifie que le débat sur la vidéo protection relève de cette CISPD ! Mais force est de constater que cette CISPD est une coquille vide, elle n’est même pas adossée à un contrat local de sécurité et son activité se résume à des colloques sur les addictions …

Bref, le Maire-Président Cazorla ne conçoit ses mandats que dans les effets d’annonce et dans un marketing politique plus Sarkozyste que socialiste, les instances représentatives et les espaces de participation citoyenne étant totalement ignorées.