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21/09/2010

Bonus-Malus écologique sur les voitures neuves, l'Etat à 100% dans le greenwashing !

Le gouvernement tire le bilan comptable du bonus-malus écologique instauré en 2008 à la suite du Grenelle de l'environnement. En 2010, l'Etat recevra 200 millions d'euros de la part des acquéreurs de véhicules polluants, et versera 710 millions de bonus écologique à ceux qui achètent des voitures qui émettent moins de CO2 au kilomètre parcourru. Le solde négatif de 510 millions d'euros indispose le gouvernement ; ce solde était déjà négatif en 2009 et en 2008 avec des montants respectifs de 525 et de 214 millions d'euros.

Ce constat établi par la commission des finances de l'Assemblée Nationale incite le Gouvernement à baisser le niveau du bonus ... Comme si le bilan de cette fiscalité écologique n'était que financier ! Et quid des émissions de gaz à effet de serre ? Et quid du dérèglement climatique ? Et quid des conséquences sanitaires de la pollution automobile sur les populations ?

Mais en voulant durcir le seuil d'application du bonus, on évoque aujourd'hui une baisse de 5 grammes pour bénéficier des mêmes avantages, le Gouvernement passe complètement à côté du principe pollueur-payeur. OK pour baisser les seuils de 5 grammes pour inciter l'industrie automobile et les automobilistes à toujours progresser, mais pourquoi ne pas doubler le malus automobile ? Le système peut s'équilibrer tout seul en restant incitatif, mais il faut alors avoir le courage politique nécessaire.

En réalité, ce bonus-malus écologique sur l'achat de véhicules neufs est une opération de greenwashing (éco-blanchiement) de plus. On habille d'un zeste d'écologie une mesure simplement destinée à doper le secteur automobilie. L'avenir de la planète, c'est pour les colloques, les conférences mondiales et les quelques pages de programmes électoraux.

17/09/2010

Culture et politique, l'impossible convergence

Décidément, les Stéphane Guillon et Didier Porte ont vraiment du souci à se faire ; la classe politique assure elle-même sa chronique quotidienne, au niveau national comme à l'échelon local. Et Alain Cazora ne manque pas d'humour quand il déclare à la tribune de l'assemblée générale de l'office culturel du Clermontais, il y a tout juste une semaine et à propos de la mise en place d'un pôle culturel intercommunal : "Je sais que ce sera long et difficile, car tous les élus [intercommunautaires] n'ont pas la même vision de la culture que nous, mais nous allons agir en ce sens". Ouf, notre Malraux local va mettre tout ce petit monde au diapason ...

En réalité, nous partageons tous la même vision d'une politique culturelle qui aspire à rapprocher le public d'une programmation culturelle comme celle que réalise très bien l'office culturel du Clermontais. Les rapports d'activité des trois structures qui composent cet office (théâtre, école de musique et cinéma) témoignent de l'attachement des Clermontais à cette offre de services publics culturels.

Et quant à étendre cette offre à l'échelle du territoire intercommunal, je ne crois pas me tromper en disant que tous les élus y sont favorables. Mais ce que cache cette estocade de tribune, c'est l'affichage d'une ambition sans rien derrière. Quel projet intercommunal ? Quelles interactions entre toutes les communes du territoire qui ont toutes une programmation culturelle ? Quelle gestion partagée des équipements actuels ? Quels objectifs et quelle stratégie à moyen terme ? Et quelle gouvernance ? En réalité, on en revient toujours à une approche comptable des politiques publiques ; faire des économies d'échelle et centraliser l'offre culturelle sur la ville "locomotive" du territoire ...

On voit ce que donne le transfert de la compétence Tourisme ... Aucun objectif stratégique à la base, un pilotage purement admnistratif et il n'y a pas d'indicateur social, économique ou environnemental qui permettrait d'évaluer la politique touristique menée par la communauté de communes.

Avant de se lancer dans une politique culturelle ambitieuse pour notre territoire, il faudrait peut-être que le Président Cazorla ait un peu plus de culture politique, mais au sens noble du terme.

01:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, culture

05/09/2010

Ce n'est pas le système des retraites qu'il faut revoir, mais c'est tout l'édifice de la solidarité nationale !

L'argument qui revient systématiquement dans la bouche des partisans de la réforme que va prochainement porter le Gouvernement devant le Parlement, c'est : "puisque la durée de vie s'allonge, alors il faut bien que la durée d'activité professionnelle s'allonge elle aussi". Et de rappeler la démographie défavorable pour les retraites qui veut qu'il y a de plus en plus de retraités et moins d'actifs. Mais cessons de nous focaliser sur les retraites, car la question se pose pour tout le système de protection sociale et ses quatre branches : santé, famille, vieillesse et chômage. Ces branches sont financées par les cotisations des salarariés et des employeurs, c'est à dire que ce sont ceux qui travaillent qui cotisent pour ceux qui ne travaillent pas.

La bonne santé de ce système, indépendamment de toute considération sur la durée de la vie, repose sur l'emploi. Or, la France et l'Europe constatent une baisse du nombre des emplois. Et les chiffres angéliques que nous avancent nos ministres cachent en réalité des emplois précaires à très court terme, avec une majorité de CDD (et CAE) de quelques mois. Malgré tout, notre pays s'enrichit chaque année ... C'est normal, la technologie a apporté d'importants gains de productivité et l'économie produit toujours plus de valeur ajoutée.

Mais cette richesse est trop mal redistribuée ; les français ne perçoivent pas le juste retour des efforts réalisés depuis des dizaines d'années. Et si les employeurs ne veulent pas augmenter les salaires, alors que l'Etat ponctionne les produits financiers sous forme de taxes ou d'impôts pour le redistribuer sous forme de services publics (éducation, formation, santé, transports, énergies, environnement, sécurité, ...). La priorité est de revoir totalement le financement du système social, d'abandonner son financement par des cotisations salariales et le remplacer par une nouvelle fiscalité sociale qui toucherait tous les revenus.

Autrement, la réforme actuelle est à côté de la plaque, elle accentue les injustices sociales et elle met fin à des décennies de progrès sociaux. Si Sarkozy en fait la réforme phare de son quinquénat, alors il aura passé cinq ans à servir ses copains, à asseoir la suprématie d'une classe dominante qui s'enrichit de façon indécente. L'affaire Woerth-Bétancout en témoigne de façon obscène ...

Le mardi 7 septembre, il faut venir manisfester ! Au printemps 2006, une vague contestataire a bloqué le projet de réforme du code du travail qui voulait instaurer le CPE (Contrat de Première Embauche), l'outil rêvé pour un patronat qui se voyait bien, à partir de là, arracher une à une les pages du code du travail ... La mobilisation est payante et le message que nous ferons passer mardi prochain ne pourra pas être passé sous silence !

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