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17/08/2010

Dialectique sécuritaire, Cazorla et Estrosi sur la même longueur d'onde ...

Lors de son discours révolutionnaire le 14 juillet dernier, le très socialiste Alain Cazorla (Maire de Clermont l’Hérault, Président de la Communauté de Communes et Conseiller général) évoquait la vidéosurveillance comme une illustration de la devise de la République : « C'est pour garantir la liberté de nos concitoyens que nous lancerons en septembre une étude sur la vidéo protection ...».

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Alors que des analyses montrent l’inefficacité de cette technologie pour assurer la sécurité publique, Alain Cazorla rejoint le ministre Estrosi qui stigmatisait récemment les « mauvais maires », ceux qui refusent l’aide financière de l’Etat pour équiper les rues de leur commune de caméras. Et le ministre pousse même le bouchon jusqu’à proposer de mettre à l’amende « les municipalités qui ne se conformeraient pas à leurs obligations » ! Tout cela fait suite au pschiit du projet de loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure ... Toujours la politique du chiffre avec camemberts, histogrammes, courbes et autres statistiques aux interprétations multiples.

L’actualité récente nous a montré qu’à Cannes les caméras de vidéosurveillance n’ont pas empêché deux jeunes femmes d’être prises en stop par trois jeunes hommes qui ont violé et frappé l’une d’entre elles. Les attentats de Madrid et de Londres ont démontré là aussi que les caméras de surveillance sont vaines dans la lutte contre le terrorisme. Une satisfaction, c’est que ces caméras permettent de résoudre les affaires ; les violeurs de l’auto-stoppeuse Cannoise ont ainsi été arrêtés dans les 24 heures qui ont suivi les faits. Mais le mal est fait !

Or, la liberté et la sécurité ne gagnent rien à équiper tous les coins de rue de caméras. La ville de Lille par exemple, que le Ministre Estrosi a pointé du doigt, se refuse à déployer des caméras sur les voies publiques. Début août, Martine Aubry fustigeait d’ailleurs « l’outrance verbale et une dérive antirépublicaine qui abîme la France et ses valeurs », en écho aux déclarations de Sarkozy et de ses ministres.

La réalité, c’est que des milliers de départs à la retraite de policiers et de gendarmes n’ont pas été remplacés ces dernières années et que c’est autant de fonctionnaires qui n’assurent plus une mission de proximité auprès de la population. Mais attention, si la police municipale peut jouer ce rôle sur le terrain, elle n’a absolument pas les moyens ni même les missions de la police nationale et de la gendarmerie.

A noter par ailleurs que les 19 communes de la Communauté de communes du Clermontais ont délibéré pour déléguer à l’EPCI la compétence « Commission de Sécurité et de Prévention de la Délinquance ». Cela signifie que le débat sur la vidéo protection relève de cette CISPD ! Mais force est de constater que cette CISPD est une coquille vide, elle n’est même pas adossée à un contrat local de sécurité et son activité se résume à des colloques sur les addictions …

Bref, le Maire-Président Cazorla ne conçoit ses mandats que dans les effets d’annonce et dans un marketing politique plus Sarkozyste que socialiste, les instances représentatives et les espaces de participation citoyenne étant totalement ignorées.

16/08/2010

Face au chômage, il ne faut pas sombrer dans la culpabilité !

Je viens de terminer ce week-end le dernier livre de Florence Aubenas, "Le quai de Ouistreham". L'immersion de la journaliste dans la réalité qui est celle de millions de français se révèle être un témoignage qui supplante tous les chiffres et toutes les analyses qui tournent autour de la situation sociale de notre pays.

   
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Déjà, pour quelqu'un comme moi qui ait connu les guichets de l'ANPE et des Assedic pendant deux ans (2002-2004), le sort que réserve aujourd'hui Pôle Emploi aux demandeurs d'emploi est consternant. L'impératif des agents de Pôle Emploi est clairement de faire baisser les chiffres du chômage, et tous les moyens sont bons. Et les quelques témoignages dont je dispose sur l'agence de Clermont l'Hérault confirment l'incapacité de Pôle Emploi à répondre efficacement au public. Bien sur, on nous dira qu'à l'impossible nul n'est tenu et que les agents de Pôle Emploi n'ont pas les moyens d'exercer normalement leur mission ...

Mais le livre de Florence Aubenas témoigne aussi du changement d'attitude des demandeurs d'emploi face au chômage. Il y a quelques années encore, seul l'Etat était pointé du doigt face à la dégradation de l'emploi, mais désormais les demandeurs d'emploi se sentent coupables, ils se trouvent une part de responsabilité non pas dans l'origine de leur situation, mais essentiellement dans les solutions pour s'en sortir. Et je pense immédiatement aux demandeurs d'emploi américains qui assument à 100% leur situation. Outre-Atlantique, mais aussi outre-Manche, l'individualisme est poussé à un tel paroxysme que les personnes actives ne comptent absolument pas sur l'Etat ; et ils sont prêts à tous les petits boulots précaires (dans l'esprit des conquérants).

Or, la France a un long passé ouvrier marqué par de nombreux acquis sociaux. La solidarité n'est pas l'une des devises de la République, mais elle s'est imposée au 20ème siècle, au travers de l'action syndicale et des lois votées par le Parlement (ou le Conseil National de la Résistance de 1944 à 1947). Dans "Le quai de Ouistreham", on voit une partie de la population s'enfermer dans une paupérisation durable. Et ça, ce n'est pas acceptable au 21ème siècle dans un pays dont la richesse globale est une réalité.

Au sortir de la seconde guerre mondiale, et afin de fixer des objectifs économiques stratégiques à tous les acteurs concernés (entreprises, marchés financiers, régions, ...), a été mis en place un "Commissariat Général du Plan".  Ainsi, l'Etat planifiait sur des périodes de 3 à 4 ans ses réformes majeures pour moderniser l'économie, mais aussi pour la dynamiser et la rendre plus concurrentielle. Cette implication du Gouvernement dans l'économie du Pays faisait la singularité de la France, mais ses détracteurs ne se lassaient pas de la comparer aux économies planifiées des régimes communistes. Mais la mondialisation en a sonné le glas ! Entre la construction européenne qui donnait le tempo des réformes économiques fortement empreintes de libéralisme (l'Europe a été le laboratoire de l'OMC), et une globalisation de l'économie qui vit au rythme des marchés financiers, les gouvernants qui se sont succédés depuis 30 ans ont été incapables de positionner la France dans ce vaste échiquier. Et il était alors plus simple de laisser les fameuses "lois du marché" rythmer nos stratégies économiques. Fini Le Plan, et voilà les petits plans (plans de la ville, plans Etats-Régions, plans d'aménagement du territoire, plans de relance, ...).

Aujourd'hui, il n'y a plus de pilote dans l'avion France, juste un roitelet et sa cour. Il est urgent pour 2012 que le pays se choisisse un Gouvernement de vraie rupture, il faut libérer les français du poids que la situation économique fait peser sur chacun d'eux et il faut affronter collectivement le challenge d'un pacte social fondé sur la solidarité.

15/08/2010

Un(e) écologiste élu(e) en mars prochain sur le canton de Clermont l'Hérault, c'est un objectif réaliste et nécessaire

En mars 2011, se dérouleront les élections cantonales. Dans l'Hérault, 26 des 49 cantons sont renouvelables, dont celui de Clermont l'Hérault où le socialiste Clermontais Alain Cazorla est candidat à sa réélection. D'autres personnalités ont déjà fait part de leur candidature, comme la Clermontaise Claude Blaho-Poncé qui représente la parti de Jean-Marie Bockel (La Gauche Moderne), et la Popianaise Marie-Agnès Sibertin-Blanc pour l'UMP.

Europe Ecologie et les Verts ont lancé cet été un appel à candidatures en interne de leurs structures, mais aussi vers l'extérieur. En effet, Europe Ecologie a construit son succès aux europénnes et aux régionales sur l'ouverture à des candidats non encartés, des militants expérimentés dans des domaines variés. Je pense par exemple à la magistrate Eva Joly dont Dany Cohn-Bendit disait récemment qu'elle n'aurait jamais été qualifiée si elle avait du passer toutes les étapes de sélection interne aux Verts, et quand aujourd'hui elle est pressentie pour représenter les écologistes à l'élection présidentielle de 2012 ! Mais d'autres militants qui n'avaient pas jusqu'à présent un passé d'écologiste émérite ont été acceuillis sur les listes des régionales (Philippe Meirieu, Robert Lion, Augustin Legrand, Bruno Rebelle, Laurence Vichnievsky, Pierre Larrouturou, Pascal Frissant, ...) ; et c'est cette dynamique d'élargissement qui va se poursuivre lors des prochains scrutins.

Pour Clermont l'Hérault, j'ai proposé ma candidature en interne des Verts ; j'étais déjà candidat aux cantonales de 2004. Mais la situation sur Clermont l'Hérault est compliquée, le combat autour de la ZAC de la Salamane illustre les divergences politiques profondes exprimées par les divers acteurs politiques locaux. Et l'élection cantonale de mars 2011 ne doit pas se transformer en un référendum démagogique pour ou contre la ZAC de la Salamane, pour ou contre la création de centaines d'emplois dans le secteur tertiaire. Il faut dépasser cette question finalement très ponctuelle pour aborder le projet de territoire pour le Coeur d'Hérault, celui-ci s'inscrivant dans un projet de société porté par les écologistes à l'échelle mondiale.

Aussi, et pour réussir ce pari sur Clermont l'Hérault, je me fais l'écho de l'appel lancé par les instances Vertes pour que des personnalités locales fassent acte de candidature. Evidemment, et quand on sait qu'il n'y a qu'une seule femme actuellement conseillère générale sur 49 élus départementaux, une cadidature féminine serait idéale. Par ailleurs, des discussions sont déjà bien engagées avec d'autres formations politiques de la gauche non socialiste, une candidature de rassemblement pouvant favoriser les chances de gagner. Il ne faut pas occulter non plus que la dynamique du collectif de la Salamane est un formidable catalyseur politique que bien des structures locales de partis politiques peuvent envier.

La perspective de voir un(e) élu(e) écologiste du Clermontais intégrer l'Assemblée Départementale en mars 2011 est d'une probalibilité non négligeable. Cela constiturait une alternance salvatrice pour le Coeur d'Hérault, mais aussi un retour des écologistes au sein du Conseil Général de l'Hérault. Il est donc très important de ne pas se précipiter, de ne pas suivre le tempo de la création de la ZAC de la Salamane dans lequel Alain Cazorla essaiera de focaliser sa campagne, mais aussi de choisir le couple de candidats (**) qui sauront entraîner derrière eux des électeurs attachés à leur territoire, à sa dynamisation économique comme à sa valorisation patrimoniale.

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(*) Eva Joly dans le quotidien Sud-Ouest du 15 août 2010 : http://www.sudouest.fr/2010/08/15/oui-l-election-presiden... et http://www.sudouest.fr/2010/08/15/la-vie-remp-lie-d-eva-j...
(**) A l'élection cantonale, il faut présenter un(e) titulaire et un(e) suppléant(e) de sexes opposés.