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05/09/2010

Ce n'est pas le système des retraites qu'il faut revoir, mais c'est tout l'édifice de la solidarité nationale !

L'argument qui revient systématiquement dans la bouche des partisans de la réforme que va prochainement porter le Gouvernement devant le Parlement, c'est : "puisque la durée de vie s'allonge, alors il faut bien que la durée d'activité professionnelle s'allonge elle aussi". Et de rappeler la démographie défavorable pour les retraites qui veut qu'il y a de plus en plus de retraités et moins d'actifs. Mais cessons de nous focaliser sur les retraites, car la question se pose pour tout le système de protection sociale et ses quatre branches : santé, famille, vieillesse et chômage. Ces branches sont financées par les cotisations des salarariés et des employeurs, c'est à dire que ce sont ceux qui travaillent qui cotisent pour ceux qui ne travaillent pas.

La bonne santé de ce système, indépendamment de toute considération sur la durée de la vie, repose sur l'emploi. Or, la France et l'Europe constatent une baisse du nombre des emplois. Et les chiffres angéliques que nous avancent nos ministres cachent en réalité des emplois précaires à très court terme, avec une majorité de CDD (et CAE) de quelques mois. Malgré tout, notre pays s'enrichit chaque année ... C'est normal, la technologie a apporté d'importants gains de productivité et l'économie produit toujours plus de valeur ajoutée.

Mais cette richesse est trop mal redistribuée ; les français ne perçoivent pas le juste retour des efforts réalisés depuis des dizaines d'années. Et si les employeurs ne veulent pas augmenter les salaires, alors que l'Etat ponctionne les produits financiers sous forme de taxes ou d'impôts pour le redistribuer sous forme de services publics (éducation, formation, santé, transports, énergies, environnement, sécurité, ...). La priorité est de revoir totalement le financement du système social, d'abandonner son financement par des cotisations salariales et le remplacer par une nouvelle fiscalité sociale qui toucherait tous les revenus.

Autrement, la réforme actuelle est à côté de la plaque, elle accentue les injustices sociales et elle met fin à des décennies de progrès sociaux. Si Sarkozy en fait la réforme phare de son quinquénat, alors il aura passé cinq ans à servir ses copains, à asseoir la suprématie d'une classe dominante qui s'enrichit de façon indécente. L'affaire Woerth-Bétancout en témoigne de façon obscène ...

Le mardi 7 septembre, il faut venir manisfester ! Au printemps 2006, une vague contestataire a bloqué le projet de réforme du code du travail qui voulait instaurer le CPE (Contrat de Première Embauche), l'outil rêvé pour un patronat qui se voyait bien, à partir de là, arracher une à une les pages du code du travail ... La mobilisation est payante et le message que nous ferons passer mardi prochain ne pourra pas être passé sous silence !

EE_tract_Retraites

27/08/2010

Europe Ecologie - Les Verts : un processus de rassemblement très enthousiasmant !

Ca y est ! Au sortir des journées d'été de Nantes, avec ses 2300 participants et ses 110 ateliers/débats, l'agenda du rassemblement est connu et il génère une intense agitation. Mais ces journées d'été n'ont pas été qu'un moment privilégié d'enthousiasme collectif, plusieurs questions majeures ont divisé les écologistes. Si le positionnement de l'écologie politique à gauche est largement partagé, les thèmes de la décroissance ou de l'anticapitalisme ont donné lieu à quelques positionnements bien marqués. Et c'est très bien que de tels clivages idéologiques existent au sein de la mouvance écologiste !

Les écologistes ne sont plus à l'image des bobos d'il y a encore quelques années ; acheter bio, se déplacer en vélo ou encore préférer Apple à Microsoft étaient quelques uns des clichés collés à l'image des écolos. Aujourd'hui, l'écologiste remet radicalement en cause le modèle économique dominant ; il ne se contente plus de s'appliquer à lui-même de bonnes pratiques écologistes, il revendique d'écologiser toute la société. Et certains observateurs politiques dénoncent même un "fascisme vert" ... Bah oui, puisque cela remet en cause leur confort individuel.

Mais un tel débat initié il y a de nombreuses années par des philosophes comme André Gorz et illustré par quelqu'un comme Pierre Rabhi, et bien il aura toute sa place au coeur de la nouvelle organisation que vont se donner les écologistes cet automne. Le parti des Verts va rejoindre une nouvelle structure coopérative avec des espaces de réflexion (fondation, fédération des élus, formation, commissions, ...), d'action (forums, réseaux, mouvement social écologiste, campagnes thématiques, états généraux de l'emploi et de l'écologie, ...), tout cela autour d'une agora permanente de l'écologie politique.

Alors, ça commence quand ? D'ici la mi-septembre, la synthèse de Nantes sera soumise aux différentes instances écologistes (bureau exécutif, comité d'animation et de pilotage), ainsi qu'au conseil national des Verts les 18 et 19 septembre. Ensuite, les textes seront proposés au débat local avant d'être amendés et votés à l'occasion d'assises régionales le 9 octobre. L'assemblée constituante de la nouvelle organisation se tiendra le 14 novembre à Lyon.

Pour tous ceux qui n'acceptent pas qu'un parti politique ne soit que le fan club d'un leader, voilà une très rare occasion de prendre part à la construction d'un OVNI politique. Les sympathisants et les partenaires auront autant de légitimité que les élus et que les vieux militants Verts, fini l'ère des courants et des cumulards, le rassemblement des écologistes répond avant tout à une urgence écologique et sociale qui nécessite une réelle rupture avec les pratiques du passé.

J'invite tous ceux qui en ont envie à s'engager dès à présent dans cette dynamique, cela ne s'arrêtera pas le 9 octobre ou le 14 novembre, et il faut du monde pour réaliser ce projet.

22:48 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

19/08/2010

Ecologie, ce qui se joue à Nantes en cette fin de semaine estivale ...

Cet évènement militant annuel s'intitulait jusqu'à présent les "journées d'été des Verts". Depuis son édition 2009 à Nîmes, ce sont les "journées d'été du rassemblement des écologistes". Et cette année à Nantes, se joue l'avenir de l'écologie politique sur la scène nationale et dans la perspective des prochains scrutins.

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Deux sphères se confrontent depuis les élections européennes de 2009, le parti des Verts et la galaxie des sympathisants écologistes. Les premiers existent depuis 1984 et ils ont une histoire ainsi qu'un appareil politique structuré, les seconds entretiennent avec les Verts un parcours à la "je t'aime moi non plus". Mais depuis 2009, les sympathisants peuvent s'appuyer sur des élus non Verts, députés européens et conseillers régionaux. Et des élus dont la notoriété pèse fortement dans le rapport entre Verts et non Verts ... D'où certaines analyses dans la presse qui voient une confrontation structurelle entre le parti des Verts et Europe Ecologie ; ce n'est pas totalement faux sur la forme.

Mais sur le fond, les objectifs des uns comme des autres sont communs. Nous partageons tous les mêmes diagnostics sur l'empreinte écologique de l'homme ainsi que sur la finitude des ressources de la planète. Nous sommes tous d'accord sur le fait que ce sont les plus démunis qui sont les premiers à payer un lourd tribu à cette économie libérale et mondiale ; on le constate en France comme dans les pays du tiers-monde. Alors, Yves Cochet serait plus radical et Dany Cohn-Bendit serait plus libertaire ... Cécile serait plus jeune qu'Eva ... Mais tout cela fait la richesse de ce mouvement !

Il sortira de ces quelques jours Nantais une nouvelle organisation de l'écologie politique, et des moyens derrière un calendrier très serré. Les sympathisants seront associés aux prises de décision et les Verts resteront la colonne vertébrale de la future structure. L'accent sera mis sur l'action locale en valorisant l'apport ponctuel des sympathisants autant que celle des militants encartés. Le Conseil National des Verts validera les nouveaux termes de l'organisation des écologistes en septembre et les assises de novembre à Lyon seront l'assemblée constituante de cette nouvelle organisation.

L'écologie politique n'est pas derrière une femme ou un homme, comme d'autres partis n'existent que derrière un leader (Bayrou, Lepage, Besancenot, Mélanchon, ...). Aujourd'hui, ce sont tous les sympathisants de l'écologie politique qui vont décider de la forme que prendra ce mouvement, de la façon la plus démocratique et la plus conviviale qui soit.