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28/10/2010

Avec le décès de Georges Frêche, une page se tourne en Languedoc-Roussillon

Je ne pouvais pas laisser cette semaine s'achever sans mettre un mot sur le décès de Georges Frêche dimanche dernier. J'ai fait la campagne des régionales de 2004 dans le staff de Georges Frêche, comme salarié des Verts Languedoc-Roussillon, et puis j'ai passé près de 2 ans au Conseil Régional comme chargé de mission du groupe des élus Verts. Georges Frêche était un personnage inoubliable, une figure politique complètement marginale dans le paysage aseptisé de la politique française, et il avait cette faconde méridionale qui transformait toutes ses interventions en une scène irréelle. L'annonce de sa mort m'a ému, surtout qu'il avait parcourru les plateaux de télévision en septembre, avant de partir voir Gorbatchev en Bulgarie et d'aller trois semaines en Chine et en asie. Rien ne pouvait laisser prévoir cet arrêt en plein élan.

Mais le départ de Georges Frêche n'est pas sans conséquence sur l'avenir de la gauche en Languedoc-Roussillon. Les conseillers régionaux ont déjà montré l'exemple en s'accordant sur le nom du successeur ; j'espère que les autres grandes figures socialistes de la région sauront tourner la page. Aucun parti à gauche n'a rien gagné à ces années de luttes intestines au sein du PS, chaque camp mettant les autres partis en position inconfortable de juge de paix.

La situation politique nationale est insupportable. Après les retraites, Sarkozy va s'attaquer à la santé et puis à la fonction publique. On le sait, il veut réduire les dépenses de l'Etat et des collectivités territoriales pour mettre tous les services publics entre les mains du privé. On a tous lu comment son frère allait récupérer les vestiges du système de retraites avec le soutien financier de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) pour promouvoir de la retraite par capitalisation. La gauche a l'obligation de s'y opposer collectivement, et ce sont aujourd'hui le Parti Socialiste et les Ecologistes qui doivent engager des partenariats stratégiques, que ce soit pour les sénatoriales de septembre 2011 (le sénat peut basculer à gauche), ou pour les législatives de 2012.

Ce décès est donc porteur d'émotion et d'espoir, l'image de Georges Frêche allant encore longtemps nous accompagner.

27/10/2010

Europe Ecologie pactise avec la droite ?

C'est sous ce titre que le journal en ligne Bellaciao, exploite une délibération du Parlement Européen du 20 octobre dernier qui a vu les députés socialistes et écologistes voter un "paquet économique" qui compremenait un article sur les retraites. Le journal l'Humanité mettait lui en avant le vote contre de la Gauche Unitaire Européenne (GUE)

Quelle est la réalité de cette délibération du Parlement Européen ce 20 octobre ? Le Député écologiste Pascal Canfin y apporte les éléments de réponse dans un message posté sur une liste de discussion interne aux Verts :

" Je comprends bien les réactions et la demande d'explications. Je le fais d'autant plus que j'étais le négociateur pour l'ensemble du groupe sur ce rapport.
 
Les élus sont amenés à s'inscrire dans des logiques de compromis pour obtenir des choses. Nous sommes typiquement dans ce cas : nous avions trois grandes priorités dans ce rapport :
 1) Obtenir un engagement majoritaire (donc incluant une partie du PPE) pour une proposition législative européenne pour une taxe européenne sur les transactions financières. C'est la première fois que le parlement vote en ce sens (à quelques voix pres). jusqu'à présent tous nos amendements qui disaient "si la taxe ne se fait pas au niveau mondial alors il faut le faire au niveau européen" étaient battus. C'est donc une victoire importante puisqu'il y a un vrai débat en ce moment au niveau européen entre les Etats et au sein de la commission. le message envoyé dans ce rapport par le PE vient donc au bon moment. Je me permets de trouver quand meme incroyable qu'ATTAC ne relève pas ce point qui est le coeur du combat historique de l'association...
2) Obtenir une définition de la gouvernance macroéconomique européenne beaucoup plus large que celle de la commission et du conseil pour dépasser le pacte de stabilité et de croissance actuellement uniquement focalisé sur les finances publiques. Là aussi nous avons obtenu qu'une majorité du Parlement se prononce pour cette vision plus progressiste car non focalisée sur les finances publiques. Par exemple nous avons obtenu un lien entre la réduction des déficits publics et la nécessité pour l'Europe d'adopter des directives qui permettent aux Etats de lever de nouveaux impots ou de diminuer la concurrence fiscale entre eux. (pour ceux qui suivent ces dossiers  il s'agit notamment de l'assiette fiscale consolidée pour les multinationales) Compte tenu de l'actualité et de l'importance du sujet au niveau européen c'est un élément essentiel.
3) Sur un plan plus "idéologique" nous avons obtenu des paragraphes qui disent que la crise environnementale est une cause de la crise plus globale, qu'il faut aller vers des modes plus soutenables de production et de consommation, et que la croissance ne peut se faire que dans un cadre limité par les enjeux de biodiversité, du climat et de la rareté de la ressource énergétique. On est loin de la décroissance mais c'est un pas politiquement intéressant...

Pour obtenir cela nous sommes obligés par ailleurs de faire des compromis. Dans ce cas nous avons une priorité : limiter au maximum les compromis sur les sujets purement européens. C'est à dire ceux sur lesquels le parlement est vraiment pertinent. Les amendements sur les sujets "nationaux" ne viennent qu'en priorité 2. C'est typiquement le cas du sujet retraite dans ce contexte où, je le rappelle, l'Europe n'a aucune compétence. Personne ne pense que le débat sur les retraites ne se fait au parlement européen. le débat sur la taxe sur les transactions financières, sur la fiscalité européenne, sur une politique européenne de l'énergie, sur la réforme du pacte de stabilité, etc... oui ! Concernant le paragraphe incriminé je tiens à faire deux remarques :

1) c'est un paragraphe qui peut faire l'objet de plusieurs interprétations mais franchement il ne dit pas qu'il s'agit de donner des pans entiers du système public au privé !  il y a aussi une partie du texte (non cité par Attac d'ailleurs) qui parle de "financer la solidarité intergénérationnelle". la capitalisation n'est pas une solidarité intergénérationnelle puisque c'est la personne qui se garantit elle meme. On ne peut pas dire que cet amendement l'encourage unilatéralement. Par ailleurs, notre position en France est de limiter les financements publics à la capitalisation (défiscalisation assurance vie, etc...). mais pas de supprimer l'épargne de long terme dont nous avons également besoin pour financer les investissements de long terme. Et l'amendement en question ne dit rien là dessus... ni en bien ni en mal !
2) Ceci dit dans le contexte français je comprends votre réaction; C'est d'ailleurs pour pouvoir l'utiliser à des fins purement nationales que le groupe de la GUE auquel appartient le Front de gauche a demandé un vote électronique (ce qui permet d'identifier les votes de chacun) sur ce paragraphe. Et là je suis obligé de reconnaitre que je n'étais pas au courant. C'est un dysfonctionnement interne au groupe qui fait qu'on tombe dans le piège. Si j'en avais été informé nous aurions certainement eu un débat sur l'opportunité de ne pas voter ce paragraphe en particulier plus pour l'interprétation qui peut en être faite dans un contexte français que sur le fond du paragraphe dans un contexte européen. Mais bon c'est quand meme triste de voir que certains s'amusent à ce jeu plutot que nous aider à faire avancer nos dossiers communs pour plus de régulation, de justice fiscale et sociale, etc...

Voilà ce que je peux dire sur ce paragraphe qui, sincèrement, ne me semble pas justifier un communiqué de presse. Ou alors faisons un communiqué de presse sur le fait que le Front de gauche ne soutient pas l'idée d'une taxe européenne sur les transactions financières pusqu'ils ont voté contre le rapport final qui contient la proposition !


Pascal Canfin


Parallèlement, il est intéressant de noter que le 9 septembre 2010, le député écologiste François de Rugy présentait un amendement à la réforme des retraites, un amendement au projet de loi sur les retraites qui visait à l'alignement du régime accordé aux députés, sénateurs et membres du gouvernement sur le droit commun. Cet amendement recevait un avis défavorable de la commission des affaires sociales de l'Assemblée, mais aussi un avis défavorable du gouvernement. Et cet amendement n'a été voté favorablement que par un seul député, François de Rugy lui-même, la droite votait contre quand le reste de la gauche était aux abonnés absents ...



Europe Ecologie - Les Verts est une formation de gauche, et ce ne sont pas les amis de Raoul Marc Jennar qui peuvent seuls attribuer des certificats de conformité. Le paradoxe, c'est que les écologistes constituent aujourd'hui la seule alternative politique à gauche, et les grincheux préfèrent les écrans de fumée aux débats d'idées.

17:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

23/10/2010

L'écologie politique en Languedoc-Roussillon sera légitimement représentée à partir de fin novembre

C'est le 27 novembre 2010 que les écologistes du Languedoc-Roussillon se doteront d'une direction régionale à l'image du rassemblement, instance régionale qui assurera l'intérim jusqu'à ce que les écologistes de la région se dotent de statuts régionaux et qu'ils convoquent leur premier congrès régional au printemps 2011.

A l'échelle nationale, le 9 octobre 2010, 90% des adhérents au processus de rassemblement ont adopté le manifeste qui constitue le texte fondateur du rassemblement, et 84% ont adopté le projet de statuts pour le nouveau mouvement. C'est maintenant aux adhérents des Verts de voter en interne sur la révision de leurs propres statuts afin de répondre positivement à l'aspiration des écologistes. Cette étape plutôt formelle s'achèvera le 13 novembre prochain à Lyon, date à laquelle le nouveau mouvement sera officiellement mis sur les rails.

Cette période de construction du rassemblement qui a débuté à l'été 2008, et qui a connu les succès électoraux des européennes de 2009 et des régionales de 2010 (excepté en Languedoc-Roussillon), aboutit cet automne à la création d'un nouveau mouvement. Dès le 13 novembre, mais plus encore après que notre région soit dotée d'une instance politique à partir du 27 novembre, nous pourrons bâtir le réseau coopératif qui satisfera autant les adhérents que les sympathisants ("coopérateurs").

Tout ceci s'élabore en parallèle du processus pré-électoral puis électoral des cantonales de mars 2011. Cela constitue une excellente opportunité pour les écologistes d'associer "constitution" et "construction". La campagne des cantonales dans la centaine des cantons renouvelables de la région va permettre de bâtir ce réseau.

Pour toute information sur Europe Ecologie, n'hésitez pas à me contacter.

22:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)