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21/09/2010

La caisse centrale d'action sociale (CCAS) d'EDF, le modèle social honni par le rédacteur en chef des Echos

Ce matin sur France Inter, le chroniqueur Dominque Seux s'étranglait à l'antenne contre le modèle social de la Caisse Centrale d'Action Sociale (CCAS) d'EDF. Eh oui, cette structure sociale interne a EDF est financé par une ponction de 1% sur le chiffre d'affaire d'EDF. Et notre chroniqueur matinal d'ajouter que partout ailleurs, on ponctionnerait 1% de la masse salariale, mais jamais du chiffre d'affaire ...

Vous n'y pensez donc pas ? Puiser de l'argent dans le CA de son entreprise, ce pactole habituellement destiné aux actionnaires et à leurs dividendes ... Mais ce serait presque du communisme !!! Un peu, les personnels des industries électriques et gazières doivent ces acquis sociaux à Marcel Paul, ministre (communiste et syndicaliste) de la production industrielle après la guerre ; ce prélèvement a été introduit par le Conseil National de la Résistance dans la loi du 8 avril 1946 en contrepartie d'un autre 1 % accordé celui-là aux actionnaires des entreprises nationalisées.

Ah oui, le rédac-chef des Echos avait introduit son papier matinal à cause d'une mise en cause de cette CCAS par la Cour des Comptes. Le budget de près de 500 millions d'euros pour 4000 salariés permanents est géré par ... la CGT ! Arrgghhhh, des bolchéviques qui s'en mettent plein les poches ! Il nous a presque fait un sketch à la Stéphane Guillon le duéliste des matinales de France Inter.

Alors que si le budget de ce Comité d'Entreprise était calculé sur la masse salariale, et bien il baisserait chaque année ... Et les oeuvres sociales des industries électriques et gazières ne pourraient plus entretenir leur énorme patrimoine foncier qui permet au personnel et à leur famille de partir en vacance au ski ou à la mer dans des conditions exemplaires. Ce patrimoine serait alors revendu à des opérateurs privés ... Il est joli ce modèle social !

22:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : edf, ccas

Bonus-Malus écologique sur les voitures neuves, l'Etat à 100% dans le greenwashing !

Le gouvernement tire le bilan comptable du bonus-malus écologique instauré en 2008 à la suite du Grenelle de l'environnement. En 2010, l'Etat recevra 200 millions d'euros de la part des acquéreurs de véhicules polluants, et versera 710 millions de bonus écologique à ceux qui achètent des voitures qui émettent moins de CO2 au kilomètre parcourru. Le solde négatif de 510 millions d'euros indispose le gouvernement ; ce solde était déjà négatif en 2009 et en 2008 avec des montants respectifs de 525 et de 214 millions d'euros.

Ce constat établi par la commission des finances de l'Assemblée Nationale incite le Gouvernement à baisser le niveau du bonus ... Comme si le bilan de cette fiscalité écologique n'était que financier ! Et quid des émissions de gaz à effet de serre ? Et quid du dérèglement climatique ? Et quid des conséquences sanitaires de la pollution automobile sur les populations ?

Mais en voulant durcir le seuil d'application du bonus, on évoque aujourd'hui une baisse de 5 grammes pour bénéficier des mêmes avantages, le Gouvernement passe complètement à côté du principe pollueur-payeur. OK pour baisser les seuils de 5 grammes pour inciter l'industrie automobile et les automobilistes à toujours progresser, mais pourquoi ne pas doubler le malus automobile ? Le système peut s'équilibrer tout seul en restant incitatif, mais il faut alors avoir le courage politique nécessaire.

En réalité, ce bonus-malus écologique sur l'achat de véhicules neufs est une opération de greenwashing (éco-blanchiement) de plus. On habille d'un zeste d'écologie une mesure simplement destinée à doper le secteur automobilie. L'avenir de la planète, c'est pour les colloques, les conférences mondiales et les quelques pages de programmes électoraux.

17/09/2010

Culture et politique, l'impossible convergence

Décidément, les Stéphane Guillon et Didier Porte ont vraiment du souci à se faire ; la classe politique assure elle-même sa chronique quotidienne, au niveau national comme à l'échelon local. Et Alain Cazora ne manque pas d'humour quand il déclare à la tribune de l'assemblée générale de l'office culturel du Clermontais, il y a tout juste une semaine et à propos de la mise en place d'un pôle culturel intercommunal : "Je sais que ce sera long et difficile, car tous les élus [intercommunautaires] n'ont pas la même vision de la culture que nous, mais nous allons agir en ce sens". Ouf, notre Malraux local va mettre tout ce petit monde au diapason ...

En réalité, nous partageons tous la même vision d'une politique culturelle qui aspire à rapprocher le public d'une programmation culturelle comme celle que réalise très bien l'office culturel du Clermontais. Les rapports d'activité des trois structures qui composent cet office (théâtre, école de musique et cinéma) témoignent de l'attachement des Clermontais à cette offre de services publics culturels.

Et quant à étendre cette offre à l'échelle du territoire intercommunal, je ne crois pas me tromper en disant que tous les élus y sont favorables. Mais ce que cache cette estocade de tribune, c'est l'affichage d'une ambition sans rien derrière. Quel projet intercommunal ? Quelles interactions entre toutes les communes du territoire qui ont toutes une programmation culturelle ? Quelle gestion partagée des équipements actuels ? Quels objectifs et quelle stratégie à moyen terme ? Et quelle gouvernance ? En réalité, on en revient toujours à une approche comptable des politiques publiques ; faire des économies d'échelle et centraliser l'offre culturelle sur la ville "locomotive" du territoire ...

On voit ce que donne le transfert de la compétence Tourisme ... Aucun objectif stratégique à la base, un pilotage purement admnistratif et il n'y a pas d'indicateur social, économique ou environnemental qui permettrait d'évaluer la politique touristique menée par la communauté de communes.

Avant de se lancer dans une politique culturelle ambitieuse pour notre territoire, il faudrait peut-être que le Président Cazorla ait un peu plus de culture politique, mais au sens noble du terme.

01:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, culture