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17/09/2010

Culture et politique, l'impossible convergence

Décidément, les Stéphane Guillon et Didier Porte ont vraiment du souci à se faire ; la classe politique assure elle-même sa chronique quotidienne, au niveau national comme à l'échelon local. Et Alain Cazora ne manque pas d'humour quand il déclare à la tribune de l'assemblée générale de l'office culturel du Clermontais, il y a tout juste une semaine et à propos de la mise en place d'un pôle culturel intercommunal : "Je sais que ce sera long et difficile, car tous les élus [intercommunautaires] n'ont pas la même vision de la culture que nous, mais nous allons agir en ce sens". Ouf, notre Malraux local va mettre tout ce petit monde au diapason ...

En réalité, nous partageons tous la même vision d'une politique culturelle qui aspire à rapprocher le public d'une programmation culturelle comme celle que réalise très bien l'office culturel du Clermontais. Les rapports d'activité des trois structures qui composent cet office (théâtre, école de musique et cinéma) témoignent de l'attachement des Clermontais à cette offre de services publics culturels.

Et quant à étendre cette offre à l'échelle du territoire intercommunal, je ne crois pas me tromper en disant que tous les élus y sont favorables. Mais ce que cache cette estocade de tribune, c'est l'affichage d'une ambition sans rien derrière. Quel projet intercommunal ? Quelles interactions entre toutes les communes du territoire qui ont toutes une programmation culturelle ? Quelle gestion partagée des équipements actuels ? Quels objectifs et quelle stratégie à moyen terme ? Et quelle gouvernance ? En réalité, on en revient toujours à une approche comptable des politiques publiques ; faire des économies d'échelle et centraliser l'offre culturelle sur la ville "locomotive" du territoire ...

On voit ce que donne le transfert de la compétence Tourisme ... Aucun objectif stratégique à la base, un pilotage purement admnistratif et il n'y a pas d'indicateur social, économique ou environnemental qui permettrait d'évaluer la politique touristique menée par la communauté de communes.

Avant de se lancer dans une politique culturelle ambitieuse pour notre territoire, il faudrait peut-être que le Président Cazorla ait un peu plus de culture politique, mais au sens noble du terme.

01:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, culture

05/09/2010

Ce n'est pas le système des retraites qu'il faut revoir, mais c'est tout l'édifice de la solidarité nationale !

L'argument qui revient systématiquement dans la bouche des partisans de la réforme que va prochainement porter le Gouvernement devant le Parlement, c'est : "puisque la durée de vie s'allonge, alors il faut bien que la durée d'activité professionnelle s'allonge elle aussi". Et de rappeler la démographie défavorable pour les retraites qui veut qu'il y a de plus en plus de retraités et moins d'actifs. Mais cessons de nous focaliser sur les retraites, car la question se pose pour tout le système de protection sociale et ses quatre branches : santé, famille, vieillesse et chômage. Ces branches sont financées par les cotisations des salarariés et des employeurs, c'est à dire que ce sont ceux qui travaillent qui cotisent pour ceux qui ne travaillent pas.

La bonne santé de ce système, indépendamment de toute considération sur la durée de la vie, repose sur l'emploi. Or, la France et l'Europe constatent une baisse du nombre des emplois. Et les chiffres angéliques que nous avancent nos ministres cachent en réalité des emplois précaires à très court terme, avec une majorité de CDD (et CAE) de quelques mois. Malgré tout, notre pays s'enrichit chaque année ... C'est normal, la technologie a apporté d'importants gains de productivité et l'économie produit toujours plus de valeur ajoutée.

Mais cette richesse est trop mal redistribuée ; les français ne perçoivent pas le juste retour des efforts réalisés depuis des dizaines d'années. Et si les employeurs ne veulent pas augmenter les salaires, alors que l'Etat ponctionne les produits financiers sous forme de taxes ou d'impôts pour le redistribuer sous forme de services publics (éducation, formation, santé, transports, énergies, environnement, sécurité, ...). La priorité est de revoir totalement le financement du système social, d'abandonner son financement par des cotisations salariales et le remplacer par une nouvelle fiscalité sociale qui toucherait tous les revenus.

Autrement, la réforme actuelle est à côté de la plaque, elle accentue les injustices sociales et elle met fin à des décennies de progrès sociaux. Si Sarkozy en fait la réforme phare de son quinquénat, alors il aura passé cinq ans à servir ses copains, à asseoir la suprématie d'une classe dominante qui s'enrichit de façon indécente. L'affaire Woerth-Bétancout en témoigne de façon obscène ...

Le mardi 7 septembre, il faut venir manisfester ! Au printemps 2006, une vague contestataire a bloqué le projet de réforme du code du travail qui voulait instaurer le CPE (Contrat de Première Embauche), l'outil rêvé pour un patronat qui se voyait bien, à partir de là, arracher une à une les pages du code du travail ... La mobilisation est payante et le message que nous ferons passer mardi prochain ne pourra pas être passé sous silence !

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27/08/2010

Europe Ecologie - Les Verts : un processus de rassemblement très enthousiasmant !

Ca y est ! Au sortir des journées d'été de Nantes, avec ses 2300 participants et ses 110 ateliers/débats, l'agenda du rassemblement est connu et il génère une intense agitation. Mais ces journées d'été n'ont pas été qu'un moment privilégié d'enthousiasme collectif, plusieurs questions majeures ont divisé les écologistes. Si le positionnement de l'écologie politique à gauche est largement partagé, les thèmes de la décroissance ou de l'anticapitalisme ont donné lieu à quelques positionnements bien marqués. Et c'est très bien que de tels clivages idéologiques existent au sein de la mouvance écologiste !

Les écologistes ne sont plus à l'image des bobos d'il y a encore quelques années ; acheter bio, se déplacer en vélo ou encore préférer Apple à Microsoft étaient quelques uns des clichés collés à l'image des écolos. Aujourd'hui, l'écologiste remet radicalement en cause le modèle économique dominant ; il ne se contente plus de s'appliquer à lui-même de bonnes pratiques écologistes, il revendique d'écologiser toute la société. Et certains observateurs politiques dénoncent même un "fascisme vert" ... Bah oui, puisque cela remet en cause leur confort individuel.

Mais un tel débat initié il y a de nombreuses années par des philosophes comme André Gorz et illustré par quelqu'un comme Pierre Rabhi, et bien il aura toute sa place au coeur de la nouvelle organisation que vont se donner les écologistes cet automne. Le parti des Verts va rejoindre une nouvelle structure coopérative avec des espaces de réflexion (fondation, fédération des élus, formation, commissions, ...), d'action (forums, réseaux, mouvement social écologiste, campagnes thématiques, états généraux de l'emploi et de l'écologie, ...), tout cela autour d'une agora permanente de l'écologie politique.

Alors, ça commence quand ? D'ici la mi-septembre, la synthèse de Nantes sera soumise aux différentes instances écologistes (bureau exécutif, comité d'animation et de pilotage), ainsi qu'au conseil national des Verts les 18 et 19 septembre. Ensuite, les textes seront proposés au débat local avant d'être amendés et votés à l'occasion d'assises régionales le 9 octobre. L'assemblée constituante de la nouvelle organisation se tiendra le 14 novembre à Lyon.

Pour tous ceux qui n'acceptent pas qu'un parti politique ne soit que le fan club d'un leader, voilà une très rare occasion de prendre part à la construction d'un OVNI politique. Les sympathisants et les partenaires auront autant de légitimité que les élus et que les vieux militants Verts, fini l'ère des courants et des cumulards, le rassemblement des écologistes répond avant tout à une urgence écologique et sociale qui nécessite une réelle rupture avec les pratiques du passé.

J'invite tous ceux qui en ont envie à s'engager dès à présent dans cette dynamique, cela ne s'arrêtera pas le 9 octobre ou le 14 novembre, et il faut du monde pour réaliser ce projet.

22:48 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)