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24/11/2010

Elections cantonales sur Clermont l'Hérault : je ne serai pas candidat.

Deux processus fortement mobilisateurs sont en cours au sein d'Europe Écologie - Les Verts, celui de l'édification des fondations de ce nouveau mouvement, et les élections cantonales de mars 2011. Ces deux démarches parallèles et qui coïncident dans le temps inscrivent l'enracinement de l'écologie dans le paysage politique, et cela doit se faire dans le souci de l'intérêt général. Aussi, parce que j'inscris mon engagement politique dans la durée et que l'étape des investitures et le choix d'une stratégie ne sont jamais neutres, j'ai décidé de ne pas être candidat sur le canton de Clermont l'Hérault en 2011.

Je soutiendrai naturellement le(la) candidat(e) que mon parti désignera comme titulaire sur ce canton. Par ailleurs, je n'oublie pas le mandat local que m'ont confié les Paulhanaises et les Paulhanais ; il y a encore tellement de projets à faire aboutir localement ainsi qu'à l'échelle du territoire du Coeur d'Hérault que ce retrait ne me donne aucun regret. Bien au contraire, en mars 2011 nous serons à mi-mandat et l'équipe municipale doit restée mobilisée.

20/11/2010

Le cas Mélenchon

Voilà une tribune du journal Le Monde signé Noel Mamère que de nombreux militants écologistes approuvent sans hésitation, tellement les combats menés avec les militants du Parti de gauche sont partagés, mais les prises de position de J-L. Mélenchon sentent le souffre. Ainsi, sa vénération pour le mouvement Bolivarien en Amérique Latine, qu'incarne un Hugo Chavez dont le populisme s'accorde avec autoritarisme, place sa candidature pour la présidentielle de 2012 dans une radicalité d'un autre temps.


Le Parti de gauche : populaire ou populiste

Une hargne antimédias caricaturale

LEMONDE | 19.11.10 | 13h49  •  Mis à jour le 19.11.10 | 17h43

J'ai de nombreux désaccords avec Jean-Luc Mélenchon. Je suis plus exigeant avec lui qu'avec des hommes de droite, tout simplement parce que je respecte les militants du Parti de gauche, acteurs à part entière du mouvement social, à mes côtés dans les manifestations sur le droit à la retraite à 60 ans ou avec les sans-papiers.

C'est au nom de cette fraternité de combat, de cette appartenance à ce même "album de famille", comme le disait la journaliste italienne Rossana Rossanda, que je l'interpelle sur ses pratiques et le contenu de ce discours qui fait la part belle à une démagogie, au sens premier du terme et qui, sur certains sujets, devient insupportable. Le titre même de son livre, Qu'ils s'en aillent tous (Flammarion, 114 p., 10 €), est une référence au soulèvement du peuple argentin contre une classe politique corrompue jusqu'à la moelle.

Voilà un projet qui flatte une opinion enragée par la domination sans partage des amis du Fouquet's, mais qui fait croire que l'on peut faire table rase de l'existant à partir de la seule révolte populaire. Il est clair que Jean-Luc Mélenchon cherche à se donner une stature particulière, celle d'une vulgate tribunicienne telle qu'elle a été incarnée des années durant par Georges Marchais, devenu sa référence en matière de posture. Comme celui-ci, il scénarise ses interventions autour de quelques figures récurrentes.

D'abord, se présenter comme une victime des médias au service du grand capital. Je ne sais s'il m'accusera de "corporatisme", mais quand il s'attaque indistinctement à la presse à travers le cas d'un jeune stagiaire, à un pigiste ou à David Pujadas, il flatte dans le sens du poil une hargne antimédias d'une partie de la société qui se sent dépossédée de son droit à l'information. Cette rhétorique facile jette dans le même panier des jeunes qui apprennent leur métier, des salariés atteints par la précarité et des journalistes (dont j'ai été), qui peuvent se faire débarquer du jour au lendemain selon le bon plaisir du prince.

Cette manière de faire est une faute politique. Elle ne mène à rien. Il vaut mieux, ensemble, travailler à l'élaboration d'un programme pour la liberté de la presse, comme l'ont suggéré l'appel de la Colline et le fondateur de Mediapart, Edwy Plenel.

 Vision "campiste"

Ensuite, défendre l'alliance avec la Chine pour s'opposer aux "droits de l'hommistes" du politiquement correct. Cette analyse passe sous silence l'expansionnisme de ce pays en Afrique et ailleurs. Elle fait complètement fi du régime dictatorial, des droits de l'homme, du Tibet, des Ouïgours, comme de la situation du prolétariat et des paysans chinois, soumis au despotisme capitaliste le plus effréné. A l'inverse, elle fustige Taïwan qui, avec le même système économique, a pourtant accédé à la démocratie. Cette vision "campiste" qui prend pour ennemi ultime les Etats-Unis et privilégie avec complaisance tous ses adversaires peut amener des dérives et doit être condamnée.

Enfin, la dénonciation du fédéralisme européen. Cela est nouveau dans le positionnement de celui qui, jusqu'à il y a peu, était un défenseur de la République fédérale et sociale européenne. Si je peux le suivre sur la nécessité des services publics non soumis à la loi de la concurrence et même discuter avec lui de clauses sociales et environnementales aux frontières de l'Europe impliquant une sorte de protectionnisme européen, je refuse le souverainisme cher à Charles Pasqua ou à Jean-Pierre Chevènement.

Souverainiste n'est pas forcément synonyme de nationaliste ou de fasciste, mais le repli sur les frontières des Etats-nations, à une époque où la mondialisation implique la constitution de regroupements continentaux cohérents, permettant une forte régulation et une nouvelle alliance entre les peuples, les Etats et la société civile des pays du Sud, nous fait revenir à une analyse géopolitique finalement assez classique et quasi gaulliste.

Cette défense des intérêts de l'Etat-nation implique une défiance envers l'Allemagne qui n'est malheureusement pas nouvelle dans la classe politique française, l'un de ses présidents, admiré par le leader du Front de gauche, ne disait-il pas : "J'aime tellement l'Allemagne que je préfère qu'il y en ait deux." Cette vision est pourtant déconnectée des aspirations de la jeunesse, des classes moyennes et populaires. Elles savent que la transformation sociale et écologique ne peut se concevoir que sur des bases européennes et transnationales.

Le Parti de gauche et son leader ne sont pas des adversaires mais des partenaires avec qui nous devrons nécessairement nous entendre. Je refuse la "démonisation" du député européen comme ses outrances verbales.

C'est pourquoi nous devons débattre sereinement, à condition que de part et d'autre, la polémique reste dans le cadre du respect politique sans devenir mortifère.

Noël Mamère, député Europe Ecologie-Les Verts de la Gironde, maire de Bègles

19/11/2010

Pour l'abrogation de la loi de réforme des collectivités territoriales, les va-t-en guerre du PS sont au rendez-vous

Ils sont gentils les socialistes, Elisabeth Guigou et Laurent Fabius en tête qui déclarent que s'ils reviennent au pouvoir en 2012 alors ils vont abroger la loi de réforme des collectivités territoriales et proposer une autre réforme "concertée et digne des enjeux de la décentralisation". Mais si le PS revient au pouvoir, ce sera à l'été 2012 ; et les élections territoriales sont au printemps 2014 ! Il est tout à fait impossible d'avancer une telle proposition dans de tels délais !

Et que doivent faire les Conseils Régionaux dont le nombre des élus va exploser en 2014 ? En Languedoc-Roussillon, c'est une centaine d'élus supplémentaires qu'il faudra accueillir dans l'hémicycle, et cela ne pourra pas se faire à l'Hôtel de Région. Alors que doit proposer l'assemblée régionale ? Soit mettte au budget un programme pluri-annuel pour construire un lieu dédié aux réunions de l'assemblée régionale, soit espérer que la gauche revienne au pouvoir et qu'elle pourra ensuite abroger la nouvelle loi ...

Allez, on attend le PS sur d'autres terrains plus urgents que celui là, et ce type d'écran de fumée nous fait douter de leur capacité à proposer un autre modèle social, économique et environnemental pour la France.