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01/11/2010

Etre vieux en 2030, quelque chose comme "Soleil vert" ; la fiction rejoint la réalité !

Après que la mise en oeuvre de la réformette des retraites nous ait bien fait rentrer dans la tête que nous partirions de plus en plus tard à la retraite, et personnellement je sais qu'ayant commencé à travailler à 25 ans je finirai au mieux à 67 ans, on apprend coup sur coup le décès de G. Frêche à 72 ans puis aujourd'hui de Pierre-Luc Séguillon à 70 ans. Car, et indépendamment des personnes concernées, l'actualité nous fait faire du calcul mental automatique : 72-67 ou 70-67, ça fait entre 3 et 5 ans de durée de vie après le départ à la retraite ! Nous ne sommes plus dans le paradigme des séniors qui passent des années à prendre du bon temps ou à s'occuper de leurs petits enfants, mais ça devient un contre la montre sur la mort !

Et un indicateur nouveau est survenu à l'occasion des débats de ces derniers mois, il s'agit de la "durée de vie en bonne santé". Eh oui, car en plus de vivre plus longtemps, ce serait sympa aussi de pouvoir en profiter. Et là, le tableau est moins hydillique ! Cf. tableau de l'INSEE. Les chiffres nous montrent que la durée de vie moyenne en bonne santé à la naissance est de 63,1 ans pour les hommes et de 64,2 ans pour les femmes (données de 2007). Statistiquement, en partant à la retraite à 67 ans, on a donc toutes les chances d'y partir avec quelque chose qui ne nous permettra pas d'en profiter pleinement.

D'où le nouveau grand projet de Sarkozy : faire financer la dépendance des personnes âgées par les actifs avant qu'ils ne soient trop vieux. Et les infos reçues cet été font état d'une nouvelle réforme dans laquelle figure l'obligation pour les personnes de plus de 50 ans de souscrire un contrat d'assurance auprès d'un organisme privé pour se garantir contre la "perte d'autonomie". Aujourd'hui, l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA) oscille entre 530 et 1.235 € par mois selon le degré de dépendance. Et le coût moyen d'une place en maison de retraite revient à 2.200 € par mois, selon l’Inspection générale des affaires sociales (Igas). Une mission parlementaire a produit un rapport sur le sujet en juin dernier, et elle évalue qu'une cotisation de 15 € par mois permettrait de recevoir une rente de 500 € par mois. C'est pas super gentil de la part notre Président de penser à nos vieux jours ? Ou Nicolas pense-t-il à Guillaume tout en nous prenant pour des cons ?

Pas cool l'avenir des futurs vieux ... Faut plus rêver à des escapades en plein air, et même il y a vraiment intérêt à avoir cotisé à tout ce qu'il faut pendant assez longtemps pour espérer ne pas finir comme un déchet. C'est bizarre, c'est pas comme ça que je le voyais l'avenir quand j'étais gamin ...

31/10/2010

Financiarisation galopante de la société française

Frédéric Lordon est économiste et directeur de recherche au CNRS. Il signe ce mois ci dans le Blog du Monde Diplomatique un remarquable article sur la financiarisation de notre système social (version PDF de l'article : retraites_financiarisation.pdf). Derrière la réforme des retraites, c'est tout une stratégie de financiarisation qui se joue et qui porte sur des pans entiers de notre contrat social. L'Etat Français n'est plus au seul service du peuple Français, il s'inscrit désormais concrètement dans l'idéologie du capitalisme financier et l'Etat rend compte au marché mondial et aux agences de notation.

Après la privatisation de nombreux services publics, c'est à dire la mainmise du capitalisme financier sur des missions telles que le transport public, l'éducation, la sécurité, les communication, l'énergie domestique, ..., ce sont maintenant la santé publique et la solidarité qui sont livrés aux acteurs du marché tels que la société Malakoff Médéric détenue par le frère du Président de la République. En 1992, j'étais délégué du personnel dans une société de services quand la direction nous a imposé la retraite par capitalisation. J'ai milité pour que l'abondement nouveau des salariés et de l'entreprise vienne s'ajouter aux points de répartition, mais en vain ; il faut dire que dans une entreprise où la moyenne d'age était inférieure à 30 ans et dont les salariés étaient pour la plupart des BAC+5, la notion de solidarité inter-générationnelle est un concept lointain.

Petit à petit, et tout aussi discrètement, les banques, les compagnies d'assurance et les grands organismes financiers s'apprêtent à capter les énormes capitaux du secteur social. Et la France s'américanise doucement ... Toujours cette image de la grenouille que l'on jette dans l'eau bouillante ou que l'on plonge dans une eau tiède et que l'on fait chauffer ; dans le premier cas c'est la révolte, et les grands mouvements sociaux de ces dix dernières années en témoignent, et dans le second cas c'est un endormissement progressif.

Non, décidément, ce n'est pas d'une réforme dont nous avons besoin, mais bien d'une révolution.

18:54 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)

29/10/2010

On ne rigole pas avec la cour !

Un plaisantin a envoyé un mail a Rachida Dati pour lui demander une "petite inflation". Ni une ni deux, la maréchaussée du roi a débarqué chez ce gueux pour perquisitionner son domicile, l'engeoler 48 heures et le déférer devant la justice royale pour "outrage à personne chargée d'une fonction publique". On ne rigole pas avec la cour du roi ...

D'ailleurs, depuis que Nicolas navigue entre la Place Beauvau, Bercy et l'Elysée, le peuple n'a plus le goût à rire. Si la cour peut se permettre de plaisanter ou de faire quelques excès, le citoyen lambda n'a pas intérêt à péter plus haut que son cul. Tout cela semble nous ramener plus de 2 siècles en arrière, avec une aristocratie de nantis qui s'affiche sans complexe, une élite qui se fait complice silencieuse des dérives liberticides et une population qu'on assomme sous les impôts, les taxes et autres prélèvements (sur déjà plus grand chose à la fin de chaque mois).

Bon, l'avantage c'est qu'on connaît la suite de l'histoire. Et on n'est pas obligé de la refaire aussi longue et sanglante qu'en 1789.

14:41 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)