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21/05/2011

Monsieur le Président, voulez-vous toujours supprimer le juge d'instruction ?

L'affaire DSK nous aura, pendant toute une semaine haletante, fait découvrir le système judiciaire américain. Cette institution US auxquelles les séries américaines nous avaient pourtant habitués se révèle profondément brutale et déséquilibrée. Aux Etats-Unis, c'est le parquet qui conduit la procédure exagérément accusatoire ; notons quand même que DSK est inculpé sans jamais avoir été entendu par ses accusateurs, qu'il s'agisse du procureur ou du grand jury. Et la victime n'est pas représentée par un défenseur, comme en France, mais c'est le parquet qui se charge de la défendre.

Il reste à la défense de rentrer la tête entre les épaules lors de cette étape préliminaire, mais tout en sachant que le temps (et beaucoup d'argent) va permettre aux avocats de démonter l'accusation et d'anéantir l'accusatrice. Non, la justice américaine ne présente pas deux plateaux équilibrés d'une même balance, l'un est très chargé au démarrage quand l'autre prend du poids au fil du temps.

En France, une telle affaire serait confiée à un(e) juge qui instruit à charge et à décharge ; c'est le juge d'instruction qui diligente les investigations et qui entend les parties (victimes et accusés). Et si le régime de la détention provisoire est le même de chaque côté de l'atlantique, il a quand même la délicatesse en France de se dérouler dans la discrétion.

Nicolas Sarkozy souhaitait s'inspirer du système judiciaire américain pour réformer notre justice. Souvenons-nous aussi que le modèle américain d'accession à la propriété l'inspirait beaucoup au début de son mandat ; la crise financière et économique mondiale déclenchée par le système des subprimes est venue refroidir ses ardeurs. Mais si Nicolas Sarkozy est autant admirateur de l'amérique, je suis persuadé qu'il saurait s'y épanouir.

Quant au fond de l'affaire, je n'en pense absolument rien. Je la suis comme je suivrai un épisode de la serie télévisée New York Section Criminelle ; il manque juste l'excellent Vincent d'Onofrio dans cet épisode là ...

09:12 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : justice, dsk, sarkozy

14/05/2011

La sécurité routière en question ...

Un cycliste de 20 ans a succombé en fin de semaine à un accident de la route à Ceyras (il aurait heurté le véhicule qu'il doublait et aurait alors été percuté par le véhicule qui arrivait en face) ; les deux-roues constituent le quart de la mortalité routière alors qu'ils ne sont que 2% des véhicules en circulation sur nos routes et dans nos rues. Ce dramatique accident illustre le décalage entre la réalité de l'insécurité routière et les mesures que vient d'annoncer le gouvernement pour lutter contre la mortalité routière.

Mais nous y sommes désormais habitués avec Sarkozy : "un fait divers, une émotion, une loi". Oui, les chiffres des accidents de la route ne sont pas bons pour ce premier trimestre 2011, mais le diagnostic donne-t-il lieu aux bonnes réponses ? On le sait, les deux-roues, les jeunes conducteurs et l'alcool sont quelques uns des principaux facteurs accidentogènes. Mais combien de contrôles sont effectués contre le bridage des scooters ? Combien de contrôles d'alcoolémie sont effectués ? Et la sensibilisation sur les conséquences d'un accident de la route est-elle suffisante ?

Alors multiplier les radars, retirer les panneaux signalant les radars fixes et interdire les avertisseurs de radar sont des mesures montées en épingle dans les média ; les associations qui luttent contre la violence routière s'opposent sur les plateaux de télévision aux automobilistes (via leurs avocats ou leurs associations). Ça fait du buzz et le Président de la République passe pour un homme politique courageux. Mais les trois mesures évoquées précédemment réduiront-elles par exemple le nombre d'accidents des deux roues (plus d'un millier de mort par an) ? Et si la vitesse constitue le principal facteur d'accidentologie contre lequel l'Etat veut lutter, alors pourquoi ne pas imposer aux constructeurs de brider les véhicules ?

Je tiens par contre à souligner les efforts engagés par les collectivités locales. Quand le Département aménage les routes ou quand les communes placent des plateaux ralentisseurs sur les axes principaux, les collectivités contribuent à améliorer les infrastructures routières et participent à la lutte contre les accidents de la route. Privilégier les transports en commun, c'est aussi un vecteur d'amélioration à promouvoir, surtout pour les jeunes qui n'ont pas d'autre choix que de prendre leur voiture ou leur scooter pour sortir entre copains.

N'agir qu'au travers du volet répressif est totalement inefficace dans la lutte contre les violences routières, mais peut-être pas pour les caisses de l'Etat. En tous cas, c'est par cette conclusion que la majorité de nos concitoyens évaluent les dernières mesures du comité interministériel sur la sécurité routière réuni au pied levé dans le courant de la semaine.

Présidentielles de 2012, quels candidats pour quels électorats ?

Vous êtes une jeune femme diplomée habitant en ville, alors vous êtes dans le coeur de cible de l'électorat de gauche pour les présidentielles de 2012 ! C'est ainsi que Terra Nova analyse l'électorat de gauche et conçoit la stratégie électorale à venir ; Terra Nova est un club de réflexion politique qui fait office de laboratoire d'idées pour le Parti Socialiste.

Et c'est suite à une espèce d'étude de marché que Terra Nova dessine le périmètre des électorats de gauche qui assureront la victoire de Strauss-Kahn au printemps 2012 (Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ?). On évalue d'abord pour qui votent les jeunes et les vieux, les employés et les cadres, les urbains et les ruraux, les célibataires et les familles nombreuses, ... et puis on additionne les potentiels électoraux afin de bâtir une communication électorale gagnante. Une entreprise qui voudrait gagner des parts de marché ne ferait pas autrement ...

Pour ma part, je m'honore de militer dans un parti qui privilégie son projet politique plutôt que son score aux présidentielles. C'est vrai que les 1,57% de Dominique Voynet en 2007 témoignent de ce détachement vis à vis des électorats cibles. Car l'écologie politique interpelle toutes les couches sociales, toutes les générations et tous les territoires. Et les scrutins de 2009 (Européennes) et de 2010 (Régionales) ont montré que l'électorat écologiste n'était pas constitué que de bobos des quartiers résidentiels des grandes villes. Les récents rassemblements contre les gaz de schiste ont réuni des personnes de tous les horizons.

Défendre des valeurs et promouvoir un idéal politique sont pour moi les ferments du processus qui doit conduire des personnes à se présenter à des scrutins européenes et nationaux (présidentielles et législatives). C'est la noblesse de la politique !