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04/10/2011

La TVA sociale, une bonne idée ... mal adaptée au contexte !

Le projet de TVA sociale alimentait l'actuaité économique avant les présidentielles de 2007, et là il revient sur le devant de la scène. Au départ, l'idée est simple et elle paraît efficace ; il s'agit de transférer une partie de la charge de cotisations sociales qui pèse sur les entreprises vers la consommation. En gros, une entreprise qui vend un produit ou un service à 100 euros hors taxe verra sa vente augmentée de 19,60 euros de TVA ; coût pour l'acheteur = 119,60 euros. Le principe est de baisser les cotisations patronales d'un côté et relever le taux de TVA de l'autre, mais avec la finalité que la vente soit toujours au prix de 119,60 euros.

Mais alors au final, quel intérêt de procéder à ce jeu de vases communicants pour des recettes qui resteront destinées aux caisses de la sécurité sociale ? Le but est de favoriser l'activité des entreprises françaises au détriment des entreprises étrangères. En effet, l'augmentation de la TVA sur les produits étrangers va automatiquement augmenter leur prix de vente final, les entreprises étrangères ne bénéficiant pas de la même compensation de baisse de charges sociales.

Vu comme ça, de façon théorique, ça semble séduisant ... Cette TVA sociale serait alors un moyen efficace pour favoriser notre économie. Mais il y a deux problèmes majeurs qui viennent assombrir le tableau. Déjà, est-ce que les entreprises françaises vont jouer le jeu ? Est-ce qu'elles vont répercuter sur leur prix de vente hors taxe la baisse des charges patronales ? Nous avons l'exemple de la restauration, secteur où la TVA a été ramenée de 19,6% à 5,5% en vue de redynamiser le secteur, soit en baissant les tarifs soit en embauchant. Et c'est un fiasco ! Attention, la crise financière et économique actuelle y joue un rôle important.

L'autre problème, c'est que la france s'est désindustrialisée et que nos biens de consommation viennent presque tous de l'étranger. Essayer de trouver un aspirateur, une machine à café, un marteau, un téléphone, un ordinateur, une voiture, ... qui soient fabriqués dans l'hexagone ! Cela veut dire que le prix de vente public de tous ces articles va augmentet mécaniquement avec la hausse de la TVA. Et derrière, ce sera de l'inflation et une baisse de la consommation. Vous me direz, le partisan d'une société moins productiviste et moins consumériste que je suis devrait s'en satisfaire, mais pas de cette façon là ! Transformer nos comportements de consommateurs de façon volontaire, oui, mais là nous subissons une paupérisation qui aboutit à une décroissance forcée ...

Les promoteurs de cette TVA sociale évoquent les exemples Danois et Allemands, mais c'était avant la crise financière de 2008 ! Nous constatons aujourd'hui une contraction de l'activité économique et ce contexte est très mal adapté à un tel projet. Et puis nos voisins du nord-est de l'Europe sont plus disciplinés que nous ... Mais néanmoins je ne les envie pas.

20/09/2011

Ateliers et débats samedi 24 septembre à la Salamane : le pouvoir de dire Non !

A l'initiative de l'association Salamane se tiennent samedi après-midi des rencontres festtives sur le site agricole où la communauté des communes du Clermontais a décidé d'implanter une plate-forme logistique de  l'enseigne Système U sur une nouvelle ZAC de 70 ha. Cette initiative a rencontré un très large écho auprès des associations et des collectifs de la région (No-Palm, Hinterland, Agrexco, Gaz de schiste, ..), et l'occasion sera donnée ce samedi de fédérer toutes ces luttes contre une artificialisation spéculative des meilleures terres agricoles, mais aussi pour promouvoir un autre modèle de développement. La présence de Pierre Rabhi témoigne du caractère prospectif de ces rencontres, il ne s'agira pas seulement de dire Non, mais bien de mettre en place un processus qui aboutisse à des propositions et à des expérimentations pour des territoires en transition à l'échelle régionale.

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Venez nombreux samedi à Clermont l'Hérault et faites circuler l'information autour de vous. Une forte mobiilisation samedi démontrera la nécessité de multiplier ces espaces de démocratie participative qui relèguent les primaires du PS dans la catégorie des émissions de télé-réalité.

15/09/2011

Payer collectivement pour le locataire indélicat ?

Pour illustrer le problème de la dette grecque, les commentateurs économiques nous ressassent sans cesse cette histoire du locataire qui ne paye pas son loyer. Et de demander à la cantonade s'il serait normal que tous les autres locataires payent pour lui ...

Imaginons effectivement un locataire dont la situation financière est fortement dégradée, et qu'il ne s'acquitte plus de ses loyers. Mais en même temps, ce locataire indélicat achète à sa voisine du dessus les confitures, les soupes et les plats cuisinés que ses parents confectionnent à la campagne. Que ce locataire aide sa vieille voisine à aller faire ses courses. Que quelques voisins viennent régulièrement chez lui pour passer un bon moment. Que la femme de ce locataire tant décrié garde en fin d'après-midi quelques enfants de l'immeuble après l'école, et que notre locataire bricoleur dépanne ses voisins pour quelques travaux intérieurs (même au black).

Bref, ce voisin qui ne paye pas son loyer se révèle sous d'autres angles que le seul argent. Il y a du lien social et de la solidarité, et cela compte plus que tout !

Et il en est de même pour la Grèce. Les allemands comme les français aimaient bien les grecs quand ils achetaient des sous-marins et des avions de chasse, et avec des obligations garanties par les banques françaises et allemandes. Si la Grèce devait abandonner la zone euro, cela constituerait pour ses voisins européens une baisse de leur balance commerciale.

Cessons donc de n'avoir les yeux fixés que sur les cours de la bourse et abordons le projet européen avec une autre grille de lecture, plus sociale, plus solidaire et plus exemplaire pour le reste du monde.