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18/12/2011

La dette, le nouvel étendard de l'alter-mondialisme

La dette, c'est tout d'abord un sujet qui alimente toutes les chroniques depuis de nombreux mois. Mais ce n'est pas de la dette des ménages ou des lignes de trésorerie des entreprises dont il s'agit, c'est désormais la dette des Etats qui nous plonge dans l'angoisse. Les Etats sont les structures protectrices des citoyens, et mettre en cause leur capacité à assurer notre avenir est assez déstabilisant.

C'est la dette de l'Etat Grec qui a déclenché la contagion, mais pourquoi la dette des Etats-Unis ou celle du Japon, bien plus inquiétante, nous laisse-t-elle de marbre ? Pour la période 2012-2016, les USA vont entrer dans une crise systémique ; cette grande nation, première puissance mondiale, sera insolvable et ingouvernable ! A côté, l'europe passe pour un nouveau monde ...

Car la dette est un faux problème, ou plutôt l'arbre qui cache la forêt. Sarkozy et Merkel en ont fait la question prioritaire pour nous détourner de leurs politiques ultra-libérales. Des deux côtés du Rhin, ce sont tous ceux qui n'ont que leur salaire pour vivre qui vont voir leurs droits s'amenuiser et leurs devoirs augmenter. Depuis que sarkozy est au pouvoir, sa seule stratégie a été de réduire les prévèvements sur les entreprises et sur les plus riches en espérant que cet argent serait consacré à la relance de l'économie. Un seul exemple, la suppression de la Taxe Professionnelle en 2010 a fait économiser 5 à 6 millards d'euros aux entreprises. Cette manne a-t-elle été investie dans de la création de richesses et d'emplois ? Les statistiques de l'INSEE n'en témoignent pas ... Au final, les recettes de l'Etat n'ont cessé de décroître depuis quelques années, mais à dépenses égales (voire supérieures pour renflouer l'industrie financière) ; d'où un déficit récurent qui abonde la dette.

La vraie question que pose la dette, c'est celle de la démocratie. La Grèce et l'Iralie ont démontré comment le monde financier avait installé des gouvernements "techniques" pour affronter leurs difficultés budgétaires, mais essentiellement pour imposer aux populations des plans de rigueur insupportables. Oui, l'Allemagne a sur ce plan été un précurseur, mais à quels prix ? La population allemande supporte de moins en moins les conséquences sociales de ce volontarisme économique. Question indute : quels mouvements politiques sont en mesure de proposer un autre modèle à l'échelle européenne ?

L'intérêt général doit être le fil conducteur de toute politique, et c'est donc l'intérêt des peuples qui doit passer avant l'intérêt de quelques groupes financiers. L'éducation, la santé, le logement, l'alimentation, la sécurité, le travail, ... sont quelques uns des droits fondamentaux des citoyens. Et s'il fallait une règle d'or, ce serait pour préciser que ces droits ne sont pas négociables !

Mettons donc de côté cette question de la dette et focalisons-nous sur le progrès social qui a cessé de progresser avec les gouvernements de droite. Ce n'est pas le développement économique qui génère de lui-même du progrès social, alors il faut que l'Etat inverse la tendance. Il faut que les recettes de l'Etat aillent dans le progrès technologique et social qui seront les clés de notre bonne santé économique. En théorie, c'est ainsi que se distinguent des projets politiques de droite et de gauche ...

11/12/2011

Depuis le milieu des années 80, l'Etat accumule les cadeaux fiscaux !

Le graphique ci-dessous est extrait du blog www.les-crises.fr ; la note présente plusieurs graphiques qui détaillent les budgets (en dépense et en recette en % du PIB) de l'Etat, des collectivités locales et de la sécurité sociale. Et le seul budget qui ne croît pas en même temps que croït l'activité économique (ie. le PIB), c'est celui de l'Etat.

Déficit des administrations centrales Maastricht

Ce qui est remarquable, ce n'est pas tant que ce budget décroîsse, mais surtout que les recettes baissent plus vite que les dépenses. L'Etat a régulièrement transféré des budgets vers la sécurité sociale (cf. la CSG en 1990) et vers les collectivités locales (cf. lois de décentralisation) ; et la note sur le blog d'Olivier Berruyer en témoigne. Mais au final, c'est le déficit public de toutes ces administrations publiques qui s'installe durablement.

Or, le Produit Intérieur Brut (PIB) de la France a été multiplié par 41 en un demi-siècle ! Le chiffre de 2.000 milliards d'euros échappe à notre endettement commun, mais c'est la richesse produite par l'économie française cette année.   

Je n'ajoute pas à cette analyse le détail des éléments relatifs à l'épargne ou au patrimoine des français (et de l'etat), mais la situation globale de la France n'est pas si noire que ce qu'on veut nous faire croire. Et en nous focalisant de façon paroxystique sur la dette, et sur cette fameuse crise de la dette, c'est comme s'alarmer sur la fièvre d'un patient sans se pencher sur son état général.

Alors laissons la dette de côté et oublions cette note AAA dont personne ne parlait il y a encore un an ou deux, et exigeons que l'Etat renoue avec un budget équilibre. Et pas au travers d'une politique de rigueur qui va contracter l'activité économique intérieure et tirer notre contrat social vers le bas. L'Etat doit revenir aux niveaux de prélèvements fiscaux d'il y a 10 ans et récupérer ainsi des dizaines de milliards d'euros qui ont le plus souvent attéri dans les poches des plus aisés, et donc de ceux qui en avaient le moins besoin ...

03/12/2011

L'Europe sera au coeur de la présidentielle de 2012

En 2008, Nicolas Sarkozy avait les yeux et le coeur tournés vers les USA. Le modèle économique américain est celui qu'il voulait pour la France. Il avouait son admiration pour Georges Bush et, dans son rêve américain, il promettait aux français qu'ils seraient bientôt tous propriétaires ... à crédit ! Et il a encore pour Barack Obama les mêmes yeux de Chimène ...

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Mais la réalité économique a très vite viré au cauchemar. Depuis 2008, Nicolas Sarkozy a cessé de croire que les marchés allaient porter indéfiniment de la croissance et donc du progrès social. Son "travailler plus pour gagner plus" aura fait long feu ... Mais Nicolas Sarkozy est aux affaires depuis pas mal de temps, et il a par le passé occupé le poste de Ministre de l'Economie ! Alors comment a-t-il pu laisser la situation se dégrader ainsi ?

Car désormais, Nicolas Sarkozy rêve un peu moins d'Amérique et son modèle est devenu Allemand. Angela Merkel est devenue son égérie ; mais là où les français aimeraient voir leur Président négocier d'égal à égal, ils ont plutôt le sentiment que l'on s'aligne ...

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Il n'y a pas de germanophobie dans cette conclusion, mais surtout une europhilie frustrée. Le système financier impose ses stratégies et ses pions, comme à la tête de la BCE, de la Grèce et de l'Italie, et il privilégie l'union des gouvernements à l'europe démocratique. Le projet de référendum Grec a été la plus marquante illustration de l'incompatibilité entre le pouvoir financier détenu par quelques uns à travers le monde et l'expression citoyenne. C'est en réalité une dictature, douce en apparence mais terrible en réalité, qui étend ses tentacules. Les classes moyennes se paupérisent dans toute l'Europe, mais les plus riches continuent de s'enrichir. Et les produits de luxe ne connaissant pas la crise ...

Mais il faut surtout échapper au discours ambiant, totalement anxyiogène, où nous serions à genou et fatalement obligés de subir une rigueur qui rime avec régression sociale. Le PIB de la France va avoisiner les 2.000 milliards d'euros en 2011, ce qui correspond à la richesse qui sera produite (ou consommée) dans l'hexagone. La France est cinquième pour son PIB derrière les USA, la Chine, le Japon et l'Allemagne ; et la zone Euro est la deuxième économie mondiale !

Non, la rigueur ne s'impose pas. Oui, Nicolas Sarkozy est un pompier pyromane, et il veut nous faire croire qu'il est le seul à pouvoir lutter contre la crise qu'il met en scène quotidiennement. Fini les rêves, le Président Sarkozy n'a que sa réélection en tête.

16:28 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4)