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22/12/2011

Système U, entre séduction médiatique et rigueur sociale ...

L'émission "C dans l'air" d'Yves Calvi sur france 5 a donné une belle occasion ce mercredi au PDG de Système U Serge Papin pour se draper de quelques vertus dans la perspective d'un repas économique pour Noël. Mais que faisait donc la grande distribution sur ce plateau ?

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De Jean-Marie Pelt à Périco Légasse, le très souriant Serge Papin se trouve toujours une compagnie de qualité qui lui confère alors un zeste de crédibilité ...

Mais l'actualité régionale n'a pas laissé 24 heures à Système U pour capitaliser sur l'émission phare de France 5 ... Dès le lendemain, le 19h de France 3 Sud titrait sur le conflit social au sein de la plate-forme logistique de Système U à Vendargues. La plate-forme était bloquée et les magasins U de tout le sud de la France risquaient la rupture d'approvionnement à la veille des fêtes ! Les salariés ont témoigné sur leurs conditions de travail, sur leurs salaires et sur le changement des horaires qui doit s'imposer prochainement.

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Et c'est au Directeur Général de Système U Sud d'avoir le mot de la fin : "... déjà d'une manière générale nous ne négocions pas avec les grévistes ...". Bertrand Gardes n'est pas un inconnu pour les opposants au projet de plate-forme sur la plaine de la Salamane, opposants qu'il réduit trop hâtivement à un groupuscule de gauchistes.

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Voilà ce qui attend les futurs préparateurs de commande de la plate-forme Système U de Clermont l'Hérault, un projet dont le volet social aura été totalement occulté par nos édiles socialistes. Il sera intéressant de demander au député socialiste  de la circonscription si le projet politique qu'il défénd pour 2012 est à l'image du climat supporté par les salariés de Système U à Vendargues ...

18/12/2011

La dette, le nouvel étendard de l'alter-mondialisme

La dette, c'est tout d'abord un sujet qui alimente toutes les chroniques depuis de nombreux mois. Mais ce n'est pas de la dette des ménages ou des lignes de trésorerie des entreprises dont il s'agit, c'est désormais la dette des Etats qui nous plonge dans l'angoisse. Les Etats sont les structures protectrices des citoyens, et mettre en cause leur capacité à assurer notre avenir est assez déstabilisant.

C'est la dette de l'Etat Grec qui a déclenché la contagion, mais pourquoi la dette des Etats-Unis ou celle du Japon, bien plus inquiétante, nous laisse-t-elle de marbre ? Pour la période 2012-2016, les USA vont entrer dans une crise systémique ; cette grande nation, première puissance mondiale, sera insolvable et ingouvernable ! A côté, l'europe passe pour un nouveau monde ...

Car la dette est un faux problème, ou plutôt l'arbre qui cache la forêt. Sarkozy et Merkel en ont fait la question prioritaire pour nous détourner de leurs politiques ultra-libérales. Des deux côtés du Rhin, ce sont tous ceux qui n'ont que leur salaire pour vivre qui vont voir leurs droits s'amenuiser et leurs devoirs augmenter. Depuis que sarkozy est au pouvoir, sa seule stratégie a été de réduire les prévèvements sur les entreprises et sur les plus riches en espérant que cet argent serait consacré à la relance de l'économie. Un seul exemple, la suppression de la Taxe Professionnelle en 2010 a fait économiser 5 à 6 millards d'euros aux entreprises. Cette manne a-t-elle été investie dans de la création de richesses et d'emplois ? Les statistiques de l'INSEE n'en témoignent pas ... Au final, les recettes de l'Etat n'ont cessé de décroître depuis quelques années, mais à dépenses égales (voire supérieures pour renflouer l'industrie financière) ; d'où un déficit récurent qui abonde la dette.

La vraie question que pose la dette, c'est celle de la démocratie. La Grèce et l'Iralie ont démontré comment le monde financier avait installé des gouvernements "techniques" pour affronter leurs difficultés budgétaires, mais essentiellement pour imposer aux populations des plans de rigueur insupportables. Oui, l'Allemagne a sur ce plan été un précurseur, mais à quels prix ? La population allemande supporte de moins en moins les conséquences sociales de ce volontarisme économique. Question indute : quels mouvements politiques sont en mesure de proposer un autre modèle à l'échelle européenne ?

L'intérêt général doit être le fil conducteur de toute politique, et c'est donc l'intérêt des peuples qui doit passer avant l'intérêt de quelques groupes financiers. L'éducation, la santé, le logement, l'alimentation, la sécurité, le travail, ... sont quelques uns des droits fondamentaux des citoyens. Et s'il fallait une règle d'or, ce serait pour préciser que ces droits ne sont pas négociables !

Mettons donc de côté cette question de la dette et focalisons-nous sur le progrès social qui a cessé de progresser avec les gouvernements de droite. Ce n'est pas le développement économique qui génère de lui-même du progrès social, alors il faut que l'Etat inverse la tendance. Il faut que les recettes de l'Etat aillent dans le progrès technologique et social qui seront les clés de notre bonne santé économique. En théorie, c'est ainsi que se distinguent des projets politiques de droite et de gauche ...

11/12/2011

Depuis le milieu des années 80, l'Etat accumule les cadeaux fiscaux !

Le graphique ci-dessous est extrait du blog www.les-crises.fr ; la note présente plusieurs graphiques qui détaillent les budgets (en dépense et en recette en % du PIB) de l'Etat, des collectivités locales et de la sécurité sociale. Et le seul budget qui ne croît pas en même temps que croït l'activité économique (ie. le PIB), c'est celui de l'Etat.

Déficit des administrations centrales Maastricht

Ce qui est remarquable, ce n'est pas tant que ce budget décroîsse, mais surtout que les recettes baissent plus vite que les dépenses. L'Etat a régulièrement transféré des budgets vers la sécurité sociale (cf. la CSG en 1990) et vers les collectivités locales (cf. lois de décentralisation) ; et la note sur le blog d'Olivier Berruyer en témoigne. Mais au final, c'est le déficit public de toutes ces administrations publiques qui s'installe durablement.

Or, le Produit Intérieur Brut (PIB) de la France a été multiplié par 41 en un demi-siècle ! Le chiffre de 2.000 milliards d'euros échappe à notre endettement commun, mais c'est la richesse produite par l'économie française cette année.   

Je n'ajoute pas à cette analyse le détail des éléments relatifs à l'épargne ou au patrimoine des français (et de l'etat), mais la situation globale de la France n'est pas si noire que ce qu'on veut nous faire croire. Et en nous focalisant de façon paroxystique sur la dette, et sur cette fameuse crise de la dette, c'est comme s'alarmer sur la fièvre d'un patient sans se pencher sur son état général.

Alors laissons la dette de côté et oublions cette note AAA dont personne ne parlait il y a encore un an ou deux, et exigeons que l'Etat renoue avec un budget équilibre. Et pas au travers d'une politique de rigueur qui va contracter l'activité économique intérieure et tirer notre contrat social vers le bas. L'Etat doit revenir aux niveaux de prélèvements fiscaux d'il y a 10 ans et récupérer ainsi des dizaines de milliards d'euros qui ont le plus souvent attéri dans les poches des plus aisés, et donc de ceux qui en avaient le moins besoin ...