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09/03/2012

Présidentielles, le troisième tour sera difficile ...

Allez, imaginons que François Hollande soit élu Président de la République le 6 mai 2012 ... et que dans la foulée il obtienne une majorité parlementaire avant l'été. Mais il serait trop simple de s'en réjouir, car le contexte social, économique et financier n'aura pas changé du jour au lendemain.

La presse nous révèle que des plans sociaux sont dans les cartons, mais que les dirigeants d'entreprise attendent encore un peu pour ne pas trop plomber la campagne de Sarkozy. Eh, il ne peut pas multiplier les tours de passe-passe comme pour Lejaby, Petroplus ou Florange ... Par ailleurs, peut-on imaginer que les conservateurs européens, politiques ou capitaines d'entreprises, vont laisser la contagion se propager à toute l'Europe ? Ces chantres du modèle dominant ont étouffé les aspirations démocratiques des Grecs et des Italiens, alors ils ne vont pas laisser l'Allemagne basculer à gauche en 2013. Le Président Hollande verra son début de mandat jonché de peaux de bananes.

Quant à la gauche française, elle ne partage pas le même enthousiasme que le Parti Socialiste. D'ailleurs, Jean-Luc Mélenchon a déjà annoncé qu'il n'irait pas au Gouvernement ; il préfère donner de la voix dans la rue que de rentrer dans le rang. Une activité économique atone et une paupérisation rampante vont continuer en 2012 de nourrir une constestation sociale bien légitime. Il se passera donc une bonne année avant que les première mesures du Gouvernement de François Hollande portent leurs fruits, de longs mois pendant lesquels le peuple rongera son frein.

Le troisième tour de l'élection présidentielle est donc à haut risque. Les partis de gauche auront une très grande responsabilité, mais aussi tous les corps intermédiaires qui devront s'engager dans un dialogue social mobilisateur. Le Gouvernement devra aussi déployer un bouclier social pour protéger ceux qui souffriraient le plus de la situation économique (après qu'un bouclier fiscal ait favorisé les plus riches pendant tant d'années).

Ne nous gâchons pas non plus le plaisir de voir Sarkozy quitter l'Elysée, mais il faut rester lucides sur l'état de la société qui reste encore très fragile.

23:48 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

04/03/2012

Les riches contre les pauvres ? Non, il faut simplement de la solidarité !

La campagne des présidentielles se cristallise actuellement sur des politiques anti-riches ou anti-pauvres. C'est ainsi que la droite critique la proposition de François Hollande de vouloir confisquer plus de 75% des revenus de ceux qui gagnent plus de un million d'euros par an. Et c'est ainsi que la gauche critique la politique de Nicolas Sarkozy qui accroît la paupérisation (plus de chômeurs, plus d'emplois industriels supprimés, des fonctionnaires non remplacés et donc des services publics toujours plus sacrifiés, ...). Mais au delà de ces attaques de campagne, que fait-on concrètement pour que l'indice de développement humain (IDH) de la France cesse de décroître ? La France est vingtième au classement et figure encore dans la liste  des pays ayant un IDH très élevé, mais notre pays perd six places en une année et douze sur deux ans !

Personne ne parle de cet indicateur dans la campagne, les candidats ne connaissant que le PIB comme seul thermomètre socio-économique. Mais l'IDH repose sur des critères de qualité de vie (santé, éducation et savoirs, pouvoir d'achat) qui nécessitent d'avoir une République solidaire. La fiscalité est dite redistributive quand elle contribue efficacement à la réduction des inégalités sociales ; et c'est sa progressivité qui le permet. La question est très simple, comment faire pour avoir un bon système de santé, un bon système éducatif, une bonne infrastructure de transports, un parc de logements suffisant, une recherche (privée et publique) à la pointe, des conditions de travail épanouissantes, etc ? Dans ces domaines, il faut toujours en faire plus et il est donc nécessaire que les politiques publiques favorisent ces progrès sociaux.

Les finances publiques (Etat, collectivités locales et sécurité sociale) captent la moitié de la richesse nationale (50% du PIB) ; pour 2011, le PIB de la France atteint presque les 2.000 milliards d'euros (en distinguant le PIB en valeur courante à 1.995,79 milliards d'euros et le PIB en volume à 1.804,87 milliards d'euros). Mais si cet indicateur croît d'année en année (cf. courbe), il croît spectaculairement de moins en moins (cf. courbe) ! Et rapporté aux nombre des habitants, la France perd son cinquième rang mondial pour tomber à la vingtième place (à l'opposé du Luxembourg). Cette croissance qui se raréfie nous oblige à mieux prélever et à mieux utiliser les recettes publiques, sans toutefois porter préjudice à l'activité économique et sans stigmatiser les uns contre les autres. Je répète sans relâche que le progrès social contribue à l'efficacité économique, et vice-versa. Je sais qu'en affirmant cela j'échappe au clivage gauche-droite qui prédomine aujourd'hui, et c'est en partie pour cela que je suis écologiste ;-)

23/02/2012

Hollande, nucléo-réaliste :-(

François Hollande est écartelé entre ses alliés écolos et ses amis de l'industrie nucléaire, mais dans tous les cas il n'affiche aucune conviction personnelle.

S'engager à ne fermer qu'une seule centrale nucléaire dans les cinq ans de mandat témoigne d'un souci permanent de compromis mou, et finalement il pourrait aussi bien les fermer toutes que n'en fermer aucune ... Quels sont les arguments des anti-nucléaires ? Que les centrales nucléaires constituent désormais un risque trop important (après Three Miles Island, Tchernobyl et Fukushima), que la gestion de leurs déchets est un problème récurrent que nous reportons sur les générations futures, que le principe d'indépendance énergétique est un mythe, mais aussi que leur rendement ainsi que leur disponibilité sont loin de répondre aux besoins en électricité (cf. importation massive l'hiver). Face à ces problèmes, on ne peut qu'engager un processus de fermeture progressif des réacteurs nucléaires de notre territoire.

Alors que signfie de dire qu'il n'en fermera qu'une seule en cinq ans et qu'il tendra vers 50% d'énergie nucléaire dans le bouquet des ressources électriques d'ici 2020 ? Prenons l'exemple de la sécurité routière. Quand on pose le principe que la vitesse est un facteur d'accidentologie et donc que la vitesse des véhicules est limitée sur autoroute, sur les routes et en ville ; cela vaut pour tous les véhicules ! On ne dit pas que la moitié du parc des véhicules en circulation pourrait rouler jusqu'à 130 km/h sur autoroute et que l'autre moitié serait limitée à 110 km/h, par exemple parce que cette autre moitié serait constituée de véhicules de plus de 10 ans.

Mais les écologistes ne sont pas non plus des Ayatollahs. On sait (cf. scénario Négawatts) qu'en poussant au maximum l'efficacité des équipements électriques et la sobriété de la consommation, par exemple en isolant mieux les constructions, on peut réduire de 65% notre consommation d'électricité. Il est donc possible de fixer un objectif de fermeture de réacteurs nucléaires qui serait corrélé à un indicateur d'économie d'énergie. De même pour les énergies renouvelables, on pourrait corréler un rythme de fermeture de centrales aux capacités nouvelles de production issues des sources d'énergie renouvelable.

Un tel scénario est compréhensible par tout un chacun, et il ne doit pas générer un clivage politique. Et l'alternative au nucléaire n'est pas le retour à la lampe à huile ... Produire des équipements efficaces est même devenu un argument commercial ; aujourd'hui, il ne se vend presque plus que des équipements classés A, et il faudrait presque définir des sous-catégories de A. Isoler des maisons, c'est un gisement d'emplois non délocalisables. Idem pour le démantèlement des centrales ... Et les Allemands qui sont si souvent cités en exemple ne s'y sont pas trompés ; ils créent de l'emploi non délocalisable et ils génèrent ainsi de la croissance économique.

Peut-être qu'une fréquentation plus assidue du futur Président de la République de quelques écologistes pédagogues lui fera changer d'avis en cours de mandat. Il ne faut pas désespérer ...