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11/03/2012

CROISSANCE, le mot qui est dans la bouche de presque tous les candidats à laprésidentielle ...

"Le cercle vertueux de la croissance", c'est ainsi que la classe politique continue de promouvoir un système où la croissance et l'emploi s'entretiennent mutuellement. Mais qu'est-ce que la croissance ? C'est l'augmentation, année après année, de la production annuelle d'un pays, d'une fédération de pays ou de la totalité des Etats de la planète. Mais qui dit production dit aussi consommation, et il s'agit là d'une façon tout aussi dépassée de mesurer la qualité de vie de milliards d'êtres humains.

Or, produire toujours plus (et donc consommer toujours plus), c'est extraire toujours plus de matières premières, c'est cultiver toujours plus de terres agricoles, c'est prélever toujours plus d'eau potable et c'est augmenter toujours plus le transport des marchandises. Mais cette croissance peut-elle croître sans aucune incidence sur l'état de la planète ? On sait aujourd'hui que si tous les êtres humains veulent vivre comme des Européens, alors il faudrait deux planètes Terre à l'horizon 2030 ! Les capacité de notre planète, c'est à dire l'ensemble de ses ressources finies, contraint nécessairement le potentiel de croissance.

Nombreux sont ceux qui expliquent que cela fait des siècles que l'humanité vis sur ce modèle de croissance économique, et que seules des Cassandre jouent les empêcheurs de consommer sans fin ... Mais chacun voit le prix du prétrole, du cuivre ou du blé qui augmente, et les experts ne voient pas d'autre issue qu'une hausse constante des prix. Et le "travailler plus pour gagner plus" de Sarkozy en 2007 témoigne de la légèreté avec laquelle il avait signé le pacte de Nicolas Hulot !

Nous sommes donc collectivement engagés à inventer un nouveau modèle économique. Oui, nous continuerons à produire et à consommer, mais il faudra désormais privilégier le "mieux" plutôt que le toujours "plus". lI faut de l'équité, il faut de la solidarité et il faut répartir au mieux les richesses. Et cela vaut pour les citoyens comme pour les Etats. En France, il y a 8 millions de pauvres quand 3000 personnes gagnent plus d'un million d'euros par an ... En Europe, l'Allemagne exporte et s'enrichit quand la Grèce s'enfonce malgrés les fonds de soutien européens.

Alors il s'agit de vocabulaire autant que de maturité politique, mais il faut cesser de vanter ce mythe de la croissance pour lui privilégier sobriété et solidarité.

09/03/2012

Présidentielles, le troisième tour sera difficile ...

Allez, imaginons que François Hollande soit élu Président de la République le 6 mai 2012 ... et que dans la foulée il obtienne une majorité parlementaire avant l'été. Mais il serait trop simple de s'en réjouir, car le contexte social, économique et financier n'aura pas changé du jour au lendemain.

La presse nous révèle que des plans sociaux sont dans les cartons, mais que les dirigeants d'entreprise attendent encore un peu pour ne pas trop plomber la campagne de Sarkozy. Eh, il ne peut pas multiplier les tours de passe-passe comme pour Lejaby, Petroplus ou Florange ... Par ailleurs, peut-on imaginer que les conservateurs européens, politiques ou capitaines d'entreprises, vont laisser la contagion se propager à toute l'Europe ? Ces chantres du modèle dominant ont étouffé les aspirations démocratiques des Grecs et des Italiens, alors ils ne vont pas laisser l'Allemagne basculer à gauche en 2013. Le Président Hollande verra son début de mandat jonché de peaux de bananes.

Quant à la gauche française, elle ne partage pas le même enthousiasme que le Parti Socialiste. D'ailleurs, Jean-Luc Mélenchon a déjà annoncé qu'il n'irait pas au Gouvernement ; il préfère donner de la voix dans la rue que de rentrer dans le rang. Une activité économique atone et une paupérisation rampante vont continuer en 2012 de nourrir une constestation sociale bien légitime. Il se passera donc une bonne année avant que les première mesures du Gouvernement de François Hollande portent leurs fruits, de longs mois pendant lesquels le peuple rongera son frein.

Le troisième tour de l'élection présidentielle est donc à haut risque. Les partis de gauche auront une très grande responsabilité, mais aussi tous les corps intermédiaires qui devront s'engager dans un dialogue social mobilisateur. Le Gouvernement devra aussi déployer un bouclier social pour protéger ceux qui souffriraient le plus de la situation économique (après qu'un bouclier fiscal ait favorisé les plus riches pendant tant d'années).

Ne nous gâchons pas non plus le plaisir de voir Sarkozy quitter l'Elysée, mais il faut rester lucides sur l'état de la société qui reste encore très fragile.

23:48 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

04/03/2012

Les riches contre les pauvres ? Non, il faut simplement de la solidarité !

La campagne des présidentielles se cristallise actuellement sur des politiques anti-riches ou anti-pauvres. C'est ainsi que la droite critique la proposition de François Hollande de vouloir confisquer plus de 75% des revenus de ceux qui gagnent plus de un million d'euros par an. Et c'est ainsi que la gauche critique la politique de Nicolas Sarkozy qui accroît la paupérisation (plus de chômeurs, plus d'emplois industriels supprimés, des fonctionnaires non remplacés et donc des services publics toujours plus sacrifiés, ...). Mais au delà de ces attaques de campagne, que fait-on concrètement pour que l'indice de développement humain (IDH) de la France cesse de décroître ? La France est vingtième au classement et figure encore dans la liste  des pays ayant un IDH très élevé, mais notre pays perd six places en une année et douze sur deux ans !

Personne ne parle de cet indicateur dans la campagne, les candidats ne connaissant que le PIB comme seul thermomètre socio-économique. Mais l'IDH repose sur des critères de qualité de vie (santé, éducation et savoirs, pouvoir d'achat) qui nécessitent d'avoir une République solidaire. La fiscalité est dite redistributive quand elle contribue efficacement à la réduction des inégalités sociales ; et c'est sa progressivité qui le permet. La question est très simple, comment faire pour avoir un bon système de santé, un bon système éducatif, une bonne infrastructure de transports, un parc de logements suffisant, une recherche (privée et publique) à la pointe, des conditions de travail épanouissantes, etc ? Dans ces domaines, il faut toujours en faire plus et il est donc nécessaire que les politiques publiques favorisent ces progrès sociaux.

Les finances publiques (Etat, collectivités locales et sécurité sociale) captent la moitié de la richesse nationale (50% du PIB) ; pour 2011, le PIB de la France atteint presque les 2.000 milliards d'euros (en distinguant le PIB en valeur courante à 1.995,79 milliards d'euros et le PIB en volume à 1.804,87 milliards d'euros). Mais si cet indicateur croît d'année en année (cf. courbe), il croît spectaculairement de moins en moins (cf. courbe) ! Et rapporté aux nombre des habitants, la France perd son cinquième rang mondial pour tomber à la vingtième place (à l'opposé du Luxembourg). Cette croissance qui se raréfie nous oblige à mieux prélever et à mieux utiliser les recettes publiques, sans toutefois porter préjudice à l'activité économique et sans stigmatiser les uns contre les autres. Je répète sans relâche que le progrès social contribue à l'efficacité économique, et vice-versa. Je sais qu'en affirmant cela j'échappe au clivage gauche-droite qui prédomine aujourd'hui, et c'est en partie pour cela que je suis écologiste ;-)