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14/04/2012

L'emploi doit être partagé pour mieux redistribuer la richesse nationale

Environ 25 millions de personnes étaient en age de travailler au début des années 90, nous étions un peu plus de 28 millions en 2010 et l'INSEE prévoit une croissance continue (30 millions d'actifs en 2025), essentiellement portée par les diverses réformes des retraites (et donc à un allongement de la vie active) ainsi que par le taux de natalité en France.

Mais en même temps, l'économie française ne crée pas assez d'emplois pour tout le monde ! Il s'est créé 2 millions d'emplois (salariés et non salariés) entre 1990 et 2000, mais seulement 1 million depuis dix ans. C'est sur la période 1997-2002 que le chômage a baissé le plus depuis 20 ans, mais depuis 2007 le chômage est reparti à la hausse.

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Alors quel programme électoral propose une orientation socio-économique capable de réduire durablement le chômage ? Même Eva Joly et son million d'emplois verts ne parvient pas à résorber le chômage ... Et elle en convient elle-même, la création d'emplois doit aussi s'accompagner d'une diminution du temps de travail. Branche par branche, il va devenir indispensable de négocier le partage du travail. Nicolas Sarkozy avait instauré les heures supplémentaires défiscalisées, ce qui a eut pour conséquence de donner plus de travail à ceux qui en avaient déjà, laissant des millions d'autres sur le carreau.

Et ces chiffres bruts ne suffisent pas à qualifier la situation sociale de millions de Français. Avoir un emploi ne suffit pas pour se loger, pour se nourir, pour se déplacer, pour se soigner, pour éduquer ses enfants, pour aider ses aînés, etc. Or, la richesse nationale croît (de moins en moins c'est vrai), mais les 2.000 milliards d'euros qui font de la France la cinquième puissance économique mondiale pourraient être mieux utilisés qu'ils ne le sont aujourd'hui en placements financiers, en dividendes, en épargne et autres rentes.

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C'est un raccourci facile que n'hésitent pas emprunter certains candidats à l'élection présidentielle, mais il n'est pas possible d'affecter directement une partie de cette richesse nationale aux populations qui en ont besoin. Il n'y aura pas de "Robin des bois" ! Il faut par contre que l'activité économique soit plus redistributive, et il faut donc mettre en place les outils fiscaux et sociaux qui amélioreront la qualité vie de tous les Français ; et d'autres indicateurs alternatifs au PIB permettent d'en mesurer la portée.

Alors ce n'est plus à la mode de militer pour la réduction du temps de travail, mais cela va dans le sens de l'histoire ; pourquoi remonterions nous dans le temps ? Au début du XXème siècle, on travaillait 8 heures par jour, 48 heures par semaine et il n'y avait qu'un seul jour de repos hebdomadaire. Et puis tout au long de ce siècle, la durée du travail et le nombre de jours de repos n'ont cessé d'aller dans le sens du progrès social. La mécanisation puis la technologie ont aussi permis d'améliorer la productivité du travail tout en contribuant à accroître la production de richesses.

Le mandat 2012-2017 verra-t-il la semaine de 4 jours devenir la norme ?

13/04/2012

2011-2012, l'écologie politique sort du champ électoral ...

"Entre la gauche molle qui ne promet rien et la gauche folle qui promet tout, je représente la gauche raisonnable" ... Voilà qu'elle se met aux petites phrases choc Eva, la fin de son long chemin de croix lui donnant finalement envie de ressembler aux autres :-(

Décidément, l'écologie politique aura beaucoup perdu pendant cette campagne des présidentielles, avec une candidate que la direction du parti écologiste a porté comme un cache-sexe sur des ambitions politiques personnelles de Cécile, de Jean-Vincent et de quelques autres. Et que dire des législatives qui vont venir ... Avec la soixantaine de circonscriptions réservées sur lesquelles va se concentrer toute l'énergie des instances nationale et régionales, cela donnera un désert militant et médiatique sur les 400 autres circonscriptions nationales.

Prenons le cas de l'Hérault et ses neuf circonscriptions. Europe Ecologie Les Verts est soutenu par le PS sur la 1ère. En retour, Europe Ecologie Les Verts n'a pas présenté de candidat sur les 6ème et 7ème circonscription (à noter que sur la 6ème, c'est un représentant d'EELV qui est le suppléant de la candidate socialiste). Dans ce contexte, une campagne autonome peut-elle prendre tout sa place dans les six autres circonscriptions ? Peut-on imaginer un instant Cécile Duflot ou Jean-Louis Roumégas venir soutenir un(e) candidat(e) opposé(e) à un(e) socialiste quand eux-mêmes sont soutenus [de façon très fragile] par le Parti Socialiste dans leur circonscription ? Et quels messages passeront dans les média ? Surtout si en plus certain-e-s rêvent d'un ministère ...

Or, la planète et ses 7 milliards de bipèdes égoïstes vont de plus en plus mal ... Même si ce n'est pas une préoccupation prioritaire des Français, l'écologie reste le seul espoir de laisser aux générations futures un monde dans lequel ils pourront vivre au moins aussi bien que nous (lire l'article du Monde du 07 avril 2012 : La planète brûle, et ils regardent ailleurs). Heureusement, cette exigence de développement durable s'inscrit de plus en plus dans les politiques publiques des collectivités locales. L'écologie n'est plus la chasse gardée de quelques militants alarmistes, elle se banalise auprès des élus locaux. C'est beaucoup plus vrai dans les grandes villes ... et le comportement de certains élus ruraux tranche d'autant plus.

Bon, vivement l'été !

Structures intercommunales : il faut plus de cohérence et plus de transparence !

Elles sont pléthoriques en France, elles répondent néanmoins à des besoins biens réels, mais elles échappent totalement au contrôle citoyen. Les communautés de communes et d'agglomération sont régulièrement pointées du doigt par les observateurs (média, politiques, cour des compte, ...), mais que dire de tous les Syndicats que l'on suffixe de "mixte", "à vocation unique" ou "à vocation multiple" ?

Prenons le cas du territoire du Coeur d'Hérault qui compte déjà 77 communes ... Il s'y ajoute trois communautés de communes (Clermontais, Lodévois et Vallée de l'Hérault), plus le Pays Coeur d'Hérault. Il s'y ajoute aussi des syndicats qui agissent dans différents domaines de compétence. Sur les déchets, il y a le Syndicat Centre Hérault qui assure le tri et la gestion de tous les déchets ménagers. Mais il y a aussi un Syndicat Mixte du Lodévois qui assure la collecte des déchets. En matière d'électrification rurale, il y a là quelques syndicats (sur la Clamouse, sur la région de Lodève et du Caylar, sur la région du Puech ainsi que sur la région de Salasc et Roquessels). Il y en a aussi quelques uns en matière d'adduction d'eau et de traitement des eaux usées (celui de la Vallée de l'Hérault qui dépasse le terriroire du Coeur d'Hérault pour aller à l'ouest du Piscénois, celui du Puit du DRAC autour d'Aniane, celui du Puit de Rabieux autour de St-Felix-de-Lodez, un autre intitulé A.I.G.U.E sur les communes de Popian et de St-Bauzille de la Sylve, un SIVOM du Larzac [qui s'occupe aussi de ramassage scolaire], un SIVU pour Bélarga et Campagnan et un SEPAC pour Clermont l'Hérault, Nébian et Villeneuvette). On trouve encore d'autres syndicats sur d'autres compétences : le Syndicat d'Aménagement et d'équipement du site de l'Aurelle autour de Gignac, un SIVOM pour la voierie et les espaces verts entre Le Pouget et Vendémian, un syndicat pour l'utilisation en commun de matériel de voierie sur le secteur d'Aniane, le SIVOM de la Rouvière qui intervient sur le Lodévois dans le secteur social (maisons de retraite et restauration). Allez, encore deux ou trois pour la route ... le Syndicat Mixte de gestion du Salagou, le Syndicat Mixe du Bassin du Fleuve Hérault, le Syndicat Mixte du grand site de Navacelles.

"And last but not least", la tentative à demi-réussie de définir le périmètre d'un SCOT sur le Coeur d'Héraut va nécessiter de créer un Syndicat Mixte réunissant les seules communautés de communes du Clermontais et de la Vallée de l'Hérault ... C'est cette structure ad hoc qui portera les études et qui produira d'ici deux ans un document d'urbanisme intercommunal qui s'imposera à tous nos POS et PLU communaux.

Qu'historiquement et que localement toutes ces structures aient leur légitimité, cela ne fait pas de doute. Mais ne faudrait-il pas en réduire le nombre en procédant à des regroupements, à des fusions ? Parce que chacune de ces structures a des dépenses de fonctionnement que l'on pourrait mutualiser, et les administrés y gagneraient en qualité de service. Mais aussi en transparence (inscrite dans la Constitution Française) ! Combien de citoyens sont informés des comptes de ces structures qui sont financées par nos impôts ?

Mais la difficulté, c'est que nous sommes réfractaires à toute politique de simplification imposée par en haut (cf. réforme de la coopération intercommunale qu'a diligenté Nicolas Sarkozy et qui a contribué à faire basculer le Sénat à gauche). Or, nous sommes tout aussi incapables de nous réunir avec tous nos voisins pour essayer d'être plus efficients. Ou alors juste le voisin d'à côté ...

La Constitution pose le principe de libre administration des collectivités territoriales, et chacune des 77 communes du Coeur d'Hérault est donc libre de faire ses propres choix. Sauf que de fil en aiguille on empile des structures qui échappent jusqu'au contrôle des conseils municipaux.

Et en même temps, tout devrait nous conduire à mutualiser beaucoup plus. Prenons le cas des déchets ménagers ; pourquoi la collecte est-elle gérée par les communautés de communes ? Ne serait-il pas plus efficace de transférer cette collecte au Syndicat Centre Hérault qui pourrait ainsi mieux organiser la collecte ? Et puis c'est sa vocation ! Parce que les budgets généraux des communautés de communes absorbent la TEOM (Taxe d'Enlèvement des Ordures Ménagères) dans l'opacité. Même lors du vote du budget on ne distingue pas les dépenses qui vont à la collecte des déchets des autres dépenses de fonctionnement (par exemple sur le personnel).

Un autre exemple sur l'adduction d'eau potable. Autour de sept syndicats pour distribuer l'eau sur le Coeur d'Hérault alors que chaque commune est confrontée a des difficultés sur la ressource, tant en qualité qu'en quantité. Nous sommes pratiquement sur les mêmes nappes phréatiques, les mêmes nappes alluviales de la Lergue et de l'Hérault ; une interconnexion des réseaux paraît de plus en plus indispensable.

Si François Hollande est élu Président et qu'il met réellement en oeuvre sa proposition de faire élire les assemblées communautaires au suffrage universel, alors une question comme l'organisation des structures intercommunales pourra être au coeur d'une campagne électorale mobilisatrice.