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19/05/2012

Quel avenir pour EELV ? Verdir la gauche ou véritablement incarner un autre modèle de société ?

Les accords nationaux entre le Parti Socialiste et Europe Ecologie Les Verts ont conduit à la constitution d'un groupe politique au Sénat, à la nomination de deux ministres (C. Duflot et P. Canfin) dans le premier gouvernement Ayrault, et certainement le 17 juin à la constitution d'un groupe politique à l'Assemblée Nationale. Et après ?

A la différence de Dominique Voynet dans le gouvernement Jospin, où elle était impuissante faute d'un rapport de force suffisant au Parlement, les écologistes sont désormais dans une position charnière ; ils peuvent faire pression. Mais le voudront-ils ? Heureusement, plus aucune élection ne se profile avant le printemps 2014 et les écologistes disposent d'une fenêtre de tir de plus d'un an pour lancer quelques projets cruciaux.

L'énergie d'abord avec la fin de l'ère carbone, la troisième révolution industrielle fondée sur les énergies renouvelables et sur Internet doit être une priorité absolue de ce gouvernement. En Europe, la France est le pays qui a pris le plus de retard ! Et là encore, Angela Merkel a dès son arrivée au pouvoir compris les enjeux de cette mutation industrielle, et la crise économique actuelle rend ses choix stratégique encore plus pertinents. Non, l'arrêt des centrales nucléaires en Allemagne ne signifie pas un retour aux centrales au charbon ou au gaz ; c'est au contraire le volet le plus visible d'un gros effort sur les économies d'énergie et sur la promotion des énergies renouvelables.

La relocalisation de nos industries et de notre agriculture est une autre priorité. Non seulement cela crée de la bonne croissance, mais ça diminuera nos émissions de gaz à effet de serre et il y a des gisements d'emplois à la clé. A. Montebourg et S. Le Foll seront aux commandes dans ces deux domaines où les réponses à apporter ne doivent plus relever des recettes d'il y a trente ans. Les collectivités locales et les milieux professionnels sont des partenaires clés, leur contribution à un changement de modèle économique sera déterminant.

La biodiversité, la continuité des couloirs écologiques dans les projets d'urbanisation, la qualité de l'air, de l'eau et des sols constituent une autre urgence autant pour nous que pour les générations futures. Là, c'est de l'avenir de la planète dont il s'agit et chaque être humain piétine, exploite ou consomme des hectares de bouts de planète. Et là, il y a des comportements individuels et collectifs à modifier ...

Ces exemples n'ont pas vocation à être exhaustifs, ils servent surtout à illustrer la nécessité d'avoir des élus et des militants écologistes en sentinelle. Mais dans quel rôle ? De simples aiguillons de la gauche ou un mouvement indépendant comme le sont les Grünnen en Allemagne ? Cela dépendra du contexte ... Plus les socialistes sont perméables à ces urgences écologistes et plus les écologistes auront un rôle d'accompagnement ; à l'inverse, les écologistes devront partir en résistance si le PS renoue avec ses idées productivistes et consumméristes. L'aéroport de Notre-dame-des-Landes sera un test, mais aussi le désengagement dans le nucléaire.

12:17 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

L'Hérault apportera-t-il sa pierre à l'édifice majoritaire pour François Hollande ?

Ils seront 128 candidats (titulaire et suppléant-e) à se présenter dans l'Hérault au premier tour des législatives du 10 juin 2012 (cf. liste préfectorale) ; cela fait une moyenne de 14 candidats par circonscription. Et sur les 9 circonscriptions de l'Hérault, c'est une trentaine d'étiquettes politiques différentes qui proposeront un projet pour la France : Front National, UMP, Lutte Ouvrière, Debout la République, Majorité présidentielle 2012, Le trèfle, Parti Communiste Français, Union Républicaine Populaire, Solidarité-Ecologie-Gauche alternative, Europe Ecologie Les Verts, Parti Radical, Le Centre pour la France, La France en Action, Parti Ouvrier Indépendant, Front de Gauche, Parti Radical de Gauche (PRG), Parti Pirate, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti Socialiste, Nouveau tiers Etat, Alliance Ecologiste Indépendante, Mouvement écologiste indépendant, Parti Chrétien Démocrate, Cap 21, Parti Occitan, Alliance centriste, Solidarité et progrès. Sans compter les "sans étiquette" ...

Comment interpréter cette abondance de candidatures et d'étiquettes quand on sait qu'il faut faire 5% des votants pour être remboursé de ses frais de campagne et 12,5% des inscrits pour figurer au second tour ? Certains y verront la diversité que la démocratie permet d'exprimer. D'autres seront moins angéliques en rappelant que le financement public des formations politiques dépend directement des résultats aux élections législatives !

Mais sur le fond, quel est l'état des rapports de force ? L'hérault qui ne compte aujourd'hui que deux députés socialistes contribuera-t-il à donner à François Hollande la majorité parlementaire dont il a besoin ?

Sur la prémière circonscription de l'Hérault, la gauche risque de ne pas être présente au second tour. En effet, le candidat écologiste J-L. Roumégas soutenu par le Parti Socialiste affrontera à gauche le Maire de Lattes (C. Meunier), l'ancien chef de cabinet d'Hélène Mandroux à la Mairie de Montpellier (Ch. Khoury), son collègue F. Viguié qui siège au sein du même groupe politique au Conseil Municipal de Montpellier, et une candidate du Parti Communiste (F. Thonnat). La droite est beaucoup moins dispersée avec le Maire de Palavas (Ch. Jeanjean) pour l'UMP et A. Jamet pour le Front National.

Sur la seconde circonscription laissée vacante par André Vézhinet, c'est A-Y. Le Dain qui a été investie pour le Parti Socialiste. René Revol pour le Front de Gauche entamera certainement une part de l'électorat de gauche, ainsi que l'écologiste M. Majdoul, mais la droite ne présente pas des candidats de premier plan et cette circonscription devrait donc rester à gauche. A noter le désistement de Mohamed Bouklit qui a choisi de se retirer pour ne pas permettre au Front National de jouer les arbitres.

Sur la troisième, la sortant UMP J-P. Grand est en danger ; le redécoupage de sa circonscription ne lui a pas été favorable et il pourrait donc faire les frais de la dynamique présidentielle. La candidate socialiste F. Dombre Coste n'a pas à gauche de concurrence dangereuse et elle pourrait donc apporter un siège supplémentaire à la majorité de François Hollande.

Sur la quatrième circonscription, les opposants au député UMP sortant R. Lecou ne manquent pas de notoriété ! Son principal concurrent est le Conseiller général socialiste F. Roig, mais il faut aussi compter sur l'écologiste Y. Pietrasanta, le premier adjoint centriste de Lodève (H. Madani), l'ancien frontiste J-C. Martinez et le communiste Y. Garcia. Le député Lecou n'a plus d'ancrage local depuis qu'il a perdu la mairie de Lodève en 2008, et cette circonscription pourrait donc revenir à la gauche.

La cinquième circonscription pourrait être la surprise de ce premier tour, avec peut-être une élection dès le premier tour du député sortant socialiste K. Mesquida. Ses opposants de gauche comme de droite n'ont pas d'ancrage important sur un territoire qui couvre près d'un tiers du département de l'Hérault.

Le Front National jouera l'une de ses cartes en Languedoc-Roussillon sur la sixième circonscription en misant sur une triangulaire. Mais le Parti Socialiste aura deux candidats (D. Roques et A. Fulleda), ce qui pourrait l'empêcher d'accéder au second tour et donc d'assurer au député sortant UMP (E Aboud) d'être réélu. En tous cas, la machine à perdre ne s'est pas enrayée chez les socialistes Bittérois et le Maire de Béziers doit s'en réjouir à l'avance ...

Sur la septième circonscription, la gauche n'a pas trouvé de compromis pour afficher un front uni contre le député UMP sortant (G. D'Ettore) et contre la frontiste F. Jamet. Le socialiste S. Denaja et le communiste S. Andral pourraient ne pas accéder au second tour ...

Les huitième et neuvième circonscriptions sont nouvelles et elles n'ont donc pas de député sortant. A l'ouest de Montpellier, sur les secteurs de Frontignan et de St-Jean de Védas, le communiste M. Passet, le socialiste Ch. Assaf, le radical de gauche Ph. Thines  et l'écologiste F. Baraize vont tenter d'empêcher le leader départemental de l'UMP, A. Julien, de prendre la huitième circonscription. Il n'est pas certain que le nombre soit leur allier le plus efficace :=(

Sur la neuvième circonscrption qui avait été découpée pour le Maire UMP de la Grande-Motte S. Rossignol, c'est le socialiste P. Vignal qui sera son principal adversaire. Les autres candidats de gauche comme de droite ne devraient pas empêcher ces deux là de se confronter au second tour, et l'issue du scrutin dépendra énormément du basculement possible de l'Assemblée Nationale.

En conclusion, la gauche devrait au moins assurer deux sièges sur la 34-02 et sur la 34-05. L'effet "vague rose et verte" devrait jouer sur la 34-03, sur la 34-04 et sur la 34-09. La concurrence à gauche au premier tour devrait par contre lui être fatale sur la 34-01, sur la 34-06, sur la 34-07 et peut-être même sur la 34-08.

17/05/2012

Le présent nous submerge et le futur nous échappe ... Mais ou sont les écologistes ?

Au travail, en famille ou devant la télé, ce sont les informations du moment présent qui captent toute notre attention et qui mobilisent toute notre énergie. Ces moments présents sont vécus avec curiosité mais aussi avec lassitude, ils suscitent du plaisir et de la souffrance ; ils alimentent l'essentiel de nos échanges comme une forme d'hypnose ...

La séquence politique qui vient de s"écouler et qui s'achèvera en France le 17 juin est toute entière consacrée à l'actualité économique et sociale du moment. Evidemment que le chômage, que le pouvoir d'achat ou encore que le logement et que les transports au quotidien nous préoccupent au plus au point, et mon souhait n'est pas que nous en fassions abstraction, mais le reste alors ? Et en premier lieu l'avenir de nos enfants et de leurs enfants.

Les sols, l'air et les océans sont pollués par les activités humaines, la température moyenne augmente au rythme de nos émissions de gaz à effet de serre, la biodiversité est sans cesse attaquée par la déforestation et par le développement urbain, le modèle économique dominant creuse année après année le fossé entre des pays à l'indécente opulence et d'autres pays qui semblent fatalement destinés à la famine, à la guerre ou aux épidémies, nous mettons chaque jour notre propre santé et celle de nos enfants en danger à cause de nos pratiques de consommation, etc. Bref, nous sommes scotchés à l'écran LCD du téléviseur ou de l'ordinateur, mais nous fermons les yeux sur l'état de la planète qui est sous nos pieds.

Toutes ces préoccupations écologiques que les scientifiques ou que des associations environnementales portent à la connaissance de tous depuis des décenies ont trouvé dans l'écologie politique une issue permettant d'apporter des solutions pérennes. En France, après René Dumont et après la création du parti Les Verts en 1984, l'écologie politique a fait son chemin. Des militants différents de ceux des autres partis, des évènements naturels ou industriels alarmants ainsi que la valorisation de la nature par des films ou par des émissions de télévision, tout cela a contribué par exemple au succès électoral des écologistes aux élections européennes de 2009.

Mais depuis trois ans, comment les campagnes d'Europe Ecologie Les Verts ont-elles contribuées à focaliser notre attention collective sur l'avenir de la planète et de l'espèce humaine ? La campagne d'Eva Joly, l'accord PS/EELV pour les législatives ou encore l'accès aux responsabilités parlementaires ou ministérielles de quelques uns a complètement anéanti la mobilisation de milliers de militants et de sympathisants écologistes.

La question reste posée, qu'est-ce qui permettra demain de susciter notre mobilisation pour protéger notre environnement ? Un nouveau film de Yann Arthus-Bertrand ? Une nouvelle émission télé de Nicolas Hulot ? Une nouvelle mobilisation de José Bové ou de GreenPeace ? Un autre Grenelle de l'Environnement ? Des politiques réussies de développement durable engagées par les collectivités locales ? Le respect de nos engagements internationaux signés lors des Sommet de la Terre ? L'écho qu'y donneront les partis politiques dans leurs campagnes ? C'est en tous cas une question que je me pose personnellement aujourd'hui, et qui guidera mon engagement politique à venir.

"La maison brûle et ils regardent ailleurs ..." [Jacques Chirac en 2002 au Sommet de la Terre de Johannesburg].