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26/08/2012

Avenir de l'Europe, la fin justifie-t-elle les moyens ?

Le Parti Socialiste avait juré que le pacte budgétaire Merkozy ne serait jamais ratifié sans avoir été renégocié. Mais à la rentrée, les députés français seront invités par le Premier Ministre à ratifier ce traité en l'état. La crainte des politiques est que ce traité entraîne les Etats dans une spirale de récession, la règle d'or étant devenue le nouveau dogme de la construction européenne. L'exemple de la grèce est éloquent puisque l'Allemagne et la France lui refusent le délai de 2 ans qu'elle réclame pour appliquer son plan de retour à des budgets respectueux de son avenir au sein de la zone Euro.

Mais il y a désormais deux écoles dans la démarche de construction européenne. D'un côté, il y a ceux qui en ont marre d'avaler des couleuvres. Lionel Jospin affichait en 1997 la même détermination que celle de François Hollande à obtenir de l'Allemagne un pacte de relance de l'emploi. Mais l'intransigance de Kohl obligea Jospin à ratifier le Traité d'Amsterdam sans aucune contre-partie. Et puis il y a eu le TCE en 2005, rejeté par le peuple français mais ratifié par le Parlement. Depuis 15 ans, la construction européenne enchaîne les traités sans que l'on sache vraiment où l'on va ... Enfin si, toujours au profit des mêmes !

L'autre école propose de continuer dans le "sens de l'histoire", tous ces traités n'étant que des aléas conjoncturels, et ils voient se profiler une Europe Fédérale. Ce débat a divisé les écologistes réunis à Poitiers pour leurs journées d'été ; Dany Cohn-bendit invitait les députés à voter le TSCG, car il sera de toutes façons voté par les PS, l'UMP et le Centre, quand le député François de Rugy estimait de son côté que les députés écologistes devaient y réfléchir encore un peu.

Le problème, c'est que ce débat ne passionne que les politiques ; les français, dans leur immense majorité, s'en fichent totalement. L'europe est aujourd'huy synonyme de dette publique, de récession, de capitalisme financier, de bureaucratie et de façon générale d'incertitude sur l'avenir. Alors oui, l'Europe peut signifier autre chose et elle est même la seule issue pour une construction stoppée depuis trop longtemps. Et pour cela, il faut que les Etats qui veulent avancer vers le Fédéralisme se déclarent et y travaillent. Sinon, l'Europe deviendra le meilleur argument électoral du Front National.

22:11 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

15/08/2012

Trois mois après son investiture, Hollande est dans les pas de son prédécesseur ...

Le 15 mai 2012, la passation de pouvoir entre Nicolas Sarkozy et François Hollande ouvre la période "Le changement, c'est maintenant". Et même si les cérémonies d'investiture conservent un faste désuet, des millions de français attendent du nouveau Président une vraie rupture avec le mandat de son prédécesseur.

Mais au 15 août 2012, les traces du changement ne sont pas évidentes. Les forces de l'ordre expulsent encore des Roms de leurs camps de fortune, le Président honore encore des soldats morts en Afghanistan, des violences urbaines amènent encore le Chef de l'Etat à promettre plus de moyens dans ces quartiers difficiles, et tout cela sur fond de crise de la zone Euro et de morosité économique. Bref, à part le nom du Président et de ses ministres, qu'est-ce qui a changé en 3 mois ? On me rétorquera que rien ne peut changer radicalement en si peu de temps, mais c'est que là il n'y a même pas le sentiment qu'un changement se profile ...

La réalité, c'est un chômage qui s'accroît, le pouvoir d'achat et les acquis sociaux qui se réduisent comme peau de chagrin, et des perspectives d'avenir qui s'assombrissent de jour en jour. Et sur le plan Européen, les mêmes acteurs nous rejouent les mêmes scènes, mais avec de nouveaux accessoires (le TSCG qui remplace le MES, celui-ci remplaçait lui-même le FESF).

Plus que jamais, une issue positive à cette situation de crise économique, sociale et environnementale viendra d'initiatives locales. Les collectivités locales, le tissu associatif et les structures professionnelles doivent inscrire les territoires dans des dynamiques de développement durable, équitables, viables et solidaires. Le potentiel existe, et les moyens aussi ! Quand on regarde l'histoire de nos régions, leur essor a toujours été porté par des ressources locales ; l'Etat a longtemps levé les impôts pour payer ses guerres et ses conquêtes coloniales, et puis pour financer des services et des équipements publics. Mais peut-on imaginer qu'un ministre du redressement productif puisse sortir les français du sort qui les attend ?

C'est toujours un étonnement de constater qu'avec bien moins de moyens techniques et moins de richesses qu'aujourd'hui, des cathédrales aient été construites il y a plusieurs siècles, que des lignes de chemin de fer, avec leurs ouvrages d'art, aient été réalisées au début du siècle dernier, que des ports se soient modernisés au fil des siècles, que l'agriculture, l'élevage  et la pêche aient si longtemps assurés l'indépendance alimentaire de notre pays, que des secteurs économiques se soient développés au grè des progrès technologiques et par le labeur des employés comme des entrepreneurs.

Je ne prendrai pas au pied de la lettre la fameuse citation de J-F. Kennedy : "Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays", car elle révèle aussi le rejet des américains pour le pouvoir "liberticide" de l'Etat Fédéral en même temps qu'un patriotisme chevillé au corps (et au drapeau). Mais elle nous incite à ne rien attendre du Président de la République et de ses ministres, excepté les obligations régaliennes de l'Etat (Education, Solidarités, Justice et Sécurité). Pour le reste, il faut agir localement.

10:03 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hollande

25/07/2012

Industrie de l'automobile, la droite réclame toujours une baisse du coût du travail dans ce secteur

Interrogés à la suite des déclarations du gouvernement sur son plan de relance de l'industrie automobile, les ténors de droite, de Jean-Louis Boorlo à Luc Chatel en passant par Valérie Pécresse réclament tous une baisse du coût du travail. Et la solution serait donc pour eux une TVA Auto, ersatz de feu la TVA anti-délocalisation ; on augmente fortement la TVA sur la vente d'automobiles, de toutes les automobiles, et en même temps on réduit les charges sociales payées par les industriels du secteur. Déjà, cela pose un problème de justice ... pourquoi seulement le secteur automobile ?

Bon, imaginons que l'on passe la TVA sur les automobiles de 19,6% à 25%, voire même jusqu'à 33%. Et on baisserait donc d'autant les charges sociales des employeurs (et des employés ?) du secteur automobile ...

Premier problème, Renault et PSA ne contribuent qu'à hauteur de la moitié des ventes en France, ce qui signifie donc que l'autre moitié des acheteurs devrait renoncer à la diversité de l'offre automobile (plus cher pour s'acheter une Austin Mini, une Fiat 500 ou une Golf VolsWagen). En même temps, Renault et PSA ne seraient pas en mesure d'augmenter significativement leur production pour pallier à cette situation critique.

Second problème, Renault produit trois véhicules sur quatre hors de France, et PSA en délocalise une sur deux. Et pour tous ces véhicules fabriqués à l'étranger, essentiellement les petits modèles urbains (en Slovénie pour la Renault Twingo, en République Tchèque pour la Citroen C1 et la Peugeot 107), nos constructeurs nationaux seraient dans l'impossibilité de compenser une hausse de la TVA par une baisse du coût du travail ...

Dommage que la droite s'arc-boute sur une posture idéologique aussi libérale, aussi irresponsable en terme de perénité du financement de notre système social. Parce que le marché automobile va se contracter inévitablement (2 millions de ventes de véhicules neufs prévus en France en 2012 contre 2,15 millions en 2011, 2,21 millions en 2010 et 2,27 millions en 2009), cela conduirait donc en parallèle à réduire les recettes de la sécurité sociale.

Et que penser du plan du gouvernement dévoilé ce matin par Arnaud Montebourg ? Ma réponse renvoie à ma précédente note sur le changement climatique. Le véhicule propre est une bonne réponse, mais c'est une réponse qui ne peut pas être dissociée d'une réflexion plus globale sur nos ressources énergétiques. Elle viendrait d'où cette électricité ? En tous cas, je suis fortement favorable à ce que les flottes des collectivités locales passent au vert ; ce sont des véhicules qui restent cantonnés au territoire de la commune, qui font peu de kilomètres par jour et dont on ne peut quand même pas se passer.