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10/12/2012

Hollande et Valls violent la Constitution !

Mais quelle mouche a piqué le Président de la République et son Ministre de l'Intérieur ? Comment peuvent-ils ainsi outrepasser sans vergogne le principe constitutionnel de séparation des pouvoirs ?

Dans l'affaire qui oppose en justice Valérie Trierweiler et les auteurs de "La Frondeuse", François Hollande et Manuel Valls se sont fendus d'une bafouille transmise au TGI de Paris (cf. lettres de FH et de MV). Comment le tribunal peut-il interpréter cette intervention de l'exécutif dans la procédure ? Qui pourrait réellement en faire abstraction ?

Tous les justiciables ne bénéficient pas d'un tel soutien ; et nos deux bonshommes (quand ils ne seront plus Président et Ministre) seraient bien inspirés de témoigner devant la justice quand des industriels bafouent leurs engagements et jettent sur le carreau des centaines de salariés ...

Comme d'habitude sous la Vème, on retrouve ce phénomène de cour qui traverse les familles politiques. Et qui éloigne les citoyens de leurs  représentants :=(

08/12/2012

Just Doha !

Le protocole de Kyoto est le traité international par lequel 168 pays se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, et qui sont à l'origine du réchauffement climatique. Ce protocole prenait fin le 31 décembre 2012, et la conférence de Doha sur le climat devait permettre de lui donner une suite. Au bout de deux semaines de négociations, les pays participants sont arrivés à un accord de façace. La Russie, le Japon et le Canada s'en sont retirés ; ils rejoignent les Etats-Unis et d'autres pays qui refusent de se fixer des quotas d'émission de gaz à effet de serre. Et au final, les pays signataires de l'accord de cette 18ème conférence internationale sur le climat ne représentent que 15% des émissions mondiales de gaz à effet de serre !

Alors que signifie concrètement cet accord de Doha qui prolonge jusqu'en 2020 le protocole de Kyoto ? Déjà que le problème du réchauffement climatique n'est pas le souci prioritaire de nombreux pays du globe, et pas des moindres ...

L'autre problème non résolu à Doha est le soutien financier à apporter aux pays en développement et qui sont les premières victimes du réchauffement climatique. 100 milliards de dollars devaient être apportés chaque année aux pays du sud jusqu'en 2020. Les pays occidentaux (Union Européenne, Japon, Canada, Russie, ...) rechignent à abonder ce fond de solidarité ; la Chine, le Brésil, l'Afrique du Sud et l'Inde sont au contraire plus déterminés, mais le choix d'une solution collective a été reporté à 2013. Le représentant des Philippines n'aura pas réussi à convaincre tous les participants malgré l'émotion provoquée cette semaine par le passage du typhon Bopha qui a fait plus de 500 morts et des centaines de milliers de sans abri dans son pays.

Il ressort de cette conférence de Doha que les pays les plus riches vont continuer à émettre des gaz à effet de serre afin de conserver leur mode de vie d'enfants gâtés, mais qu'en plus ils se font prier pour aider les victimes de leur lâcheté.

La morale de cette histoire est très bien résumée par la célèbre réplique du film de Sergio Leone [Le bon, la brute et le truand] : "Tu vois, le monde se divise en deux : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi, tu creuses".

01/12/2012

Nationaliser une banque, c'est normal. Nationaliser une usine, ce serait archaïque ...

Mettre de l'argent public à fond perdu dans des entreprises, c'est un emplâtre qui permet de sauver la face. L'Etat joue au chevalier blanc, les syndicats sauvent des emplois, les banquiers ne prennent pas trop de risque et les économistes tournent la tête ... Depuis quatre ans, les Etats occidentaux ont injecté des centaines de milliards d'euros dans l'économie, mais sans aucune garantie que cela porte ses fruits.

Et quand l'Etat français envisage de nationaliser le site de Florange, alors les économistes et les commentateurs "experts" agitent le spectre du retour d'un Etat crypto-marxiste.

Le Maire de Londres, le comique Boris Johnson, est le plus prompt à lancer ses banderilles. A l'écouter nous vendre du "London", on s'attend demain à voir le "10 Downing Street" loué pour le week-end, ou encore "The Queen" en meneuse de congrès de la finance mondiale ...   Boris Johnson

Mais quand les Etats nationalisent les banques, tous ces zélateurs de la pensée libérale montent-ils au créneau ?

En octobre 2008, Londres est entré au capital des huits plus grosses banques du pays  : Abbey (qui appartient à l'Espagnol Santander), Barclays, HBOS (rachetée par Lloyds TSB), HSBC, Lloyds TSB, Nationwide Building Society (la plus grosse banque non cotée du pays), Royal Bank of Scotland et Standard Chartered. Cette nationalisation partielle a coûté 65 milliards d'euros auxquels se sont rajoutés 260 milliards d'euros de ligne de crédit.

En avril 2011, l'Irlande finalise la nationalisation de la totalité de son secteur bancaire (Irish Life & Permanent, Bank of Ireland, ...), plus la fusion forcée d'Allied Irish Bank et de EBS Building Society, pour un coût total (et rétrospectif) de 70 milliards d'euros.

L'Espagne fait aussi régulièrement la une de la presse avec un secteur bancaire constamment sous perfusion. En mai 2012, Madrid nationalisait la quatrième plus grosse banque du Pays, BFA-Banka, pour un peu plus de 4 milliards d'euros. Et il y a quelques jours, Bruxelles a autorisé l'Etat espagnol a renflouer ses banques nationalisées en injectant 17,9 milliards dans BFA-Banka, 9 milliards d'euros dans Catalunya Banc, 5,4 milliards d'euros dans NCG-Banco ; la plus petite et la moins pérenne Banco de Valencia est vendue 1 € symbolique à CaixaBank.

Et si le secteur des banques et des établissements financiers bénéficie de toutes les attentions de l'Europe et du FMI, on se souvient qu'en 2008 le Président Bush avait nationalisé 100% de General Motors pour un total de 50 milliards de dollars. Aujourd'hui, Washington détient encore 30% des actions de la première firme automobile mondiale.

On peut par contre s'interroger sur la pertinence de vouloir sauver le site de Florange. Et là, il faut d'une part évaluer la santé industrielle de ce site, mais d'autre part penser à l'indépendance de la France dans de nombreux secteurs sensibles. Il est impensable que la France n'ait plus sur son territoire d'industrie sidérurgique, ni même d'industrie chimique, pharmaceutique, aéronautique, automobile, etc.

Et face à la mondialisation qui nous dépouille de tout notre patrimoine économique et financier, mais aussi culturel, agricole et sportif, il est urgent que l'Etat assure le service minimum vital ! Et la nationalisation est un outil comme un autre pour garantir à la France de maintenir sur son sol des équipements, des infrastructures et des organisations qui assurent son indépendance.