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12/02/2013

La Salamane, future Méga-aire de repos sur l'A75

Le Conseil Communautaire aura à son ordre du jour du 13 février la vente de trois lots sur la ZAC de la Salamane pour des acquéreurs qui vont mettre en service des activités de restauration. 2205 m2 à la SCI LES BORIES et 2115 m2 pour la SCI BRUVAL pour une activité de "restauration traditionnelle". Et toujours dans le même macro-lot au bord de la route départementale, juste après le giratoire de l'A75, 3130 m2 pour la SCI SKAL qui va développer une activité de "services de traiteurs" avec un espace de vente, une salle de restauration et un espace de production.

Ajouté aux complexes commerciaux que le Conseil Communautaire a autorisés le 19 décembre dernier, la ZAC de la Salamane va de plus en plus ressembler à une gigantesque aire de repos au bord de l'A75. Il n'y a aucune réflexion collective pour faire de cette ZAC un pôle de compétences créateur d'emploi, mais des entrepreneurs opportunistes ont bien perçu le potentiel commercial de cette ZAC au bord d'une autoroute qui amènera une clientèle captive.

Nous sommes loin des exigences initiales que l'Etat a imposé aux collectivités locales lors du projet d'A75, et qui s'est concrétisé par le "1% paysage". L'Etat ne voulait pas que les abords de l'A75 ressemble à ceux des autoroutes de la vallée du Rhône, et toutes les collectivités locales s'étaient engagées à valoriser leur patrimoine paysager.

Quant à la plateforme logistique de Système U, sa dangerosité est totalement occultée. Des activités commerciales vont se développer autour de cet établissement classé "SEVESO II - Seuil bas", mais cela ne semble géner personne ... Ni les élus locaux, ni les entrepreneurs impliqués, ni les services de l'Etat, ni le Service Incendie (SDIS) et ni les riverains non plus.  

salamane,système u,clermont l'hérault

Ce culte aveugle pour cette société de consommation est totalement irresponsable.

Le gouvernement de J-M. Ayrault asphyxie les collectivités locales pour aider les entreprises

Début février, le ministère des Finances a proposé au Premier ministre Jean-Marc Ayrault de doubler le montant des économies sur les dotations de l'Etat aux collectivités locales pour les porter à 1,5 milliards d'euros en 2014 ainsi qu'en 2015. Le Comité des Finances Locales (CFL) avait été informé à l'automne dernier que les dotations de l'Etat à destination des collectivités locales seraient gelées en 2013, puis diminué de 750 M€ en 2014 et en 2015, conduisant ainsi à une baisse de 2,250 milliards d'euros. Mais alors que cette proposition, très contestée par les associations de collectivités locales, n'a pas encore été transcrite en loi de finance rectificative, c'est désormais une baisse de 4,5 milliards que l'Etat s'apprête à imposer aux Communes, aux Communautés de Communes, aux Départements et aux Régions.

Le budget annuel de toutes les collectivités locales est d'environ 220 milliards d'euros, et la contribution de l'Etat est de 100 milliards d'euros. L'économie envisagée par le Gouvernement n'est donc pas anodine !

Mais on ne peut évoquer ces chiffres sans occulter le contexte. Car, pour verser un Crédit d'Impôt de Compétitivité des Entreprises (CICE) de 20 milliards d'euros, l'Etat s'est engagé à faire 10 milliards d'euros d'économies dans son propre budget. Et comme cet engagement est difficile à concrétiser, le Gouvernement balance la "patate chaude" aux collectivités locale ...

C'est là une idiotie totale. Quand l'Etat réduit de 4,5 milliards d'euros les dotations versées aux collectivités locales, il les empêche de recruter (la masse salariale des collectivités locales est d'environ 50% de leur budget de fonctionnement), mais aussi d'investir ! C'est par l'autofinancement net que les collectivités locales peuvent construire des établissements scolaires, des équipements sportifs, des établissements de santé, etc. Mais les 20 milliards de cadeau aux entreprises, quelle garantie avons-nous qu'ils se traduiront par de la création d'emploi ?

Une commune comme Paulhan a par exemple quatre gros projets d'investissements en 2013, avec le groupe scolaire (2 M€), l'entrée Nord côté Clermont (800 K€), un plateau multisport aux HLM (26 K€) et la rénovation de la place du jeu de ballon (150 K€). Tout cela contribue à l'activité des entreprises locales, et c'est vital !  

plateau-780px.jpg

City Stade de Paulhan

Je rappelle (cf. note de novembre 2012) que le remplacement de la taxe professionnelle (TP) par la contribution économique territoriale (CET) a allégé les charges des entreprises de 7 milliards d'euros par an. Et n'oublions pas non plus la "réduction Fillion", c'est à dire l'exonération de charges patronales sur les bas salaires qui fait économiser chaque année 22 milliards d'euros aux entreprises. Et après tous ces "cadeaux", comment évolue la courbe du chômage ? Toujours à la hausse ! Ces cadeaux ne sont donc pas réinvestis, ils vont plutôt, au mieux renflouer les trésoreries de quelques entreprises exsangues et au pire abonder les dividendes des actionnaires.

Jean-Marc Ayrault doit rendre son arbitrage dans les prochains jours, mais l'orientation fixée par son Gouvernement reste la même, très sociale-libérale.


Un communiqué officiel des Ministres Moscovici, Cahuzac, Lebranchu et Escoffier vient confirmer l'information ce mardi 12 février.

04/02/2013

Une députée socialiste de l'Hérault se dit favorable aux gaz de schiste et à une fracturation hydraulique "propre" ...

Elle s'appelle Anne-Yvonne Le Dain, elle est directrice d'un département de recherche à Agropolis à Montpellier. Au Conseil Régional du Languedoc-Roussillon où elle est élue depuis 2004, elle est en charge de l'enseignement supérieur et de la recherche. Élue en juin dernier à l'Assemblée Nationale, elle se consacre là aussi à des thématiques scientifiques. Bref, cette élue socialiste croit dur comme fer dans la science comme axe de progrès économique et social. Dans le même profil, on trouve aussi l'Héraultais Claude Allègre ...

Dans Midi Libre, Madame la députée fait le choix des énergies carbonnées au lieu des énergies renouvelables. Elle ajoute qu'une technique de fracturation hydraulique "propre" est envisageable. Mais elle mise aussi sur la réforme du code minier, permettant ainsi de donner la propriété du sous-sol à celui qui possède la surface (particulier, société, collectivité locale, ...), et non plus à l'Etat comme c'est le cas en France aujourd'hui. L'idée peu glorieuse pour cette élue de gauche est que les propriétaires seraient ainsi "appâtés" par les profits à réaliser.

Un puits de gaz de schiste a un impact paysager néfaste, et il a une durée de vie très limitée.

anne-yvonne le dain,gaz de schiste,fracturation hydraulique propre,code minier

   Et la multiplicité des puits, inhérente à ce type de ressource, laissera aux générations futures d'innombrables conduites dans notre sous-sol ...

Mais c'est peut-être le projet régional Aqua Domitia qui amènera du Rhône les millions de mètres-cubes d'eau nécessaires pour fracturer la roche à très haute pression. Et quid des eaux usées polluées ?

  

anne-yvonne le dain,gaz de schiste,fracturation hydraulique propre,code minier

Non, madame Le Dain, tous nos efforts collectifs doivent d'abord se focaliser sur les économies d'énergie et sur les performances des équipements électriques. Thierry Salomon (cf. négaWatt), qui est déjà intervenu plusieurs fois dans des séminaires organisés par le Conseil Régional, vous expliquerait Madame la députée que nous pouvons ainsi réduire de 45% nos besoins en énergie, et à partir de là faire le choix de notre mix énergétique futur : moins de nucléaire, moins de ressources fossiles (pétrole, gaz et charbon), plus de renouvelables (hydroélectricité, éolien, solaire, biomasse, géothermie, ...), etc.

Plutôt que de rêver d'importer chez nous le modèle américain, la députée de l'Hérault devrait plutôt se mobiliser pour la transition énergétique. Mais sa prise de position "politiquement arriérée" me fait craindre le pire quand l'acte III de la décentralisation donnera prochainement aux Régions le leadership sur les compétences mises en oeuvre par les collectivités locales.