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05/07/2013

La course d'obstacles de l'écologie politique ...

A l'automne 2011 alors que les écologistes et les socialistes apportent les dernières corrections à l'accord électoral en vue des législatives de 2012, une intervention directe d'AREVA auprès de François Hollande conduit à la suppression d'un paragraphe relatif à l'abandon de la filière MOX, le MOX étant un combustible nucléaire recyclé dont le groupe français est le leader mondial. Mais cette fausse note politique associée au lobbying d'un grand groupe industriel donnait déjà aux écologistes une idée du rapport de force qu'il faudrait entretenir pendant tout le quinquennat.

Et puis dès le début de son mandat présidentiel, l'épisode "Nicole Brick" a continué de donner le ton. Après qu'elle ait bloqué un permis d'explorer du pétrole au large de la Guyanne pour la société Shell, c'est pendant son déplacement au Sommet de la Terre à Rio avec le Président de la République française que le chef du gouvernement lui préparait un avenir ministériel moins déplaisant pour l'industrie pétrolière.

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Là, avec Delphine Batho, la démonstration est faite que ce gouvernement ne croit absolument pas que l'écologie puisse être un levier de développement. Au contraire, l'écologie rime avec "enquêtes d'impact environnemental", "protection des zones humides", "corridors écologiques", "fiscalité écologique", "préservation des terres agricoles", "qualité de l'air", "principe de précaution", ... autant de termes que la classe politique qualifie majoritairement de contraintes.

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Question : deux ministres écologistes au gouvernement, est-ce que cela permet de peser sur des politiques publiques qui s'appuient sur la transition écologique ? Question subsidiaire : les groupes écologistes au Sénat et à l'Assemblée Nationale font-ils mieux ? Si Cécile Duflot démissionne du gouvernement et qu'elle reprend son siège à l'Assemblée, elle contribuerait alors à faire perdre aux socialistes leur majorité absolue et donc leur arrogante distance avec l'écologie.

Le nouveau ministre Philippe Martin ne changera pas la baisse de 7% des moyens de son ministère et la perte d'un peu plus d'un millier de fonctionnaires en une opportunité pour promouvoir les énergies renouvelables, pour promouvoir les économies d'énergie et pour promouvoir l'efficacité des équipements électriques et des constructions.

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La conférence de Delphine Batho a permis de dévoiler que le lobbying de l'industrie pétrolière va se nicher jusqu'au sein du cabinet du Président de la République (cf. Philippe Crouzet et Sylvie Hubac). Et le calendrier de fermeture de la centrale de Ferssenheim est une autre ligne de clivage entre les écologistes et le Président Hollande. Cette fermeture était pourtant annoncée dans le programme du candidat socialiste, mais l'autorité de sureté nucléaire (ASN) a donné son feu vert pour poursuivre l'exploitation du réacteur n°2 jusqu'en 2022, à condition d'y réaliser quelques dizaines de millions d'euros de travaux de sécurité, travaux qui ont déjà commencé depuis 2011 sur le réacteur n°1. Or, une panne en début de semaine mettait à l'arrêt le réacteur n°2, le seul en fonctionnement à Fessenheim, centrale en exploitation depuis 1978. En parallèle, EDF exige de l'Etat un dédommagement financier si Fessenheim devait s'arrêter, arguant des pertes d'exploitation importantes.

Etrange quand même qu'un Président qui a promis de fermer Fessenheim y injecte des dizaines de millions d'euros de travaux en même temps qu'il cherche à faire des économies dans le budget du ministère de l'écologie. A noter que les autorités de sureté nucléaire estiment que le délai de fermeture réelle de réacteurs tels que ceux de Fessenheim prendront environ 5 ans. Ainsi, un arrêt qui démarrerait fin 2016 ou début 2017 (calendrier officiel) ne serait pas effectif avant 2020.

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Et si à l'automne, à l'occasion du projet de loi sur la transition énergétique en débat au Parlement, François Hollande répond positivement aux attentes de ses partenaires écologistes (énergies renouvelables, Fessenheim, fiscalité écologique, ...), alors quel temps perdu et que de déceptions accumulées qui auront durablement détérioré les relations entre socialistes et écologistes :=(

04/07/2013

Edward Snowden, lanceur d'alerte abandonné par une communauté internationale vassale des Etats-unis

C'est un informaticien de 30 ans qui a révélé début juin les rouages d'un dispositif d'espionnage qui permettait aux grandes oreilles de la NSA et de la CIA d'intercepter toutes les communications sur la toile, c'est le programme PRISM, autorisé et financé par l'administration US. Les sources espionnées sont sur les serveurs et sur les infrastructures de Microsoft (espionné depuis septembre 2007), d'Apple (depuis octobre 2012), de Google (depuis janvier 2009), de Facebook (depuis juin 2009), de Youtube (depuis septembre 2010), de Skype (février 2011), de Yahoo (depuis mars 2008), ... et les informations recueillies par le FBI portent sur des emails, des vidéos, des photos, des fichiers, des vidéo-conférences, des échanges téléphoniques numériques, ... et le tout allant alimenter d'immenses bases d'informations exploitées par les services secrets.

Mais l'appétit d'informations des agences américaines ne se limite pas au seul territoire US où les attentats du 11 septembre 2001 ont eu pour conséquence de mettre tout le monde sous surveillance, et avec d'ailleurs une certaine tolérance de la part des américains eux-mêmes. Mais les Britanniques aussi ont trempé dans ce mauvais scénario d'espionnage qui s'est développé à l'échelle mondiale. Pire, les conversations privées de diplomates, d'industriels et de chefs d'États européens, au sein de leurs bâtiments diplomatiques ainsi qu'au siège de l'ONU ou lors des G20 faisaient l'objet d'écoutes. C'est ce qu'Edward Snowden a dévoilé à des journaux pendant le mois de juin, depuis Hong Kong, et il est désormais poursuivi par l'administration américaine pour espionnage et pour vol. Réfugié en zone de transit international à l'aéroport de Moscou, Edward Snowden cherche un asile politique.

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Le Président des USA, Barack Obama, et ses services resserrent l'étau autour de ce malheureux Edward qui n'a pas supporté les couleuvres qu'il devait avaler ; peut-ètre était-il plus idéaliste qu'espion. Mais quand le big boss de la World Company veut quelque chose, alors la diplomatie internationale se met au diapason. Mais plus question de défendre des valeurs universelles, plus question de défendre le pot de terre contre le pot de fer, ou David contre Goliath, ce sont seulement les enjeux financiers et économiques qui priment !

L'aventure aérienne du Président Bolivien Evo Morales en est la démonstration. Et c'est à Vienne que l'avion du Président Bolivien a été stoppé ! Vienne, qu'elle ironie ... Car c'est à Vienne qu'a été signé en 1961 la convention fixant le droit des relations diplomatiques entre Etats Membres. Cette Convention précisait les privilèges attachés au transport des membres des corps diplomatiques et chefs d'Etat : "liberté absolue et devoir de faciliter leurs déplacements".

Ainsi, ni la France, ni l'Espagne, ni l'Italie et ni le Portugal n'avaient le droit d'interdire leur espace aérien à l'avion présidentiel. Le Président Moralès qui revenait d'une réunion des pays producteurs de gaz naturel à Moscou a ainsi été obligé d'attérir à Vienne. Et qu'il ait transporté Edward Snowden a son bord ou n'importe quoi d'autre, rien ne légitimait qu'il lui soit demandé de montrer patte blanche. Mais l'ombre de Barack Obama était sur l'Europe de l'Ouest ce mardi 2 juillet et nos valeureux chefs d'Etat ont fait preuve d'autorité :=(

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Le gouvernement Bolivien a saisi le Secrétariat de l'ONU ainsi que l'Association Internationale des Transports Aériens (IATA) pour atteinte groupée au droit international de la part des quatre mousquetaires d'Europe du sud. Si cette démarche devait rester sans réponse, il vaudrait mieux que notre François national évite l'espace aérien d'Amérique Latine, il pourrait être contraint à des escales forcées à La Paz ou à Caracas.

Mais pendant qu'Edward Snowden reste en escale à Moscou, cherchant un pays qui ait, non pas le courage mais simplement le geste humaniste de lui accorder l'asile, le Parlement européen a voté aujourd'hui le début des négociations sur le traité commercial transatlantique dès lundi prochain. Américains et Européens prendront le temps lundi de faire un peu de mise en scène sur l'épisode de l'espionnage, mais le business n'attend pas ! Et une fois de plus, la Chancelière Angela lancée dans sa dynamique de campagne électorale a facilement imposé son point de vue au Président François qui patauge de plus en plus.

Mais déplaire aux puissants et devoir partir en exil sont des moments que d'illustres personnages français ont connu ; je pense à Voltaire qui a fuit la France après quelques écrits où il vantait la Liberté avant même que la République en ait fait sa devise. L'exil de Victor Hugo, opposant politique de Napoléon III au milieu du 19ème siècle, lui a donné l'occasion de poursuivre son oeuvre littéraire. De nos jours, les seuls exilés ne sont plus que fiscaux ;-)

02/07/2013

L'écologie n'est pas la priorité du gouvernement

Les ministres du gouverment de Jean-Marc Ayrault ont reçu leurs "lettres plafond" qui visent à réduire le budget de l'Etat de 1,5 milliards d'euros en 2014.

Déjà sur le fond il faut s'interroger sur la démarche. Oui, la crise économique fait augmenter le chômage et la précarité, elle réduit la consommation et oui les recettes fiscales de l'Etat baissent mécaniquement. Mais les missions de l'Etat doivent-elles suivre ce même mouvement ? Faut-il nécessairement suivre les exigences de Bruxelles qui demandent de réduire le déficit de l'Etat à 3,7% du PIB en 2013 puis à 2,9% en 2014 ?

Car cela conduit à des calculs d'apothicaire : 12.000 emplois créés par an dans l'Education Nationale, 2000 emplois créés à Pôle emploi en 2013, 2000 emplois à supprimer pour réduire la masse salariale de l'Etat, etc. Et comme tout cela doit se faire à budget moindre, ce sont près de 15.000 fonctionnaires en moins dans l'ensemble des ministères jugés "non prioritaires".

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Et le premier de ces ministères "non prioritaires" est celui de l'écologie. Les crédits y seront imputés de -7%, soit -500 M€ sur un budget de 7,6 Md€ et 1 093 emplois supprimés. Pour nous en région, le Ministère de l'écologie, c'est la Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL), mais ce sont aussi les Directions Départementales du Territoire et de la Mer (DDTM). Ces services de l'Etat assurent des missions majeures de prescription, d'instruction et de contrôle. D'eux dépendent la qualité de nos eaux, la protection des terres agricoles, la sécurité des installations classées et de tant d'autres actions qui assurent notre qualité de vie.

La ministre Delphine Batho est très critique vis à vis de cette nouvelle orientation (cf. Le Monde), et elle attend que le Président de la République soit plus clair sur les priorités de son mandat.

Cet abandon de l'Etat pour ces missions d'intérêt général trouvera une issue dans la marchandisation de ces services. Prenons l'exemple des eaux de baignade ; demain, il sera plus efficace pour une commune de solliciter un label "Pavillon bleu" auprès de la Fondation pour l'Education à l'Environnement (FEE), association loi 1901, mais pour un coût annuel de 580 € à 1300 € (de questionnaire) en fonction de la taille de la commune. Les usagers des plages ne vont plus s'intéresser à l'affichage du rapport local .émis par le Ministère de la Santé, s'il a encore les moyens de le produire, mais ils se contenteront du Pavillon bleu pour sélectionner leur plage pour l'été

Quant au rôle de conseil que ces services de l'Etat (DREAL et DDTM par exemple) assurent auprès des collectivités locales, et bien il sera remplacé par un recours aux bureaux d'études et aux cabinets d'avocats. Et ces professionnels ne s'y sont pas trompés, ils proposent des forfaits avec des quotas de questions à poser par téléphone et sur le web. Ca ne leur coûte pas très cher car ils mutualisent les "questions les plus fréquentes", les réponses et la jurisprudence, mais ce sont les collectivités locales qui le payent.

C'est une déception de plus au bout de cette première année du mandat de François Hollande, et je rejoins le questionnement du Sénateur écologiste Jean-Vincent Placé : que faisons-nous encore dans cette majorité si notre message politique est ainsi bafoué ?