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12/06/2017

La 4ème de l'Hérault n'échappe pas à la vague Macron, avec une gauche écologiste désormais tenue de se recomposer

Merci aux près de 3000 électeurs de la 4ème circonscription de l'Hérault d'avoir choisi l'écologie politique à l'occasion de ce premier tour de l'élection législatives. Il n'y a que 48,7% des électeurs qui sont allés voter, preuve que notre système électoral n'est plus en phase avec la pluralité des courants politiques. Après la victoire d'Emmanuel Macron à l'élection présidentielle, les citoyens le dotent d'une majorité présidentielle pour mener à bien son projet politique. Mais alors à quoi sert le Parlement ?

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Mais cette séquence électorale, présidentielle & législatives, porte bien des bouleversements politiques dont il faut désormais tirer les leçons. Nous ne reviendrons plus en arrière, ni sur les formes de représentation politique, ni sur les pratiques électorales, et ça c'est une bonne nouvelle ;-)

01:27 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)

09/06/2017

Dimanche 11 juin, voter écologiste pour notre qualité de vie !

66867364-lections-l-gislatives-fran-aises-2017-pour-l-assembl-e-nationale-en-france.jpgLes sondages se suivent et se ressemblent ; le Président Macron devrait obtenir une très large majorité parlementaire les 11 et 18 juin. Et au-delà de 400 députés (sur 577) comme cela semble se dessiner, quel peut être le rôle de députés qui ne seraient pas membres de la majorité parlementaire ?

Anecdote amusante, j'étais ce midi avec le candidat de la République en Marche (LREM) qui ressassait le poids des députés dans l'élaboration de la loi. Or, et il ne l'a pas contesté, c'est le gouvernement qui propose la loi, les députés se contentant de l'amender et de la voter (ou non). Il existe ce qui s'appelle la "niche parlementaire", qui permet aux groupes politiques de l'Assemblée de déposer des textes de loi, mais cette procédure-là est complètement marginale. D'ailleurs, les démocrates du monde entier doivent se pincer quand ils découvrent quel est le cheminement de la loi en France. J'ai même pointé à mon concurrent En Marche que des citoyens ou que des professions qui avaient à réclamer une intervention publique à l'échelle nationale allait plutôt voir le préfet, ou le sous-préfet, plutôt que leur député :=(

Je crains donc que nous ayons une majorité, "le doigt sur la couture du pantalon" ; les futurs députés LREM ont en effet signé avec Emmanuel Macron un « Contrat avec la Nation », afin que le Président de la République ne connaisse pas de « frondeurs » dans ses rangs ; à noter qu'aucun des six chantiers de ce contrat ne porte sur l'écologie ... ce qui devrait laisser quelques marges de manœuvre à Nicolas Hulot ;-)

Hulot.jpg

Alors pourquoi voter pour un député d'opposition ? Et pour lequel ? Déjà, outre le fait de participer à l'élaboration des lois, le député participe aussi au suivi de leur application. A ce titre, il peut interpeller tous les services de l’État et obtenir ainsi des explications inaccessibles au citoyen lambda. Ce rôle de contrôle est essentiel dans une démocratie, et c'est l'une des missions de toute opposition démocratique. Quand le gouvernement va légiférer sur la loi Travail, sur les collectivités locales, sur l'Europe, sur l'agriculture et sur la pêche, sur l'éducation et sur la formation tout au long de la vie, sur la sécurité publique, sur la justice, ... et bien il est impératif et démocratiquement salutaire que des députés d'opposition soient là, et en nombre pour aller voir sur le terrain la façon dont les décrets d'application sont mis en œuvre et quelles conséquences ils ont sur le quotidien des Français.

Pour l'écologie, l'atout Hulot n'est pas à négliger. Il est la personnalité politique préférée des Français, avec 60% d'opinions favorables ; Alain Juppé en seconde position est à 41%. Cela signifie qu'avec les réformes à venir qui vont écorner la popularité d'Emmanuel Macron, il ne pourrait pas s'offrir le luxe d'un départ de Nicolas Hulot de son gouvernement. Le ministre de la Transition écologique et des solidarités a donc quelques billes ... Mais cela ne suffit pas. Si Nicolas Hulot dépose des projets de loi sans avoir de député écologiste pour les défendre en commission et dans l'hémicycle, alors ces textes seront détricotés et vidés de leur substance.

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Et pour notre territoire du Nord de l'Hérault, les questions environnementales sont sensibles, dans un contexte de pression démographique et d'urbanisation galopante. Un député-sentinelle est à mon sens préférable à un député qui ne serait qu'un dans la masse ...

19:32 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

La Confédération Paysanne de l'Hérault interpelle les candidats sur le revenu des agriculteurs, sur les soutiens à l'élevage et sur le loup

Ma campagne électorale pour les législatives dans la 4ème circonscription de l'Hérault s'est achevée ce midi à Saint-Maurice-de-Navacelles. La Confédération Paysanne de l'Hérault avait invité les candidats à venir échanger sur l'élevage ; nous n'étions que trois présents, Jean-François ELIAOU (LREM), Étienne Hayem (LFI) et moi-même pour EELV.

l-eleveuse-avec-une-partie-du-troupeau_1951720_667x333.JPGLes organisateurs de cette rencontre à la ferme de la Barre étaient Dominique Voillaume (éleveuse en ovin viande), Thierry Arcier (viticulteur et porte-parole), Émilie Dequiedt (éleveuse de brebis-lait à Avène), Jean-Émile Sanchez (éleveur de porcs plein air et bovins allaitants à La Salvetat sur Agout) et Amandine Mallants (éleveuse d'anesse-lait à St Maurice de Navacelles).

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Trois points ont structuré nos échanges ; le premier étant celui du revenu agricole. Les paysans vendent à perte, et ils sont la seule profession à ne pas pouvoir afficher leurs coûts de revient et à vendre en deçà de leurs coûts réels. Le montant a été maintes fois utilisé ces derniers mois par les candidats en campagne, un tiers des agriculteurs gagnent moins de 354 € par mois, et les deux-tiers sont en dessous de 600 € par mois. L'agriculture paysanne est petit à petit poussée à la marginalisation, financièrement asphyxiée, l'économie agro-alimentaire ne laissant plus de place qu'aux très gros exploitants, que l'on peut même qualifier d'industriels de l'agriculture (cf. fermes de mille vaches). La situation des paysans s'est dégradée depuis 25 ans, depuis que la mondialisation impose ses règles du jeu (cf. Accord de Marrakech en 1994 qui clôture le cycle de négociations du GATT démarré en 1986 en Uruguay). A titre d'exemple, le prix du lait en France est aligné sur le prix de la Nouvelle-Zélande, c'est à dire par le prix plancher des marchés mondialisés !

La Confédération paysanne interpelle les candidats pour qu'ils fassent inscrire dans la prochaine session parlementaire une loi pour un droit au revenu agricole. Et pour cela, ils préconisent de réduire, voire de supprimer le premier pilier de la PAC sur les aides à la production, afin d'abonder le second pilier sur les aides au changement de pratiques ; ce ne serait donc plus ceux qui produisent le plus qui seraient aidés, mais ceux qui produisent au mieux. Cela permettra de garantir la qualité de nos aliments, de privilégier les circuits courts, de permettre aux paysans de fixer eux-mêmes le prix de leurs produits, et en même temps d'entretenir tous nos écosystèmes. Les brebis, les chèvres et les agneaux ont longtemps entretenu les milieux ouverts où ils pâturaient, désormais ce sont les forestiers-sapeurs qui entretiennent garrigues et espaces boisés.

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Le second point a porté sur le soutien des collectivités locales, du Département et de la Région, c'est à dire des élus locaux. Et là, j'ai développé les outils qui étaient à notre disposition localement, comme l'abattoir de Pézenas où je siège comme élu du Clermontais. Une récente enquête de satisfaction réalisée entre le 3 avril et le 1er juin révèle que 40% des éleveurs qui y font abattre leur bêtes sont très satisfaits, et 58% sont satisfaits. Par contre, ils ne sont qu'un tiers à connaître les services annexes offerts par l'abattoir (code barre sur produits de découpe, dispositif de surgélation, location de remorque frigorifique, ...). Nos hôtes de ce midi à la ferme de la Barre plaidaient pour un autre service complémentaire, c'est l'abattage mobile ; cela évite le stress des animaux déplacés vivants en bétaillère, la location d'un véhicule frigorifique pour le retour et les kilomètres avalés.

Un autre outil est le Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT), le Grand Pic Saint-Loup et le Cœur d'Hérault étant tous deux en cours d'élaboration de ce document d'urbanisme majeur pour le développement de nos territoires. Avec le Conseil de développement du Pays Coeur d'Hérault, les filières agricoles disposent là d'un relais à exploiter pour que le Pays inscrive dans son SCoT les orientations favorables au développement agricole (accès au foncier, zones d'activités agricole, logement agricole, espaces de transformation et de vente, ...).

Autre outil que j'ai développé ce midi, c'est la commande publique. Les collectivités territoriales ont besoin d'aliments de qualité pour les cuisines de leurs établissements scolaires, avec des objectifs d'aliments bio qui peinent à trouver des producteurs locaux ; les fraises bio viennent d'Italie et les petits-pois bio viennent du Kenya. Les collectivités, mais c'est le cas aussi pour les familles, sont prêtes à privilégier la qualité et le goût à la quantité

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Et c'est sur le loup que nos échanges se sont achevés, car il pose de réels problème de sécurité, et qu'il précarise les éleveurs qui sont désarmés face au dogmatisme des services de l’État. Le loup autrefois familier des montagnes occupe désormais nos campagnes, et comme il n'est ni chassé ni braconné il n'a même plus peur des hommes. Dans un pays voisin comme le Portugal, la seule présence des hommes protège les troupeaux.

Dans le cas des chiens errants, les éleveurs retrouvent rapidement les propriétaires qui indemnisent les dégâts occasionnés par leurs chiens. Pour le loup, c'est l’État qui est responsable, et il se fait tirer l'oreille pour indemniser correctement les éleveurs et surtout pour écarter le risque. Il y a moins de 400 loups à l'état sauvage en France, et il est donc légitime qu'il soit protégé, mais son habitat doit absolument être situé à l'écart des zones d'élevage.

Après, il faut éviter de tomber dans l'obsession du loup dans tous les débats sur l'élevage, car c'est un problème qui vient bien après celui du revenu agricole ; le loup et ses attaques fragilise encore plus les exploitants, mais justement parce qu'elles sont déjà sur la corde raide.

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Je tiens à remercier Dominique Voillaume pour son accueil, car notre échange de fond s'est poursuivi par un tajine d'agneau, accompagné d'un vin rosé d'aramon (de Saint-Pargoire) et de fromages locaux. Si je suis élu député le 18 juin, je mettrai en œuvre les engagements que la Confédération Paysanne nous a soumis (cf. document ci-après). Dans tous les cas, comme élu local du Cœur d'Hérault siégeant au Syndicat de développement du Pays Cœur d'Hérault et au Syndicat de la filière viande de l'Hérault, je proposerai des mesures locales pour aider les éleveurs. Nous avons un levier exceptionnel à exploiter avec le tourisme, et par exemple les restaurateurs sont de formidables ambassadeurs de nos vins, de nos viandes, de nos fruits et légumes, de nos fromages, ... et nous devons en tant qu'élus porter cette spirale vertueuse.


Les propositions de la Conf. pour développer une agriculture durable et paysanne sur nos territoires   picto_pdf.jpg
Mes engagements comme député écologiste de l'Hérault   picto_pdf.jpg
Loups ou élevage ?  Le plaidoyer de la Confédération Paysanne   picto_pdf.jpg