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05/10/2016

Déchetterie : mais quelle mouche a donc piqué le maire de Paulhan ?

Au préalable, j'informe ceux qui me lisent régulièrement que le mois de septembre a été très chargé d'un tas de tâches familiales, administratives, politiques et électives, et que je n'ai pas trouvé un moment pour m'en ouvrir sur mon blog. Là, je vais pouvoir retrouver un rythme normal de publications ;-)

L'objet de cette note porte sur la volte-face aussi soudaine, inattendue et brutale qu'a opéré le maire de Paulhan quant au sort de la déchetterie de sa commune. Au début de l'année 2015, c'est à dire dans les premiers mois de mandat du nouveau Conseil syndical du Syndicat Centre Hérault (SCH), la décision de fermeture de quelques déchetteries, et pour ce qui nous concerne sur le Clermontais celle de Cabrières, avait énervé les élus et les habitants de ce secteur. Le Président du SCH Michel Saint-Pierre avait reconnu à l'époque une maladresse de gouvernance ; lui et ses services avaient voulu faire coïncider cette fermeture de la déchetterie de Cabrières avec le début de l'année civile, mais il a manqué du temps pour l'information et pour la concertation sur le terrain. Fort de cette expérience, Michel Saint-Pierre s'était engagé à prendre le temps nécessaire pour les fermetures à venir.

Car des fermetures, deux autres étaient prévues à Aniane et à Paulhan. Pourquoi ces fermetures ? D'abord parce que nos déchetteries n'étaient plus aux normes édictées par l’État ; la réhabilitation des 14 déchetteries du Cœur d'Hérault était estimé à 5,25 M€ HT !!! Pour Aniane, le coût de sa réhabilitation était estimé à 438 k€, et 185 k€ pour celle de Paulhan. Au vu de la répartition des déchetteries sur le territoire du Cœur d'Hérault, le SCH a donc décidé la fermeture de cinq déchetteries : Cabrières, St-Jean-de-la-Blaquière, St-André de Sangonis, Aniane et Paulhan, s'évitant ainsi un investissement de 1,9 M€. Par contre, pour les neuf autres déchetteries, le SCH s'est engagé à faire plus que de les réhabiliter à minima, mais d'en faire dans la mesure du possible des déchetteries modernes (pour toutes les filières de déchets ménagers), sécurisées, fluides et attractives pour tous les usagers.

Outre les investissements de rénovation, les déchetteries comptent pour la moitié du budget de fonctionnement du Syndicat Centre Hérault ; les cinq déchetteries touchées par une fermeture coûtaient au total 345 k€ par an pour leur fonctionnement et pour de petits investissements récurrents. Et comparé à d'autres territoires similaires en France, le Cœur d'Hérault se caractérise par une plus forte densité de déchetteries et par un impact financier plus lourd qu'ailleurs.

Et en même temps que les élus qui siègent au SCH sont confrontés à des choix budgétaires critiques, car il y a aussi le site d'enfouissement de Soumont, plus de 300 colonnes de tri réparties dans 76  communes et du matériel roulant qu'il faut renouveler, les trois communautés de communes qui abondent le budget du SCH (pour 5,7 M€ en 2015 sur un budget de 8,1 M€) ont décidé de ne plus augmenter leur participation. Depuis 2007, le budget du SCH est passé en recettes de 5,4 M€ à 8,1 M€, mais avec des participations des EPCI autour de 4,5 à 5 M€. Les recettes complémentaires viennent de la vente des produits valorisés, des aides des organismes agrées et de quelques prestations de services. Mais depuis deux ans le prix des matières premières (fer, verre, papier, aluminium, plastiques, ...) chute de façon vertigineuse, en parallèle de la baisse du prix des énergies fossiles. Il s'y ajoute aussi la taxe générale sur les activités polluantes, la TGAP, que l’État augmente régulièrement. Entre 2014 et 2015, la TGAP est passée de 7,32 € à 10,33 € par habitant, pour une hausse totale en un an de +239 k€. Boucler un budget et assurer des investissements significatifs devient alors un exercice très difficile ...

Jusqu'à il y a encore quelques jours, c'est ce contexte-là qui était partagé par tous les élus locaux et par leurs délégués au Syndicat Centre Hérault. Midi Libre du 18 avril 2015 relate d'ailleurs très bien cette réunion de la Communauté de communes du Clermontais, d'il y a maintenant 18 mois, où était adopté une hausse de la TEOM, et ce qui a donné l'occasion à Jean-Claude Lacroix, à Christian Bilhac et à Claude Valéro de parler des déchetteries. Jean-Claude Lacroix évoquait même une nécessaire négociation avec le SCH pour prendre en compte la fermeture des déchetteries de Cabrières et de Paulhan.

Pendant tout le reste de l'année 2015 et jusqu'à présent, la fermeture prochaine de la déchetterie de Paulhan est toujours restée affirmée par le SCH, et entendue par les élus locaux. Le 9 décembre 2015, le Président du SCH Michel Saint-Pierre est venu devant l'assemblée communautaire du Clermontais pour présenter son rapport d'activité, et il a rappelé une nouvelle fois que la fermeture de la déchetterie de Paulhan avait été actée par son Conseil syndical. Jean-Claude Lacroix et Claude Valéro étaient présent ce 9 décembre, ils ont bien entendu Michel Saint-Pierre et personne n'a posé de question ou soulevé de protestation.

Déchetterie_Paulhan_1.jpg

Je siège au Syndicat Centre Hérault, et quand nous abordions la fermeture de Paulhan, j'informais mes collègues qu'à Paulhan personne, ni les élus ni les habitants, n'avait manifesté une quelconque velléité à ce sujet. J'en ai discuté à plusieurs reprises depuis le printemps 2015 avec les élus de Paulhan, en Conseil municipal ou en commission, et personne ne m'a jamais manifesté une volonté de s'y opposer. Nulle pétition non plus dans le village ...

Aussi, qu'elle n'a pas été ma surprise le 28 septembre à Péret en assemblée communautaire quand les élus ont soudainement manifesté une franche hostilité envers le SCH et une opposition totale à la fermeture de la déchetterie de Paulhan (cf article de Midi Libre). Jean-Claude Lacroix et Daniel Viala siègent tous les deux avec moi au SCH, et tous les deux ont voté la fermeture de cette déchetterie. Aussi, de voir Jean-Claude Lacroix proposer le vote d'une motion contre la fermeture de la déchetterie de Paulhan était inouï. Et Claude Valéro tel un diable sortant de sa boîte d'affirmer qu'il n'avait jamais donné son accord et qu'il n'avait jamais été pleinement informé. Et de ne pas comprendre qu'une déchetterie aux normes jusqu'au 31 décembre pourrait ne plus l'être au 1er janvier ... Tout ça à 3 mois de la fermeture de la déchetterie ! Chaque semaine, Claude Valéro rencontre Jean-Claude Lacroix et Daniel Viala en bureau communautaire, ceux-ci siégeant au SCH ; le maire de Paulhan avait alors tout loisir depuis un an et demi de leur faire part de ses interrogations, et de leur demander de s'en faire le relais auprès du Président Michel Saint-Pierre.

Le lendemain, jeudi 29 septembre, j'étais chargé de présenter le rapport du Syndicat Centre Hérault pour l'année 2015 en Conseil municipal à Paulhan. Je n'ai pas évoqué la motion votée la veille en Conseil communautaire, mais le maire Claude Valéro s'en est chargé. Il a réitéré sa ferme intention de s'opposer à cette fermeture avec les mêmes arguments que la veille. Or, au précédent Conseil municipal du 07 juillet, le maire avait conclu la séance sur l'information qu'il allait programmer une réunion publique pour évoquer avec la population la fermeture de la déchetterie. Cette réunion publique ne s'est pas tenue depuis et le maire a désormais opté pour une position d'opposition à la fermeture.

Pour conclure, je fais deux constats. Le premier est qu'il est anormal qu'un maire, qui sait depuis 18 mois que la déchetterie sur sa commune va fermer, se lance dans une opposition frontale à 3 mois de l'échéance ; mais pourquoi n'avoir pas réagi plus tôt ? Je suppute que d'avoir à annoncer à ses administrés qu'en 2017 ils devront subir la fermeture de leur déchetterie et celle du centre de tri postal (dont les effectifs et les moyens sont transférés à Pézenas), ce n'est pas très confortable. Et surtout sans n'avoir rien fait contre ! Car dans le cas du centre de tri postal, je crains que ce soit encore 3 mois avant le départ des facteurs que le maire se lance dans une médiatique mobilisation des habitants et des élus locaux ...

Le second constat porte sur l'inconstance des élus communautaires du Clermontais qui siègent au SCH (4 titulaires et 4 suppléants par intercommunalité). En séance à Péret le 28 septembre, Jean-Claude Lacroix renâclait contre la fermeture de toutes les déchetteries le samedi après-midi (au 1er janvier 2017 elles fermeront à 13h30 après une matinée continue). Or, il est aussi le 1er vice-président du SCH et il a voté pour cette modification horaire en Conseil syndical. Lors du vote du budget communautaire de 2016, il a voté le gel de la participation de notre EPCI au budget du SCH, mais en Conseil syndical il a voté l'augmentation de 8% des participations des trois communautés de communes. Je sais, ce n'est pas la girouette qui tourne mais le vent ; alors que les vents sont changeants sur le Clermontais !

Dans son « Contrat social », Jean-Jacques Rousseau développe une conception volontariste de l’intérêt général qui ne se limite ni à une juxtaposition, ni a une addition, ni à une moyenne d’intérêts particuliers ; il les transcende. Pour nous élus qui siégeons dans ces instances intercommunales que sont les syndicats mixtes, nous devons nécessairement occulter les intérêts particuliers de nos clochers. Le SCH avait le choix entre fermer la déchetterie d'Aspiran ou celle de Paulhan (distantes de 3 km), et j'ai estimé que celle d'Aspiran offrait les meilleures dispositions en terme d'accessibilité par la route, en capacité d'extension foncière et bénéficiant des équipements complémentaires (plateforme de compostage, apport d'inertes, gros volumes, ...).

Aspiran_Paulhan_GoogleMap_Relief.jpg

03/08/2016

Quelles polices pour quelles missions ? L'état d'urgence permet à l'État de réformer la sécurité publique, et de rassurer les populations ...

Ci-après deux extraits de la circulaire transmise le 23 juillet 2016 par le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve aux préfets, circulaire qui vient compléter la loi sur la prolongation de l'état d'urgence. En effet, l'article 16 de la loi n°2016-987 du 22 juillet prolongeant l’état d’urgence modifie l’article L.511-5 du Code de la sécurité intérieure qui détermine les circonstances et les conditions dans lesquelles les agents de police municipale peuvent porter une arme, en supprimant les mots « lorsque la nature de leurs interventions et les circonstances le justifient ». Le maire qui fait cette demande au préfet doit néanmoins avoir signé une convention de coordination avec les services de police nationale ou de gendarmerie compétents sur son territoire.

« Dans un contexte de menace terroriste élevée, il n'apparaît plus pertinent d'examiner si les circonstances ou la nature des interventions d'une police municipale justifient cet armement. C'est la mission même de la police municipale, indépendamment du lieu ou des circonstances dans lesquels elle est exercée, qui expose ses agents à un risque d'agression. Les policiers municipaux sont en effet, aujourd'hui, une composante à part entière de notre organisation en matière de sécurité publique.
[...]
Vous n'êtes donc plus fondés à refuser une autorisation de port d'arme au seul motif des circonstances locales que constituent, par exemple, le niveau de délinquance, l'importance de la commune, ou encore la nature des interventions de la police municipale de cette commune ».

L'Association des Maires de France (AMF) écrivait au ministre de l'intérieur le 22 juillet pour réclamer une plus étroite collaboration entre les maires et les forces de sécurité de l’État afin de garantir la sécurité publique dans des circonstances critiques au vu de l'intensification des attaques terroristes (cf. lettre de l'AMF). Et quelques maires, comme François Bayrou à Pau, ont reconnu que ces circonstances justifiaient qu'ils changent de point de vue sur l'armement de leurs policiers municipaux. A la Ciotat, le maire a fait une telle demande au préfet de police, sans cacher sa motivation de « rassurer la population ». Les syndicats de policiers municipaux surfent aussi sur cette vague, et avec par exemple cet argumentaire que l'armement permettrait aux policiers d'assurer leur propre sécurité (cf. lettre de fédération Interco de la CFDT). En région Languedoc-Roussillon, 85% des communes de plus de 2.000 habitants ont des policiers municipaux armés. Notre région est, avec la région PACA, championne hors-classe de l'armement de ses polices municipales (cf. inventaire national des polices municipales de 2012).

Certains maires refusent catégoriquement d'armer leur police municipale ; les cas les plus médiatiques sont ceux de Johanna Rolland à Nantes, de Jean-Louis Fousseret à Besançon ou encore de Max Roustan à Alès. Ils arguent, et à juste titre selon moi, que la sécurité publique est une mission régalienne de l’État et que c'est donc au ministère de l'intérieur de fournir les moyens nécessaires. En effet, seul l’État peut assurer le même niveau de sécurité sur l'ensemble du territoire national, et avec des personnels formés, compétents et qui répondent à des règles déontologiques communes, sinon ce sont les communes les plus riches qui pourront se doter de moyens de sécurité. Sans compter celles qui en feront un enjeu politique permanent ...

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En réalité, il y a deux cas de figure ; soit la commune se contente de confier à sa police municipale des missions qui prolongent le pouvoir de police du maire (contrôle de l'exécution des arrêtés du maire, salubrité et tranquillité publique, propreté des espaces publics, ...), soit elle désire s'intégrer plus étroitement avec les forces de police nationale ou de gendarmerie pour exercer des missions de sécurité. Mais dans cette seconde option, le risque est grand que cette compétence échappe au maire et à son Conseil municipal. A la lecture de la convention de coordination de la police municipale de Paulhan et de la communauté de brigades de la gendarmerie de Clermont l'Hérault, il apparaît que le commandant de la communauté de brigades de la gendarmerie et le chef de la police municipale travaillent en étroite concertation, s'échangeant des informations et partageant du matériel, mais que le maire de la commune n'est juste qu'informé des actions programmées par les gendarmes et par la police municipale. Et si aujourd'hui "le maire est systématiquement informé", il se retrouvera au fil de l'eau de moins en moins décideur pour des agents qui sont statutairement sous son autorité.

Et Christian Estrosi en a fait l'amer constat à Nice. Lui qui promouvait sa ville sécurisée, à grands renforts de caméras et de policiers armés, s'est estimé n'être que le "subordonné" des services de l’État dans la phase post-attentat . Et cette situation a été illustrée par les interviews de Sandra Bertin, la responsable de Centre de Surveillance Urbaine (CSU) le soir de l'attentat du 14 juillet sur la Promenade des anglais. Alors que c'est à la justice, sous l'autorité du parquet antiterroriste d'enquêter et d'entendre tous les témoins - Sandra Bertin est à ce titre un témoin privilégié du drame - la Direction Centrale de la Sécurité Publique et la Direction Générale de la Police Nationale qui dépendent de Bernard Cazeneuve à Paris l'ont entendu comme s'il s'agissait de quelqu'un de chez eux. Or, la policière municipale est une fonctionnaire de la commune de Nice, placée sous la seule autorité exécutive de son maire.

Alors pourquoi ce transfert (voulu par l’État) de l'exercice de sa compétence régalienne de sécurité publique vers des personnels territoriaux qui sont placés sous la responsabilité des collectivités locales ? Car le ministre Bernard Cazeneuve l'exprime clairement dans le texte de sa circulaire : « Les policiers municipaux sont en effet, aujourd'hui, une composante à part entière de notre organisation en matière de sécurité publique ». C'est le projet de police territoriale qui évolue pour assurer une police de proximité (volontairement abandonnée par l’État sous Sarkozy) ; le Sénat y a beaucoup travaillé entre 2012 et 2014, mais l'Assemblée nationale n'a pas suivi. La Cour des comptes produit régulièrement des rapports sur le coût global des missions de sécurité assurées par l’État et par les collectivités locales (cf. rapport du 07.072011). Il y a donc une dynamique générale vers plus de rationalisation, administrative et financière, mais pas nécessairement à l'avantage de la sécurité publique.

En milieu rural, la gendarmerie nationale revêt une image particulière ; les cartes postales et les vieux films témoignent de ces gendarmes qui quadrillaient leur territoire à cheval puis à vélo jusqu'au milieu du siècle dernier. En 1851, la France métropolitaine comptait 16 500 gendarmes — dont 11 800 à cheval. A la fin du Second Empire, la Gendarmerie impériale comptera 24 000 hommes. A la veille de la première guerre mondiale, en 1939, la gendarmerie comptait 54 000 hommes. Aujourd'hui, la gendarmerie nationale compte pas loin de 100 000 personnels militaires et civils, mais tous ne sont pas déployés dans les brigades départementales ; nombre de personnels sont affectés à des unités spécialisées (2 850 à la Garde républicaine, 13 000 en Gendarmerie mobile, 380 au GIGN, 4 300  en Outre-mer, ...). Je préfèrerai bien sur que les effectifs de la Gendarmerie se renforcent dans nos territoires ruraux, car ce système bicéphale qui est en train de s'installer finira par ne plus remplir ses missions fondamentales.

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A Paris, il n'y a pas de police municipale, c'est le Préfet de police et les forces de la police nationale qui assurent la sécurité publique dans la capitale. Le site Web de la mairie de Paris décrit très bien les missions qui sont assurées par ses agents (lutte contre les incivilités, protection des équipements publics, aide aux personnes fragiles - écoliers, personnes âgées, ... - la prévention de la délinquance, ...), autant de missions de proximité qui s'exercent sans arme. Et c'est un modèle de répartition des missions entre la commune et l’État qui mériterait de faire école ...

Enfin, tout ceci manque de concertation publique. Le contexte terroriste favorise des réformes opportunistes, mais nos gouvernants continuent de décider à partir de rapports et de bilans totalement hors-sol. Et puis nous restons dans le registre sécuritaire alors que les devoirs des citoyens peuvent s'apprendre et s'appliquer par d'autres canaux. Je crains par contre que la prolifération des armes soit pire que le résultat escompté ...

Aux États-Unis, où les services de sécurité privés sont armés dans les établissements scolaires, dans les centres commerciaux mais aussi au service des municipalités, il y a plus de 30 000 personnes qui sont tuées par arme à feu chaque année (moitié par homicide et moitié par suicide), et 20 000 mineurs ont été tués par arme à feu ces dix dernières années. Il y a aux USA une moyenne d'une arme à feu par habitant, ce qui en banalise plus l'usage que ça n'en dissuade. 150408_xm5qc_fusil-pistolet_sn635.jpgEt suite aux attentats commis aux USA, certains États autorisent leurs étudiants à venir armés sur leur campus afin de pouvoir se défendre eux-même en cas d'attaque ; le Texas vient de voter cette autorisation, déjà valable dans huit autres États américains (cf. infographie sur les armes à feu aux USA). Bon, c'est leur côté far-west ... En Grande-Bretagne, les bobbies ne sont pas armés pour justement dissuader les délinquants de s'armer eux aussi ; ils préfèrent faire de l'ilotage de terrain. Je pense que c'est la solution la plus vertueuse, en même temps que la moins onéreuse.

13/07/2016

Chérie, j'ai rétréci la ZAC de la Barthe à Paulhan ...

Ce mercredi à Brignac, l'assemblée communautaire du Clermontais a voté la réduction du périmètre de la ZAC de la Barthe à Paulhan ; j'ai été le seul élu à m'y opposer, arguments à l'appui, et à voter contre. La Communauté a là sur Paulhan une ZAC d'un peu plus de 18 hectares, créée le 26 novembre 1994, et dont la vocation inscrite dans le Plan Local de l'Urbanisme est l'installation d'activités économiques, artisanales, commerciales et de service. Le périmètre initial de la ZAC recouvre les zones IVAUb et IVAUc du plan de zonage ci-après :

Barthe_PLU_IVAU.jpg

Commercialiser des lots et des parcelles sur cette ZAC a toujours été très difficile, car cette zone souffre d'un défaut d'identité et qu'elle est fortement concurrencée par les zones d'activité économique sur Pézenas et sur Clermont l'Hérault. Pour dynamiser sa commercialisation, le Conseil municipal de Paulhan délibérait en 2009 pour que la partie IVAUc de la ZAC ne soit plus destinée qu'à des commerces et à des entreprises de service (cf. note de présentation soumise au Conseil municipal en décembre 2009). Et c'était une attente forte des porteurs de projets, cette modification du règlement de la zone a ainsi permis aux entreprises Carrefour Contact et PointS de s'y installer.

Mais derrière le Carrefour Contact sur cette zone de la Barthe, il reste 4,7 hectares de foncier non encore commercialisé. Or, la Communauté de communes du Clermontais (CCC) exerce deux compétences obligatoires, d'une part l’aménagement de l’espace communautaire et d'autre part les actions de développement économique d’intérêt communautaire. Aussi je vois dans cette délibération du mercredi 12 juillet un véritable aveu de renoncement ! Et j'ai pointé dans mes propos le désengagement assumé de la CCC vis à vis du développement économique sur Paulhan. Après que sous la présidence de Jean-Claude Lacroix l'office intercommunal de Paulhan ait fermé, c'est maintenant la Barthe qui est définitivement abandonnée.

Je constate depuis assez longtemps que le service économique de la CCC est sous-dimensionné. Nos voisins de la Vallée de l'Hérault (CCVH) ont une Direction du développement économique avec quatre agents : une directrice, une chargée des relations avec les entreprises, une chargée de mission sur la ZAC de La Croix et une animatrice sur l'œnotourisme. Et récemment en Conseil syndicat du Pays Cœur d'Hérault, Louis Villaret annonçait qu'il souhaitait renforcer cette direction avec un nouveau chargé de mission. De son côté la CCC n'a qu'une seule personne en charge du développement économique, et quand je déplore ce sous-effectif pour le Clermontais, Jean-Claude Lacroix répond que tout le monde dans les services et au bureau s'occupe de développement économique ... CQFD.

Mais force est de constater que la CCVH obtient des résultats bien concrets, et qu'elle porte des projets. Au Pouget, la ZAC des Trois Fontaines a été très rapidement commercialisée autour de la thématique de la viticulture. Sur Gignac et sur Saint-André-de-Sangonis aussi la CCVH remplit ses ZAC à partir d'objectifs de commercialisation qui s'inscrivent dans un projet de territoire. Mais sur le Clermontais, la CCC se contente de voir venir. Il n'existe pas de projet de territoire et on attend que des entreprises viennent frapper à la porte ...

Et c'est ainsi que personne n'ayant manifesté d'intention de venir installer un commerce ou une entreprise de service à la Barthe, la CCC préfère s'en défaire. Mais le scénario qui nous a été présenté en séance (sans passer préalablement en commission) était plus angélique. En effet, le directeur du Carrefour Contact souhaite agrandir son magasin et y adjoindre d'autres commerces de proximité. Alors plutôt que la CCC viabilise des lots et les commercialise à prix coûtant, c'est gagnant-gagnant pour tout le monde (selon J-C. Lacroix) de vendre du foncier en l'état à Carrefour Contact et de les laisser aménager les terrains comme bon leur semble ...

J'ai barré sur le plan ci-après le foncier qui va être retiré du périmètre de la ZAC ; c'est une surface qui est bien supérieure à celle qu'occupe le Carrefour Contact aujourd'hui. Et sur ces 4,7 hectares de foncier cessible derrière Carrefour Contact, j'ai demandé quelle proportion serait vendue. Jean-Claude Lacroix m'a répondu : "la moitié". 

Plan_de_la_ZAE_La_Barthe_tranche3_tronquee.jpg

Sur ce plan, la moitié du foncier à retirer de la ZAC appartient à la CCC (couleur orange foncé) ; c'est cette partie-là qui serait vendue à Carrefour Contact, partiellement ou en totalité. L'autre moitié (couleur crème) appartient à des particuliers ; ils peuvent dès à présent abandonner l'idée que leurs parcelles pourraient un jour être vendues pour des commerces, et la révision actuelle du PLU de Paulhan va les remettre en zones agricoles.

Outre mon regret que la CCC ne remplisse pas ses missions sur Paulhan, à savoir d'y favoriser le développement économique, l'avenir des parcelles qui vont être urbanisées par un privé n'est pas pour nous rassurer. La particularité de cette ZAC, c'est que tous les espaces communs (voirie, espaces verts, éclairage public, bornes d'incendie, réseau d'eau potable et d'assainissement, réseau pluvial, ...) appartiennent à la CCC. Cela signifie que les futurs propriétaires de parcelles au-delà du ruisseau le Méric vont devoir se raccorder aux réseaux de la CCC. Et le jour où il y aura un problème d'adduction d'eau potable, de bouchage du réseau d'assainissement ou un débordement du Meric par exemple, les sinistrés appelleront les services techniques de la commune pour les dépanner ... Sauf que la mairie n'a pas plus le droit d'intervenir sur la ZAC que chez tout propriétaire privé qui aurait des problèmes sur ses réseaux intérieurs.

Ce dossier de modification de ZAC doit faire l'objet d'une concertation ; les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées doivent être associées à l'élaboration du projet (cf. article L. 300-2 du code de l'urbanisme). Sauf que le dossier de concertation mis à la disposition du public le sera du 1er au 31 octobre 2016 au siège de la communauté de communes à Clermont l'Hérault. J'ai demandé si un second cahier pouvait être mis à disposition en mairie à Paulhan, mais on m'a répondu négativement.

Il est urgent que les Paulhanaises et que les Paulhanais se réapproprient l'avenir de leur village, et l'occasion va nous en être donnée dans le cadre de la révision générale du PLU (Plan Local d'Urbanisme). Je ne suis pas du tout pessimiste, mais il faut "chasser en meute". Cela signifie que tous les acteurs locaux doivent faire bloc pour défendre un projet d'aménagement et de développement ambitieux pour la commune et pour ses habitants. Il y a déjà consensus de la part de tous les élus sur cette volonté, mais il faut que les citoyens, que les entrepreneurs et que les associations locales s'impliquent plus fortement. Sinon, nous resterons les laisser pour compte de l'intercommunalité et du Pays ...