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07/04/2013

Sur fond de décentralisation, la convention des écologistes du Languedoc-Roussillon se focalise sur la mise à mal de notre démocratie

Ce samedi 6 avril, la météo a poussé plus encore les écologistes de la région à se retrouver à Montpellier pour une convention sur l'Acte III de la décentralisation (cf. programme). A noter la présence du député de l'Hérault Christian Assaf et du premier secrétaire fédéral Hussein Bourgi, ce qui a permis aux parlementaires écologistes (le député Jean-Louis Roumégas, la députée européenne Catherine Grèze et le sénateur Jean-Vincent Placé) de pointer du doigt les orientations libérales du gouvernement (pacte européen, budget européen, CICE, ANI, ...).

Et les invités socialistes ont profité de cette parenthèse politique pour évoquer leurs propres doutes, le sénateur Placé ajoutant que la semaine épouvantable liée à l'affaire Cahuzac nécessitait de remettre les pendules à l'heure. La gauche au gouvernement et au Parlement masque assez mal, derrière des lois sociétales, l'absence de vision politique à moyen terme ...

Mais sur l'Acte III de la décentralisation lui-même, tous ont regretté le découpage en trois volets d'un projet de loi qui, même perfectible, engageait une réforme globalement cohérente. Là, le gouvernement a plié sous le lobbying des associations d'élus locaux (association des régions de France, association des départements de France, association des maires de France, association des communautés de France, association des communes rurales, association des communes de montagne, ....) pour renoncer à réorganiser le millefeuille territorial. Le projet va donc se réduire dans un premier temps à une loi sur les métropoles, suivra dans l'année 2013 une loi sur les Conseils régionaux et sur leur rôle en matière de développement économique, et tout le reste viendra après ... Mais dans le reste, il y avait les Conseils départementaux, les communes et leurs regroupements. En gros, le gouvernement de J-M. Ayrault va reprendre la méthode de François Fillon, à savoir d'orienter cette réorganisation des collectivités territoriales au travers des lois de finance.

Or, la gouvernance locale devient de plus en plus complexe, déjà pour les élus eux-mêmes, et donc pour l'ensemble des citoyens. La nébuleuse de structures intercommunales et la multiplication de budgets spécialisés rend presque impossible le contrôle que devraient pouvoir exercer les citoyens. Et la complexité des compétences, dont l'Etat s'est débarrassé au prétexte de la décentralisation, fait travailler des bureaux d'études et des entreprises délégataires. En même temps, les exécutifs d'assemblées locales s'appuient de plus en plus sur leurs fonctionnaires qui se spécialisent (urbanisme, finances, eau, assainissement, tourisme, petite enfance, ...).

En gros, des thématiques que les citoyens pourraient appréhender avec un minimum de pédagogie deviennent totalement opaques à cause de la multiplication des structures. Or, si l'Etat a voulu transférer vers les collectivités locales des compétences qui à l'époque étaient gérées par ses propres services déconcentrés (DDE, DDASS, DRIRE, DRAC, DATAR, ...), c'était justement pour que la proximité entre les citoyens et leurs élus puisse rendre les politiques publiques plus démocratiques. Or, encore en 2014, nous allons désigner des conseils communautaires avec des pouvoirs de plus en plus importants, mais sans jamais savoir quelles politiques seront privilégiées.

Le constat est fait en parallèle que les élections qui mobilisent le plus sont la présidentielle et les élections municipales, c'est à dire les élections au travers desquelles les citoyens transfèrent leur souveraineté entre les mains d'une seule personne, le Président de la République et le Maire. Car la démocratie représentative, c'est justement de désigner des décideurs qui rendent des comptes au fur et à mesure de leur mandat, ainsi qu'au moment de demander de nouveau le suffrage des électeurs. Et c'est aussi un rejet de la démocratie participative ... Des expériences sont menées dans certaines villes françaises pour élaborer des budgets participatifs (cf. Paris 12ème), mais cela reste très marginal et les administrés d'une commune attendent de leur municipalité qu'elle assume ses responsabilités.

Aujourd'hui, je suis de plus en plus convaincu qu'il manque des outils de pédagogie, d'éducation populaire et d'information. Qu'importe quelle collectivité détient telle ou telle compétence, et qu'importe que des structures intercommunales spécialisées se multiplient pour répondre à un souci partagé d'efficacité, il faut par contre des contre-pouvoirs qui rendent aux citoyens leur souveraineté démocratique.

02/04/2013

Nous ne laisserons pas tomber la gare de Paulhan !

Mercredi dernier à l'occasion du Conseil communautaire, le Président Alain Cazorla n'écartait pas complètement la doléance du maire de Paulhan, à savoir que la communauté acquière la gare de Paulhan, tout comme elle compte le faire pour la gare de Clermont l'Hérault.

Mais l'édition de Midi Libre du 30 mars, au titre "La communauté de communes achète le bâtiment de la gare", donne la parole à Jean-Claude Lacroix, le vice-président de la communauté, qui affiche un ton bien différent. A propos de la gare de Paulhan, le vice-président délégué aux finances précise que "Nous ne sommes pas des acheteurs de gares". Ah ? Et pour la gare de Clermont l'Hérault ...

Et d'ajouter qu'il faut au préalable "monter un projet". Mais la commune de Paulhan a déjà délibéré pour que sa gare soit dédiée à du logement aidé, en conformité avec le plan local de l'habitat (PLH). D'ailleurs, la gare accueille actuellement des locataires qui pourraient ainsi bénéficier d'une nécéssaire rénovation de leur logement.

A noter que la vocation "musée du patrimoine ferroviaire" est une proposition évoquée par des étudiants qui ont récemment réalisé une étude sur le patrimoine ferroviaire du Coeur d'Hérault. Mais rien n'empêche que le hall de la gare conserve sa configuration actuelle, avec par exemple une galerie de photos sur l'histoire et sur les ouvrages d'art du chemin de fer sur le Coeur d'Hérault, tout en restaurant le reste du bâtiment pour des logements.

C'est dommage que Jean-Claude Lacroix ne se soit pas exprimé en séance mercredi dernier, mais seulement en off auprès de Midi Libre. Car au-delà de son jugement péremptoire sur l'avenir de la gare de Paulhan, il aurait ainsi informé les conseillers communautaires que les agents de l'office de tourisme intercommunal vont prochainement se muer en guichetiers de la SNCF. Voilà une activité commerciale qui fera grimper le "comptage" des visiteurs à l'office de tourisme de Clermont l'Hérault, puisque c'est désormais le critère qui permet de maintenir une structure d'accueil des touristes dans une commune du Clermontais.

Quant à la gare de Paulhan, les élus de la commune vont continuer de se battre pour qu'elle reste dans le patrimoine de la commune, mais aussi au service de l'intérêt général.

24/03/2013

Pourquoi le Maire-Président Cazorla fait-il acheter la gare de Clermont l'Hérault par la Communauté de communes, et pas celle de Paulhan ?

La SNCF a mis en vente les gares de Clermont l'Hérault (pour le prix négocié de 260.000 €) et de Paulhan (offre de départ à 340.000 €). Dans les deux cas, ces gares font partie du patrimoine local ; elles témoignent du dynamisme économique qu'a connu notre territoire tout au long du 20ème siècle et nombreux sont ceux qui se souviennent encore de leur voyages sur ces anciennes lignes du Coeur d'Hérault.

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Aujourd'hui, la gare de Clermont l'Hérault accueille une agence commerciale de la SNCF pour la distribution de billets, ainsi que l'office de tourisme intercommunal. A Paulhan, la gare est utilisée pour des logements ainsi que pour des salles d'activités municipales.

Depuis plusieurs mois, Alain Cazorla annonce qu'il fera acheter la gare de Clermont l'Hérault par sa Communauté de communes. Il répond ainsi aux Clermontais qui se mobilisent contre la fermeture de l'agence SNCF, mais il est évident que la SNCF ne maintiendra pas son service commercial, que la gare soit vendue ou non. Ce service pose des problèmes d'affectation de personnels, en même temps que les usagers peuvent se faire livrer des billets de train commandés sur Internet ou les retirer dans des agences de voyage.

Le projet de Clermont l'Hérault est donc d'acquérir la gare pour y étendre l'office de tourisme, mais aussi pour y proposer des services pour la petite enfance et la jeunesse. Côté Paulhan, le Conseil municipal a délibéré pour que la gare soit aménagée et offre des logements aidés (conformément au Plan Local de l'Habitat).

Ainsi, Clermont l'Hérault et Paulhan ont chacune une gare qui revêt un caractère patrimonial très fort et dont la destination future répond à des besoins d'intérêt général. Alors pourquoi Alain Cazorla s'entête-t-il à n'inscrire au budget général primitif 2013 de la Communauté de communes que le seul achat de la gare de Clermont l'Hérault ? Le Maire de Paulhan s'en est déjà inquiété en Assemblée Communautaire, le délégué de la Commune de Paulhan s'en est fait l'écho en commission des finances, mais en vain car la gare de Paulhan reste écartée des investissements communautaires.

Peut-être le Président de la Communauté de communes fera-t-il une proposition concrète aux délégués de Paulhan lors de la séance du 27 mars ; nous ne pensons pas qu'il puisse en être autrement.