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09/10/2012

A Paulhan, on privilégie l'emploi durable

Le lundi 1er octobre, le Sous-préfet de Lodève et le Maire de Paulhan assistaient à la halle des sports de Paulhan au lancement d'un chantier d'insertion piloté par le PLIE Coeur d'Hérault. Pendant ce chantier de 10 mois, 10 personnes suivront un parcours de formation en même temps qu'ils réalisent des travaux de maçonnerie, de plomberie, d'électricité, de peinture et d'autres corps de métier du bâtiment. D'ici un an, ces 10 personnes auront une qualification et une expérience qui leur permettra de trouver un emploi dans un secteur clé sur le Coeur d'Hérault ; le tourisme, les services à la  personne et l'artisanat constituent les trois secteurs clés de l'économie présentielle qui peuvent créer de la richesse sur notre territoire.

Pour ces 10 emplois, l'investissement public est de l'ordre de 222.000 € : la DIRECCTE (ou le Conseil général pour les bénéficiaires du RSA) met 110.000 € pour la prise en charge des contrats aidés et des salaires, le PLIE Coeur d'Hérault met 96.000 € pour la prise en charge de la totalité de l'encadrement technique et de l'encadrement socio-professionnel, la commune de Paulhan mrt 8.000 € dans des compléments de salaire et l'organisme qui prend en charge la formation met 8.000 €.

A côté de cela, 17 millions d'euros sont investis sur la ZAC de la Salamane ; 7 millions pour l'acquisition des terrains et 10 millions pour les travaux d'aménagement. A ce jour, Système U a versé 4,3 millions pour l'achat des 20 hectares sur lesquels sera implantée la plateforme logisitique du groupe. Il reste 30 hectares à vendre et il est peu probable que ces éventuels acquéreurs épongent à eux seuls les 13 millions restants ...

A court terme, la plate-forme logistique de Système U devrait créer une centaine d'emplois nets ; mais quels types d'emplois ? Des emplois de manipulateur de commandes ou de cariste avec un casque audio pour optimiser la chaîne logistique (cf. voice picking), mais il ne s'agit en aucun cas de véritables métiers. Ce type d'activité ne laisse [presque] aucune perspective d'évolution de carrière ou de possibilité de se projeter sur le long terme.

Mais avec les millions d'argent public injectés dans le béton de la Salamane, ce sont quelques dizaines de chantiers d'insertion qui auraient pus être financés, et quelques centaines de personnes qui auraient appris un métier dans des secteurs en tension sur notre territoire. Évidemment, rénover une halle de sport à Paulhan ou rénover le logement du gardien du château de Clermont l'Hérault, ça n'a pas le même impact médiatique (visuel et environnemental) qu'une ZAC de 70 hectares ... Mais qu'est-ce qui compte ? Permettre à des personnes d'avoir un métier et de pouvoir faire des projets ou bien de se la jouer "Frêche le bâtisseur" sur des projets sans lendemain ?

Certains se satisferont de dire que l'histoire en jugera ... Mais les derniers chiffres socio-économiques sur le Coeur d'Hérault ne nous laissent pas le temps des livres d'histoire (ou des statistiques rétrospectives de l'INSEE), il y a des individus, des femmes, des hommes et des familles qui veulent un travail, et qui souhaitent pouvoir anticiper les moyens dont ils disposeront dans 20 ou 30 ans, pour eux et pour leurs enfants.

29/09/2012

Gaz de schiste, la commune de Paulhan dit "Non", et se voit aussitôt menacée par le représentant de l'Etat et par le titulaire du permis

Le 22 mai 2012, le Conseil Municipal de Paulhan adoptait à l'unanimité une délibération autorisant le Maire à interdire la circulation et le stationnement des engins vibreurs destinés à explorer le sous-sol de la commune. Dans la foulée, le Maire de Paulhan prenait un arrêté pour rendre cette interdiction exécutoire.

Le 27 juillet 2012, le Sous-préfet de Lodève écrivait au Maire de Paulhan pour lui préciser que le législateur avait interdit le recours à la technique de fracturation hydraulique (loi n°2011-835 du 13 juillet 2011) et que les inquiétudes des élus étaient aucunement justifiées. Il demandait alors au Maire de retirer cette délibération jugée illégale.

Le 13 août 2012, la société Lundin International faisait parvenir au Maire de Paulhan un recours gracieux contre son arrêté municipal. Lundin précise que le permis dont il est titulaire porte sur toutes formes d'hydrocarbures, et pas uniquement sur des gaz et huiles de schiste. Cet arrêté l'empêche donc de procéder à une exploration d'hydrocarbures traditionnels ...

Depuis, le Maire de Paulhan n'est pas resté les bras ballants. Non seulement il ne se pliera pas aux injonctions du représentant de l'Etat et aux menaces de l'industrie pétrolère, mais il mobilise autour de lui les élus locaux pour constituer un front uni contre l'exploitation des gaz de schiste. Notre eau est trop précieuse pour être gaspillée dans cette technique de fracturation hydraulique ; technique qui par ailleurs polluera notre sous-sol et portera un coup fatal aux activités agricoles. Enfin, les énergies fossiles ne doivent plus être au coeur d'un développement humain s'il veut être durable !

Je soutiens évidemment Bernard Soto, le Maire de Paulhan, et son combat est partagé par tout le Conseil municipal et par les Paulhanais qui sont attachés à leur patrimoine rural. Nous attendons que le nouveau gouvernement prenne une position plus claire sur les gaz de schiste, plus conforme aux positions de la campagne électorale de 2012.

07/07/2012

Et à Paulhan, fait-on mieux qu'au Gouvernement ?

J'ai choisi ce titre provocateur pour cette note, car mes critiques répétées sur le budget de l'Etat, sa dette et la rigueur méritaient de faire cette juxtaposition.

Tout d'abord, la grande différence entre le budget de l'Etat et celui d'une collectivité locale, c'est que l'Etat peut financer son fonctionnement par l'emprunt. Pour les collectivités locales, le recours à l'emprunt n'est possible que pour les investissements. De plus, les budgets des collectivités locales sont suivis par les services préfectoraux au travers d'un certain nombre d'indicateurs (coefficient d'autofinancement, ratio de surendettement, capacité de désendettement, ratio de rigidité structurelle, ...), et les collectivités qui laissent filer leur endettement sont mises sous tutelle financière.

Mais je reviens à Paulhan. Les recettes de fonctionnement d'une commune viennent en partie de la fiscalité locale, en partie des dotations de fonctionnement de l'Etat, mais en partie aussi des compensations avec les structures intercommunales. Au passage, d'où que viennent ces recettes, elles viennent toujours de la poche des contribuables. De 2008 à 2011, la section "recettes" du budget de fonctionnement à Paulhan oscille autour de 2,8 millions d'euros, avec 1,5 millions d'impôts et taxes, et un peu moins d'un million d'euros de dotations et de participations.

Une autre différence avec le budget de l'Etat apparaît à ce stade. L'Etat s'autorise à s'endetter tant que les taux d'intérêts sur les marchés financiers restent inférieurs au taux de croissance de l'économie. Or, avec une économie en récession et des taux d'emprunt qui augmentent au fur et à mesure que les agences de notation déclassent la France, la situation est intenable et l'Etat se voit obligé de revenir à une gestion moins Keynésienne. Pour les collectivités locales, c'est l'autofinancement résultant du budget de fonctionnement qui finance les investissements et qui rembourse les annuités d'emprunt. Cela oblige donc les collectivités locales à avoir toujours, en fonctionnement, plus de recettes que de dépenses.

Autre grand sujet d'actualité, le nombre de fonctionnaires que la RGPP de Nicolas Sarkozy a réduit au détriment du service public. A Paulhan, les charges de personnel sont de l'ordre de 1,2 millions d'euros. Et là, il est hors de question de ne pas remplacer les départs à la retraite ! D'ailleurs, dans notre contexte Héraultais de croissance démographique, nous sommes plutôt obligés de recruter pour pouvoir rendre la même qualité de service à nos administrés. Et l'externalisation me rétorqueront certains ? Elle n'est ni un gage d'économie ni la garantie d'un service de qualité. La controverse sur les délégations de service public, par exemple pour le service de l'Eau, révèle que la population privilégie fortement le retour aux régies municipales.

Le budget de l'Etat est étroitement lié au dynamisme de l'activité économique, car elle conditionne les recettes de TVA, d'impôts sur le revenu, d'impôts sur les sociétés et de taxes diverses comme les droits de douane. L'Etat est donc obligé de miser sur une création croissante (ou au moins constante) de richesse économique afin de pouvor assurer ses missions de service public (éducation, santé, justice, sécurité, transports, accès à l'eau et à l'énergie, solidarités, ...).

Le budget d'une commune est lui corrélé à sa population ; les recettes de la fiscalité locale dépendent du nombre d'habitants, ainsi que des dotations qui viennent de l'Etat. D'où la tendance que l'on rencontre dans de nombreuses communes de vouloir croître pour franchir les seuils démographiques générateurs de dotations nouvelles ...

Alors, au final, fait-on mieux à Paulhan qu'à Matignon ? Disons que de ne pas avoir les mêmes critères décisionnels rend la comparaison difficile. Par contre, ce qui est comparable, c'est le niveau de responsabilité de ceux qui tiennent le manche ... A Matignon comme dans une Mairie, il faut savoir anticiper et il faut faire le maximum pour que ce ne soit pas aux générations futures de payer la note.