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27/05/2014

Les animaux veulent plus d'Europe M. Cazeneuve !

Ce mardi matin sur France Inter, monsieur Bernard Cazeneuve estimait qu'il n'était pas indispensable que l'Union européenne réglemente la taille des cages pour les poules, il milite plutôt pour que l'on puisse "rêver" d'Europe en investissant sur une politique industrielle, sur la recherche et sur l'innovation. Bref, encore des paroles creuses dans la bouche de ce technocrate nucléariste formé à l'Institut des Etudes Politiques de Bordeaux et promené pendant 25 ans de bureaux ministériels en parachutages d'élu local.

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Voilà une personnalité socialiste typique, une sorte de mètre-étalon du leader politique de ce début de 21ème siècle à exposer au pavillon de Breteuil du Bureau International des Poids et Mesures (BIPM) à Sèvres. C'est à la mesure de tels hommes d'Etat que s'élabore actuellement le traité transatlantique de libre-échange, celui où justement les normes sont un frein à la croissance du commerce entre les USA et l'Europe.

Franchement, qu'est-ce que le sort de ces gallinacées face aux enjeux de la croissance économique ? Faut-il être idéaliste, naïf ou rétrograde pour s'attarder sur la souffrance des animaux alors que la Terre compte un peu plus de 7 milliards de consommateurs [potentiels] d'oeufs et de viande de poule (et de poulet) ?

Car la dernière directive européenne sur l'habitat des poules pondeuses date de 2012, il s'agit de la directive "bien-être animal" qui offre plus d'espace et plus de confort aux animaux. Pour les poules, fini les cages fermées de 6 individus serrés les uns contre les autres (550 cm2 par poule), ils peuvent aujourd'hui se mouvoir dans des cages de 20 à 60 individus en disposant chacun d'au moins 750 cm2. D'autres éléments de confort s'y sont ajoutés qui font hurler les éleveurs pour la hausse des coûts de revient. Cet article du journal Le Monde de janvier 2012 sur un élevage industriel dans la Somme témoigne bien de ce changement de mentalité chez les éleveurs comme chez les consommateurs.

Certains pourraient rétorquer que la France ne peut plus imposer des normes sanitaires pour ses élevages sans passer par l'Europe, mais c'est en imposant ce type de directive que nous nous assurons que les oeufs ou que la viande de poulet européenne que nous retrouvons dans nos assiettes ne contient pas des antibiotiques ou autres tranquillisants. C'est en ayant cette démarche à l'échelle européenne qu'a été bloquée en 2009 une directive qui autorisait que le vin rosé soit un mélange de vin rouge et de vin blanc ...

Mais le comble, c'est que je passais devant un élevage de poules pondeuses bio (comme chaque matin pour aller au boulot) alors que le ministre Cazeneuve nous informait comment lui et ses amis allaient changer la politique de l'Union européenne. Comme ce candidat socialiste en 2012 qui bombait le torse en jurant qu'il ne signerait pas le traité budgétaire européen en l'état ...

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Deux poulaillers d'une capacité totale de 240
animaux élevés au grand air en bio sur Paulhan

03/01/2014

Bonne santé à tous pour 2014 !

On s'échange beaucoup de "bonne année", "meilleurs voeux" ou encore "plein de bonnes choses" depuis deux jours, mais le bon vieux "bonne santé" se fait plus rare ... Peut-être par crainte que l'interlocuteur concerné ne soit pas réellement en si bonne santé que ça :=(

En tous cas, je me permets de souhaiter une bonne santé à tous, et un bon rétablissement à celles et ceux qui ont quelques soucis, mais je souhaite aussi une bonne santé à la planète et à tous les êtres vivants qui la peuplent.

J'ai d'ailleurs noté que le Président de la République n'a pas évoqué l'environnement, et encore moins la planète dans ses voeux télévisés. Ah si, la "transition énergétique" et la "chimie verte" au service de la croissance économique ...

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Et pour rester en bonne santé, je reprends ici une idée que des parlementaires écologistes ont tenté en vain d'imposer par la voie législative, c'est une journée végétarienne par semaine. Les Grünen allemands ont plus de réussite de l'autre côté du Rhin, mais l'idée est de rompre avec cette inflation de viande dans nos assiettes. Cet engouement mondial pour la nourriture carnée conduit à la déforestation, aux conflits d'usage de l'eau et à des transports tout autour de la planète ; bref, tout l'inverse de ce que les chefs d'Etat s'engagent à faire lors des grandes conférences internationales.

18/12/2013

Le Parlement a voté le 12 décembre une compétence obligatoire nouvelle pour les intercommunalités : la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations.

Je l'ai déjà évoqué sur ce blog à maintes reprises, l'Etat recherchait depuis longtemps à attribuer à un opérateur public territorial la gestion et la restauration des berges des rivières en vue d'en restaurer l'état écologique ainsi que pour prévenir les facteurs de risque d'inondation. C'est fait depuis quelques jours puisque le Parlement a voté l'article 35 de la loi de modernisation de l'action publique territoriale, dans ce que l'on nomme le "premier volet" de l'Acte III de la décentralisation ; ce premier volet sur les trois prévus est consacré à l'affirmation des métropoles.

logo_parlement_blanc.pngMais alors que la Communauté de Communes du Clermontais venait de délibérer le 27 novembre dernier pour prendre une compétence "Entretien et restauration des cours d'eau", le Parlement ajoute une compétence obligatoire aux intercommunalité, compétence qui sera pleinement applicable à partir du 1er janvier 2016. La loi autorise par contre les EPCI qui le souhaitent à exercer cette nouvelle compétence par anticipation.

Qu'est-ce que cette loi apporte-t-elle de nouveau ? Au-delà du Code Général des Collectivités Territoriales (CGCT) où cette compétence obligatoire figure désormais à son article L. 5214-16, c'est surtout le Code de l'Environnement qui est amendé. Tout d'abord, et afin de financer des missions d'étude, d'exécution et d'exploitation de tous travaux, actions, ouvrages ou installations présentant un caractère d'intérêt général ou d'urgence, les EPCI pourront instituer la taxe pour la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations, taxe ne pouvant pas excéder 40 € par habitant. Cette taxe est répartie entre toutes les personnes physiques ou morales assujetties aux taxes locales (taxe sur le foncier bâti ou non bâti, taxe d'habitation ou cotisation foncière des entreprises) et sa base de calcul sera la même que celle de la taxe locale à laquelle elle s'ajoute.

La loi apporte aussi des éclaircissements sur les Etablissements Publics Territoriaux de Bassin (EPTB) ; pour nous sur ce secteur du Coeur d'Hérault, l'EPTB compétent est le Syndicat Mixte du Bassin du Fleuve Hérault. L'EPTB est un groupement de collectivités territoriales compétentes en matière de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations, il assure la cohérence de l'activité de maîtrise d'ouvrage des établissements publics d'aménagement et de gestion de l'eau, sur des principes de solidarité territoriale qui s'inscrivent dans un schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE). L'EPTB peut définir, après avis des commissions locales de l'eau (CLE), un projet d'aménagement d'intérêt commun. En réalité, c'est l'EPTB qui possède le recul suffisant, bien au-delà du simple périmètre territorial d'une commune ou d'une intercommunalité, pour apprécier les débits, les étiages et les facteurs d'inondation sur tout le cours d'une rivière.

Pour exercer ses missions de restauration et d'entretien des berges et des ouvrages qui permettent de lutter contre les inondations, les communes et leur EPCI pourront instaurer des servitudes de passages sur les propriétés traversées. Ces servitudes peuvent ouvrir droit à une indemnité financière au profit du propriétaire s'il en résulte pour lui un préjudice direct, matériel et certain.

L'Etat met aussi en place un fonds pour la réparation des dommages causés aux biens des collectivités territoriales et de leurs groupements par les calamités publiques dont le préjudice financier total est supérieur à 6 millions d'euros hors taxe. Les inondations liées à la tempête Xynthia fin février 2010 et celles du Var le 15 juin 2010 ont coûté des sommes folles, dont j'ai extrait ci-après quelques éléments du rapport de la cour des comptes :

S’agissant des crédits publics, le total des dépenses publiques nettes payées en 2010 et 2011 ou devant l’être en 2012, s’élève pour les inondations Xynthia à 141,3 M€ (82,9 M€ pour le budget de l’Etat, 3,7 M€ de dépenses fiscales sur les dons reçus et 54,7 M€ pour les collectivités locales). Pour les inondations du Var, elles se montent à 58,7 M€ (34,1 M€ pour le budget de l’Etat et de la sécurité sociale, 0,7 M€ de dépenses fiscales sur les dons reçus et 23,9 M€ pour les collectivités locales).
Si on ajoute les dépenses liées au rachat de maisons par le fonds de prévention des risques naturels majeurs (FPRNM), à hauteur de 315,7 M€ de crédits délégués fin juin 2012 pour les inondations Xynthia et de 12,3 M€ pour les inondations du Var, et celles à venir pour les équipements obligatoirement à reconstruire dans le Var (particulièrement la maison d’arrêt de Draguignan pour 93 M€ et la route de Chateaudouble pour 37 M€), les dépenses publiques totales nettes s’élèvent à 457 M€ pour Xynthia et 201 M€ pour les inondations du Var.
Les crédits européens se sont montés pour Xynthia à 40,6 M€ (dont 38,6 M€ dépensés à la fin de 2011). Dans le Var, l’ampleur et l’étendue géographique de la crise ne se sont pas révélées suffisantes pour bénéficier d’une aide d’urgence spécifique dans le cadre des procédures européennes.
S’agissant des indemnités d’assurance, dont une partie est adossée à une garantie publique dans le cadre du régime des catastrophes naturelles, elles s’élèvent à 690 M€ pour les inondations Xynthia et à 615 M€ pour celles du Var. Sur ces sommes, la Caisse centrale de réassurance a payé respectivement 360 M€ pour les inondations Xynthia et 280 M€ pour le Var, soit au total 640 M€, le reste étant pris en charge par les entreprises d’assurance et leurs éventuels autres réassureurs.
Les provisions du régime catastrophes naturelles ont certes permis au budget de l’Etat de ne pas être mis directement à contribution. Toutefois, pour la première fois depuis plusieurs années, le seuil d’intervention de l’Etat a baissé au début de 2011 par rapport au début de 2010. Les provisions restent substantielles (3,1 Md€ au début de 2012), mais, à elles seules, elles permettraient difficilement de faire face à un événement très exceptionnel sans une contribution du budget de l’Etat.

L'enjeu humain, naturel et financier est énorme, et cette loi est un premier pas qui fixe un cadre législatif. Il restera ensuite aux élus locaux qui siègent dans les EPCI et les EPTB d'articuler au mieux leurs programmes d'action afin de préserver nos cours d'eau, que ce soit pour la pêche, pour leur usage en eau potable que pour leur seul aspect paysager, mais surtout pour éviter les graves conséquences des inondations.