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17/06/2014

Pour une autre Europe, mais vraiment une autre Europe !

Il y a des jours comme ça où le monde semble marcher sur la tête, et cette information découverte aujourd'hui continue de m'étonner : la Commission européenne attribue des subventions aux entreprises qui font de la recherche sur les gaz de schiste ! Le programme de recherche sur les technologies innovantes dispose d'un budget de 80 milliards d'euros pour la période 2014-2020, et un fonds de 113 millions d'euros serait destiné à aider les entreprises qui exploitent "proprement" les gaz de schiste ; 33 millions d'euros sont déjà engagés sur 2014.

Déjà, remarquons que les entreprises aidées ne sont pas dans le besoin. Il ne s'agit pas ici d'aider les pêcheurs de Sète ou le pastoralisme sur le Larzac, avec des bénéficiaires pour qui ces aides constituent un facteur de réussite indispensable. Non, il s'agit ici des grandes compagnies pétrolières internationales qui brassent des milliards d'euros ! Mais c'est justement comme ça qu'elles s'enrichissent, en multipliant les sources de recettes et en optimisant leurs dépenses. En tous cas, le budget européen est bien mal employé et ce n'est pas ce genre de gabegie qui contredira les suffrages du 25 mai dernier.

Mais surtout, quel message politique la commission nous adresse-t-elle ! Les gaz de schiste émettraient moins de C02 que d'autres ressources fossiles et la Commission va même jusqu'à parler de contribution à la transition énergétique de l'Union européenne. Les besoins en eau et les dégâts environnementaux sont passés sous silence, de même pour les dégagements de méthane, un gaz qui a une contribution au réchauffement climatique nettement supérieure au CO2.

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Je mesure combien le bon score de José Bové sur le Cœur d'Hérault le 25 mai dernier est encore loin de répondre à ces errements politiques, mais je sais qu'en élisant José Bové au Parlement européen nous avons un député qui défendra un autre projet de société, qui se battra dans toute l'Europe contre ces atteintes irréversibles à notre environnement et qui viendra ici sur le terrain pour relayer les propositions qu'il défend à Strasbourg.

27/05/2014

Les animaux veulent plus d'Europe M. Cazeneuve !

Ce mardi matin sur France Inter, monsieur Bernard Cazeneuve estimait qu'il n'était pas indispensable que l'Union européenne réglemente la taille des cages pour les poules, il milite plutôt pour que l'on puisse "rêver" d'Europe en investissant sur une politique industrielle, sur la recherche et sur l'innovation. Bref, encore des paroles creuses dans la bouche de ce technocrate nucléariste formé à l'Institut des Etudes Politiques de Bordeaux et promené pendant 25 ans de bureaux ministériels en parachutages d'élu local.

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Voilà une personnalité socialiste typique, une sorte de mètre-étalon du leader politique de ce début de 21ème siècle à exposer au pavillon de Breteuil du Bureau International des Poids et Mesures (BIPM) à Sèvres. C'est à la mesure de tels hommes d'Etat que s'élabore actuellement le traité transatlantique de libre-échange, celui où justement les normes sont un frein à la croissance du commerce entre les USA et l'Europe.

Franchement, qu'est-ce que le sort de ces gallinacées face aux enjeux de la croissance économique ? Faut-il être idéaliste, naïf ou rétrograde pour s'attarder sur la souffrance des animaux alors que la Terre compte un peu plus de 7 milliards de consommateurs [potentiels] d'oeufs et de viande de poule (et de poulet) ?

Car la dernière directive européenne sur l'habitat des poules pondeuses date de 2012, il s'agit de la directive "bien-être animal" qui offre plus d'espace et plus de confort aux animaux. Pour les poules, fini les cages fermées de 6 individus serrés les uns contre les autres (550 cm2 par poule), ils peuvent aujourd'hui se mouvoir dans des cages de 20 à 60 individus en disposant chacun d'au moins 750 cm2. D'autres éléments de confort s'y sont ajoutés qui font hurler les éleveurs pour la hausse des coûts de revient. Cet article du journal Le Monde de janvier 2012 sur un élevage industriel dans la Somme témoigne bien de ce changement de mentalité chez les éleveurs comme chez les consommateurs.

Certains pourraient rétorquer que la France ne peut plus imposer des normes sanitaires pour ses élevages sans passer par l'Europe, mais c'est en imposant ce type de directive que nous nous assurons que les oeufs ou que la viande de poulet européenne que nous retrouvons dans nos assiettes ne contient pas des antibiotiques ou autres tranquillisants. C'est en ayant cette démarche à l'échelle européenne qu'a été bloquée en 2009 une directive qui autorisait que le vin rosé soit un mélange de vin rouge et de vin blanc ...

Mais le comble, c'est que je passais devant un élevage de poules pondeuses bio (comme chaque matin pour aller au boulot) alors que le ministre Cazeneuve nous informait comment lui et ses amis allaient changer la politique de l'Union européenne. Comme ce candidat socialiste en 2012 qui bombait le torse en jurant qu'il ne signerait pas le traité budgétaire européen en l'état ...

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Deux poulaillers d'une capacité totale de 240
animaux élevés au grand air en bio sur Paulhan

03/01/2014

Bonne santé à tous pour 2014 !

On s'échange beaucoup de "bonne année", "meilleurs voeux" ou encore "plein de bonnes choses" depuis deux jours, mais le bon vieux "bonne santé" se fait plus rare ... Peut-être par crainte que l'interlocuteur concerné ne soit pas réellement en si bonne santé que ça :=(

En tous cas, je me permets de souhaiter une bonne santé à tous, et un bon rétablissement à celles et ceux qui ont quelques soucis, mais je souhaite aussi une bonne santé à la planète et à tous les êtres vivants qui la peuplent.

J'ai d'ailleurs noté que le Président de la République n'a pas évoqué l'environnement, et encore moins la planète dans ses voeux télévisés. Ah si, la "transition énergétique" et la "chimie verte" au service de la croissance économique ...

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Et pour rester en bonne santé, je reprends ici une idée que des parlementaires écologistes ont tenté en vain d'imposer par la voie législative, c'est une journée végétarienne par semaine. Les Grünen allemands ont plus de réussite de l'autre côté du Rhin, mais l'idée est de rompre avec cette inflation de viande dans nos assiettes. Cet engouement mondial pour la nourriture carnée conduit à la déforestation, aux conflits d'usage de l'eau et à des transports tout autour de la planète ; bref, tout l'inverse de ce que les chefs d'Etat s'engagent à faire lors des grandes conférences internationales.