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07/03/2015

S'informer, s'exprimer et s'écouter, est-ce impossible pour Homo sapiens de 2015 ?

L'actualité s'est beaucoup focalisée sur le barrage de Sivens, sur les ZADistes opposés à l'automne dernier contre les engins de chantier et contre les CRS, et opposés cette semaine aux agriculteurs de la FNSEA, mais de tels conflits se reproduisent un peu partout en France. Ainsi, ce samedi à côté de Saint-Nazaire, quelques dizaines de militants écologistes manifestaient pour préserver la vasière de Méan d'un projet d'agrandissement du port. Face à eux, près de 150 dockers cégétistes étaient venus défendre leurs emplois et le développement économique du port de St-Nazaire, et cela à n'importe quel prix (cf. Presse Ocean). Et à chaque fois, les confrontations en viennent aux invectives, aux bousculades et aux violences. N'oublions pas Rémi Fraisse !

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Mais pourquoi le dialogue est-il si difficile ? Pourquoi les parties concernées ne savent pas se mettre autour d'une table, d'avancer chacune leurs argumentaires et d'essayer de trouver un compromis ?

Alors il y a certainement une explication culturelle ; on ne trouve pas chez nous gaulois le flegme britannique ou la rigueur teutonne, ni même ce goût du marchandage que l'on rencontre chez les peuples des rives de la Méditerranée.

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Néanmoins, les clichés ne suffisent pas à expliquer que notre espèce Homo sapiens a si peu progressé depuis des siècles ... Il est certain que l'esprit critique est la disposition intellectuelle la moins éveillée de 0 à 20 ans, c'est à dire pendant que l'école, la famille, la société et la publicité (sic) façonnent nos cerveaux, mais la grande majorité de nos congénères ont plutôt une tendance bienveillante.

Alors, quels points communs entre un conseiller général du Tarn qui vote sans sourciller pour un barrage surdimensionné (8,5 M€ d'investissement pour approvisionner en eau 20 à 30 agriculteurs), un conseiller général de Loire-Atlantique qui vote depuis 50 ans pour un aéroport international totalement anachronique, un docker cégétiste qui milite pour que l'agrandissement du port outrepasse des directives environnementales, ... et tout cela dans des climats de violence aussi excessifs qu'inutiles. Et sur le Clermontais, le projet de zone d'activité économique à la Salamane a illustré ce déni de démocratie de la part des viticulteurs, des élus et des investisseurs. C'est donc que quelques intérêts particuliers sont assez puissants pour gommer toute intelligence collective.

Mais je ne me résigne pas à ce que l'avenir nous conduise à des conflits récurrents entre des faibles et des puissants, des pauvres et des riches, des citoyens isolés et des lobbies organisés. Et pour cela, il faut de la transparence, de la pédagogie et de la confrontation d'idées. Il faut par exemple que des journaux comme Charlie Hebdo et Médiapart puissent devenir la règle, et non plus l'exception. Et je ne parle pas de WikiLeaks ! Nous savons que la détention des informations est la clé du pouvoir, alors partageons l'information et discutons-en au lieu de s'affronter sur des bribes d'informations de couloir.

05/03/2015

L'eau, un bien commun à préserver collectivement

La Lergue, la Vis, la Buèges et l'Hérault sont les principaux cours d'eau qui jalonnent mes promenades dans ce très beau canton du nord de l'Hérault, mais la ressource en eau de ce vaste territoire situé au pied du plateau de l'Escandorgue, du causse du Larzac, du causse d'Hortus (les plus connus) et de la montagne de la Séranne suscite autant de craintes que de certitudes. Ni la croissance démographique sur ce 11ème canton ni ses activités humaines ne font craindre de pénurie durable de la ressource, mais sa qualité reste très sensible et elle suscite l'attrait des zones plus urbaines au sud.

Le lac du Salagou en est un exemple significatif. Ce réservoir construit en 1968 avait une vocation agricole, à savoir d'alimenter l'Hérault d'où les agriculteurs pourraient pomper l'eau nécessaire pour leurs exploitations. Et puis les besoins agricoles ont été moins prégnants, et le site s'est transformé en un très bel espace pour le tourisme et pour les loisirs. Deux usages concurrents de cette centaine de millions de mètres-cubes d'eau s'affrontent, l'usage hydraulique contre l'usage touristique.

Or, le réchauffement climatique comme la pression démographique dans le département de l'Hérault nous incitent à préserver cette ressource. Il ne doit pas être question de pomper sans mesurer au préalable les impacts environnementaux, mais il ne faut pas non plus avoir des positions trop dogmatiques (ou trop individuelles). L'eau est un bien commun, et si sa consommation au robinet ne peut pas se faire gratuitement, sa marchandisation alimente bien trop d'appétits.

Il nous a semblé évident, à nous quatre candidats écologistes et citoyens sur ce canton d'organiser une réunion publique sur le thème de l'eau. Ce sera à Soubès le lundi 16 mars à 18h30. Quel est l'état de la ressource ? Quels en sont les usages ? Quelle est la qualité de l'eau des nappes souterraines et de nos rivières ? Qu'attendre des structures (privées ou publiques) qui gèrent la ressource et qui alimentent les abonnées en eau potable ? Que penser de la tarification sociale ou saisonnière de l'eau ? Intercommunalités et syndicats mixtes de bassin versant sauront-ils rapidement se coordonner pour gérer les milieux aquatiques et prévenir des inondations ? Le Département continuera-t-il d'être solidaire des communes et de leurs regroupements pour investir dans la réhabilitation et la modernisation de leurs réseaux et de leurs équipements d'adduction d'eau potable ? Voilà tant de questions qui nécessitent que nous en parlions, que nous prenions des décisions et que nous menions les évaluations nécessaires pour améliorer nos orientations et nos pratiques.

Bien évidemment, le permis d'explorer des hydrocarbures conventionnels ou des gaz de schiste sur ce territoire (cf. Permis de Nant) ne doit plus jamais être accordé à quiconque. Il ne manque pas de résidus industriels  qui peuvent polluer nos eaux sur ce territoire pour y ajouter les cocktails de produits chimiques de la fracturation hydraulique !

Ce qui nous guidera si nous sommes élus, et cela vaut bien au delà de la problématique de l'eau, c'est l'écoute et la participation citoyenne. Déjà, une décision politique ne doit pas se prendre sur la seule base des dossiers commandés à des bureaux d'étude, il est indispensable d'écouter les acteurs de terrain. Il vaut mieux interroger un pêcheur sur l'état des rivières ou un vigneron sur l'état des vignes plutôt que de le demander à un ingénieur assis dans un bureau à Montpellier ou ailleurs ... Trop souvent, et nous le voyons avec les conseillers généraux du Tarn à propos du barrage de Sivens, les élus affichent leurs certitudes sans jamais mettre en balance des avantages et des inconvénients. A les écouter, il n'y aurait toujours que des avantages ... Ensuite, un projet éclairé par des avis multiples doit faire l'objet d'une concertation avec les citoyens. En fonction de la taille du projet, la concertation peut concerner les habitants d'un village ou les associations et les professionnels d'un territoire plus étendu, mais si cela doit dépasser les limites d'un bassin de vie, alors il faut faire l'effort d'y mettre les formes. Il est intéressant pour cela de visiter le site web de la commission nationale du débat public (CNDP), avec par exemple la possibilité offerte à ceux qui veulent se faire entendre de pouvoir diffuser un cahier d'acteur.

Mais je ne peux pas achever cette note sans évoquer un sujet vivement polémique sur ce canton, il s'agit de la source des Cents-Fonts sur la commune de Causse-de-la-Selle. Déjà en 2005, quand le Président André Vézinhet avait lancé parallèlement des essais de pompage et des réunions de concertation, j'avais pris position en tant que Secrétaire départemental des Verts de l'Hérault (cf. communiqué de presse de juillet 2005). Dix ans plus tard, les installations d'essai sont toujours en place alors que les études in situ ont démontré que cette source-là ne répond pas du tout aux attentes d'approvisionnement du territoire du Grand Pic Saint-Loup. Pire, les pompages altèrent la qualité du milieu. Aussi, le principe pollueur-payeur nous permettra de plaider au sein de la future assemblée départementale pour que le site des Cents-Font soit remis dans son état naturel de l'époque.

Le sujet de l'eau est passionnant ... et souvent passionné. Mais il doit être abordé avec les acteurs de terrain, sans tabou et avec modestie. Et nous commencerons dès le 16 mars 2015 à Soubès.

28/10/2014

La démocratie, une valeur à défendre et à faire vivre ensemble

Étudiant, je manifestais en 1986 contre le projet de loi Devaquet, et à l'époque la violence policière d’État était incarnée par les voltigeurs de Pasqua, ces policiers à deux sur une moto qui chargeaient les jeunes dans la rue. La mort de Malik Oussekine est venue témoigner de l'aveuglement d'un gouvernement de la République pourtant censé représenter tous les français.

Et cette violence policière se retrouve 28 ans plus tard dans le Tarn où Rémi Fraisse est tué alors qu'il manifeste pacifiquement contre un projet qui heurte ses convictions écologistes. Les témoignages et les images, au Testet comme à Notre-dame-des-Landes, montrent des gendarmes mobiles qui agissent avec une violence physique et verbale inouïe. Ce n'est pas la peine que nos chaînes de télé nous abreuvent des images de Hong Kong, de Bangkok ou du Caire, nous avons les mêmes dans nos campagnes et dans nos villes. Les faits tels qu'ils sont relatés par le magazine Reporterre sont effarants.

Le gouvernement socialiste doit assumer aujourd'hui ces dérives policières qui sont finalement inhérentes à un type de pouvoir arbitraire qui réunit la gouvernance de Chirac (déc. 1986) et celle de Valls (oct. 2014). Le modèle de société que nous imposent ces dirigeants est contestable, et il est contesté par des citoyens responsables ; il n'est pas républicain que la réponse apportée soit une violence policière débridée.

Et encore, en 1986, les brigades de voltigeurs ont été dissoutes, le projet de loi a été abandonné et le ministre Devaquet a démissionné. Là, les autorités attendent certainement que l'actualité nous serve un autre plat afin que ce projet de barrage se réalise ou soit abandonné sans faire trop de bruit ...

Cette classe politique-là et ce système économique-là ont de plus en plus de détracteurs. Ils se manifestent par un renoncement à l'expression politique, par un engagement de plus en plus fréquent dans des actions locales associatives ou citoyennes, mais ils ne se reconnaissent plus dans leurs dirigeants politiques. Les Macron, Valls, Montebourg, ... sont jeunes, mais ils sont tellement vieux dans leur tête !

Car la démocratie n'est pas le mauvais spectacle qui nous est offert en boucle dans les médias. La démocratie, c'est un peuple souverain qui assume collectivement et pacifiquement son destin commun. Cela passe par des consultations régulières (référendums ou élections) et par la transparence de l'exercice du pouvoir, mais quand se faire réélire ou imposer ses projets devient une fin en soi, alors le pouvoir devient arbitraire.

De nature optimiste, je pense que le peuple ne renoncera pas à sa souveraineté et qu'il ne laissera pas quelques élites décider seules ; l'avènement d'une VIème République et la tenue d'une assemblée constituante deviennent incontournables.