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28/10/2014

La démocratie, une valeur à défendre et à faire vivre ensemble

Étudiant, je manifestais en 1986 contre le projet de loi Devaquet, et à l'époque la violence policière d’État était incarnée par les voltigeurs de Pasqua, ces policiers à deux sur une moto qui chargeaient les jeunes dans la rue. La mort de Malik Oussekine est venue témoigner de l'aveuglement d'un gouvernement de la République pourtant censé représenter tous les français.

Et cette violence policière se retrouve 28 ans plus tard dans le Tarn où Rémi Fraisse est tué alors qu'il manifeste pacifiquement contre un projet qui heurte ses convictions écologistes. Les témoignages et les images, au Testet comme à Notre-dame-des-Landes, montrent des gendarmes mobiles qui agissent avec une violence physique et verbale inouïe. Ce n'est pas la peine que nos chaînes de télé nous abreuvent des images de Hong Kong, de Bangkok ou du Caire, nous avons les mêmes dans nos campagnes et dans nos villes. Les faits tels qu'ils sont relatés par le magazine Reporterre sont effarants.

Le gouvernement socialiste doit assumer aujourd'hui ces dérives policières qui sont finalement inhérentes à un type de pouvoir arbitraire qui réunit la gouvernance de Chirac (déc. 1986) et celle de Valls (oct. 2014). Le modèle de société que nous imposent ces dirigeants est contestable, et il est contesté par des citoyens responsables ; il n'est pas républicain que la réponse apportée soit une violence policière débridée.

Et encore, en 1986, les brigades de voltigeurs ont été dissoutes, le projet de loi a été abandonné et le ministre Devaquet a démissionné. Là, les autorités attendent certainement que l'actualité nous serve un autre plat afin que ce projet de barrage se réalise ou soit abandonné sans faire trop de bruit ...

Cette classe politique-là et ce système économique-là ont de plus en plus de détracteurs. Ils se manifestent par un renoncement à l'expression politique, par un engagement de plus en plus fréquent dans des actions locales associatives ou citoyennes, mais ils ne se reconnaissent plus dans leurs dirigeants politiques. Les Macron, Valls, Montebourg, ... sont jeunes, mais ils sont tellement vieux dans leur tête !

Car la démocratie n'est pas le mauvais spectacle qui nous est offert en boucle dans les médias. La démocratie, c'est un peuple souverain qui assume collectivement et pacifiquement son destin commun. Cela passe par des consultations régulières (référendums ou élections) et par la transparence de l'exercice du pouvoir, mais quand se faire réélire ou imposer ses projets devient une fin en soi, alors le pouvoir devient arbitraire.

De nature optimiste, je pense que le peuple ne renoncera pas à sa souveraineté et qu'il ne laissera pas quelques élites décider seules ; l'avènement d'une VIème République et la tenue d'une assemblée constituante deviennent incontournables.

17/06/2014

Pour une autre Europe, mais vraiment une autre Europe !

Il y a des jours comme ça où le monde semble marcher sur la tête, et cette information découverte aujourd'hui continue de m'étonner : la Commission européenne attribue des subventions aux entreprises qui font de la recherche sur les gaz de schiste ! Le programme de recherche sur les technologies innovantes dispose d'un budget de 80 milliards d'euros pour la période 2014-2020, et un fonds de 113 millions d'euros serait destiné à aider les entreprises qui exploitent "proprement" les gaz de schiste ; 33 millions d'euros sont déjà engagés sur 2014.

Déjà, remarquons que les entreprises aidées ne sont pas dans le besoin. Il ne s'agit pas ici d'aider les pêcheurs de Sète ou le pastoralisme sur le Larzac, avec des bénéficiaires pour qui ces aides constituent un facteur de réussite indispensable. Non, il s'agit ici des grandes compagnies pétrolières internationales qui brassent des milliards d'euros ! Mais c'est justement comme ça qu'elles s'enrichissent, en multipliant les sources de recettes et en optimisant leurs dépenses. En tous cas, le budget européen est bien mal employé et ce n'est pas ce genre de gabegie qui contredira les suffrages du 25 mai dernier.

Mais surtout, quel message politique la commission nous adresse-t-elle ! Les gaz de schiste émettraient moins de C02 que d'autres ressources fossiles et la Commission va même jusqu'à parler de contribution à la transition énergétique de l'Union européenne. Les besoins en eau et les dégâts environnementaux sont passés sous silence, de même pour les dégagements de méthane, un gaz qui a une contribution au réchauffement climatique nettement supérieure au CO2.

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Je mesure combien le bon score de José Bové sur le Cœur d'Hérault le 25 mai dernier est encore loin de répondre à ces errements politiques, mais je sais qu'en élisant José Bové au Parlement européen nous avons un député qui défendra un autre projet de société, qui se battra dans toute l'Europe contre ces atteintes irréversibles à notre environnement et qui viendra ici sur le terrain pour relayer les propositions qu'il défend à Strasbourg.

27/05/2014

Les animaux veulent plus d'Europe M. Cazeneuve !

Ce mardi matin sur France Inter, monsieur Bernard Cazeneuve estimait qu'il n'était pas indispensable que l'Union européenne réglemente la taille des cages pour les poules, il milite plutôt pour que l'on puisse "rêver" d'Europe en investissant sur une politique industrielle, sur la recherche et sur l'innovation. Bref, encore des paroles creuses dans la bouche de ce technocrate nucléariste formé à l'Institut des Etudes Politiques de Bordeaux et promené pendant 25 ans de bureaux ministériels en parachutages d'élu local.

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Voilà une personnalité socialiste typique, une sorte de mètre-étalon du leader politique de ce début de 21ème siècle à exposer au pavillon de Breteuil du Bureau International des Poids et Mesures (BIPM) à Sèvres. C'est à la mesure de tels hommes d'Etat que s'élabore actuellement le traité transatlantique de libre-échange, celui où justement les normes sont un frein à la croissance du commerce entre les USA et l'Europe.

Franchement, qu'est-ce que le sort de ces gallinacées face aux enjeux de la croissance économique ? Faut-il être idéaliste, naïf ou rétrograde pour s'attarder sur la souffrance des animaux alors que la Terre compte un peu plus de 7 milliards de consommateurs [potentiels] d'oeufs et de viande de poule (et de poulet) ?

Car la dernière directive européenne sur l'habitat des poules pondeuses date de 2012, il s'agit de la directive "bien-être animal" qui offre plus d'espace et plus de confort aux animaux. Pour les poules, fini les cages fermées de 6 individus serrés les uns contre les autres (550 cm2 par poule), ils peuvent aujourd'hui se mouvoir dans des cages de 20 à 60 individus en disposant chacun d'au moins 750 cm2. D'autres éléments de confort s'y sont ajoutés qui font hurler les éleveurs pour la hausse des coûts de revient. Cet article du journal Le Monde de janvier 2012 sur un élevage industriel dans la Somme témoigne bien de ce changement de mentalité chez les éleveurs comme chez les consommateurs.

Certains pourraient rétorquer que la France ne peut plus imposer des normes sanitaires pour ses élevages sans passer par l'Europe, mais c'est en imposant ce type de directive que nous nous assurons que les oeufs ou que la viande de poulet européenne que nous retrouvons dans nos assiettes ne contient pas des antibiotiques ou autres tranquillisants. C'est en ayant cette démarche à l'échelle européenne qu'a été bloquée en 2009 une directive qui autorisait que le vin rosé soit un mélange de vin rouge et de vin blanc ...

Mais le comble, c'est que je passais devant un élevage de poules pondeuses bio (comme chaque matin pour aller au boulot) alors que le ministre Cazeneuve nous informait comment lui et ses amis allaient changer la politique de l'Union européenne. Comme ce candidat socialiste en 2012 qui bombait le torse en jurant qu'il ne signerait pas le traité budgétaire européen en l'état ...

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Deux poulaillers d'une capacité totale de 240
animaux élevés au grand air en bio sur Paulhan