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10/06/2011

La SAFER-LR prêche-t-elle dans le désert ?

Déjà le 10 juin 2010 je postais sur ce blog une note relative à la publication par la SAFER-LR d'un état des lieux du foncier agricole en région Languedoc-Roussillon. Et ce 10 juin 2011, Midi Libre se fait l'écho d'un état des lieux tout aussi alarmant pointé du doigt par les mêmes personnes (MM Granier et Tronche de la SAFER-LR).

Mais que disent-ils de nouveaux ? Rien ... juste des chiffres que nous connaissons tous et des diagnostics qui épinglent les politiques. En décembre 2009, le directeur-général de la SAFER-LR était l'invité du préfet pour évoquer devant les professionnels concernés les risques d'une urbanisation qui prend toujours les meilleures terres agricoles (cf. note sur mon blog). Le 21 juin prochain, le même directeur-général de la SAFER-LR organise une table ronde sur “l’implication nécessaire de l’Etat et des Collectivités pour une vraie politique foncière”, avec la participation d’Henry Nallet, ancien ministre de l’Agriculture.

Le 27 octobre 2010, Dominique Granier (le directeur-général de la SAFER-LR) était à Gignac pour participer à un débat suite à la diffusion du film "Nos enfants nous accuseront" (cf. note sur ce blog). Cette soirée organisée par le Pays Coeur d'Hérault avait vocation à ... déclencher quelque chose ... Edouard Chaulet, le Maire de Barjac, a bien illustré comment l'implication politique était le vrai déclencheur de politiques vraiment soucieuses d'un développement durable de nos territoires.

Autrement, l'article de Midi Libre de ce 10 juin 2011 nous informe que l'urbanisation des terres agricoles a augmenté de +1,81% par rapport à 2009, mais pour une valeur financière de -4,94%. En 2010, ce sont 4.000 ha qui ont été urbanisés, soit un taux de 10% très supérieur à la moyenne nationale (7,8%).

Sur le Coeur d'Hérault, la Salamane reste l'illustration phare de cet abandon des politiques. Mais cela ne s'arrête malheureusement pas là : 60 ha de terres agricoles seront prochainement arrachées entre Bages et Cambous (Carrière Leygue) avec un convoyeur presque terminé, 100 ha le long de l'Hérault entre Granoupiac et Bages (extractions autorisées par Arrêté préfectoral des sociétés SATEN au barrage de Carabottes  et SOLAG pour l'extraction de granulats). Un collectif lutte contre ces projets qu'il conteste aussi devant le tribunal administratif de Montpellier, mais le soutien des élus est vraiment urgent.

Allez, rendez-vous le 10 juin 2012 ;-)

23/05/2011

L'Etat impuissant face à l'artificialisation des terres agricoles dans l'Hérault

L'Etat s'enlise dans ses incohérences ... Après que les services de l'Etat aient émis un avis défavorable au projet de ZAC à la Salamane sur 70 ha de terres agricoles, mais que le Sous-préfet ait donné lui un avis favorable, voilà que l'Etat s'alarme devant l'augmentation considérable de l'artificialisation des terres agricoles en créant une commission ad hoc.

Ci-après l'extrait de la lettre des Services de l'Etat dans l'Hérault, dans son édition d'Avril 2011 :

CDCEA_34.JPG

Dans une prochaine édition de cette lettre des services de l'Etat dans l'Hérault, on pourra y montrer la photo d'un bâtiment de 60.000 m2 sur 14 mètres de hauteur ...

12/02/2011

Paulhan dit : "NON" aux gaz de schiste !

Carte_Exploration_Gaz_Schiste.JPG
Carte des permis d'explorer déposés

Vendredi 11 février, le Conseil Municipal de Paulhan a adopté à l'unanimité cette motion dont j'ai été le rapporteur et qui demande au Gouvernement de geler les opérations d'exploration et de diligenter un débat public sur un sujet qui heurte de plus en plus de monde.

Les grands corps d'Etat que sont les ingénieurs des Ponts et chaussée ainsi que les ingénieurs des Mines vont devoir ajouter quelques cours d'écologie à leur cursus de formation. Ils semblent être les seuls à ignorer les contraintes qui pèsent sur la planète, sur ses ressources naturelles et sur sa biodiversité, et ils vont inexorablement rencontrer une hostilité grandissante à leurs projets.

 

Commune de Paulhan

Conseil Municipal
du 11 février 2011

 

MOTION : « NON A L’EXPLORATION DE GAZ DE SCHISTE ! »

 

Forage vertical

 

 

 

Texte de la motion
Texte de la motion

En mars 2010, trois permis exclusifs de recherche de mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux ont été accordés en France à des sociétés internationales pétrolières. Il s’agit des permis dit de « Villeneuve de Berg » en Ardèche, de « Nant » en Lozère, Aveyron et Hérault, de « Montélimar » dans la Drôme, le Gard et jusqu’aux portes de Montpellier. 

L’extraction de ces hydrocarbures est complexe et coûteuse, et elle ne devient rentable qu’à mesure de la hausse du prix sur le marché mondial, d’où l’intérêt actuel des grandes compagnies pour ces gisements potentiels. Mais son exploitation génère surtout des risques environnementaux particulièrement importants, notamment sur les eaux souterraines par des métaux lourds très toxiques.

Il est inacceptable de voir se développer ces projets d’exploitation de nouvelles ressources de gaz à effet de serre, qui contreviendraient aux objectifs d’une diminution de 40% de ceux-ci à l’horizon 2020. On ne peut tolérer en outre le développement de nouvelles sources de déchets hautement toxiques, et ce d’autant plus que leur collecte ou leur confinement est loin d’être assuré.

Alors que les travaux d’exploration doivent débuter dans les prochains moins, aucun débat public, aucune concertation, aucune étude d’impact n’ont été réalisés. Les élus et les citoyens n’ont pas eu la possibilité d’appréhender les conséquences de ce projet pour ce qui touche à l’environnement, à la ressource en eau et à l’impact sur l’économie locale. Motivées par des impératifs strictement financiers, ces autorisations vont à l’encontre de l’esprit du Grenelle de l’environnement et notamment du souci de préserver notre biodiversité.

L’exploitation de ces gaz de schistes repose sur la fracture hydraulique (fracking en anglais). Cette technique consiste en l’injection de millions de mètre cube d’eau à très forte pression, avec du sable et des additifs chimiques pour « casser » les schistes et libérer le gaz. A l'occasion d'une audition de la commission d'enquête du Congrès Américain, un industriel a énuméré quelques uns des 596 produits chimiques utilisés pour ce fracking : de l'acide chlorydrique pour dissoudre certaines boues, de l'aldéhyde glutarique comme agent antibactérien, du persulfate d'ammonium pour diminuer la viscosité des liquides, du formaldéhyde diméthyle comme inhibiteur de corrosion, du sel de bore comme agent de réticulation, un distillat de pétrole comme réducteur de friction, de l'acide citrique comme agent de neutralisation et du chlorure de potassium pour absorber l'oxygène. Tous ces produits se retrouvent dans le milieu naturel à l’issue de l’opération de fracturation hydraulique, et notamment dans l’eau.

Je vous propose de demander au ministère de l’écologie et au gouvernement l’ouverture d’une concertation sur ce projet, de suspendre tous travaux d’exploration de gaz non conventionnel sur le territoire, et de demander le retrait du décret du 1er mars 2010 autorisant cette exploration.