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13/11/2011

Le Salagou, site touristique ou simple réservoir d'eau ?

Mis en eau en 1969, le lac du Salagou a été créé pour l'irrigation de la plaine de l'Hérault. La crise viticole de l'époque avait incité les décideurs publics à anticiper une reconversion agricole, d'où le besoin en eau. Mais cette reconversion n'a pas eu lieu, la viticulture ayant repris le dessus. Et depuis plus de 40 ans, le lac du Salagou s'est trouvé une autre vocation, il est devenu un site touristique dont les retombées économiques touchent toutes les communes du Coeur d'Hérault. Confronté à des projets immobiliers pharaoniques, le site a été classé par arrêté ministériel en août 2003, et il fait désormais l'objet d'une procédure de classement en Grand Site de France.

Mais la pression démographique et le réchauffement climatique viennent perturber la quiétude d'un site pour lequel les collectivités térritoriales ont énormément investi. Les Communautés de Communes, le Conseil général et l'Etat participent depuis de nombreuses années à des investissements qui valorisent le site : pôles touristiques, accessibilité, loisirs et sports nautiques, communication, etc. Et la crainte justifiée des élus locaux est de voir le lac revenir à sa vocation première de simple réservoir ...

L'été, le barrage du Salagou lâche jusqu'à 500 litres/seconde dans la Lergue et donc dans l'Hérault. Et jusqu'à présent, le lac n'a jamais atteint sa côte minimale de 136,5 mètres ; sa côte moyenne est de 139 et sa côte maximale est de 142 mètres (au delà, il déborde). Mais déjà le Conseil Régional et BRL, via le projet Aqua Domitia, demandent au Salagou de relâcher jusqu'à 1000 litres/seconde si nécessaire pendant les 3 mois d'été ! Car les projections climatiques sont des plus pessimistes. A l'horizon 2030 et 2050, on s'attend à une augmentation de 1 à 3° en moyenne, en même temps que les besoins pour l'agriculture, pour les entreprises et pour les particuliers augmentent sans cesse. Le solde entre la ressource disponible en eau et ses besoins est négatif, et il s'évalue en millions de mètres-cubes !

Le Conseil général qui est propriétaire du lac a délibéré pour accepter de relâcher jusqu'à 750 litres/seconde en période d'étiage de la Lergue et de l'Hérault, en se donnant 3 à 4 ans pour évaluer l'impact sur le site. Ces impacts pourraient être économiques, mais aussi environnementaux. Est-ce à dire que tous les investissements réalisés jusque là pour que le Salagou devienne un grand site touristique sont de l'argent jeté par les fenêtres ?

L'avenir du Salagou est étroitement lié à l'usage que les Héraultais feront de l'eau, une ressource commune qui ne peut pas être accaparée par les uns ou par les autres. Les rendements des réseaux d'adduction d'eau potable doivent être améliorés ; ils sont en moyenne de 50% actuellement et le Conseil général va suivre les prescriptions de l'Agence de l'Eau en n'accordant plus son aide aux communes qui si le rendement de leur réseau est supérieur ou égal à 75%.

C'est un véritable défi qui se présente à nous, et il concerne les habitants, les élus mais aussi tous ceux qui viennent en séjour dans notre département. L'érosion marine fait régulièrement reculer le trait de côte sur le littoral méditerranéen, la végétation et la faune évoluent significativement face au réchauffement du climat, l'agriculture doit évoluer et même le tourisme est menacé (la canicule de 2003 a montré une baisse de la fréquentation touristique). Il est évident que c'est un nouveau projet de société qu'il faut porter, dans l'Hérault comme à l'échelle mondiale, mais en l'illustrant sur un projet de territoire audacieux et responsable.

04/08/2011

Le risque sismique place notre région dans une situation dont les conséquences sont à revisiter

Un tremblement de terre suivi d'un tsunami, et la centrale de Fukushima devient le cadre d'une catastrophe nucléaire qui va durablement impacter tout le nord-est du Japon. Personne avant le 11 mars 2011 n'aurait imaginé qu'un tel scénario puisse se réaliser ...

Le 3 août 2011, la terre a tremblé dans le secteur de Barjac (30) et des secousses ont été ressenties dans toute la région :

Barjac_3_aout_2011.jpg

Mais si les conséquences ne sont pas très graves en surface, on n'en mesure pas encore l'impact sur le sous-sol, et le bureau central sismologique français (BCSF) lance un appel à témoin sur son site Web afin de mieux pouvoir évaluer les risques sismiques dans une région peu observée jusqu'à présent face à ce risque là.

Et sur le Coeur d'Hérault, ce risque sismique (qui n'est finalement plus si hypothétique que cela) doit nous interroger sur les risques que cela pourrait faire courir à des édifices tel que le barrage du Salagou. Alors que cet ouvrage construit il y a 40 ans devrait être inspecté tous les 10 ans après un vidage complet de sa réserve d'eau (102 millions de mètres-cubes), le gestionnaire se contente de visites "en plongée" pour ne pas avoir à vider le lac du Salagou qui constitue désormais un site naturel protégé et touristique (classement Grand Site en cours) de 700 ha.

Le risque de rupture du barrage du Salagou est un risque clairement identifié par les services de l'Etat (cf. Dossier Départemental des Risques Majeurs de l'Hérault) ainsi que par toutes les collectiités situées en aval (qui l'intègrent dans leur Plan de Prévention des Risques d'Inondation) ; il fait d'ailleurs l'objet d'un plan particulier d'intervention (PPI), car c'est une vague de 15 mètres qui pourrait déferler en cas de rupture (voir le document sur le site de la préfecture).

Les communes faisant l'objet d'un plan de prévention de risques naturels (PPRN) ou d'un plan particulier d'intervention (PPI) sont tenues de produire un plan communal de sauvegarde (PCS) ; il leur était fait obligation par décret de le mettre en place avant le 13 septembre 2007. Ce PCS informe les habitants des risques naturels et technologiques sur leur commune, mais il leur donne surtout toutes les directives à suivre en cas de survenance de l'un de ces risques. Des exercices de simulation sont attachés à ces outils de prévention et d'information, mais ceux-ci ne sont pas encore entrés dans notre culture collective. Il y a encore un sentiment que "ça ne nous arrivera pas" ...

17/07/2011

Aire de repos du Bosc sur l'A75 - Je suis contre

Ci-joint la note que je déposerai en marie du Bosc en début de semaine :

Lettre au patron du SDIS

L'enquête prend fin le jeudi 21 juillet inclus, alors n'hésitez pas à aller faire un tour en mairie (sortie n°54 sur l'A75 ;-)