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20/01/2012

La Confédération Paysanne plante de la vigne sur la pelouse du siège de la communauté de communes du Clermontais

Le Président Cazorla a pris un coup de sang hier matin quand il est allé à la rencontre des syndicalistes paysans de la Conf. Des pieds de vigne et des salades sur la pelouse de l'Espace Marcel Vidal, cela n'aurait certainement pas autant irrité l'ancien Sénateur-Maire de Clermont l'Hérault ; mais Alain Cazorla est plus rigide.

Midi Libre (télécharger l'article) et l'Hérault du Jour (télécharger l'article) de ce vendredi 20 janvier font le récit des évènements où le Maire-Président de Clermont l'Hérault sort de ses gonds face à des manifestants plutôt sereins. Un extrait vidéo témoigne d'une confrontation bien inutile. L'énervement de l'édile Clermontais se justifie par l'absence d'argument ... L'emploi, l'emploi, toujours l'emploi et encore l'emploi, un seul mot pour laisser le Coeur d'Hérault s'urbaniser comme l'est aujourd'hui l'agglo de Montpellier ou le littoral Héraultais. Et dans un contexte économique, alimentaire et environnemental qui devrait privilégier d'autres projets. La réponse qu'apporte la Communauté de Communes sur son site Web suite à l'action de la Confédération Paysanne fait pschitt ! Non, rien n'a jamais été entrepris par Alain Cazorla et son exécutif pour promouvoir une agriculture pérenne sur le Clermontais.

La contestation du projet de ZAC à la Salamane ne se limite plus à quelques activistes politisés, quelques Khmers Verts comme Alain Cazorla les a nommés lors de ses voeux. La Confédération Paysanne conteste ce projet depuis le début car il trahit toutes les promesses faites par les politiques, il privilégie les spéculateurs et les capitalistes financiers à la sauce Papin, mais surtout il s'ajoute aux milliers d'hectares de terres agricoles qui sont transformées en bitûme et en béton.

L'année 2012 ne sera pas rythmée que par le ballet des engins de chantier sur la plaine de la Salamane, d'autres manifestations seront l'occasion de mobiliser les citoyens qui tiennent à un certain art de vivre, dans une ruralité moderne.

19/11/2011

Le film "Tous au Larzac" ; à voir absolument !

La France est truffée de "petits Larzac", de Notre-dame-des-Landes à l'Hinterland de Poussan en passant par les territoires couverts par un permis d'exploration de gaz de schiste. Et pour les collectifs qui se bagarrent pour préserver des terres agricoles, ce film est une sacrée leçon !

Tous_au_Larzac.jpg

Le Larzac, ce sont une centaine de paysans qui résistent pendant 10 ans à un projet d'extension d'un camp militaire. Des comités Larzac ont fleuri un peu partout à partir de 1972, et le bras de fer avec l'Etat s'est illustré par des actions très mobilisatrices. Le film s'attarde assez peu sur le volet administratif et judiciaire de ce combat, mais il a été déterminant pour le maintien des paysans sur le Larzac.

Mais sans l'arrivée de Mittérand en 1981, les arrêtés d'expulsion auraient été exécutés dans l'année, la résistance était arrivée au bout de toutes les actions et procédures possibles. Une mobilisation soudée fondée sur un projet commun, des recours administratifs et judiciaires qui bloquent le processus, et un soutien politique décisif, voilà les ingrédients qui ont fait que le Larzac est ce qu'il est aujourd'hui.

13/11/2011

Le Salagou, site touristique ou simple réservoir d'eau ?

Mis en eau en 1969, le lac du Salagou a été créé pour l'irrigation de la plaine de l'Hérault. La crise viticole de l'époque avait incité les décideurs publics à anticiper une reconversion agricole, d'où le besoin en eau. Mais cette reconversion n'a pas eu lieu, la viticulture ayant repris le dessus. Et depuis plus de 40 ans, le lac du Salagou s'est trouvé une autre vocation, il est devenu un site touristique dont les retombées économiques touchent toutes les communes du Coeur d'Hérault. Confronté à des projets immobiliers pharaoniques, le site a été classé par arrêté ministériel en août 2003, et il fait désormais l'objet d'une procédure de classement en Grand Site de France.

Mais la pression démographique et le réchauffement climatique viennent perturber la quiétude d'un site pour lequel les collectivités térritoriales ont énormément investi. Les Communautés de Communes, le Conseil général et l'Etat participent depuis de nombreuses années à des investissements qui valorisent le site : pôles touristiques, accessibilité, loisirs et sports nautiques, communication, etc. Et la crainte justifiée des élus locaux est de voir le lac revenir à sa vocation première de simple réservoir ...

L'été, le barrage du Salagou lâche jusqu'à 500 litres/seconde dans la Lergue et donc dans l'Hérault. Et jusqu'à présent, le lac n'a jamais atteint sa côte minimale de 136,5 mètres ; sa côte moyenne est de 139 et sa côte maximale est de 142 mètres (au delà, il déborde). Mais déjà le Conseil Régional et BRL, via le projet Aqua Domitia, demandent au Salagou de relâcher jusqu'à 1000 litres/seconde si nécessaire pendant les 3 mois d'été ! Car les projections climatiques sont des plus pessimistes. A l'horizon 2030 et 2050, on s'attend à une augmentation de 1 à 3° en moyenne, en même temps que les besoins pour l'agriculture, pour les entreprises et pour les particuliers augmentent sans cesse. Le solde entre la ressource disponible en eau et ses besoins est négatif, et il s'évalue en millions de mètres-cubes !

Le Conseil général qui est propriétaire du lac a délibéré pour accepter de relâcher jusqu'à 750 litres/seconde en période d'étiage de la Lergue et de l'Hérault, en se donnant 3 à 4 ans pour évaluer l'impact sur le site. Ces impacts pourraient être économiques, mais aussi environnementaux. Est-ce à dire que tous les investissements réalisés jusque là pour que le Salagou devienne un grand site touristique sont de l'argent jeté par les fenêtres ?

L'avenir du Salagou est étroitement lié à l'usage que les Héraultais feront de l'eau, une ressource commune qui ne peut pas être accaparée par les uns ou par les autres. Les rendements des réseaux d'adduction d'eau potable doivent être améliorés ; ils sont en moyenne de 50% actuellement et le Conseil général va suivre les prescriptions de l'Agence de l'Eau en n'accordant plus son aide aux communes qui si le rendement de leur réseau est supérieur ou égal à 75%.

C'est un véritable défi qui se présente à nous, et il concerne les habitants, les élus mais aussi tous ceux qui viennent en séjour dans notre département. L'érosion marine fait régulièrement reculer le trait de côte sur le littoral méditerranéen, la végétation et la faune évoluent significativement face au réchauffement du climat, l'agriculture doit évoluer et même le tourisme est menacé (la canicule de 2003 a montré une baisse de la fréquentation touristique). Il est évident que c'est un nouveau projet de société qu'il faut porter, dans l'Hérault comme à l'échelle mondiale, mais en l'illustrant sur un projet de territoire audacieux et responsable.