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14/05/2016

Un prochain Conseil de développement pour le Clermontais ?

Il faut savoir prendre un peu de hauteur pour échapper au bruit du quotidien ...

Ce bruit, c'est aujourd'hui à Clermont l'Hérault qu'il bruisse. Et la question n'est pas de l'ordre du fait divers ou de la propagation de rumeurs, mais elle concerne tous les habitants du Clermontais tant notre relation à cette ville-centre est forte. C'est à Clermont l'Hérault que la plupart de nos enfants vont au collège puis au lycée. L'activité culturelle du Clermontais est indissociable de l'activité du théâtre Le Sillon et du cinéma Alain Resnais. Sur le plan commercial, de son marché du mercredi à ses magasins en ville et jusqu'aux Tanes Basses, tous les clermontais fréquentent régulièrement les rues de Clermont l'Hérault. Et je peux citer le centre aquatique, sa plage sur le Salagou, ses offres de loisirs, son hôpital local et sa maison médicale de garde. Bref, Clermont l'Hérault est le cœur battant de notre territoire du Clermontais. Aussi, tout ce qui bloque comme tout ce qui dynamise les politiques publiques de cette commune ne peuvent pas laisser indifférent.

Personnellement, je ne m'intéresse pas du tout à ce que les uns disent sur les autres, aux pratiques des uns comme des autres et à toutes les arrière-pensées personnelles qui nuisent d'ailleurs à l'intérêt général. Par contre, j'attends de Clermont l'Hérault et de ses élus, et de ses nombreux élus qui siègent dans l'assemblée communautaire, de prendre toute leur place, et en responsabilité, dans les orientations de développement et d'aménagement du Clermontais.

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Car depuis la première séance du Conseil communautaire au printemps 2014, la situation est bloquée. Le maire de Clermont l'Hérault n'y a pas la place correspondant à celle de sa ville dans le rayonnement territorial de l'EPCI, et les 12 autres conseillers communautaires de Clermont l'Hérault y sont très divisés ; les conseils communautaires sont même parfois l'occasion de prolonger les débats de leur conseil municipal ...

Je ne m’immisce pas dans le fonctionnement ni dans l'organisation de l'équipe municipale de Clermont l'Hérault, mais j'espère qu'elle pourra prochainement jouer le rôle moteur que nous pouvons attendre d'elle à l'échelle du Clermontais. L'attractivité économique de la Salamane, le développement d'un pôle commercial significatif en Cœur d'Hérault, l'aménagement du Salagou ou encore le rayonnement culturel de la ville-centre sont autant de thématiques sur lesquelles Clermont l'Hérault ne peut pas être écarté.

Mais il ne faut pas attendre, et il ne faut surtout pas prendre les forces vives du territoire en otage. Les associations, les clubs sportifs, les commerçants, les entrepreneurs, les professionnels de la santé et de l'aide à la personne, les agriculteurs constituent des ressources encore ignorées. Or, quand un colloque ou un atelier est organisé sur le territoire, et je participe à nombre d'entre eux, les participants issus de ces milieux citoyens, associatifs ou professionnels nous font toujours plein de propositions et manifestent un réel dynamisme. Pendant ce temps-là, les élus sont aux abonnés absents :=(

Il existe pourtant une issue, c'est le Conseil de développement ! La loi NOTRe (pour une nouvelle organisation territoriale de la République) d'août 2015 impose aux EPCI de plus de 20.000 habitants de mettre en place un Conseil de développement (cf. article 88 de la loi). La loi en fixe la composition : « Il est composé de représentants des milieux économiques, sociaux, culturels, éducatifs, scientifiques, environnementaux et associatifs du périmètre de l'établissement public ». Sur ses missions, la loi précise que  « Le conseil de développement est consulté sur l'élaboration du projet de territoire, sur les documents de prospective et de planification résultant de ce projet, ainsi que sur la conception et l'évaluation des politiques locales de promotion du développement durable du périmètre de l'établissement public de coopération intercommunale.  Il peut donner son avis ou être consulté sur toute autre question relative à ce périmètre ». Et sur son articulation avec le Conseil communautaire :  « Le conseil de développement établit un rapport d'activité, qui est examiné et débattu par l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale ».

D'autres structures intercommunales ont déjà mis en place une telle structure, telle la Métropole de Montpellier qui a installé son Conseil de développement en mars 2015. Composé de 250 membres, ce CoDe3M est présidé par Katia Vidic, entrepreneuse montpelliéraine de 34 ans, cofondatrice de NELIS et membre actif de l'écosystème French Tech. Ce Conseil de développement intervient sur les thématiques suivantes (six piliers établis par les élus de la métropole) : 1. Santé, 2. Numérique, 3. Mobilité et transports, 4. Développement économique, tourisme et industrie, 5. Agro-écologie et alimentation, 6. Culture, patrimoine et université. L'agglomération de Hérault Méditerranée est dotée d'un Conseil de développement de 50 membres depuis 2003. Mais le Pays de l'Or, Béziers Méditerranée, Thau Agglo et d'autres structures intercommunales autour de nous ont déjà installé ces structures de démocratie participative.

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Je crois beaucoup à la synergie qui peut naître de ce croisement entre élus et forces vives d'un territoire ; les uns ont toujours besoin des autres, et tous les habitants du territoire de l'EPCI ne peuvent qu'y être gagnants. Et cela permet surtout de sortir des bagarres de clochers pour s'attacher au développement de tout un territoire. Je mesure bien qu'il s'agit là d'un contre-pouvoir et que les élus s'y engageront à reculons, mais il faut aussi changer nos mentalités.

04/03/2015

Pays Coeur d'Hérault, les Voix de la discorde.

Le règlement intérieur du Conseil Communautaire de Clermontais (CCC) permet à ses membres de déposer des questions écrites, des questions orales et des vœux lors des séances de l'assemblée communautaire. C'est donc par le biais d'un vœu déposé en milieu de semaine dernière que j'avais décidé de réunir le consentement de notre assemblée sur le soutien au Voix de la Méditerranée (cf. texte en version PDF à télécharger).

Qu'exprime ce vœu ? Il s'appuie sur le principe de solidarité pour répondre à l'urgence de maintenir la programmation 2015, et il s'appuie sur le projet de territoire du Cœur d'Hérault pour justifier cette démarche à cette échelle-là.

Le « Pays rêvé » pour cet « Horizon 2025 » n'est pas une fable, c'est un document mais aussi une démarche qui sont le fruit d'une année de concertation avec tous les acteurs locaux dans les domaines de la culture, du tourisme, de l'économie, de la jeunesse, de l'agriculture, etc. C'est une charte de développement durable qui s'inscrit dans une stratégie d'Agenda 21 local, et qui a obtenu une labellisation nationale. Et le 6 décembre 2013 au Caylar, les élus, les partenaires et la représentante de l’État paraphaient cette charte tout à fait enthousiasmante :

Mais ce projet est-il encore viable ? Qui y croit encore ?

Le premier couac est apparu suite à l'approbation de la loi MAPTAM, loi de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles promulguée le 27 janvier 2014, moins de deux mois après la signature de notre charte. Pour le Pays Cœur d'Hérault, la loi MAPTAM permet de transformer l'actuel syndicat mixte en pôle d'équilibre territorial et rural (PETR), cette structure étant destinée à faire jeu égal avec le pôle métropolitain. Une commission ad hoc a pourtant bien été créée au sein du syndicat de développement du Pays Cœur d'Hérault (SYDEL) suite au renouvellement des conseils municipaux en mars 2014, c'est la commission "Réflexion sur l'évolution de l'intercommunalité". Cette commission ne s'est jamais réunie en une année d'existence ! L'enjeu est sous nos yeux, l'outil est à notre disposition, mais les délégués des trois intercommunalités du Coeur d'Hérault qui  siègent au SYDEL, soit ne savent pas par quel bout le prendre, soit n'en ont vraiment pas envie ...

Le second couac s'est révélé après que le maire de Montpellier et futur président de la métropole de Montpellier a pris son bâton de pèlerin pour construire son pôle métropolitain. La réunion à laquelle j'ai assisté entre Philippe Saurel et les élus intercommunaux du Clermontais ne souffrait d'aucune ambiguïté. Il y avait d'un côté un responsable politique ambitieux, dynamique, fédérateur et porteur d'un message rassurant, et de l'autre des élus locaux orphelins de tout projet de territoire, de toute perspective de construire un projet de développement à l'échelle du Clermontais, voire même du Cœur d'Hérault. Et c'est avec des yeux remplis d'espoirs, comme des enfants devant le Père Noël, que les élus Clermontais ont reçu les promesses de Philippe Saurel.

Dernier couac ce soir en assemblée communautaire du Clermontais à l'occasion d'un voeu pour sauver un évènement culturel qui se déroule 5 jours de juillet à Lodève, évènement qui rayonne sur tout le Cœur d'Hérault et qui devrait être fédérateur. Pour le président du Clermontais Jean-Claude Lacroix, la décision de Mme Bousquet de promouvoir une autre forme d'évènement avec moins d'argent est acté ; vouloir programmer en juillet 2015 une même manifestation que les autres années est donc hors sujet. Alors c'est étonnant que l'Assemblée Départementale ait débloqué une aide de 70.000 €. C'est étonnant aussi que le député Frédéric Roig veuille y affecter 8.000 € de sa réserve parlementaire ... Pour d'autres élus, les difficultés financières du Clermontais ne permettent pas de s'offrir le luxe d'abonder le budget d'un évènement qui se déroule en dehors de notre territoire. Et pourtant, la solidarité s'exerce sans hésitation quand il s'agit d'aider une commune ou une collectivité touchée par une catastrophe naturelle. Et puis il y a des rancœurs qui sont solidement ancrées, le Lodévois n'ayant pas beaucoup fait preuve de solidarité avec ses voisins par le passé (cf. SCoT, Centre aquatique, ...). Pour la solidarité morale, pas de problème, mais pour une solidarité financière, non !

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Sans projet de territoire partagé, sans solidarité naturelle et sans réelle volonté politique de développer un territoire de taille suffisamment critique pour peser dans la future région, alors pourquoi continuer ? A quoi sert donc de porter un projet culturel, de diffuser un agenda culturel et de payer du personnel pour finalement ne faire qu'une forme de marketing politique ? La coopération intercommunale se construit essentiellement par des adhésions et des fusions, mais il faut savoir divorcer quand la vie commune devient une hypocrisie délétère.

Monsieur Saurel, sauvez-nous !

23/12/2014

La culture, nécessairement subversive ?

En tous cas, le sujet a indirectement divisé les élus communautaires ces dernières semaines ... Et je dis "indirectement" car ce n'est pas le fait de désigner un 10ème vice-président délégué au développement culturel qui faisait polémique, mais plutôt de voir enfler la tribune de l'exécutif sans que collectivement il ne s'en dégage une dynamique de progrès. Et en cela, Denis Mallet a été la victime collatérale d'un front ouvert entre les "pragmatiques" et les "progressistes" ...

Le point que j'ai déjà relevé en assemblée communautaire, c'est l'absence de vice-président aux finances. Ainsi, c'est le Président Lacroix qui ordonne les dépenses et qui ensuite les contrôlent. Alors il y a bien une commission des finances qui existe, mais elle se réunit une fois tous les deux mois sur un ordre du jour imposé par le Président, et l'existence de cette commission tellement louée par l'exécutif lors du dernier Conseil communautaire n'est en rien un gage de transparence. Ça s'appelle simplement un alibi.

Mais le débat sur la 10ème vice-présidence a suscité des prises de position très étonnantes à l'occasion de deux Conseils communautaires (cf. article de Midi Libre), et surtout cet argument selon lequel le développement culturel devait être incarné par un homme, Denis Mallet, qui était aussi cet indispensable rempart contre la montée de la peste brune. Ce n'est pas Jack Lang pour qui il fallait voter, mais pour André Malraux !

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Car en écoutant Alain Blanquer, Henri Jurquet et d'autres élus, ne pas avoir un vice-président délégué à la culture laissait la porte ouverte aux idées du Front National !

Nos campagnes seraient alors livrées à la lepénisation des esprits ? Une lettre ouverte adressée au Président Lacroix par des acteurs du monde culturel Clermontais l'exhortait à revenir sur sa décision de supprimer cette vice-présidence, la culture portant nos valeurs républicaines tout en étant un vecteur de développement économique.

Or, quelle est réellement la compétence de la Communauté en matière de culture ? Presque inexistante au regard du champ de la culture ... La Communauté a pris deux compétences culturelles au 1er janvier 2014, à savoir le réseau de lecture publique et le théâtre. Pour la lecture publique, j'ai demandé au bibliothécaire de Paulhan si cela avait impacté son activité ; non, il ne s'est rien passé depuis un an, même pas une simple réunion des bibliothécaires du territoire histoire de faire connaissance. Mais le théâtre Le Sillon est par contre une plus grande réussite pour le territoire, avec son directeur Fabien Bargès et le Conseil d'exploitation du théâtre composé d'élus et de personnalités locales de la culture.

Ce théâtre avec son équipe et les moyens qui lui sont donnés est un outil de développement culturel pour l'ensemble du territoire. Et si c'est de façon sympathique que je tourmente ici Denis Mallet, je sais que son engagement passé et à venir dans le domaine culturel en fera l'un des plus progressistes de nos 10 vice-présidents. Il préside aussi la commission Culture et Patrimoine du Pays Cœur d'Hérault, ce qui permettra d'inscrire la programmation culturelle du Clermontais dans une politique territoriale plus efficace ; c'est par exemple le Pays qui sélectionne les dossiers de subvention européenne.

Par contre, il y a deux aspects que j'estime essentiels dans le développement culturel ; il y a d'abord la popularisation de notre culture commune, qui est le ciment de notre société et qui assure la cohésion d'une communauté humaine. Et puis il y a une culture qui éveille notre esprit critique, qui nous oblige à regarder le monde autrement, à évoluer. Malheureusement, ce second volet de l'expression culturelle est le plus difficile à imposer dans les programmations, car il dérange les pouvoirs en place ou l'opinion. C'est le cas actuellement avec le spectacle Exhibit B dans lequel les associations noires y voient une représentation raciste des zoos humains du 19ème siècle, alors que l'artiste Brett Bailey réussit la performance d'interpeller de façon originale les spectateurs sur l'esclavage et le colonialisme. Être réceptif à une telle œuvre artistique nécessite que l'on soit habitué à ouvrir son esprit, à découvrir des expressions nouvelles. Et il en va ainsi dans la peinture, dans la musique comme dans la littérature. A leur époque, Paul Cézanne ou Pablo Picasso, Victor Hugo ou Jean de la Fontaine, Alexandre Soljenistyne ou Karl Marx ont témoigné que la culture (ou l'art) dispose d'un potentiel de transgression redoutable.

Or, dans notre époque de sinistrose où la résignation nous entraînerait plutôt à cultiver nos traditions, il faut justement que la culture permette d'ouvrir de nouvelles voies ; il faut une culture subversive qui propose des alternatives dérangeantes. Parce que c'est sain pour la démocratie de faire tomber (ou au moins de reculer) des murs !