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20/09/2014

Avec le Non en Ecosse, c'est le conformisme qui l'emporte en Europe !

Dès l'annonce du résultat du référendum écossais, l'Europe a avoué son soulagement. Que ce soit par la voix de l'actuel Président de la Commission José Manuel Barroso qui dans un communiqué "salue la décision du peuple écossais de maintenir l'unité du Royaume-Uni. Ce résultat est bon pour l'Europe unie, ouverte et plus forte que soutient la Commission européenne", ou par celle du Président du Parlement européen Martin Schulz : "J'avoue, le résultat me soulage, a-t-il concédé. Je suis content du résultat [...]", l'Europe est passée pas loin d'une petite révolution démocratique.

Car, pour les partisans du Oui, c'était un immense espoir pour l’Écosse au sein de l'Europe. Pour une fois que l'Europe faisait rêver des européens ... Et les catalans comme les corses pouvaient rêver d'indépendance, non pas dans une approche nationaliste, mais en l'inscrivant dans le processus de construction de l'Union Européenne. Nous sommes déjà 28, alors pourquoi pas 29, 30, etc ?

L'hémicycle du Parlement européen pourrait se faire au kilt (ici porté par David Coburn d'Ukip), selon le président catalan.
David Coburn d'Ukip dans l'hémicycle du Parlement européen (Photo Frédéric Florin. AFP)

Mais si le Oui l'avait emporté, de multiples questions seraient venues sur la table, car le cadre européen justement ne prévoit rien. L’Écosse indépendante aurait-elle été membre de droit de l'Union Européenne ou aurait-elle du suivre le long processus d'adhésion ? Les statuts de l'UE ne prévoient rien en la matière. Idem pour la monnaie ; l’Écosse aurait-elle pu adopter l'Euro ? Et qu'allait donc devenir le Royaume-Uni ? Son démantèlement allait-il produire une onde de choc sur l'économie européenne déjà bien fiévreuse ?

Les institutions européennes et les marchés financiers n'étaient pas du tout favorable à cette émancipation nationale, trop de questions en suspend, trop d'incertitudes qui ne peuvent qu'inquiéter les grands de ce monde.

Et au final, c'est encore le conformisme qui l'emporte. On ne change rien, l'Europe demeure un grand marché économique où le commerce réunit distributeurs et consommateurs pour le meilleur du capitalisme mondialisé. Oublions donc les aspirations indépendantistes, les identités culturelles régionales ou encore la relocalisation de certaines activités humaines, les européens doivent se mettre à l'heure de l'iPhone 6, du numérique et de la prochaine coupe d'Europe de football.

Nous aurons demain l'accord de libre-échange avec le Canada (conclusions formelles rendues publiques au sommet UE-Canada à Ottawa le 26 septembre et vote par le Parlement à la mi-mai), puis celui avec les USA (cf. TTIP ou TAFTA) qui sanctuariseront le commerce mondial des biens et des services, le culte qui s'impose à l'ensemble de notre planète.

Le rêve européen ne s'est-il pas brisé en 2005 ? Ou plutôt après 2005 quand l'expression souveraine du peuple a été balayée d'un revers de main ... Le scénario du développement européen était déjà écrit, telle une bible secrète, et il doit se dérouler tranquillement. Comme la grenouille plongée dans une eau que l'on chauffe tout doucement ...

Grenouille_Verte.JPG