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04/11/2009

Trier plus pour payer moins !

Le Grenelle de l'environnement, à l'issue des débats d'un groupe de travail sur les déchets, s'était conclu sur un certain nombre d'objectifs très ambitieux ; en gros, il faut trier beaucoup plus et enfouir ou incinérer beaucoup moins (cf. relevé de conclusions du 20/12/2007). La loi Grenelle 1 votée le 3 août 2009, après un an et demi de débats, concrétise ces engagements dans son article 36 (cf. le texte de la loi). C'est désormais au projet de loi Grenelle 2 de définir la feuille de route ; le Sénat a adopté cette loi Grenelle 2 le 8 octobre 2009, et le texte est donc aujourd'hui sur le bureau des députés. Cette loi amende l'ensemble du dispositif législatif (code de l'urbanisme, code des ports maritimes, code de l'environnement, code général des collectivités territoriales, ...). En parallèle, le gouvernement a mis en place le 9 septembre 2009 un Conseil des Déchets pour mettre en place la politique des déchets sur 2009-2012 (cf. document sur le site du ministère).

dechets.jpg
© Roman Milert

Mais la loi de finance, elle, n'attend pas tous ces aller-retour entre le Palais du Luxembourg et le Palais Bourbon, et déjà les associations de maires et d'intercommunalités montent au créneau pour dénoncer une flambée fiscale. Or, c'est le principe même d'une fiscalité écologique que de faire peser une contrainte financière pour limiter l'accroissement incessant de l'enfouissement et de l'incinération. Si les collectivités réussissent à atteindre l'objectif de réduire de 15% d'ici 2012 le tonnage de déchets résiduels, alors l'impact sur les ménages sera nul.

Le Syndicat Centre Hérault réalise un réel travail de sensibilisation sur cette problématique (cf. le Journal du Tri de Juin 2007), mais il faut relayer mieux encore ces campagnes à destination des habitants.
Sur le territoire du Coeur d'Hérault, 38 195 tonnes de déchets ont été produites par les ménages en 2007, et 21 824 tonnes n'ont pas été valorisées mais soit enfouies à Soumont soit transportées vers d'autres sites de traitement des déchets résiduels. Nous avons donc en Coeur d'Hérault 57% de déchets dit "résiduels", c'est à dire non valorisables, quand la poubelle standard n'en contient que 24% !

poubelle.jpg

La Taxe Générale sur les Activités Polluantes (TGAP) est fixée cette année à 15 € la tonne, le double de l'année dernière. Et si les communes et les communautés de communes ne font rien pour réduire les apports de déchets résiduels des ménages, alors elles répercuteront cette hausse sur la Taxe d'Enlèvement des Ordures Ménagères (TEOM) à hauteur de 0,5 à 10 € par habitant. Le tarif de la tonne enfouie devrait atteindre 40 € en 2015 !

Globalement, cette TEOM est passée, à l'échelle nationale, de 3 milliards d'euros en 2001 à 5 milliards en 2008. Et chacun de constater que cette taxe augmente sans cesse ; en plus des valeurs locatives sur lesquelles elle est indexée ! Ce que les gens constatent, c'est que plus on leur demande de faire des efforts, et plus ils payent ... Cela peut sembler contraire à l'objectif attendu, mais en quarante ans, de 1960 à 2002, la production annuelle d'ordures ménagères en provenance stricte des ménages français a doublé pour atteindre 359 kg/hab/an en 2002. Depuis, elle se stabilise désormais et se situe à 353 kg/hab/an en 2004, puis à 354 kg/hab/an en 2006. L'augmentation de la taxe depuis l'an 2000 se justifie essentiellement par des coûts d'investissement colossaux : colonnes de tri dans les quartiers et les villages, camions pour la collecte, infrastructure de tri et de valorisation, sites d'enfouissement ou d'incinération, etc.

Mais aujourd'hui, tous les équipements sont disponibles et les objectifs du Grenelle de l'environnement constituent des axes d'amélioration concrets, alors :
Trions plus pour payer moins !

10/10/2009

Pour Mandroux, quelques aliments pesticidés nous enrichissent ...

Il y a vraiment des élus qui devraient apprendre à se taire ... Et l'intervention du maire de Montpellier au Conseil Municipal du 5 otobre est assez incroyable. Surtout venant d'un médecin ! Déjà, Georges Frêche raillait récemment son successeur à la mairie de Montpellier en disant qu'elle avait médecine, et pas mathématique. Mais à près de 70 balais, ses études de médecine remontent aux années 60, époque où la santé alimentaire et où la préservation de la biodiversité étaient encore dans les limbes.

Voici les propos du maire de Montpellier relatés par Montpellier journal : "Il faut arrêter de se dire tout bio, tout bio, tout vert. Le bio, c’est bien. Mais regardez les choses de façon saine, tranquille : une petite fille qui va naître aujourd’hui, on sait qu’elle va vivre au moins jusqu’à 100 ans. Or si la nourriture qu’elle avait, si l’environnement qui était le sien, étaient aussi mauvais que ce qu’on a l’air de dire, on n’allongerait pas le temps de vie, au contraire on le raccourcirait. Il faut rester clairvoyant et lucide. Qu’il y ait des produits bio qui soient effectivement donnés aux enfants dans les cantines, je pense que c’est une très bonne chose. C’est aussi une bonne chose de soutenir les entreprises locales, nos agriculteurs, nos viticulteurs mais il ne faut quand même pas être obnubilés par du bio de A à Z. Au contraire, je pense que la diversité ne peut que nous enrichir même dans ce domaine-là."

Si statistiquement la durée de vie s'allonge, le cancer est aussi depuis peu la première cause de mortalité en France. Certains vivront donc jusqu'à 100 ans quand d'autres décèderont prématurément ; et on sait très bien que l'alimentation en est une cause majeure. Alors même si madame le Maire n'a pas fait mathématique, elle pourrait s'abstenir de promouvoir les pesticides au titre de la diversité ... Nous ne sommes pas ici sur le même plan que la diversité sociale ou politique. Enfin, Mme le Maire compte trop peu d'exploitations agricoles sur le territoire de sa commune pour mesurer la portée de ses propos. Sait-elle combien de communes rurales sont sous le coup de mesures d'exception de la DDASS parce que leur eau potable contient des niveaux importants de pesticides ? Connait-elle, au moins dans l'Hérault,  le nombre de captages qui font partie des 500 captages sensibles et qui font l'objet de mesures dans le cadre des lois Grenelle 1 ?

Mais le pire, c'est qu'une telle théorie formulée par le Maire de la capitale régionale sera inévitablement reprise par d'autres élus locaux à court d'argument sur le sujet. Heureusement que la population a une longueur d'avance.

20/09/2009

RFF et le développement durable ...

Le Bulletin officiel de RFF du mois de septembre nous annonce la fermeture de la section allant de Lézignan-la-Cèbe au Bosc de l'ancienne ligne Vias-Lodève.

Le Conseil d'administration de Réseau ferré de France,

Vu la loi n°97-135 du 13 février 1997 modifiée portant création de l'établissement public "Réseau férré de France" en vue du renouveau du transport ferroviaire ;
Vu le décret n°97-444 du 5 mai 1997 modifié relatif aux missions et aux statuts de Réseau ferré de France ;
Vu l'autorisation du ministère chargé des transports, en date du 17 juin 2009, de fermeture de la section de Lézigan-la-Cèbe à Le Bosc, comprise entre les PK 472,400 et 501,866 de la ligne de Vias à Lodève ; Et après en avoir délibé,

DECIDE :

Article 1er : La section entre Lézigan-la-Cèbe et Le Bosc comprise entre les PK 472,400 et 501,866 de la ligne n°732000 de Vias à Lodève est fermée à tout trafic.

Article 2 : La présente décision, immédiatement exécutoire, sera affichée en mairies de Lézignan-la-Cèbe, Nizas, Paulhan, Aspiran, Nébian, Canet, Clermont l'Hérault, Ceyras, Lacoste, Saint-Guiraud et Le Bosc et publiée au recueuil des actes administratifs de la préfecture de l'Hérault et au Bulletin Officiel de Réseau ferré de France consultable sur son site Internet (http://www.rff.fr/).

Fait à Paris, le 9 juillet 2009
SIGNE : Le président du conseil d'administration
Hubert du MESNIL

Entre les rotations de camions prévues dans le Clermontais d'ici quelques années (cf Système U à la Salamane) et la fermeture de cette portion de voie ferrée, c'est à se demander si le Grenelle de l'Environnement, si l'intérêt de nos concitoyens pour l'écologie et si les récents films de Al Gore, de Yann Arthus-Bertrand et de Nicoles Hulot réussiront un jour à percer la bulle dans laquelle se réfugient certains hommes politiques ...