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20/09/2009

RFF et le développement durable ...

Le Bulletin officiel de RFF du mois de septembre nous annonce la fermeture de la section allant de Lézignan-la-Cèbe au Bosc de l'ancienne ligne Vias-Lodève.

Le Conseil d'administration de Réseau ferré de France,

Vu la loi n°97-135 du 13 février 1997 modifiée portant création de l'établissement public "Réseau férré de France" en vue du renouveau du transport ferroviaire ;
Vu le décret n°97-444 du 5 mai 1997 modifié relatif aux missions et aux statuts de Réseau ferré de France ;
Vu l'autorisation du ministère chargé des transports, en date du 17 juin 2009, de fermeture de la section de Lézigan-la-Cèbe à Le Bosc, comprise entre les PK 472,400 et 501,866 de la ligne de Vias à Lodève ; Et après en avoir délibé,

DECIDE :

Article 1er : La section entre Lézigan-la-Cèbe et Le Bosc comprise entre les PK 472,400 et 501,866 de la ligne n°732000 de Vias à Lodève est fermée à tout trafic.

Article 2 : La présente décision, immédiatement exécutoire, sera affichée en mairies de Lézignan-la-Cèbe, Nizas, Paulhan, Aspiran, Nébian, Canet, Clermont l'Hérault, Ceyras, Lacoste, Saint-Guiraud et Le Bosc et publiée au recueuil des actes administratifs de la préfecture de l'Hérault et au Bulletin Officiel de Réseau ferré de France consultable sur son site Internet (http://www.rff.fr/).

Fait à Paris, le 9 juillet 2009
SIGNE : Le président du conseil d'administration
Hubert du MESNIL

Entre les rotations de camions prévues dans le Clermontais d'ici quelques années (cf Système U à la Salamane) et la fermeture de cette portion de voie ferrée, c'est à se demander si le Grenelle de l'Environnement, si l'intérêt de nos concitoyens pour l'écologie et si les récents films de Al Gore, de Yann Arthus-Bertrand et de Nicoles Hulot réussiront un jour à percer la bulle dans laquelle se réfugient certains hommes politiques ...

10/09/2009

Sarkozy l'écolo et la taxe carbone démago

Je peux me défouler tant que je veux sur le Président Sarkozy, ça ne me fera pas oublier le mauvais coup pour la planète qu'il vient de nous sortir aujourd'hui. A 17 € la tonne de C02 et à environ 4 centimes d’€ sur chaque litre de carburant, Sarkozy applique la fiscalité écologique à dose homéopathique. Personne ne percevra la hausse du carburant, car les variations du prix sont souvent de quelques centimes d’une semaine à l’autre, et l’incitation à changer de comportement est donc inexistante.

Les arbitrages du gouvernement se sont fondés, entre autres, sur les travaux menés par l'ADEME (Agence pour l'Environnement et pour la Maîtrise de l'Energie). Le député écologiste européen Pascal Canfin publie sur son blog les informations qu'il a obtenu auprès de l'ADEME. L'image ci-jointe donne accès à un fichier qui fournit la synthèse de ces études.
Taxe_Carbone_Ademe.JPG

Et en écartant l'électricité du champ d'application de cette taxe, c'est une invitation à substituer sa vieille chaudière au fioul par quelques convecteurs électriques ... Alors qu'il faudrait au contraire inciter à la sobriété (ne chauffer que quand c'est nécessaire) et à l'efficacité (en isolant son domicile et en utilisant des appareils économes). Et puis il n'y a pas que l'énergie que nous consommons directement, il y a aussi celle qui a servi à produire et à transporter tous les biens que nous consommons. Si j'en reviens à mon asperge du Pérou, il faudrait ajouter à son coût actuel une fiscalité écologique pour sa production [mécanisée], le transport (10.000 Km quand même) et le conditionnement à basse température. Bref, ça ressemble à de la fiscalité écologique, ça a le goût de la fiscalité écologique, mais ce n'est pas de la fiscalité écologique.

Quant à la redistribution, elle tombe carrément à côté. Que feront les contribuables quand ils recevront leur chèque vert à hauteur de 100 à 150 € ? Ce qu’ils veulent, et certainement pas les mettre dans les économies d’énergie. D’ailleurs, le terme « contribution climat énergie » a disparu au profit de « taxe carbone », et la dimension populiste de ce projet apparaît comme le nez au milieu de la figure. Et ceux qui brandissaient le spectre de l’injustice sociale sont rassurés face à cette entourloupe politique.

Et monsieur Sarkozy pourra mettre sa taxe carbone dans ses bagages pour Copenhague, cela amusera beaucoup ses collègues … Avec des jolies phrases, il pourra faire illusion.

26/09/2008

La torche à plasma, pas écolo !


Ah la science ... Il y a encore de nombreuses personnalités pour nous prédire que la technologie viendra à notre secours pour résoudre tous nos problèmes. Continuons à avoir des comportements irresponsables ou voilons nous la face, un procédé technologique ou un autre compensera nos excès de la vie moderne.

Et la torche à plasma participe de cet angélisme scientiste. Cessons de trier, ne dépensons plus d'argent pour valoriser nos déchets, la torche à plasma va transformer nos sacs poubelle en briques vitrifiées totalement inertes que nous pourrons utiliser en voirie par exemple. Y a même un petit côte Inspecteur Gadget dans cette vision caricaturale des choses ...

En réalité, la torche à plasma est un procédé industriel qui produit un arc électrique continu entre deux électrodes, dans un mélange gazeux à plus de 1600 °C. Les résidus qui passent dans cet arc sont fondus puis refroidis brutalement dans un bain d'eau où ils se vitrifient. Derrière cette explication technique, il n'y a en réalité que très peu d'expériences pratiques. Les principales applications de ce procédé ciblent des produits extrêmement dangereux (amiante, cendres toxiques, produits chimiques, ...) et il existe deux sites en France qui utilisent la torche à plasma ; c'est à Morcenx (Landes) pour le traitement de déchets industriels spéciaux (DIS) et à Cenon (Gironde) pour le traitement de REFIOM issus de l'incinération d'ordures ménagères.

Mais il se pose en premier lieu un problème environnemental. Vous le comprenez, ce procédé est basé sur l'incinération des déchets avec tous les problèmes inhérents (production de refiom : 50 à 70 Kg par tonne incinérée, production de mâchefers : 250 à 300 Kg par tonne incinérée, pollutions diverses issues de la combustion, ...). Et si la torche à plasma réduit les mollécules de dioxine en chlore et en carbone, ce sont d'autres mollécules toxiques à traiter quand ces mollécules ne forment pas à nouveau de la dioxine en se refroidissant brutalement. Et d'autres métaux lourds sont produits à partir de cette réaction ...

Et il y a aussi un problème énergétique. L'incinération des déchets ne produit pas à elle seule suffisamment d'énergie électrique pour rendre le procédé opérationnel ; il faut un apport électrique supplémentaire important.

Enfin, c'est une question de responsabilité écologique qui se pose à nous. Notre société est productiviste (produire toujours plus même si la qualité et la durée de vie des produits sont moindres) et consumériste (le mythe de la consommation qui tire la croissance), c'est à dire que les industriels produisent de plus en plus de déchets industriels et que les consommateurs jettent de plus en plus de déchets ménagers. Et tout ça au détriment d'une planète qui étouffe !

Depuis quelques années, les collectivités et l'Etat font un effort énorme de sensibilisation et de formation. Des moyens sont mis à notre disposition pour avoir des gestes écocitoyens (moins d'emballage à la source, un tri des déchets, une valorisation efficace des matériaux collectés, ...), et cela participe d'une responsabilisation collective. Néanmoins, des progrès restent à réaliser ! Sur le coeur d'Hérault par exemple, il y a encore plus de 50% de nos poubelles qui sont enfouies alors que les déchets résiduels constituent environ 16% d'une poubelle type. Il y a donc encore des pistes de progrès !