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04/08/2011

Le risque sismique place notre région dans une situation dont les conséquences sont à revisiter

Un tremblement de terre suivi d'un tsunami, et la centrale de Fukushima devient le cadre d'une catastrophe nucléaire qui va durablement impacter tout le nord-est du Japon. Personne avant le 11 mars 2011 n'aurait imaginé qu'un tel scénario puisse se réaliser ...

Le 3 août 2011, la terre a tremblé dans le secteur de Barjac (30) et des secousses ont été ressenties dans toute la région :

Barjac_3_aout_2011.jpg

Mais si les conséquences ne sont pas très graves en surface, on n'en mesure pas encore l'impact sur le sous-sol, et le bureau central sismologique français (BCSF) lance un appel à témoin sur son site Web afin de mieux pouvoir évaluer les risques sismiques dans une région peu observée jusqu'à présent face à ce risque là.

Et sur le Coeur d'Hérault, ce risque sismique (qui n'est finalement plus si hypothétique que cela) doit nous interroger sur les risques que cela pourrait faire courir à des édifices tel que le barrage du Salagou. Alors que cet ouvrage construit il y a 40 ans devrait être inspecté tous les 10 ans après un vidage complet de sa réserve d'eau (102 millions de mètres-cubes), le gestionnaire se contente de visites "en plongée" pour ne pas avoir à vider le lac du Salagou qui constitue désormais un site naturel protégé et touristique (classement Grand Site en cours) de 700 ha.

Le risque de rupture du barrage du Salagou est un risque clairement identifié par les services de l'Etat (cf. Dossier Départemental des Risques Majeurs de l'Hérault) ainsi que par toutes les collectiités situées en aval (qui l'intègrent dans leur Plan de Prévention des Risques d'Inondation) ; il fait d'ailleurs l'objet d'un plan particulier d'intervention (PPI), car c'est une vague de 15 mètres qui pourrait déferler en cas de rupture (voir le document sur le site de la préfecture).

Les communes faisant l'objet d'un plan de prévention de risques naturels (PPRN) ou d'un plan particulier d'intervention (PPI) sont tenues de produire un plan communal de sauvegarde (PCS) ; il leur était fait obligation par décret de le mettre en place avant le 13 septembre 2007. Ce PCS informe les habitants des risques naturels et technologiques sur leur commune, mais il leur donne surtout toutes les directives à suivre en cas de survenance de l'un de ces risques. Des exercices de simulation sont attachés à ces outils de prévention et d'information, mais ceux-ci ne sont pas encore entrés dans notre culture collective. Il y a encore un sentiment que "ça ne nous arrivera pas" ...

30/06/2011

Dis M'sieur Cazorla, dessines moi un site SEVESO II ...

Il s'est pas démonté M'sieur Cazorla face à la rumeur qui courre dans sa ville ... Une installation SEVESO ? AZF ? Non, au contraire c'est mieux quand c'est estampillé SEVESO, c'est un gage de sécurité renforcée ...

Allez, je grossis le trait, mais pour M'sieur Cazorla un classement SEVESO ce serait un peu à l'industrie ce que le bio est à l'agriculture, un label de qualité ! Ne riez pas, je crois qu'il en est persuadé lui-même. Mais le pire, c'est qu'il en a convaincu la presque totalité de son Conseil Municipal (excepté trois dangereux écologistes qui ont voté contre).

En réalité, une installation SEVESO est un site extrêmement dangereux, même s'il ne s'agit pas d'une raffinerie ou d'une usine chimique. En Charente, des chais et des entrepôts d'alcool sont classés SEVESO et les incidents ne sont pas rares. Le risque technologique a une probabilité d'apparition non nulle, et toute la difficulté est justement de disposer des moyens de prévention et de lutte contre la survenance de tels risques majeurs.

L'un des principaux acteurs concerné par les risques industriels majeurs sur une plate-forme telle que celle de Système U, c'est le SDIS (Service Départemental d'Incendie et de Secours). Ce sont les pompiers qui réalisent pédiodiquement des exercices, ce sont eux qui contrôlent les installations et ce sont eux encore qui interviennent quand un incident à des conséquences à l'extérieur du site, sous l'autorité du Préfet. Or, le 1er juin 2010 quand le SDIS participait à la réunion des personnes publiques associés à la révision simplifiée du PLU de Clermont l'Hérault, personne n'a évoqué le fait que la plate-forme logistique de Système U serait une installation classée pour l'environnement, et encore moins en SEVESO II ! Or, une telle installation sur Clermont l'Hérault nécessite des moyens supplémentaires en hommes et en matériels, mais aussi de la formation et la qualifation des pompiers ... On envoie pas des pompiers volontaires sur l'incendie d'un site SEVESO II (ou alors dans le monde rêvé de M'sieur Cazorla).

J'ai donc adressé une lettre recommandée au Directeur du SDIS, le Colonel Risdorfer, pour qu'il nous informe des moyens qu'il comptait mettre sur Clermont l'Hérault d'ici un ou deux ans :

Lettre au patron du SDIS

Une installation classée telle que Système U nous en promet une sur la Salamane, c'est aussi la mise en place d'un Plan Communal de Sauvegarde (PCS) et la diffusion auprès du public du DICRIM (Dossier d'Information Communal sur les Risques Majeurs). Et avec le label SEVESO "Seuil Bas", il faudra aussi mettre en place une Commission Locale d'Information (CLI).

Bref, les habitants de Clermont l'Hérault vont devoir s'habituer avec une nouvelle signalétique qui diffère sensiblement de celle des sentiers de randonnée ...

Matières toxiques Matières inflammables
Signal d'alerte
Téléphone Ecole Cigarette
Radio Enfermez-vous Arrivées d'air
Fin de signal d'alerte

18/06/2011

Les camions sont le talon d'Achile de la chaîne logistique !

Ce sont des centaines de camions qui entreront et sortiront de la plate-forme Système U à a Salamane, et ces camions dont certains transporteront des produits hautement inflammables et toxiques sont le talon d'Achille de la chaîne logistique. Les experts du secteur logistique peuvent apporter les meilleures garanties possibles sur les entrepôts, ils ne peuvent par contre rien assurer concernant les camions. L'actualité témoigne des accidents les plus banals aux plus farfelus, mais presque toujours avec de funestes conséquences. 

Midi Libre du 17 juin relate l'incendie de ce camion transportant 7 tonnes de faines animales. Le feu est parti de l'essieu du camion et il a provoqué un bouchon énorme sur l'A9 :

C’est l’essieu, avant de l’engin, qui a d’abord pris feu.

Midi Libre du 1er février relate l'accident de ce camion-citerne rempli de vin et qui est arrivé trop vite sur le giratoire de sortie de l'A75 à la Salamane et qui s'est couché sur le côté :

camion_couche_salamane.jpg 

Et on ne peut pas oublier l'accident du tunel du Mont-Blanc en mars 1999 dont l'origine vient d'un camion qui transportait de la margarine, le feu ayant pris dans le moteur du camion, et où 39 personnes ont péri :

 

 

Le Coeur d'Hérault a-t-il besoin de faire courir autant de risques à ses habitants et à ses visiteurs ? Je suis persuadé que non !