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28/05/2012

Les USA sur la voie de l'indépendance énergétique grâce aux gaz de schiste, rêve ou cauchemar ?

Depuis la fin 2011, les média évoquent épisodiquement la bonne fortune américaine en matière de production pétrolière. Des bureaux d'étude prévoient 118 milliards de dollars de revenus et 870.000 emplois créés à l'horizon 2015 (cf. Figaro du 16/02/2012).

Pour certains, les gaz de schiste représentent un potentiel énorme synonyme d'indépendance énergétique et de maintien de l'activité industrielle fondée sur l'exploitation des hydrocarbures. Dans son dernier ouvrage "La troisième révolution industrielle", l'économiste américain Jeremy Rifkin déplore que son pays ne fasse pas le choix des énergies renouvelables, de la sobriété énergétique, du stockage par l'hydrogène, d'un équilibre production/consommation relocalisé, des transports propres, ... car la planète ne permettra pas d'étendre à 7 milliards d'êtres humains le modèle économique du 20ème siècle.

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Les hydrocarbures demeurent indispensables pour certaines industries comme la pharmacie ou la chimie, et il n'est pas question d'y renoncer. Mais pour la majorité de nos besoins en énergie (transports, chauffage, électricité, éclairage, ...), il est urgent de rompre avec le mythe des énergies fossiles abondantes et bon marché.

Aujourd'hui en France et en Europe, des sociétés pétrolières espèrent pouvoir y exploiter des gaz de schiste. Elles se contentent pour l'instant d'explorer notre sous-sol afin de présenter prochainement à nos gouvernants des dossiers prometteurs sur le potentiel que constituent ces gaz de schiste. Et qu'importe alors que la fracturation hydraulique soit préjudiciable à l'environnement, car il y aura comme d'habitude d'enormes sources de profit et d'innombrables créations d'emplois à la clés.

Alors mobilisons nous pour faire interdire l'exploration ! Des comités locaux anti-gaz de schiste se constituent et des municipalités emboîtent le pas en délibérant contre. C'est ce qu'a fait mardi dernier le Conseil Municpal de Paulhan en interdisant la circulation et le stationnement des engins  destinés à l'exploration de gaz de schiste sur le territoire de la commune.

17/05/2012

Le présent nous submerge et le futur nous échappe ... Mais ou sont les écologistes ?

Au travail, en famille ou devant la télé, ce sont les informations du moment présent qui captent toute notre attention et qui mobilisent toute notre énergie. Ces moments présents sont vécus avec curiosité mais aussi avec lassitude, ils suscitent du plaisir et de la souffrance ; ils alimentent l'essentiel de nos échanges comme une forme d'hypnose ...

La séquence politique qui vient de s"écouler et qui s'achèvera en France le 17 juin est toute entière consacrée à l'actualité économique et sociale du moment. Evidemment que le chômage, que le pouvoir d'achat ou encore que le logement et que les transports au quotidien nous préoccupent au plus au point, et mon souhait n'est pas que nous en fassions abstraction, mais le reste alors ? Et en premier lieu l'avenir de nos enfants et de leurs enfants.

Les sols, l'air et les océans sont pollués par les activités humaines, la température moyenne augmente au rythme de nos émissions de gaz à effet de serre, la biodiversité est sans cesse attaquée par la déforestation et par le développement urbain, le modèle économique dominant creuse année après année le fossé entre des pays à l'indécente opulence et d'autres pays qui semblent fatalement destinés à la famine, à la guerre ou aux épidémies, nous mettons chaque jour notre propre santé et celle de nos enfants en danger à cause de nos pratiques de consommation, etc. Bref, nous sommes scotchés à l'écran LCD du téléviseur ou de l'ordinateur, mais nous fermons les yeux sur l'état de la planète qui est sous nos pieds.

Toutes ces préoccupations écologiques que les scientifiques ou que des associations environnementales portent à la connaissance de tous depuis des décenies ont trouvé dans l'écologie politique une issue permettant d'apporter des solutions pérennes. En France, après René Dumont et après la création du parti Les Verts en 1984, l'écologie politique a fait son chemin. Des militants différents de ceux des autres partis, des évènements naturels ou industriels alarmants ainsi que la valorisation de la nature par des films ou par des émissions de télévision, tout cela a contribué par exemple au succès électoral des écologistes aux élections européennes de 2009.

Mais depuis trois ans, comment les campagnes d'Europe Ecologie Les Verts ont-elles contribuées à focaliser notre attention collective sur l'avenir de la planète et de l'espèce humaine ? La campagne d'Eva Joly, l'accord PS/EELV pour les législatives ou encore l'accès aux responsabilités parlementaires ou ministérielles de quelques uns a complètement anéanti la mobilisation de milliers de militants et de sympathisants écologistes.

La question reste posée, qu'est-ce qui permettra demain de susciter notre mobilisation pour protéger notre environnement ? Un nouveau film de Yann Arthus-Bertrand ? Une nouvelle émission télé de Nicolas Hulot ? Une nouvelle mobilisation de José Bové ou de GreenPeace ? Un autre Grenelle de l'Environnement ? Des politiques réussies de développement durable engagées par les collectivités locales ? Le respect de nos engagements internationaux signés lors des Sommet de la Terre ? L'écho qu'y donneront les partis politiques dans leurs campagnes ? C'est en tous cas une question que je me pose personnellement aujourd'hui, et qui guidera mon engagement politique à venir.

"La maison brûle et ils regardent ailleurs ..." [Jacques Chirac en 2002 au Sommet de la Terre de Johannesburg].

23/02/2012

Hollande, nucléo-réaliste :-(

François Hollande est écartelé entre ses alliés écolos et ses amis de l'industrie nucléaire, mais dans tous les cas il n'affiche aucune conviction personnelle.

S'engager à ne fermer qu'une seule centrale nucléaire dans les cinq ans de mandat témoigne d'un souci permanent de compromis mou, et finalement il pourrait aussi bien les fermer toutes que n'en fermer aucune ... Quels sont les arguments des anti-nucléaires ? Que les centrales nucléaires constituent désormais un risque trop important (après Three Miles Island, Tchernobyl et Fukushima), que la gestion de leurs déchets est un problème récurrent que nous reportons sur les générations futures, que le principe d'indépendance énergétique est un mythe, mais aussi que leur rendement ainsi que leur disponibilité sont loin de répondre aux besoins en électricité (cf. importation massive l'hiver). Face à ces problèmes, on ne peut qu'engager un processus de fermeture progressif des réacteurs nucléaires de notre territoire.

Alors que signfie de dire qu'il n'en fermera qu'une seule en cinq ans et qu'il tendra vers 50% d'énergie nucléaire dans le bouquet des ressources électriques d'ici 2020 ? Prenons l'exemple de la sécurité routière. Quand on pose le principe que la vitesse est un facteur d'accidentologie et donc que la vitesse des véhicules est limitée sur autoroute, sur les routes et en ville ; cela vaut pour tous les véhicules ! On ne dit pas que la moitié du parc des véhicules en circulation pourrait rouler jusqu'à 130 km/h sur autoroute et que l'autre moitié serait limitée à 110 km/h, par exemple parce que cette autre moitié serait constituée de véhicules de plus de 10 ans.

Mais les écologistes ne sont pas non plus des Ayatollahs. On sait (cf. scénario Négawatts) qu'en poussant au maximum l'efficacité des équipements électriques et la sobriété de la consommation, par exemple en isolant mieux les constructions, on peut réduire de 65% notre consommation d'électricité. Il est donc possible de fixer un objectif de fermeture de réacteurs nucléaires qui serait corrélé à un indicateur d'économie d'énergie. De même pour les énergies renouvelables, on pourrait corréler un rythme de fermeture de centrales aux capacités nouvelles de production issues des sources d'énergie renouvelable.

Un tel scénario est compréhensible par tout un chacun, et il ne doit pas générer un clivage politique. Et l'alternative au nucléaire n'est pas le retour à la lampe à huile ... Produire des équipements efficaces est même devenu un argument commercial ; aujourd'hui, il ne se vend presque plus que des équipements classés A, et il faudrait presque définir des sous-catégories de A. Isoler des maisons, c'est un gisement d'emplois non délocalisables. Idem pour le démantèlement des centrales ... Et les Allemands qui sont si souvent cités en exemple ne s'y sont pas trompés ; ils créent de l'emploi non délocalisable et ils génèrent ainsi de la croissance économique.

Peut-être qu'une fréquentation plus assidue du futur Président de la République de quelques écologistes pédagogues lui fera changer d'avis en cours de mandat. Il ne faut pas désespérer ...