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29/09/2012

Gaz de schiste, la commune de Paulhan dit "Non", et se voit aussitôt menacée par le représentant de l'Etat et par le titulaire du permis

Le 22 mai 2012, le Conseil Municipal de Paulhan adoptait à l'unanimité une délibération autorisant le Maire à interdire la circulation et le stationnement des engins vibreurs destinés à explorer le sous-sol de la commune. Dans la foulée, le Maire de Paulhan prenait un arrêté pour rendre cette interdiction exécutoire.

Le 27 juillet 2012, le Sous-préfet de Lodève écrivait au Maire de Paulhan pour lui préciser que le législateur avait interdit le recours à la technique de fracturation hydraulique (loi n°2011-835 du 13 juillet 2011) et que les inquiétudes des élus étaient aucunement justifiées. Il demandait alors au Maire de retirer cette délibération jugée illégale.

Le 13 août 2012, la société Lundin International faisait parvenir au Maire de Paulhan un recours gracieux contre son arrêté municipal. Lundin précise que le permis dont il est titulaire porte sur toutes formes d'hydrocarbures, et pas uniquement sur des gaz et huiles de schiste. Cet arrêté l'empêche donc de procéder à une exploration d'hydrocarbures traditionnels ...

Depuis, le Maire de Paulhan n'est pas resté les bras ballants. Non seulement il ne se pliera pas aux injonctions du représentant de l'Etat et aux menaces de l'industrie pétrolère, mais il mobilise autour de lui les élus locaux pour constituer un front uni contre l'exploitation des gaz de schiste. Notre eau est trop précieuse pour être gaspillée dans cette technique de fracturation hydraulique ; technique qui par ailleurs polluera notre sous-sol et portera un coup fatal aux activités agricoles. Enfin, les énergies fossiles ne doivent plus être au coeur d'un développement humain s'il veut être durable !

Je soutiens évidemment Bernard Soto, le Maire de Paulhan, et son combat est partagé par tout le Conseil municipal et par les Paulhanais qui sont attachés à leur patrimoine rural. Nous attendons que le nouveau gouvernement prenne une position plus claire sur les gaz de schiste, plus conforme aux positions de la campagne électorale de 2012.

16/09/2012

Electricité, la consommation plafonne ... et le nucléaire pourrait peser de moins en moins.

Alors que la consommation électrique des français a quadruplé entre 1960 et 2000, elle plafonne depuis quelques années autour de 7.500 kWh par habitant (cliquer sur le graphique ci-dessous pour l'agrandir).

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Autant l'industrie que les ménages surveillent désormais leur consommation d'électricité, et la fée électrique qui a illuminé la fin du 20ème siècle a cessé de briller. Dans les constructions nouvelles, le tout-électrique laisse la place à d'autres énergies (chauffe-eau solaire, chauffage au bois, géothermie, photovoltaïque, ...).

La part du nucléaire est à 77% en 2011 et le rapport annuel de RTE détaille l'apport de chaque source d'énergie ainsi que sa progression. Mais le rapport 2011 de RTE précise aussi que la France a exporté 55,7 TWh d'électricité, le double de 2009 et 2010. Cette énergie électrique exportée correspond à 10% de la production française !

Le Gouvernement a donc de la marge pour réduire la part du nucléaire dans la production électrique : cesser d'exporter de l'électricité (dont une grande partie disparaît avec l'effet Joule), miser sur une plus grande sobriété des consommateurs, améliorer l'efficacité énergétique des constructions et des équipements, mais surtout mettre l'accent sur les énergies renouvelables. Et fermer plusieurs réacteurs nuclaires d'ici la fin du mandat de François Hollande est tout à fait réaliste !

15/09/2012

Fessenheim, pourquoi attendre 2016 ?

L'Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) impose à EDF d'importants travaux de mise en sécurité de la centrale pour qu'elle puisse continuer à fonctionner ; le coût de ces travaux est estimé à 30 M€ par tranche, soit un total d'au moins 60 M€ pour ce site le plus ancien de France.

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D'où le dilemme ... Si la centrale de Fessenheim ne doit fermer qu'en 2016, ces travaux seront-ils réalisés ou bien cette centrale qui accumule les petits incidents continuera-t-elle de tourner encore 4 ans comme cela ? Et si ces travaux sont entrepris, alors cela conduira à un arrêt temporaire de la centrale et à un gaspillage d'argent public ... Bref, le plus logique serait de la fermer sans tarder et d'investir ces 80 M€ dans une filière de démantèlement de réacteurs nucléaires qui sera pourvoyeuse d'emplois.