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14/01/2018

Partage des usages de l'eau du fleuve Hérault, ... encore dans la discrétion.

Ma précédente note sur l'eau et sur l'assainissement collectif portait sur ce que l'on appelle le « petit cycle de l'eau », celui qui va du captage de l'eau en rivière ou en nappe souterraine jusqu'à son rejet dans le milieu naturel. Ce cycle-là est de compétence communale ou intercommunale, et il concerne tous les abonnés aux services de l'eau et de l'assainissement, particuliers comme professionnels locaux.

Mais je n'oublie pas le « grand cycle de l'eau » qui porte lui sur le territoire de tout un bassin versant, et c'est celui du fleuve Hérault qui nous concerne nous à Paulhan comme en Cœur d'Hérault. Le grand cycle de l'eau s'attache essentiellement aux quantités et à la qualité des eaux dans le milieu naturel, au maintien de la biodiversité aquatique et aux usages partagés de l'eau. Je l'ai beaucoup évoqué à l'occasion de l'enquête publique portée par le Syndicat du Bas-Languedoc (SBL) pour un captage d'eau potable au parc touristique de Lavagnac ; c'était il y a bientôt un an, avec des réunions publiques organisées à Usclas-d'Hérault, à Cazouls-d'Hérault, à Saint-Pargoire ou encore à Paulhan, et les agriculteurs de notre territoire de la vallée de l'Hérault étaient fortement mobilisés.

PGRE.jpgEt depuis ? Déjà, le commissaire-enquêteur a délivré un avis favorable pour que le SBL puisse pomper jusqu'à 1400 m3 par jour dans l'Hérault (cf. note du 11 septembre 2017). Mais les élus qui siègent à la Commission Locale de l'Eau (CLE) nous avaient assurés à l'époque que ce serait l'élaboration du Plan de Gestion de la Ressource en Eau (PGRE) qui arbitrerait tous les conflits d'usage ; et ce PGRE devait être produit avant la fin décembre 2017 ...

L'agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse organisait un colloque à Montpellier le 16 mars 2017, en fait une journée technique sur les PGRE. Je n'y étais pas présent, mais l'ordre du jour et la qualité des intervenants présageait de débats fructueux. L'agence présentait aussi un petit film sur le partage de la ressource en eau, une vidéo à voir et à diffuser sans modération.

Video_AERMC_Ca_Chauffe_Partageons_Eau.jpg

Mais depuis le printemps 2017, aucune information sur ce PGRE. Rien sur les sites Web du Syndicat Mixte du Bassin du Fleuve Hérault ou du SAGE Hérault ... Rien non plus sur les sites Web des services de l’État (DDTM34, DREAL Occitanie, ...).

J'avais demandé en Conseil syndical du Pays Cœur d'Hérault que soit constitué un Observatoire de l'Eau, justement pour pallier ces défauts d'information du public et de tous les usagers de l'eau, et pour anticiper au mieux tous les conflits d'usage possibles à l'avenir. Le réchauffement climatique n'est pas un mythe, nous en mesurons chaque année les effets croissants, et ce n'est pas quand nous serons mis au pied du mur que nous pourrons trouver des solutions ; non, c'est maintenant !

Je poursuis sans cesse ma recherche d'informations sur ce PGRE, mais chacun(e) peut aussi solliciter les membres de la Commission Locale de l'Eau (CLE) du Fleuve Hérault, ne serait-ce que pour les mobiliser sur cette question cruciale.
Nota bene > Membres de la CLE.

14/12/2017

H2030, l'eau en partage - Un Observatoire de l'eau sur le Coeur d'Hérault est nécessaire !

Comme toutes les Régions, celle d'Occitanie Pyrénées-Méditerranée n'a pas de compétence opérationnelle directe sur la thématique de l'eau, mais la loi NOTRe leur confère un rôle d'animation et de planification dans l'aménagement de leur territoire. Et c'est au travers du SRADDET (schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires) que la Région intervient sur les cycles de l'eau. Le SRADDET a un caractère normatif (il est prescriptif pour tous les documents infra comme les SCoT, les PCAET, ...), et il est intégrateur au sens où il n'est plus la juxtaposition de schémas mais la formalisation d'une politique régionale d'aménagement.

Le SRADDET de la Région Occitanie Pyrénées-Méditerranée est en cours d'élaboration, et l'exécutif régional jalonne sa démarche de concertations publiques. Sur l'eau, la Région déroule son projet H2O30 depuis maintenant un an, avec pour objectif de valider sa Stratégie régionale de gestion durable de la ressource en eau début 2018.

H2030.png

Cet automne, la Région a lancé une étape de concertation, tout le monde pouvant déposer un cahier d'acteur. Il y a 96 cahiers d'acteurs qui ont été remis, émanant de collectivités locales, d'établissements ou d'agences publiques, de chambres d'agriculture, de fédérations professionnelles, etc. Et c'est intéressant de les feuilleter (ils ont un format standard de 4 pages) pour appréhender les positions des uns et des autres sur l'eau.

Personnellement, j'ai déposé un cahier d'acteur pour le Cœur d'Hérault ; je l'ai fait au nom de mon parti politique parce qu'il fallait indiquer une structure porteuse, mais j'aurai préféré que ce soit en collaboration avec l'un des établissements où je siège (commune de Paulhan, communauté de communes du Clermontais, syndicat de développement du Pays Cœur d'Hérault). Je regrette d'ailleurs leur absence dans cette concertation. Et je suis même très étonné que le syndicat mixte du bassin du Fleuve Hérault  (SMBFH) n'ait pas contribué lui non plus ...

Tous les élus (et surtout les usagers) du territoire étaient pourtant mobilisés sur l'enquête publique autorisant le pompage du Syndicat du Bas Languedoc dans la nappe alluviale de l'Hérault à hauteur du complexe touristique de Lavagnac.  Et dans le même cadre local, la Commission Locale de l'Eau (CLE) du Fleuve Hérault devait produire d'ici la fin de l'année 2017 le Plan de Gestion de la Ressource en Eau (PGRE), un document avec des scénarios basés sur les débits d'objectifs d'étiage (DOE) pour partager et affecter les ressources disponibles entre les usages de l'eau et les secteurs géographiques.

Je ne dis pas ici que personne ne fait rien, mais ce sont souvent les mêmes qui sont au four et au moulin. Or, il faut partager les informations et concerter autant que possible. Et c'est pour cela que j'avais demandé au SYDEL du Pays Cœur d'Hérault de constituer un Observatoire de l'eau. Mais je suis têtu ;-)

10/12/2017

Environnement : L’État sous Macron ne donne pas les gages espérés par Hulot ... mais faut-il être fataliste ?

J'ai récemment été interrogé par la presse (Midi Libre et la Marseillaise) à propos de la reprise d'activité sur la carrière de marbre rouge sur le mont Vissou. Il s'agit d'une exploitation qui existe depuis près d'un siècle, mais qui s'est interrompue en 2004 à cause de difficultés financières de l'exploitant.

Nous connaissons tous ce territoire, et ces paysages magnifiques qui surplombent les communes de Mourèze et de Cabrières, et c'est d'ailleurs le Pic de Vissou dont il s'agit et que l'on voit à l'horizon depuis des dizaines de kilomètres. Mais pour prendre position sur l'exploitation d'une carrière sur ce site patrimonial, je me suis appuyé sur le rapport de la DREAL, c'est à dire de l'Autorité Environnementale. Les impacts du projet sur les habitats naturels (faune et flore), sur les paysages ainsi que sur les nuisances vis à vis des riverains sont formellement identifiés ; ils sont souvent faibles, mais ils nécessitent de la part de l'exploitant des mesures compensatoires.

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Et c'est là où s'apprécie le rôle précieux que remplissent les services de l’État en région. Il s'agit ici de la DREAL, mais toutes les agences et toutes les directions décentralisées ont un rôle d'analyse et de contrôle qui doit être renforcé ! Car qui ira contrôler que l'exploitant à qui l'Autorité Environnementale a donné un avis favorable se conforme scrupuleusement à ses recommandations ?

J'ai suivi aussi l'enquête publique sur la création d'un parc photovoltaïque de près de 8 ha sur la commune de Gignac, sur des terrains en bord d'Hérault constitués de parcelles en friche dans l'emprise globale d'une ancienne carrière. Là encore, l'Autorité Environnementale a délivré un avis plutôt favorable, mais elle souligne que l'étude d'impact réalisée par l'exploitant nécessite d'être complétée pour se conformer aux contenus réglementaires attendus, essentiellement pour moi à propos de l'analyse du milieu naturel, de la faune et de la flore.

Les fonctionnaires des directions décentralisées de l’État (DREAL, DDTM, ...), mais aussi des agences comme l'ONEMA ou les Agences de l'Eau sont des professionnels très attachés à leurs missions. Sauf qu'année après année les budgets du ministère de l'écologie fondent comme la banquise ...

Bon, je laisse à Nicolas Hulot le temps long qui est nécessaire pour inverser la tendance, et après des décennies de prédation de la Terre, mais il faut qu'il marque des points ... Les rapports, c'est nécessaire, mais sans les contrôles et les sanctions pouvant s'imposer aux exploitants ce n'est que du papier :=(