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04/09/2013

Le GIEC révise ses modèles de prévision de changement climatique

C'est en octobre 2014 que le GIEC adoptera son nouveau rapport sur le changement climatique, mais cet organisme international composé d'experts scientifiques présente dès septembre 2013 à Stockholm un premier volet de ce 5ème rapport du GIEC.

Et nous pouvons nous attendre à une lévée de boucliers de la part des "climato-sceptiques" au vu des premiers graphiques :

Scenario_GIEC_2014.JPG

En effet, le climat de notre planète bleue n'évoluerait pas de façon aussi catastrophique que cela était prévu en 2007 (cf. 4ème rapport du GIEC), et le rayonnement solaire joue par exemple un rôle clé dans le climat de la Terre. Les scénarios du GIEC prévoyaient une hausse de température de +0,6°C à +2°C d'ici 2015, mais nous semblons être depuis quelques années sur un "plateau" de température terrestre.

Mais attention, car ces données sont des moyennes à l'échelle de la planète ; la fonte des glaces de l'arctique peut par exemple refroidir la température des océans, donnant ainsi le sentiment à l'échelle du globe que la température augmente peu. Et c'est d'ailleurs plus de "désordres climatiques locaux" dont il faudrait parler plutôt que d'un changement uniforme sur toute la planète. Les gaz à effet de serre (GES) constituent un facteur de déstabilisation climatique, et l'activité humaine ne peut donc pas être écartée dans la recherche des causes du changement climatique (cf. article de Mediapart qui apporte quelques éclaircissements sur ce rapport préliminaire du GIEC)

Dans tous les cas, il faut rester prudent sur ces données. Pas question de baisser la garde contre les énergies fossiles et les tonnes de CO2 qui forment un écran thermique dans l'atmosphère, car nous constatons réellement des changements, depuis la montée des eaux de mer jusqu'à la fonte de la banquise qui permet par exemple d'ouvrir de nouveaux couloirs maritimes autour du Pôle Nord.

route_maritime_nord.jpg

Les rapports du GIEC qui seront présentés au cours des 12 prochains mois seront donc majeurs ; il faudra les interpréter avec beaucoup de responsabilité, et ne pas céder aux raccourcis que pourraient faire les ayatollah de tous bords.

09/08/2013

Le redressement productif (selon Arnaud) passera par la mine :=(

La presse s'en est faite l'écho la semaine dernière, la France pourrait de nouveau exploiter des mines. Mais pas des mines de charbon, quoique Arnaud tienne aussi beaucoup au gaz de houille, mais des mines de cuivre, de plomb, de zinc et de tant d'autres minerais que l'on trouve dans nos téléphones, nos ordinateurs, nos batteries, etc.

Déjà, il est intéressant de voir comment les journaux ont traité cette information. J'ai pris deux hebdomadaires, le Nouvel Observateur et Charlie Hebdo. Dans le Nouvel Observateur, l'article est placé sous la rubrique Economie et il s'intitule "Le grand retour des mineurs" (cf. article) ; dans le satirique du mercredi, c'est "Montebourg veut des mines d'or dans la Sarthe" (cf. article). Dans le premier, ce sont quatre pages consacrées à un marché d'avenir ; de jolies photos et une interview d'un patron de société minière (ex fonctionnaire au BRGM où il devait en avoir marre d'explorer le sous-sol dans l'intérêt général de la République française) agrémentent des explications d'un journaliste qui fustige les tracasseries administratives. Pour Charlie Hebdo, la concision est de mise. Mais quelques lignes suffisent pour décrire les conséquences environnementales d'une exploitation minière. Ce terrain de la Sarthe où Arnaud Montebourg autorise un permis d'exploiter est le même où Total a extrait de l'or et de l'argent à la fin du siècle dernier, mais en laissant un no man's land de désolation. mickey_chercheur_or.jpg

Mais de l'or, de l'argent, du cuivre, du zinc, du plomb, du tungstène, ... ce n'est pas la peine de saccager nos campagnes pour en acquérir, il y en a plein des millions de tonnes de déchets ménagers, électroniques et industriels dont on se débarrasse si aisément ! Recycler des déchets, ça fait pas très fun dans une brochure du Ministère du Redressement Productif, et Arnaud ne serait pas à son aise dans une décharge pour poser devant la presse audiovisuelle ; il vaut mieux envoyer tout ça de l'autre côté de la planète, loin de nos yeux ... Mais un équipement en fin de vie n'est pas encore un déchet ultime, il est encore un matériau valorisable, recyclable.

Consumérisme et productivisme sont les deux mamelles de la France moderne, de gauche comme de droite d'ailleurs, et qu'importe que la planète s'asphyxie puisque ça devrait créer de l'emploi. Eh ! oui, la création d'emplois passe avant toute autre préoccupation ; mais des emplois pour scier la branche sur laquelle la population active est assise, c'est à dire la Terre.

05/07/2013

La course d'obstacles de l'écologie politique ...

A l'automne 2011 alors que les écologistes et les socialistes apportent les dernières corrections à l'accord électoral en vue des législatives de 2012, une intervention directe d'AREVA auprès de François Hollande conduit à la suppression d'un paragraphe relatif à l'abandon de la filière MOX, le MOX étant un combustible nucléaire recyclé dont le groupe français est le leader mondial. Mais cette fausse note politique associée au lobbying d'un grand groupe industriel donnait déjà aux écologistes une idée du rapport de force qu'il faudrait entretenir pendant tout le quinquennat.

Et puis dès le début de son mandat présidentiel, l'épisode "Nicole Brick" a continué de donner le ton. Après qu'elle ait bloqué un permis d'explorer du pétrole au large de la Guyanne pour la société Shell, c'est pendant son déplacement au Sommet de la Terre à Rio avec le Président de la République française que le chef du gouvernement lui préparait un avenir ministériel moins déplaisant pour l'industrie pétrolière.

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Là, avec Delphine Batho, la démonstration est faite que ce gouvernement ne croit absolument pas que l'écologie puisse être un levier de développement. Au contraire, l'écologie rime avec "enquêtes d'impact environnemental", "protection des zones humides", "corridors écologiques", "fiscalité écologique", "préservation des terres agricoles", "qualité de l'air", "principe de précaution", ... autant de termes que la classe politique qualifie majoritairement de contraintes.

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Question : deux ministres écologistes au gouvernement, est-ce que cela permet de peser sur des politiques publiques qui s'appuient sur la transition écologique ? Question subsidiaire : les groupes écologistes au Sénat et à l'Assemblée Nationale font-ils mieux ? Si Cécile Duflot démissionne du gouvernement et qu'elle reprend son siège à l'Assemblée, elle contribuerait alors à faire perdre aux socialistes leur majorité absolue et donc leur arrogante distance avec l'écologie.

Le nouveau ministre Philippe Martin ne changera pas la baisse de 7% des moyens de son ministère et la perte d'un peu plus d'un millier de fonctionnaires en une opportunité pour promouvoir les énergies renouvelables, pour promouvoir les économies d'énergie et pour promouvoir l'efficacité des équipements électriques et des constructions.

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La conférence de Delphine Batho a permis de dévoiler que le lobbying de l'industrie pétrolière va se nicher jusqu'au sein du cabinet du Président de la République (cf. Philippe Crouzet et Sylvie Hubac). Et le calendrier de fermeture de la centrale de Ferssenheim est une autre ligne de clivage entre les écologistes et le Président Hollande. Cette fermeture était pourtant annoncée dans le programme du candidat socialiste, mais l'autorité de sureté nucléaire (ASN) a donné son feu vert pour poursuivre l'exploitation du réacteur n°2 jusqu'en 2022, à condition d'y réaliser quelques dizaines de millions d'euros de travaux de sécurité, travaux qui ont déjà commencé depuis 2011 sur le réacteur n°1. Or, une panne en début de semaine mettait à l'arrêt le réacteur n°2, le seul en fonctionnement à Fessenheim, centrale en exploitation depuis 1978. En parallèle, EDF exige de l'Etat un dédommagement financier si Fessenheim devait s'arrêter, arguant des pertes d'exploitation importantes.

Etrange quand même qu'un Président qui a promis de fermer Fessenheim y injecte des dizaines de millions d'euros de travaux en même temps qu'il cherche à faire des économies dans le budget du ministère de l'écologie. A noter que les autorités de sureté nucléaire estiment que le délai de fermeture réelle de réacteurs tels que ceux de Fessenheim prendront environ 5 ans. Ainsi, un arrêt qui démarrerait fin 2016 ou début 2017 (calendrier officiel) ne serait pas effectif avant 2020.

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Et si à l'automne, à l'occasion du projet de loi sur la transition énergétique en débat au Parlement, François Hollande répond positivement aux attentes de ses partenaires écologistes (énergies renouvelables, Fessenheim, fiscalité écologique, ...), alors quel temps perdu et que de déceptions accumulées qui auront durablement détérioré les relations entre socialistes et écologistes :=(