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11/09/2013

Hervé Kempf a préféré la liberté au joug du capitalisme financier

Journalise au quotidien Le Monde pendant 15 ans, Hervé Kempf se heurtait de plus en plus à l'hostilité de sa rédaction. D'un côté le journaliste pourfendait le système économique mondialisé qui ignore totalement les exigences environnementales, et de l'autre la direction du journal avait comme souci majeur de produire des contenus en phase avec l'opinion dominante. Et c'est en l'occurrence sur le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes que les relations entre le journaliste et son journal se sont dégradées.

Journal_Le_Monde.jpg

Hervé Kempf poursuivra désormais son métier de journaliste au sein du site Web écologiste Reporterre où il trouvera un environnement plus conforme à ses engagements. Ce changement de média est analogue à l'aventure d'Edwy Plenel avec Médiapart, qui a lui-même quitté Le Monde en 2005 ; certainement le besoin de s'affranchir des pressions que font peser sur la presse traditionnelle des actionnaires plus sensibles à la stabilité de leur monde qu'au rôle démocratique de la presse.

Dans l'interview qu'il a donnée au journal Libération, Hervé Kempf précise que l'écologie met nécessairement en cause le système économique, son productivisme prédateur des ressources naturelles, sa logique consumériste qui privilégie l'accumulation de biens et à un enrichissement sans complexe de quelques uns au détriment du plus grand nombre. Le quotidien Le Monde a bien changé, et il faut depuis quelques années le lire avec le prisme de ses riches propriétaires : Pierre Bergé (mécène et entrepreneur de l'industrie du luxe), Xavier Niel (10ème fortune de France) et Matthieu Pigasse (patron de la banque Lazard).

04/09/2013

Le GIEC révise ses modèles de prévision de changement climatique

C'est en octobre 2014 que le GIEC adoptera son nouveau rapport sur le changement climatique, mais cet organisme international composé d'experts scientifiques présente dès septembre 2013 à Stockholm un premier volet de ce 5ème rapport du GIEC.

Et nous pouvons nous attendre à une lévée de boucliers de la part des "climato-sceptiques" au vu des premiers graphiques :

Scenario_GIEC_2014.JPG

En effet, le climat de notre planète bleue n'évoluerait pas de façon aussi catastrophique que cela était prévu en 2007 (cf. 4ème rapport du GIEC), et le rayonnement solaire joue par exemple un rôle clé dans le climat de la Terre. Les scénarios du GIEC prévoyaient une hausse de température de +0,6°C à +2°C d'ici 2015, mais nous semblons être depuis quelques années sur un "plateau" de température terrestre.

Mais attention, car ces données sont des moyennes à l'échelle de la planète ; la fonte des glaces de l'arctique peut par exemple refroidir la température des océans, donnant ainsi le sentiment à l'échelle du globe que la température augmente peu. Et c'est d'ailleurs plus de "désordres climatiques locaux" dont il faudrait parler plutôt que d'un changement uniforme sur toute la planète. Les gaz à effet de serre (GES) constituent un facteur de déstabilisation climatique, et l'activité humaine ne peut donc pas être écartée dans la recherche des causes du changement climatique (cf. article de Mediapart qui apporte quelques éclaircissements sur ce rapport préliminaire du GIEC)

Dans tous les cas, il faut rester prudent sur ces données. Pas question de baisser la garde contre les énergies fossiles et les tonnes de CO2 qui forment un écran thermique dans l'atmosphère, car nous constatons réellement des changements, depuis la montée des eaux de mer jusqu'à la fonte de la banquise qui permet par exemple d'ouvrir de nouveaux couloirs maritimes autour du Pôle Nord.

route_maritime_nord.jpg

Les rapports du GIEC qui seront présentés au cours des 12 prochains mois seront donc majeurs ; il faudra les interpréter avec beaucoup de responsabilité, et ne pas céder aux raccourcis que pourraient faire les ayatollah de tous bords.

09/08/2013

Le redressement productif (selon Arnaud) passera par la mine :=(

La presse s'en est faite l'écho la semaine dernière, la France pourrait de nouveau exploiter des mines. Mais pas des mines de charbon, quoique Arnaud tienne aussi beaucoup au gaz de houille, mais des mines de cuivre, de plomb, de zinc et de tant d'autres minerais que l'on trouve dans nos téléphones, nos ordinateurs, nos batteries, etc.

Déjà, il est intéressant de voir comment les journaux ont traité cette information. J'ai pris deux hebdomadaires, le Nouvel Observateur et Charlie Hebdo. Dans le Nouvel Observateur, l'article est placé sous la rubrique Economie et il s'intitule "Le grand retour des mineurs" (cf. article) ; dans le satirique du mercredi, c'est "Montebourg veut des mines d'or dans la Sarthe" (cf. article). Dans le premier, ce sont quatre pages consacrées à un marché d'avenir ; de jolies photos et une interview d'un patron de société minière (ex fonctionnaire au BRGM où il devait en avoir marre d'explorer le sous-sol dans l'intérêt général de la République française) agrémentent des explications d'un journaliste qui fustige les tracasseries administratives. Pour Charlie Hebdo, la concision est de mise. Mais quelques lignes suffisent pour décrire les conséquences environnementales d'une exploitation minière. Ce terrain de la Sarthe où Arnaud Montebourg autorise un permis d'exploiter est le même où Total a extrait de l'or et de l'argent à la fin du siècle dernier, mais en laissant un no man's land de désolation. mickey_chercheur_or.jpg

Mais de l'or, de l'argent, du cuivre, du zinc, du plomb, du tungstène, ... ce n'est pas la peine de saccager nos campagnes pour en acquérir, il y en a plein des millions de tonnes de déchets ménagers, électroniques et industriels dont on se débarrasse si aisément ! Recycler des déchets, ça fait pas très fun dans une brochure du Ministère du Redressement Productif, et Arnaud ne serait pas à son aise dans une décharge pour poser devant la presse audiovisuelle ; il vaut mieux envoyer tout ça de l'autre côté de la planète, loin de nos yeux ... Mais un équipement en fin de vie n'est pas encore un déchet ultime, il est encore un matériau valorisable, recyclable.

Consumérisme et productivisme sont les deux mamelles de la France moderne, de gauche comme de droite d'ailleurs, et qu'importe que la planète s'asphyxie puisque ça devrait créer de l'emploi. Eh ! oui, la création d'emplois passe avant toute autre préoccupation ; mais des emplois pour scier la branche sur laquelle la population active est assise, c'est à dire la Terre.