Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

27/10/2011

Les écoles privées font débat au sein du conseil communautaire

L'évènement est assez rare pour être souligné, l'assemblée communautaire réunie à Canet le 26 octobre a donné lieu à un clivage politique sur l'aide apportée aux écoles privées. Le contexte de cet épisode mouvementé est l'entrée et le transport des élèves des écoles primaires du territoire au centre aquatique du Clermontais.

Déjà, il faut relever que le vice-président délégué aux finances a du manger son chapeau car il défendait jusque là une gestion responsable du centre aquatique, et il justifiait ainsi la participation des communes pour 50% des frais liés à l'enseignement de la natation pour les écoles (cf. précédente note sur ce sujet). Mais ce mercredi soir, l'assemblée communautaire a suivi les recommandations de la commission des finances, et la communauté assumera donc la totalité de ces frais. Il est vrai que pour 37.000 €, une goutte d'eau pour la communauté des communes mais parfois un sacrifice pour les plus petites communes, la position de principe était difficile à tenir.

Mais le rapport proposé aux conseillers communautaires sur l'accueil et le transport des scolaires au centre aquatique ne donnait pas les mêmes avantages aux enfants des écoles publiques et à ceux des écoles privées. Si l'entrée du centre aquatique était gratuite pour tous, seuls les écoles publiques avaient le transport pris en charge par la communauté des communes. Pour les écoles privées de Clermont l'Hérault, de Canet et d'Aspiran, ce sont les écoles et les communes qui devaient le prendre en charge.

C'est René Ségura, adjoint au maire de Canet qui a plaidé le premier pour que la communauté de communes ne fasse pas de discrimination entre les enfants du public et du privé. Il était rejoint par Claude Revel qui estimait que cette décision relevait de la mesquinerie. Jean-Claude Lacroix précisait d'ailleurs que le coût total du transport des scolaires était de l'ordre de 12.000 à 14.000 €, et que le transport pour les écoles privées ne comptait que pour 3.000 €. Bernard Soto, Maire de Paulhan, rappelait lui la position constante de l'Association des Maires de France ainsi que de l'Association des Maires Ruraux qui est de ne pas favoriser l'école privée au travers de l'intervention financière des communes. Bernard Costes, Maire d'Octon, opposa alors le principe de laïcité auquel il est profondément attaché au symbole que constitue le centre aquatique aux yeux des enfants de toutes les écoles. Les prises de parole furent nombreuses à se succéder, pour ou contre le soutien des collectivités aux écoles privées, et le Président Cazorla a alors été obligé de soumettre au vote des conseillers l'option de mettre oui ou non les écoles publiques et privées sur un même pied d'égalité. 34 conseillers ont voté pour cette égalité de traitement alors que 17 autres s'y opposaient. A noter au passage qu'Alain Cazorla n'a pas pris part au vote ...

Il est important de rappeler que les communes investissent énormément, aux côtés de l'Education Nationale, dans leurs écoles publiques. C'est un engagement commun pour l'école de la République, cet espace d'intégration sociale autant que de transmission de savoirs. Si nous ne voulons pas une éducation à deux vitesses, alors il faut préserver le plus possible l'école publique. Quant à évoquer la discrimination dont seraient victimes les enfants du privé, c'est oublier un peu vite que l'école privée est à la fois révélatrice et génératrice de discrimination sociale.

11/09/2009

Grippe A pour "alibi", celui de faire passer la casse de l'Education Nationale pour une nécessité d'intérêt général

Claude Allègre voulait se taper le mammouth, mais cela fait des années que des politiques et des intellectuels libéraux souhaitaient la mort de notre système éducatif. Les effectifs de l'Education Nationale et son budget sont sans cesse stigmatisés et son efficacité est systématiquement remise en cause. Le gouvernement nous démontre ainsi que malgré une hausse régulière des enseignants, les résultats n'ont pas progressé dans la même proportion. Alors pourquoi ne pas essayer l'inverse ?

Et voilà que la Grippe A (H1N1) intervient ... Laissons pour une autre note les enjeux financiers de la pandémie, et attardons-nous un instant sur le fameux kit de l'élève. Désormais, au moindre mouvement de grève, à la moindre fermeture (provisoire ou définitive) d'un établissement scolaire, et en cas d'impossibilité de s'inscrire à l'école, la réponse sera sur http://www.academie-en-ligne.fr/
Des cours, des conférences, des travaux pratiques, du soutien à distance, plus besoin d'investir dans des bâtiments, dans du matériel et dans des professeurs. Les élèves auront des encyclopédies au bout de la souris, ils pourront enchaîner les niveaux des exercices pour un même sujet, à leur rythme. C'est vrai, les jeunes préfèrent glander derrière un écran plutôt que d'aller au bahut, alors laissons les zapper entre la télé et les enseignements à distance. Idéal aussi pour les jours d'absence ... Un week-end prolongé en famille au ski ou à la mer, pas de problème ; on rattrape sur le Web. Et puis on aménagera quand même des heures de contrôle en classe, juste pour assurer un minimum de sociabilisation ... et justifier les indemnités du ministre et de ses collaborateurs.

Et ceux qui n'ont pas d'ordinateur relié à Internet ? De toutes façons, c'est marginal et ce sont déjà les élèves pointés du doigt dans les écoles ; leur condition sociale ou familiale est un handicap suffisamment lourd pour que l'accès au Web en devienne dérisoire. De plus, ils ne perturberont plus ceux qui veulent bosser.

A l'inverse, les parents qui le peuvent inscriront leur progéniture dans des structures périscolaires ; ils pourront y avoir du soutien (math, français, langues vivantes, ...), mais ils pourront aussi aller au théâtre, au musée, à la montagne, etc.

L'école à la carte, quoi ! Quant aux enseignants du secondaire, il y en aura de moins en moins. On se souviendra de nos profs de math avec un brin de nostalgie, mais la majorité s'accordera à dire que c'est quand même plus sympa d'apprendre les maths à son rythme et avec les moyens que l'on veut se donner. Et sur le Web, on pourra même configurer l'avatar du prof de math : l'avatar de Nicolas (pour les plus motivés) ou celui de Carla (pour les plus rêveurs) ...

En parallèle, se développent dans toutes les académies de l'hexagone les Espaces Numériques de Travail (ENT) ; ils permettront aux élèves et aux parents de communiquer avec l'établissement. Les élèves pourront y télécharger leurs devoirs, leurs exercices et les mots de la vie scolaire. Les parents pourront échanger avec les enseignants, consulter le carnet de liaison, télécharger les relevés de notes, payer en ligne la cantine, etc. Ca, c'est déjà en place dans quelques académies et ça se déploie rapidement. Les plus enthousiastes diront que cela créé un lien plus étroit entre tous les acteurs de la sphère éducative, plus de réactivité. Ceux que l'on qualifiera de passéistes regretteront cette individualisation de la société, chacun derrière son écran avec sa souris ou sa zapette. Quant aux élèves, l'aspect ludique de ces technologies l'emporte sur toute autre considération. Ainsi, à les écouter, ils étaient unanimes à vouloir mettre leur main dans une borne biométrique ... Mais c'était oublier notre rôle d'adulte et je me félicite que des collectifs se soient montés un peu partout et que ces projets aient été abandonnés ; pour l'instant.

Ai-je décrit ici un scénario imaginaire ? Malheureusement, non! C'est la nouvelle Education en Ligne que nous préparent nos gouvernants ... Et d'ici quelques années, cela sera organisé à l'échelle de l'Europe, tout en anglais. Etrangement, personne ne dit trop rien ... Je n'ai rien vu du côté des syndicats d'enseignants ... ni des partis politiques. Alors moi je m'indigne, je m'inquiète, je cauchemarde et je désespère. Est-ce que l'avenir c'est vraiment le cours de math à la télé ou sur le Web entre un bout de Secret Story et un épisode de Koh-Lanta ? Et un SMS aux parents quand l'élève a raté 3 connexions aux sites Web ...

16:05 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (0)